L’European Payments Initiative (EPI), la société qui exploite le portefeuille Wero, a annoncé le jeudi 8 octobre 2026 son adhésion à nexo standards, association bruxelloise qui rédige des spécifications ouvertes pour les échanges de données entre terminaux, caisses et acquéreurs. Selon EPI, cette adhésion sert son ambition de rendre Wero « pratique à accepter » pour les commerçants en Europe. Pour le quotidien allemand Börsen-Zeitung, il s’agit de faire accepter Wero sur les caisses et terminaux en place.
Les protocoles de nexo reposent sur ISO 20022, la norme de messagerie financière. Conçus pour l’acceptation de la carte, ils ont été étendus depuis, selon nexo, aux portefeuilles mobiles, au paiement par QR code et au paiement instantané au point d’interaction. EPI compte y suivre l’usage de ces normes pour les paiements de compte à compte, le modèle de Wero. À NRF Europe, à Paris en septembre, EPI avait montré un paiement Wero par QR code sur un terminal doté d’un environnement d’acceptation nexo. Le déploiement en magasin sur plusieurs marchés est prévu pour 2027, et le NFC viendra « à long terme ».
« Les ambitions de l’Europe en matière de paiement doivent se traduire en choix concrets pour les consommateurs et les entreprises », a déclaré Martina Weimert, directrice générale d’EPI. « Pour Wero, cela signifie bâtir une solution européenne que les commerçants peuvent accepter sur différents marchés et dans différents environnements de paiement, et que proposent toutes les banques du continent. »
Visa, Mastercard et les grandes banques françaises déjà membres de nexo
L’association nexo standards est née en 2014 de la fusion de trois organismes de spécification de l’acceptation. Ses membres principaux comptent Visa , Mastercard , American Express AMEX, Nexi Payments, Euro Kartensysteme, la société de la girocard allemande, et le GIE Cartes Bancaires CB, ainsi que BNP Paribas, BPCE Payment Services, Crédit Agricole et le Crédit Mutuel. Adyen et Worldline sont membres associés, Bancontact Payconiq Company est observateur, et la Banque centrale européenne (BCE) y siège comme conseiller, sans droit de vote.
L’adhésion comporte trois niveaux, de l’observateur, à 2 000 € par an et sans accès aux projets de spécifications, au membre principal, à 20 000 €, seul à voter en assemblée générale. EPI n’a pas précisé le sien. Le 9 octobre, la liste des membres publiée par nexo ne la mentionnait pas encore.
Wero n’est accepté en caisse que dans deux pays
Selon la Börsen-Zeitung, Wero ne fonctionne en caisse qu’en Belgique et au Luxembourg. En Belgique, EPI a annoncé le 16 septembre à NRF Europe, comme Paypedia l’avait rapporté depuis le salon, que le prestataire Payworld permettait à son tour aux commerçants d’accepter Wero, le client scannant un QR code affiché sur le terminal. Au Luxembourg, où Wero remplace Payconiq, les QR codes Payconiq des magasins et des factures restent utilisables par Wero jusqu’à la fin de l’année, selon le même communiqué. Celui-ci disait Wero déjà disponible en Allemagne dans des « environnements de paiement physique spécifiques », dont la recharge des véhicules électriques.
Pour l’Allemagne, aucune date n’est fixée, relève le journal, alors que le lancement en magasin y avait d’abord été annoncé pour la mi-2026. Le 16 septembre, EPI prévoyait une ouverture progressive des paiements en point de vente en France et en Allemagne à partir de 2027. La présentation qui clôt le communiqué du 8 octobre indique pourtant encore que « les paiements en point de vente seront aussi proposés en 2026 ».
60 millions d’utilisateurs, sans chiffre sur les payeurs actifs
EPI attribue à Wero 60 millions d’utilisateurs, et 59 millions dans la présentation qui clôt son communiqué. Elle ne dit pas combien paient activement, relève la Börsen-Zeitung. EPI prévoit des migrations d’au moins 15 millions de consommateurs, depuis Payconiq au Luxembourg d’ici 2026 et depuis iDEAL aux Pays-Bas d’ici 2027. Selon le journal, le remplacement d’iDEAL était d’abord visé pour la fin de 2026.