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Réglementation

La BCE et les banques centrales de l’UE demandent la suppression du seuil de dépôt bancaire imposé aux stablecoins par MiCA

Le Système européen de banques centrales demande à Bruxelles de remplacer le seuil fixe de 30 à 60 % de dépôts bancaires que MiCA impose aux réserves de stablecoins par une règle de liquidité, et d’interdire aussi leur rémunération indirecte.

Le Système européen de banques centrales, qui réunit la Banque centrale européenne et les vingt-sept banques centrales nationales de l’Union, a déposé le 22 septembre 2026 une réponse de 57 pages à la consultation ciblée que la Commission européenne a ouverte sur la révision du règlement MiCA sur les marchés de crypto-actifs. Le texte demande à Bruxelles de supprimer le seuil fixe de dépôt bancaire imposé aux réserves de stablecoins, et d’étendre l’interdiction déjà en vigueur sur leur rémunération directe à la rémunération indirecte obtenue par le prêt, le jalonnement ou des montages combinés.

Ce que MiCA impose aujourd’hui

MiCA oblige les émetteurs de jetons de monnaie électronique, catégorie qui recouvre la plupart des stablecoins en euro et en dollar vendus dans l’Union, à détenir une part minimale de leurs réserves sous forme de dépôts auprès d’établissements de crédit : au moins 30 % pour un jeton ordinaire, et au moins 60 % pour un jeton qualifié de « significatif », un statut fondé sur le nombre de détenteurs, la capitalisation et les volumes de transaction. Au 8 août 2026, vingt-deux émetteurs de stablecoins détenaient un agrément MiCA dans l’Union.

Un test de liquidité à la place d’un seuil de dépôt

Le SEBC veut remplacer ce pourcentage fixe par une exigence fondée sur la liquidité, calée sur la rapidité avec laquelle les réserves peuvent être converties en liquidités. Il propose de retenir, comme point de départ à affiner, les seuils déjà rédigés par l’Autorité bancaire européenne dans un projet de norme technique qui n’est pas encore approuvé : 40 % des réserves d’un stablecoin significatif dans des actifs arrivant à échéance sous un jour ouvré et 60 % sous cinq jours ouvrés ; 20 % et 30 % pour un autre jeton de monnaie électronique.

Statut du jetonMiCA aujourd’hui (dépôts bancaires)Projet ABE repris par le SEBC (liquide sous 1 / 5 jours ouvrés)
Stablecoin significatif60 % minimum40 % sous 1 jour, 60 % sous 5 jours
Autre jeton de monnaie électronique30 % minimum20 % sous 1 jour, 30 % sous 5 jours
Le seuil de dépôt actuel de MiCA face aux seuils de liquidité de l’ABE que le SEBC propose de reprendre comme point de départ

Les banques centrales avancent un risque de contagion qui joue en sens inverse de celui que MiCA cherchait à prévenir. Concentrer les réserves des stablecoins sous forme de dépôts auprès d’un petit nombre de banques adosse le financement de ces banques à une source susceptible d’être retirée d’un coup si les détenteurs de jetons se précipitent pour se faire rembourser, ce qui met la liquidité bancaire sous tension au moment où elle en a le plus besoin. Une règle fondée sur la liquidité, soutient le SEBC, donne aux émetteurs des liquidités sur un calendrier qui correspond à leurs échéances, sans imposer cette concentration.

Une épaisse liasse de billets de 50 euros posée sur une table réfléchissante
Les règles de réserve de MiCA s’appliquent aux stablecoins en euro et en dollar émis ou vendus dans l’Union européenne.

Fermer la brèche de la rémunération indirecte

MiCA interdit déjà à l’émetteur d’un stablecoin de verser un intérêt directement à ses détenteurs, au motif qu’un jeton de monnaie électronique doit servir d’instrument de paiement et non de produit d’épargne. La réponse du SEBC fait valoir que cette interdiction se contourne facilement : un jeton peut être « transformé en dispositif rémunérateur par le prêt, le jalonnement ou des montages superposés » proposés par des plateformes d’échange, des protocoles de finance décentralisée ou d’autres intermédiaires, sans qu’aucun de ces cas ne corresponde, dans le texte actuel, à un intérêt versé par l’émetteur lui-même.

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Ce que demande le SEBC
La réponse indique que l’interdiction « ne devrait pas se limiter aux cas où [les prestataires de services sur crypto-actifs] proposent des services relevant de MiCA, mais devrait aussi s’appliquer aux services non régulés, tels que l’emprunt, le prêt et le jalonnement de crypto-actifs ». Les banques centrales demandent aussi que le prêt, le jalonnement et l’emprunt soient placés sous régulation au niveau de l’Union, et classés selon leur substance économique plutôt que selon la technologie qui les porte.

Calendrier

Juin 2024
Entrée en vigueur des règles de MiCA sur la monnaie électronique
Le seuil de dépôt de 30 à 60 % et l’interdiction de rémunération directe s’appliquent dans toute l’Union.
8 août 2026
Vingt-deux émetteurs agréés
Le nombre d’émetteurs de stablecoins détenant un agrément MiCA atteint vingt-deux.
22 septembre 2026
Le SEBC dépose sa réponse
La BCE et les vingt-sept banques centrales nationales transmettent leur position de 57 pages à la Commission européenne.
30 septembre 2026
Fin de la consultation
La consultation ciblée de la Commission sur la révision de MiCA se referme.
Mi-2027
Rapport de révision attendu
Un rapport de la Commission est attendu, susceptible d’être suivi d’une proposition législative modifiant MiCA.

Rien ne change dans l’immédiat pour les émetteurs de stablecoins : le seuil de dépôt de 30 à 60 % et l’interdiction de rémunération directe de MiCA restent en vigueur pendant que la Commission examine les réponses à la consultation, aux côtés de celles des autres participants. Toute modification suppose que la Commission dépose une proposition législative pour amender MiCA elle-même, une étape que son rapport de révision, attendu vers la mi-2027, pourra recommander ou non.

Provenance

Publié le 23 septembre 2026

4 sources, 4 domaines distincts

↗ CoinDesk · coindesk.com↗ Unchained · unchainedcrypto.com↗ Banque centrale européenne · ecb.europa.eu↗ Commission européenne · finance.ec.europa.eu
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