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🏦 Virement et prélèvement SEPA

SCT, SCT Inst, SDD Core et SDD B2B : lire un IBAN, comprendre la VOP, maîtriser le mandat et connaître les fenêtres de retour au jour près

Les quatre rails SEPA : SCT, SCT Inst, SDD Core, SDD B2B

Le virement et le prélèvement SEPA sont deux instruments de paiement scripturaux libellés en euros, régis par des règles communes à l’ensemble de la zone. Le virement est initié par le payeur, qui ordonne le transfert de fonds. Le prélèvement est initié par le créancier. Il repose sur un mandat signé par le débiteur. L’European Payments Council (EPC) en publie quatre déclinaisons, appelées schemes, dont les règles de délai et de révocabilité diffèrent d’un scheme à l’autre. En France, au premier semestre 2025 (OSMP, note statistique publiée le 27 janvier 2026), le virement représente 17,9 % du nombre de transactions scripturales et concentre 90 % des montants échangés. Le prélèvement pèse 14,3 % des transactions pour un montant moyen de 453 €, valeur caractéristique d’une facture récurrente plutôt que d’un paiement d’appoint. La distinction entre SDD Core et SDD B2B commande la fenêtre de remboursement. Elle atteint huit semaines sans motif dans le premier cas, et n’existe pas dans le second pour une opération autorisée.

3 093 M
virements émis en France au S1 2025, soit 90 % des montants scripturaux
Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (OSMP), note statistique S1 2025, janvier 2026
467 M
virements instantanés au S1 2025 (+70 % en un an), soit 15 % des virements émis, contre 9 % un an plus tôt
OSMP, note statistique S1 2025
2 481 M
prélèvements SEPA au S1 2025, montant moyen 453 €
OSMP, note statistique S1 2025
41
pays et territoires dans le périmètre géographique des schemes SEPA (27 UE + 3 EEE + 11 hors EEE)
EPC409-09 v8.0, 24 décembre 2025
Payeurapp bancaire ou ERPPSP du payeurcontrôle, débite, transmetordre + SCAVoP : nom du bénéficiaire vs IBANobligatoire depuis le 9/10/2025pacs.008 en lotCSM par lotsSTEP2 · CORE(FR) : cut-offPSP bénéficiairecrédit J+1 ouvrérèglement net, par fenêtresfonds à J+1pacs.008 unitaireCSM temps réelTIPS · RT1 : 24/7/365PSP bénéficiairecrédit ≤ 10 srèglement brut en monnaie centraleréutilisables aussitôtaccepté ou rejeté ≤ 10 splafond SCT Inst supprimé le 5/10/2025SCT : recall 13 mois, sans garantieSCT Inst : irrévocable dès le créditSCT classique : par lotsSCT Inst : unitaire, 24/7confirmationChaque PSP garde ses propres plafonds, qui ne peuvent, sous l’IPR, être inférieurs à ceux du SCT classique.
SchemeQui initieDélaiRéversibilitéMessages ISO 20022Usage typique
SCT (virement SEPA)Le payeurCrédit du bénéficiaire au plus tard J+1 ouvré, délai fixé par le rulebook SCT de l'EPC pour toute la zone SEPA (en France, codifié à l'art. L. 133-13 du code monétaire et financier)Retour ≤ 3 jours ouvrés bancaires ; Recall ≤ 10 jours ouvrés, sans garantie de récupérationpain.001.001.09 (client → banque), pacs.008.001.08 (interbancaire)Salaires, factures, remboursements
SCT Inst (virement instantané)Le payeur10 s maximum, 24 h/24, 7 j/7, 365 j/anAucune annulation unilatérale : les fonds sont crédités et disponibles avant toute contestationpacs.008.001.08, annulation via camt.056.001.08P2P, pay-by-bank, paiements urgents, gros paniers
SDD Core (prélèvement standard)Le créancier, sur mandat signé du débiteurPrésentation au plus tard D-1 ouvré, au plus tôt D-14 jours calendaires ; débit à l’échéance D8 semaines de remboursement sans motif ; 13 mois si opération non autoriséepain.008.001.08 (client → banque), pacs.003.001.08 (interbancaire)Abonnements, factures grand public, échéanciers
SDD B2B (prélèvement interentreprises)Le créancier, sur mandat d’un débiteur non-consommateurPrésentation au plus tard D-1 ouvré ; la banque du débiteur contrôle le mandat avant de payerAucun remboursement d’une opération autorisée ; retour possible ≤ 3 jours ouvrés seulementMêmes messages, LclInstrm = B2BLoyers commerciaux, fournisseurs, franchises
Les quatre schemes SEPA : qui initie, quand, et avec quelle réversibilité, d’après les rulebooks EPC 2025 version 1.1 (SCT EPC125-05, SCT Inst EPC004-16, SDD Core EPC016-06, SDD B2B EPC222-07), en vigueur depuis le 5 octobre 2025
🔑
La règle de choix, en une phrase
L’encaissement auprès de particuliers relève du SDD Core, dont chaque échéance reste révocable sans motif pendant 8 semaines. L’encaissement quasi définitif auprès d’entreprises relève du SDD B2B, au prix d’un mandat que le débiteur doit faire enregistrer par sa banque. Le paiement, à l’inverse de l’encaissement, emprunte le SCT. Le SCT Inst s’y substitue lorsque le bénéficiaire doit disposer des fonds immédiatement, sans possibilité d’annulation unilatérale ensuite.

