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Réglementation

Stablecoins hors MiCA : l’ESMA veut l’arrêt de tout service et laisse trois mois pour solder l’existant

Dans un avis adressé le 8 octobre aux autorités nationales, l’ESMA estime que les prestataires agréés au titre de MiCA ne devraient plus fournir aucun service lié aux stablecoins non conformes, conservation et transferts compris. Les autorités devraient exiger la résorption des expositions existantes au plus tard trois mois après sa publication.

L’Autorité européenne des marchés financiers (ESMA) a demandé le jeudi 8 octobre 2026 aux autorités nationales de veiller à ce que les prestataires de services sur crypto-actifs (PSCA) agréés au titre du règlement MiCA cessent de fournir à leurs clients de l’Union tout service lié aux stablecoins non conformes. L’avis ESMA75-113276571-1742 vise les jetons de monnaie électronique (EMT) et les jetons se référant à un ou des actifs (ART) qui ne remplissent pas les conditions d’une offre au public ou d’une admission à la négociation licites dans l’Union. Les autorités devraient exiger que les expositions restantes soient résorbées en trois mois au plus.

L’attente couvre tous les services régis par MiCA, isolément ou combinés, de l’exploitation d’une plateforme de négociation à l’exécution d’ordres, au conseil, à la conservation, au transfert et à la gestion de portefeuille. L’avis pose le principe en une phrase : les PSCA « ne devraient pas fournir de services sur crypto-actifs » portant sur des ART ou des EMT non conformes à MiCA.

3 mois
au plus pour résorber les expositions héritées
ESMA
8 janv. 2027
échéance qui en découle, calculée par la presse
CoinDesk, Cointribune
5
activités résiduelles tolérables pendant la sortie
ESMA

La conservation et les transferts ne sont plus épargnés

L’avis va plus loin que la déclaration publique de l’ESMA du 17 janvier 2025. Celle-ci demandait aux plateformes de retirer de la négociation les ART et EMT non conformes, et n’attendait l’arrêt des autres services, comme l’exécution d’ordres ou l’échange, que lorsqu’ils constituaient une offre au public. Elle tolérait une fenêtre « vente seule » jusqu’à la fin du premier trimestre 2025 et précisait que « la simple conservation et le simple transfert de ces crypto-actifs devraient rester possibles ».

Cette fois, la conclusion de l’ESMA « ne dépend pas de la question de savoir si chaque service sur crypto-actifs constitue, en lui-même, une offre au public ou une admission à la négociation ». L’autorité s’appuie sur l’article 66, paragraphe 1, de MiCA, qui oblige les PSCA à agir de manière honnête, loyale et professionnelle au mieux des intérêts de leurs clients. Selon elle, les risques d’un jeton non conforme tiennent à l’absence des garanties imposées à l’émetteur, et aucune mesure à la portée du prestataire ne suffit à les maîtriser. La fourniture de tout service MiCA devrait dès lors être présumée incompatible avec cette obligation. Des avertissements aux clients ne suffiraient pas.

🔑
Des contrôles plutôt que des avertissements
Les PSCA ne devraient ni maintenir, ni introduire, ni faciliter l’accès des clients de l’Union aux jetons non conformes. Ils sont appelés à mettre en place des contrôles techniques, contractuels et organisationnels qui empêchent la disponibilité de ces jetons dans l’Union, notamment leur achat par les clients de l’Union ou l’augmentation de leurs positions.

Trois mois pour solder les positions existantes

Les autorités nationales peuvent encore tolérer, pour une sortie ordonnée, des « services résiduels strictement limités ». Ces services devraient se limiter à la liquidation, à la conversion, au retrait, au transfert ou à la conservation des avoirs existants. Ils ne devraient faciliter ni nouvelle acquisition, ni promotion, ni négociation, et devraient être limités dans le temps, annoncés clairement aux clients et étroitement surveillés.

Lorsque les autorités relèvent des expositions héritées, elles devraient en exiger la résorption « dès que possible et au plus tard trois (3) mois après la date de publication du présent avis ». L’avis ne donne aucune date. Comptée à partir du 8 octobre, l’échéance tombe le 8 janvier 2027 selon CoinDesk et Cointribune, qui précise que les régulateurs nationaux peuvent retenir une date plus proche.

Smartphone posé sur un tissu sombre, affichant le cours d’une paire BTC/USDT
Exécution d’ordres, échange et conservation figurent parmi les services visés par l’avis.

Aucun jeton nommé, l’USDT cité par la presse

L’avis ne nomme aucun stablecoin. CoinDesk, qui l’a rapporté le 8 octobre, cite l’USDT de Tether, premier stablecoin par capitalisation, comme exemple marquant, et rappelle que plusieurs plateformes en avaient déjà restreint l’accès pour leurs utilisateurs européens. L’ESMA a rendu cet avis sur le fondement de l’article 29, paragraphe 1, point a), de son règlement fondateur. Il ne touche pas aux compétences de l’Autorité bancaire européenne et des autorités nationales sur les émetteurs de jetons.

La surveillance devance la révision de MiCA

L’avis suit de huit jours la réponse de l’ESMA à la consultation de la Commission européenne sur la révision de MiCA, qui recommandait des règles explicites pour empêcher les entreprises crypto réglementées de proposer des services liés à des stablecoins non conformes. Le texte du 8 octobre formule cette exigence à droit constant. Le 2 octobre, le gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, s’était prononcé pour une révision ciblée de MiCA qui encadrerait plus clairement l’usage des stablecoins non libellés en euros dans les paiements du quotidien et les modèles multi-émetteurs.

30 juin 2024
MiCA s’applique aux jetons
Titres III et IV, consacrés aux ART et aux EMT.
17 janvier 2025
Première déclaration de l’ESMA
Retrait des jetons non conformes des plateformes, conservation et transferts encore possibles.
Fin du 1er trimestre 2025
Fin de la fenêtre « vente seule »
Échéance fixée par la déclaration de 2025.
30 septembre 2026
L’ESMA répond sur la révision de MiCA
Elle demande des règles explicites sur les stablecoins non conformes.
8 octobre 2026
L’ESMA publie son avis
Tous les services sont visés, conservation et transferts compris.
8 janvier 2027
Trois mois après la publication
Limite de résorption des expositions, selon la presse.

Provenance

Publié le 8 octobre 2026

7 sources, 4 domaines distincts

↗ ESMA, ESMA sets out supervisory expectations on services related to unauthorised stablecoins, 8 octobre 2026 · esma.europa.eu↗ ESMA, avis sur la fourniture de services sur crypto-actifs portant sur des ART et des EMT non conformes à MiCA (ESMA75-113276571-1742) · esma.europa.eu↗ ESMA, déclaration publique sur la fourniture de certains services sur crypto-actifs portant sur des ART et des EMT non conformes à MiCA, 17 janvier 2025 · esma.europa.eu↗ ESMA, ESMA calls for changes to make MiCA clearer, safer and ready for emerging services, 30 septembre 2026 · esma.europa.eu↗ Banque de France, discours d’Emmanuel Moulin au Forum Fintech ACPR-AMF, 2 octobre 2026 (version anglaise) · banque-france.fr↗ CoinDesk, EU securities regulator gives crypto platforms 3 months to remove unauthorized stablecoins · coindesk.com↗ Cointribune, MiCA: ESMA gives crypto platforms three months to address non-compliant stablecoins · cointribune.com
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