Lire un IBAN sans se tromper

Anatomie d’un IBAN français (27 caractères) et sa clé de contrôle
FR 14 20041 01005 0500013M026 06      IBAN francais : 27 caracteres (34 au maximum, ISO 13616)
|  |  |     |     |           |
|  |  |     |     |           +-- cle RIB : 2 chiffres, controle national historique
|  |  |     |     +-------------- numero de compte : 11 caracteres, chiffres ET lettres
|  |  |     +-------------------- code guichet : 5 chiffres
|  |  +-------------------------- code banque : 5 chiffres
|  +----------------------------- cle IBAN : 2 chiffres, ISO 7064 MOD 97-10
+-------------------------------- code pays ISO 3166-1 (FR)

# Verifier une cle IBAN a la main :
#   1. deplacer les 4 premiers caracteres a la fin -> 20041010050500013M02606FR14
#   2. lettres en chiffres, A=10 ... Z=35          -> 200410100505000132202606152714
#   3. ce nombre modulo 97 doit valoir exactement 1 -> IBAN arithmetiquement valide
# Longueurs nationales : 27 en France, 22 en Allemagne, 16 en Belgique, 15 en Norvege.
# Un IBAN plus court n a donc rien d anormal, et le BIC n est plus exige dans SEPA.

L’IBAN, ou International Bank Account Number, est l’identifiant normalisé d’un compte bancaire défini par la norme ISO 13616. Sa structure juxtapose un code pays, une clé de contrôle et un identifiant national de compte, sa longueur totale variant selon les pays. Deux propriétés de cette anatomie gouvernent son emploi. Le BIC n’est plus exigé pour un virement ou un prélèvement SEPA, le règlement (UE) n° 260/2012 ayant supprimé cette obligation en février 2014 pour les opérations nationales et en février 2016 pour les opérations transfrontalières. Un formulaire réclamant encore ce code impose une saisie supplémentaire, donc une source d’erreur, sans rien apporter au traitement. La clé IBAN, ensuite, ne prouve que la cohérence arithmétique du numéro. Un IBAN valide au regard de ce calcul peut désigner un compte clôturé ou le compte d’un fraudeur. Le titulaire, lui, n’est pas vérifié. La vérification du bénéficiaire, obligatoire depuis le 9 octobre 2025, porte précisément sur ce point.

⚠️
Refuser un IBAN étranger est illégal, et sanctionné
L’article 9 du règlement (UE) n° 260/2012 interdit la discrimination à l’IBAN, pratique qui consiste à subordonner un paiement ou un encaissement à la domiciliation nationale du compte. Un employeur, une administration, un opérateur télécom ou un assureur ne peut donc pas exiger un IBAN commençant par « FR », dès lors que le compte est situé dans l’espace SEPA. En France, la loi n° 2021-1308 du 8 octobre 2021 habilite la DGCCRF à constater et à poursuivre ce manquement. Elle peut sanctionner ce refus à hauteur de 75 000 € pour une personne physique et 375 000 € pour une personne morale. Les signalements se font sur signal.conso.gouv.fr. L’argument technique parfois opposé, celui d’un outil limité à 27 caractères, ne constitue pas une cause d’exonération. La mise en conformité du formulaire incombe à celui qui l’exploite.

VOP : ce que la vérification du bénéficiaire contrôle depuis le 9 octobre 2025

La vérification du bénéficiaire (Verification Of Payee, VOP) est le contrôle qui confronte le nom saisi par le payeur au titulaire réel du compte désigné par l’IBAN, avant l’autorisation du virement. Elle est imposée à tout prestataire de services de paiement (PSP) de la zone euro depuis le 9 octobre 2025, par l’article 5 quater du règlement SEPA. Cet article a été inséré par le règlement (UE) 2024/886 sur les paiements instantanés, qui a rendu le virement instantané obligatoire dans la zone euro. La banque du payeur interroge celle du bénéficiaire, qui détient le nom enregistré sur le compte. Le contrôle intervient avant toute autorisation, que le virement soit instantané ou non. Le service est gratuit (article 5 ter §2) et doit être offert sur tous les canaux d’initiation. Un ordre papier relève du même contrôle, vérifié à la réception si le payeur est présent. L’EPC normalise les échanges inter-PSP via le rulebook VOP, entré en vigueur le 5 octobre 2025, quatre jours avant l’échéance réglementaire.

RéponseCe que voit le payeurCe que le PSP doit faireQui porte le risque
MatchRien de particulier, le parcours continueLaisser autoriserSituation normale
Close match (quasi-équivalent)Le nom réellement enregistré par la banque du bénéficiaire est affichéAfficher ce nom pour que le payeur tranche, en appliquant la minimisation des donnéesLe payeur, qui valide en connaissance de cause
No matchAvertissement explicite : autoriser peut envoyer les fonds sur un compte qui n’appartient pas au bénéficiaire indiquéAvertir, sans bloquer : le PSP ne peut pas empêcher l’autorisation (art. 5 quater §5)Le payeur, informé, assume sa décision
Vérification impossibleMention que le contrôle n’a pas pu être effectuéPoursuivre, en informant : pas de réponse sous 5 secondes, PSP non joignable ou hors schemeZone grise : aucune information utile n’a été apportée au payeur
Les réponses VOP et ce qu’elles impliquent réellement
  • Normalisation avant comparaison : casse ignorée, accents et diacritiques neutralisés (é = e, ö = o = oe), titres de civilité et ponctuation retirés, espaces de bord supprimés (recommandations EPC288-23, octobre 2024).
  • Personnes physiques : prénom et nom exacts = Match ; le nom exact d’un seul des co-titulaires du compte suffit.
  • Personnes morales : le nom commercial peut valoir Match si la banque du bénéficiaire dispose d’une source fiable, en plus de la dénomination sociale.
  • Close match : deux lettres inversées, initiale du prénom seule, substitution phonétique, faute d’orthographe sous le seuil de distance de Levenshtein fixé par la banque du bénéficiaire.
  • Codes d’identification (numéro de TVA, identifiant d’entité juridique) : Match ou No match uniquement, pas de Close match possible sur un code.
  • La banque du bénéficiaire porte la responsabilité du verdict qu’elle rend : c’est elle, pas la banque du payeur, qui décide de ce qui constitue un Match.
⚠️
Quatre pièges de la VOP qui ne relèvent pas d’un défaut de la banque
1) La VOP porte sur la correspondance entre un nom et un IBAN, et sur elle seule. Elle confirme que l’IBAN appartient bien à ce nom, sans établir que le bénéficiaire est légitime ni que la prestation facturée existe. La fraude par manipulation, faux conseiller ou fausse annonce, franchit ce contrôle, le nom et l’IBAN communiqués au payeur étant cohérents entre eux. 2) L’identifiant unique juridique reste l’IBAN (article 88 de la DSP2), si bien qu’un Match n’exonère personne d’une erreur de saisie d’IBAN. Le virement suit le numéro de compte. Le nom saisi ne sert qu’à alerter le payeur. 3) Les utilisateurs non-consommateurs peuvent renoncer à la VOP pour leurs remises groupées (article 5 quater §6) et y revenir à tout moment. La portée de cette renonciation dépend du niveau auquel le lot est constitué. Le rulebook autorise une requête groupée entre le client et sa propre banque, mais l’interdit entre banques. Dans l’espace inter-PSP, le PSP doit dégrouper le fichier et émettre une requête par compte à vérifier (rulebook VOP, section 3.2). 4) Un commerçant facturant sous une enseigne différente du titulaire du compte provoque des No match en série chez ses clients. La correspondance se rétablit en faisant figurer sur les factures et le RIB la dénomination exacte du compte, telle que la banque l’a enregistrée.

Le règlement répartit la responsabilité entre les prestataires. Le critère retenu est le respect par chacun de ses propres obligations. Un PSP ayant satisfait aux siennes échappe à la responsabilité d’un virement exécuté vers un mauvais bénéficiaire sur la base d’un identifiant unique inexact. Un manquement de sa part, VOP non proposée ou information de résultat non délivrée au payeur, peut en revanche rendre l’opération mal exécutée. Dans ce cas, il restitue sans tarder le montant viré et rétablit le compte débité. Lorsque le manquement vient de la banque du bénéficiaire ou de l’initiateur de paiement, la charge se déplace sur eux (article 5 quater §8).

SCT Inst et IPR : ce qui a réellement changé en 2025-2026

8 avril 2024
Entrée en vigueur du règlement (UE) 2024/886 (IPR)
Il modifie le règlement SEPA 260/2012 et insère les articles 5 bis à 5 quinquies : instantané obligatoire, tarification alignée, vérification du bénéficiaire, filtrage des sanctions.
9 janvier 2025
Réception obligatoire et alignement tarifaire
Tout PSP de la zone euro proposant le virement doit pouvoir recevoir des SCT Inst, à un tarif qui ne peut excéder celui du virement classique. D’où la gratuité de fait pour les particuliers en France.
5 octobre 2025, 03 h 30 CET
Rulebooks EPC 2025 v1.1 et rulebook VOP
Date d’effet exceptionnellement fixée en octobre (au lieu de fin novembre) pour coller à l’IPR : SCT, SCT Inst, SDD Core (EPC016-06) et SDD B2B (EPC222-07) version 2025 v1.1, plus le premier rulebook VOP.
9 octobre 2025
Émission obligatoire et VOP obligatoire
Le SCT Inst doit être proposé à l’émission sur tous les canaux, et la vérification du bénéficiaire devient obligatoire et gratuite dans la zone euro (art. 5 quater, gratuité à l’art. 5 ter §2).
9 janvier, 9 avril et 9 juillet 2027
Vague hors zone euro
Réception pour les banques hors zone euro le 9 janvier 2027, émission le 9 juillet 2027 ; établissements de paiement et de monnaie électronique le 9 avril 2027 (émission et réception en zone euro).
⚠️
Le plafond de 100 000 € n’existe plus, mais chaque banque garde le sien
Le maximum historique de 100 000 € par opération (relevé de 15 000 € en juillet 2020) a été retiré du rulebook SCT Inst 2025, comme le prévoit l’article 5 bis §6 du règlement SEPA modifié. Le scheme n’impose plus aucun plafond. Le code motif « montant supérieur au maximum autorisé » a disparu des rejets. La section 2.5 du rulebook conserve en revanche la possibilité pour chaque PSP d’appliquer ses propres limites de valeur selon son appétit au risque. L’IPR impose symétriquement que le payeur puisse fixer, modifier ou lever sa limite individuelle, par opération ou par jour. Le plafond relève donc de chaque établissement et de chaque client, plutôt que du scheme. Le montant maximal effectivement exécutable dépend de la limite de la banque émettrice, de celle de la banque réceptrice et du paramétrage individuel du payeur. Un virement instantané de 250 000 € reste donc subordonné aux limites propres à ce couple d’établissements.
  • Sous-délais resserrés par le rulebook SCT Inst 2025 v1.1 (EPC004-16, en vigueur depuis le 5 octobre 2025) pour tenir les 10 s légales. L’ancienne cadence 10-20-25 s devient un triptyque 5-7-9 s : cible de 5 s pour la confirmation de la banque du bénéficiaire (contre 10 s), time-out à 7 s (contre 20 s), réception de la confirmation par la banque du payeur au plus tard à la 9ᵉ seconde (contre la 25ᵉ).
  • Horodatage à la milliseconde obligatoire (attribut du Time Stamp) : c’est lui qui fait foi pour mesurer les 10 s.
  • Au-delà de 10 s sans confirmation, la banque du payeur doit immédiatement rétablir le compte du payeur et l’informer.
  • Filtrage des sanctions repensé (art. 5 quinquies) : le contrôle porte sur la base clients, immédiatement après toute mise à jour des listes et au moins une fois par jour civil ; il est interdit de refiltrer payeur et bénéficiaire opération par opération, ce qui supprime la principale cause de retard.
  • Recall SCT Inst : un seul par opération, pour motif limité (doublon, incident technique, virement frauduleux) ; 10 jours ouvrés bancaires, portés à 13 mois pour le motif fraude ; la banque du bénéficiaire a 15 jours ouvrés pour répondre, ensuite une Request for Status Update est le seul recours.

Le mandat de prélèvement : ICS, RUM, pré-notification

Identifiant Créancier SEPA (ICS) : structure et contrôle
FR 72 ZZZ 123456      ICS francais : 13 caracteres (35 au maximum dans SEPA)
|  |  |   |
|  |  |   +-- identifiant national, 6 alphanumeriques (ex-NNE), attribue via la
|  |  |       banque du creancier par la Banque de France
|  |  +------ code activite (Creditor Business Code) : 3 caracteres libres, choisis
|  |          par le creancier, NON pris en compte dans la cle, NON controles par
|  |          la banque du debiteur -> ils ne creent PAS un nouveau creancier
|  +--------- cle de controle ISO 7064 MOD 97-10, calculee sur pays + identifiant
|             national uniquement
+------------ code pays : FR, MC (Monaco), NC, PF, WF

# Unicite du mandat dans tout SEPA = couple (ICS hors code activite ; RUM).
# Un seul ICS suffit pour toute la zone SEPA : pas besoin d un ICS par pays.
Extrait annoté d’un ordre de prélèvement pain.008.001.08
<PmtInf>
  <PmtMtd>DD</PmtMtd>
  <PmtTpInf>
    <SvcLvl><Cd>SEPA</Cd></SvcLvl>
    <LclInstrm><Cd>CORE</Cd></LclInstrm>      <!-- CORE ou B2B : jamais melanges -->
    <SeqTp>RCUR</SeqTp>                       <!-- OOFF | FRST (optionnel) | RCUR | FNAL -->
  </PmtTpInf>
  <ReqdColltnDt>2026-08-05</ReqdColltnDt>     <!-- D : echeance = date de debit -->
  <Cdtr><Nm>ACME ENERGIE SAS</Nm></Cdtr>      <!-- nom affiche sur le releve du debiteur -->
  <CdtrSchmeId><Id><PrvtId><Othr>
    <Id>FR72ZZZ123456</Id>                    <!-- ICS -->
    <SchmeNm><Prtry>SEPA</Prtry></SchmeNm>
  </Othr></PrvtId></Id></CdtrSchmeId>
  <DrctDbtTxInf>
    <PmtId><EndToEndId>FACT-2026-08-004512</EndToEndId></PmtId>
    <InstdAmt Ccy="EUR">64.90</InstdAmt>
    <DrctDbtTx><MndtRltdInf>
      <MndtId>RUM-CLI-004512</MndtId>         <!-- RUM : identique sur toute la vie du mandat -->
      <DtOfSgntr>2024-03-11</DtOfSgntr>       <!-- date de signature : opposable en cas de litige -->
    </MndtRltdInf></DrctDbtTx>
    <Dbtr><Nm>MARTIN DUPONT</Nm></Dbtr>
    <DbtrAcct><Id><IBAN>FR1420041010050500013M02606</IBAN></Id></DbtrAcct>
  </DrctDbtTxInf>
</PmtInf>
  • Pré-notification obligatoire : le créancier informe le débiteur du montant et de la date au plus tard 14 jours calendaires avant l’échéance, sauf accord bilatéral sur un délai plus court. Un échéancier daté et chiffré vaut pré-notification pour toutes ses lignes.
  • RUM : jusqu’à 35 caractères latins choisis librement par le créancier, mais strictement identique dans le premier prélèvement, tous les suivants et toutes les R-transactions. L’espace est déconseillé (rejets à la lecture non automatisée) et le CFONB recommande de n’y mettre aucune donnée sensible (IBAN, numéro de pièce d’identité, numéro de carte).
  • Caducité à 36 mois : un mandat sans aucun prélèvement présenté pendant 36 mois à compter de la dernière échéance devient caduc, de même qu’après un prélèvement de séquence FNAL. Reprendre les encaissements exige un nouveau mandat et une nouvelle RUM.
  • Séquence : depuis la version 9.0 du rulebook SDD Core, applicable en novembre 2016, l’usage de FRST pour le premier prélèvement d’une série est optionnel, et RCUR est accepté dès la première échéance. En revanche, une séquence incohérente (un RCUR après un OOFF) déclenche un rejet AG02.
  • Conservation : le créancier doit pouvoir produire le mandat pendant au moins toute la durée de la fenêtre de contestation d’une opération non autorisée, soit 13 mois après le dernier prélèvement. C’est cette copie que la banque du débiteur réclamera.
⚠️
Une RUM pour plusieurs contrats : la fausse bonne idée
Le regroupement de plusieurs contrats sous une même RUM allège le référentiel du créancier. Un seul identifiant de mandat y est géré. La révocation du mandat ou l’opposition du débiteur porte alors sur cet identifiant unique. Tous les contrats sous-jacents tombent d’un coup. Une seconde règle impose que la RUM d’un mandat Core soit différente de celle d’un mandat B2B, faute de quoi les opérations sont rejetées. Le code activité de l’ICS, lui, n’est ni contrôlé par la banque du débiteur ni intégré à la clé. Son emploi comme identifiant de filiale fonctionne dans le référentiel interne du créancier, sans créer de séparation opposable côté banques.

Le cycle de vie d’un prélèvement, de D-14 à D+13 mois

Chronologie d’un prélèvement SEPA Core
Créancier
Pré-notifie le débiteur
Montant et date d’échéance, au plus tard D-14 jours calendaires
Créancier
Remet le fichier pain.008 à sa banque
Selon le cut-off contractuel de sa banque, souvent D-2 ou D-3
Banque du créancier
Présente la collecte via le CSM
Réception par la banque du débiteur au plus tard D-1 ouvré, au plus tôt D-14
Banque du débiteur
Rejette avant règlement, ou paie
Rejet (Reject) technique ou refus du débiteur (Refusal) avant D
CSM
Règlement interbancaire à l’échéance D
D = date d’échéance = date de débit du compte du débiteur
Banque du débiteur
Peut retourner l’opération
Return jusqu’à D+5 jours ouvrés bancaires (3 en B2B)
Débiteur
Demande le remboursement sans motif
Jusqu’à 8 semaines après le débit, Core uniquement, code MD06
Débiteur
Conteste une opération non autorisée
De 8 semaines à 13 mois calendaires, avec recherche de preuve du mandat, code MD01
Mandat signéICS + RUMPré-notification≥ 14 j calendairesRemise pain.008J-1 ouvréDébitdate d'échéance DmandatJ-14J-1 ouvréJ = échéanceAvant le règlementReject : technique, banque/CSMRefusal : le débiteur refuseRevocation : créancier annuleAprès le règlement : 4 fenêtres de retourReturnbanque du débiteur · 5 j Core, 2 j B2BReversalle créancier, après débit · 5 j ouvrésRefundle débiteur, sans motif · 8 semainesRefund non autorisépreuve du mandat exigée · 13 moisPassif latent de 8 semainestout encaissement Core reste contestable1 M€/mois encaissés ≈ 2 M€ exposésSDD B2Bmandat vérifié, aucun refundreturn sous 2 jours ouvrésAvant l'échéanceRemise et débitInitiative banqueInitiative débiteurInitiative créancierSeul le code motif (AC01, AC04, AM04, MD01) dit s’il est légitime de re-présenter un impayé.
R-transactionQui l’initieFenêtreEffet et remarques
Rappel (Revocation)Le créancier auprès de sa banqueAvant mise en circulation dans le système d’échangeHors périmètre des rulebooks EPC : service facultatif, à vérifier dans son contrat bancaire
Demande d’annulation (Request for cancellation)La banque du créancierAvant le règlementÉgalement hors rulebook ; sert typiquement après une remise en double
Rejet (Reject)La banque du débiteur ou le CSMAvant le règlement DMotif technique ou bancaire : IBAN invalide, compte clôturé, format de fichier invalide
Refus (Refusal)Le débiteurAvant DTraité avant D il devient un Rejet ; traité après D, il devient un Remboursement
Retour (Return)La banque du débiteur≤ 5 jours ouvrés bancaires après D en Core, 3 en B2BImpayé classique : défaut de provision, compte bloqué, opposition
Reversement (Reversal)Le créancier ou sa banqueDu règlement jusqu’à 5 jours ouvrés interbancairesRembourse spontanément le débiteur ; la banque du débiteur doit le traiter, sans contrôle
Remboursement sans motif (Refund, MD06)Le débiteur≤ 8 semaines après le débit (+ 2 jours ouvrés de traitement)Core uniquement, sans justification, remboursement à première demande
Remboursement pour opération non autorisée (MD01)Le débiteurDe 8 semaines à 13 mois calendaires (+ 30 jours de procédure + 4 jours ouvrés)Déclenche la procédure de recherche de preuve du consentement
Les R-transactions du prélèvement : qui, quand, avec quel effet, d’après les délais du rulebook SDD Core 2025 v1.1 (EPC016-06, publié le 5 octobre 2025)
🔑
Les 8 semaines : le vrai coût du prélèvement Core
Dans la fenêtre de 8 semaines, la banque du débiteur rembourse à première demande, sans juger le bien-fondé de la contestation. Elle se retourne ensuite sur la banque du créancier. Celle-ci débite le créancier à son tour. La procédure ne comporte ni débat contradictoire ni production de preuve. La révocabilité offerte par le SDD Core est donc plus large que celle de la carte, où un chargeback exige au moins un motif et ouvre une procédure contradictoire. Comptablement, un prélèvement Core encaissé ne devient un revenu certain qu’au terme de ces 8 semaines. Le remboursement porte toujours sur le montant total, sans version partielle possible.

Au-delà de 8 semaines, la contestation ouverte au débiteur change de fondement. Seule une opération présumée non autorisée, adossée à un mandat inexistant, révoqué auprès du créancier ou caduc après 36 mois, peut encore être contestée, jusqu’à 13 mois. La banque du débiteur applique alors la procédure de recherche de preuve du consentement, qui oblige le créancier à produire la copie du mandat signé. En France, chaque étape de cette procédure est bornée dans le temps. La banque du débiteur transmet la contestation en 4 jours ouvrés bancaires, et la banque du créancier la relaie au créancier en 3 jours. Le créancier répond en 7 jours, et la banque du débiteur conclut dans les 4 jours suivant la réponse, sans dépasser 30 jours calendaires après la réclamation de son client. Le remboursement peut être assorti d’intérêts compensatoires calculés sur l’€STR. En droit français, le socle est le code monétaire et financier. Son article L. 133-18 impose le remboursement immédiat d’une opération non autorisée, et son article L. 133-24 fixe le signalement au plus tard 13 mois après le débit. Son article L. 133-25 ouvre le droit au remboursement d’un prélèvement autorisé dans les 8 semaines.

Core ou B2B : le choix qui décide du risque d’impayé

CritèreSDD CoreSDD B2B
Qui peut être débiteurParticulier ou entrepriseNon-consommateur uniquement (art. 2-24 du règlement 260/2012) ; un compte de particulier est rejeté en AC13
Rôle de la banque du débiteurAucun contrôle de mandat : elle paie et rembourse si on le lui demandeObligation de contrôler chaque collecte contre les données du mandat enregistré chez elle
Remboursement d’une opération autorisée8 semaines, sans motifAucun, c’est tout l’intérêt du scheme
Opération non autorisée13 mois ; la banque du débiteur récupère les fonds auprès de la banque du créancier13 mois aussi, mais la banque du débiteur ne peut pas se retourner contre la banque du créancier : elle supporte la perte
Retour (impayé) après règlement≤ 5 jours ouvrés bancaires≤ 3 jours ouvrés bancaires
Adhésion des PSPObligatoire pour tout PSP adhérant aux schemes SEPAScheme optionnel : tous les établissements ne le proposent pas, ni côté créancier, ni côté débiteur
Charge administrative du mandatMandat conservé par le seul créancierLe débiteur doit déposer et faire enregistrer le mandat auprès de sa banque, et l’informer de toute révocation
SDD Core et SDD B2B, différences qui changent la décision, d’après la comparaison des deux schemes en annexe V du rulebook SDD Core 2025 v1.1 (EPC016-06)
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« Le B2B n’est pas contestable » : formulation dangereuse
Le scheme B2B supprime le remboursement d’une opération autorisée, et lui seul. Le remboursement pour opération non autorisée reste ouvert 13 mois, exactement comme en Core. La seconde différence porte sur l’imputation de la perte. La banque du débiteur, tenue de contrôler le mandat avant de payer, assume seule la perte au lieu de la répercuter sur la banque du créancier. Deux conséquences pratiques en découlent. Les banques instruisent le dépôt de mandat B2B avec sévérité, dans des délais de plusieurs jours et sur des formulaires propres à chaque établissement. Un mandat B2B mal enregistré produit ensuite des rejets MD01 en série, alors même que le créancier détient un mandat signé.

L’arbitrage entre les deux schemes se fait sur le rapport entre le risque d’impayé et le coût d’obtention du mandat. Le B2B est employé lorsque le montant unitaire est élevé, la relation contractuelle stable et le débiteur outillé pour gérer le dépôt de mandat auprès de sa banque. Les loyers commerciaux, les redevances de franchise et les approvisionnements récurrents réunissent ces conditions. Pour un abonnement logiciel à 49 € par mois, vendu en ligne à des TPE, le rapport s’inverse. Le coût de friction du dépôt de mandat, en délai comme en taux de signature obtenu, dépasse largement le risque d’impayé. Le Core, complété d’une relance automatisée sur les codes de rejet, revient alors moins cher que le mandat B2B.

Quand ça échoue : codes ISO, délais, qui paie

CodeLibellé ISOCe qui s’est réellement passéAction utile
AM04Insufficient fundsProvision insuffisante à l’échéance, le motif d’impayé numéro unReprésenter à une date choisie (après paie), pas immédiatement
AC01Incorrect account numberIBAN inexistant ou mal saisiRecollecter l’IBAN auprès du client ; ne jamais « corriger » un IBAN soi-même
AC04Closed accountCompte clôturéMandat mort : nouvelle coordonnée bancaire et nouveau mandat
AC06Blocked accountCompte bloqué, ou opposition du débiteur sur ce créancierContacter le débiteur : un blocage vaut révocation de fait
AC13Invalid debtor account typePrélèvement B2B présenté sur un compte de consommateurBasculer la relation en Core
AG01Transaction forbiddenPrélèvement interdit sur ce type de compte (livret, compte à terme)Demander un compte de dépôt
AG02Invalid bank operation codeSéquence incohérente : RCUR après un OOFF, ou mandat déjà finaliséCorriger SeqTp dans le référentiel de mandats
AM05DuplicationDoublon détecté par le CSM ou la banque du débiteurAuditer l’idempotence des remises : un fichier rejoué coûte cher
BE05Unrecognised initiating partyICS inconnu ou incohérentVérifier l’ICS auprès de sa banque avant de relancer
MD01No mandatePas de mandat valide : jamais signé, révoqué, caduc, ou non enregistré (B2B)Produire la copie du mandat sous 7 jours ouvrés, sinon la perte est acquise
MD06Refund requested by end customerContestation sans motif dans les 8 semainesContact commercial : la voie interbancaire est fermée
MD07End customer deceasedDébiteur décédéClore le contrat, gérer la créance avec la succession
MS02Refusal by the debtorRefus du débiteur avant l’échéance, après pré-notificationSignal d’alerte : la pré-notification a fait son travail
SL01Specific service offered by the debtor PSPFiltre paramétré par le débiteur : liste blanche de créanciers, plafond, périodicitéFaire ajouter l’ICS à la liste autorisée par le client
MS03Reason not specifiedMotif masqué : certaines banques l’utilisent quand la réglementation nationale interdit de divulguer AC04, AM04, MD07, RR01…Ne pas conclure « erreur technique » : un MS03 cache souvent un défaut de provision
Codes motifs ISO 20022 les plus fréquents sur les prélèvements SEPA

Le virement dispose d’un jeu de retours plus restreint que celui du prélèvement, et chaque procédure dépend du moment où le défaut est constaté. Avant règlement, la banque du donneur d’ordre ou le CSM rejettent l’opération (IBAN ou BIC invalide, doublon, fichier hors cut-off). Après règlement, la banque du bénéficiaire peut retourner l’opération dans un délai de 3 jours ouvrés bancaires (compte clôturé, bénéficiaire décédé, virement interdit sur ce type de compte, refus du bénéficiaire). La banque du donneur d’ordre peut enfin lancer un Recall dans les 10 jours ouvrés bancaires, pour trois motifs seulement : doublon, incident technique, virement frauduleux. Le délai passe à 13 mois pour la fraude. Un seul recall est autorisé par opération. La banque du bénéficiaire dispose de 15 jours ouvrés pour répondre. Pour tout autre motif, par exemple une erreur de bénéficiaire commise par le client, il ne reste que la Request for Recall by the Originator, qui dépend de l’accord du bénéficiaire. Techniquement, la demande passe par camt.056.001.08 et la réponse par camt.029.001.09.

ℹ️
Ce que dit la fraude française sur ces deux instruments (S1 2025)
Le taux de fraude du virement reste le plus bas de tous les moyens de paiement, à 0,0014 % en valeur au S1 2025 (contre 0,0010 % en 2024). Le montant total atteint néanmoins 230 M€, en hausse de 44 % sur un an. 76 % de cette fraude passe par la banque en ligne, où le taux monte à 0,0059 %. Le détournement par ingénierie sociale (faux fournisseur, faux président) représente désormais 61 % de la fraude au virement, contre 52 % en 2024. Le virement instantané se situe à 0,0434 %, en dessous du taux de la carte (0,048 %) malgré des usages proches. Sur le prélèvement, le taux double en six mois (0,0021 % contre 0,0014 %) pour 23,8 M€. La fraude y est constituée à 95 % de faux ordres de prélèvement. Ils sont émis par des sociétés fictives sans mandat, parfois avec la complicité de débiteurs qui invoquent ensuite le droit au remboursement inconditionnel du SDD Core. Source : OSMP, note statistique S1 2025, janvier 2026.

Les échéances à mettre au calendrier

20 septembre 2026
Rulebook VOP v1.1
Correction des incohérences constatées après le déploiement du 5 octobre 2025 ; une version 2.0 est annoncée pour publication en novembre 2026.
15 novembre 2026 (reportée)
Fin de l’adresse non structurée : reportée
Les rulebooks 2025 v1.1 fixaient au 15 novembre 2026 (au lieu du 22 novembre annoncé en v1.0) la fin de l’adresse en format libre, en cohérence avec la version Swift MX de novembre 2026. Swift ayant reporté cette version le 27 août 2026, le PSMB de l’EPC a levé cette échéance le 9 septembre 2026 pour les cinq schémas ; une nouvelle date sera fixée en octobre 2026. Les formats hybride ou structuré restent la cible.
9 janvier → 9 juillet 2027
Généralisation hors zone euro
Réception des SCT Inst par les banques hors zone euro le 9 janvier 2027, émission le 9 juillet 2027 ; établissements de paiement et de monnaie électronique au 9 avril 2027.
Fin 2027 (prévision)
Paquet DSP3 / règlement sur les services de paiement
Accord politique provisoire entre le Parlement européen et le Conseil le 27 novembre 2025 ; textes de compromis finaux publiés le 23 avril 2026. La publication au Journal officiel de l’Union n’était pas intervenue en septembre 2026, le vote en plénière étant prévu à titre indicatif le 14 décembre 2026. Le règlement (RSP) s’appliquera 21 mois après son entrée en vigueur, porté à 27 mois pour l’obligation de vérification du nom du bénéficiaire, et la DSP3 se transposera dans le même délai de 21 mois. Les textes publiés au Journal officiel restent à vérifier avant toute décision d’architecture.
🔑
À retenir
Le virement est devenu instantané par défaut, gratuit et vérifié dans la zone euro, et Wero comme le pay-by-bank s’appuient sur ce rail. Le prélèvement, lui, n’a pas changé. Il laisse ouvertes 8 semaines de révocabilité sans motif en Core, 13 mois en cas de mandat manquant, et 5 jours (3 en B2B) pour un impayé après règlement. Un encaissement par prélèvement ne devient une recette certaine qu’au terme de ces fenêtres. Un mandat mal référencé, par RUM instable, ICS mal renseigné ou pré-notification oubliée, expose le créancier à une contestation qu’il ne peut pas documenter, et transforme une créance recouvrable en perte sèche. Le mandat, la RUM et le code de rejet sont les trois pièces sur lesquelles porte le suivi opérationnel.

Et ailleurs dans le monde. Le même mécanisme, ailleurs.

Le délai maximal d'exécution d'un virement instantané

Brésil

Au Brésil, le Manuel des temps du Pix fixe la limite à 40 secondes entre la réception de l'ordre par la banque du payeur et le règlement : au-delà, la transaction est rejetée par le SPI, le système de paiements instantanés de la banque centrale. S'y ajoute un accord de niveau de service sur l'expérience du payeur (6,0 secondes au 50e centile, 10,0 secondes au 99e) et un canal secondaire plafonné à 45 minutes pour les Pix programmés.

Banco Central do Brasil, Manual de Tempos do Pix, version 7.0, § 1.1, https://www.bcb.gov.br/content/estabilidadefinanceira/pix/Regulamento_Pix/IX_ManualdeTemposdoPix.pdf

États-Unis

Aux États-Unis, le service FedNow de la Réserve fédérale applique un payment timeout clock de 20 secondes : si la banque du bénéficiaire n'a pas répondu avant l'expiration du compteur, le paiement est rejeté et les deux banques reçoivent un message d'échec. Chaque banque réceptrice se réserve de 1 à 5 secondes de ce compteur, selon sa capacité à traiter le message.

Federal Reserve, FedNow Service, « Understanding the payment timeout clock », https://explore.fednow.org/resources/readiness-guide-understanding-the-payment-timeout-clock.pdf

Inde

En Inde, la Reserve Bank of India ne fixe pas de délai en secondes mais tarife le retard : pour un virement UPI débité sans crédit du bénéficiaire, la contre-passation automatique doit intervenir au plus tard à J+1, faute de quoi la banque doit au client une compensation de 100 roupies par jour de retard, versée sans réclamation de sa part. Le délai passe à J+5 pour un paiement marchand resté sans confirmation.

RBI, circulaire DPSS.CO.PD No.629/02.01.014/2019-20 du 20 septembre 2019, « Harmonisation of Turn Around Time (TAT) and customer compensation for failed transactions », https://rbi.org.in/Scripts/NotificationUser.aspx?Id=11693

La vérification du nom du bénéficiaire avant l'autorisation d'un virement

Royaume-Uni

Au Royaume-Uni, le Confirmation of Payee a été imposé par le Payment Systems Regulator en deux vagues : les six plus grands groupes bancaires par la Specific Direction 10, au 31 mars 2020, puis environ 400 établissements supplémentaires par la Specific Direction 17, au 31 octobre 2024. Le payeur reçoit un match, un close match ou un no match avant de valider, et peut corriger l'ordre avant l'envoi des fonds.

Payment Systems Regulator, Confirmation of Payee, https://www.psr.org.uk/our-work/app-scams/confirmation-of-payee/

Brésil

Au Brésil, le contrôle est intégré au parcours Pix depuis l'origine : la consultation d'une clé Pix dans l'annuaire DICT doit renvoyer au payeur, avant confirmation, le nom complet du bénéficiaire, son CPF masqué ou son CNPJ et la clé non masquée, mais jamais les numéros d'agence et de compte. Pour une personne morale, c'est le nom commercial qui doit être affiché lorsqu'il existe, à défaut la raison sociale.

Banco Central do Brasil, Requisitos mínimos para a experiência do usuário, version 7.3, décembre 2025, https://www.bcb.gov.br/content/estabilidadefinanceira/pix/Regulamento_Pix/IV_RequisitosMinimosparaExperienciadoUsuario.pdf

Australie

En Australie, la vérification du bénéficiaire ne vient pas de la loi mais d'un engagement collectif du secteur, le Scam-Safe Accord : les banques ont financé pour 100 millions de dollars australiens une plateforme nationale de Confirmation of Payee, déployée à partir de juillet 2025, avec une cible de plus de 95 % des comptes de particuliers couverts à la fin de 2025.

Australian Banking Association, Confirmation of Payee, https://www.ausbanking.org.au/scam-safe-accord/confirmation-of-payee/

Ce qui protège le débiteur d'un prélèvement : mandat, préavis et remboursement

États-Unis

Aux États-Unis, il n'existe pas d'équivalent du remboursement sans motif : la Regulation E limite la responsabilité du consommateur à 50 dollars s'il signale l'opération non autorisée dans les deux jours ouvrés, à 500 dollars au-delà, et lui impose de signaler une opération figurant sur un relevé dans les 60 jours suivant l'envoi de ce relevé, sous peine de supporter les débits ultérieurs.

12 CFR § 1005.6 (Regulation E), https://www.consumerfinance.gov/rules-policy/regulations/1005/6/

En Afrique du Sud, la protection est placée en amont du prélèvement plutôt qu'après : depuis le 1er mai 2021, tout mandat de prélèvement anticipé (early debit order) nouveau ou renégocié doit être créé dans le système DebiCheck, où le débiteur approuve électroniquement le mandat auprès de sa propre banque avant le moindre encaissement.

South African Reserve Bank, « The SARB modernises NPS with DebiCheck Project », https://www.resbank.co.za/en/home/publications/publication-detail-pages/media-releases/2021/The-SARB-modernises-NPS-with-Debicheck-Project

Inde

En Inde, le préavis dû au débiteur se compte en heures et non en jours : la Reserve Bank of India impose à l'émetteur d'envoyer une notification pré-transaction au titulaire au moins 24 heures avant le débit d'un mandat récurrent, en indiquant le nom du commerçant, le montant, la date et l'heure du débit, la référence de transaction et le motif du prélèvement.

RBI, circulaire DPSS.CO.PD.No.447/02.14.003/2019-20 du 21 août 2019, « Processing of e-mandate on cards for recurring transactions », https://rbi.org.in/Scripts/NotificationUser.aspx?Id=11668