The Clearing House a annoncé le 24 septembre avoir retenu Quant pour construire le réseau de son initiative On-Chain Money, la plomberie interbancaire des dépôts tokenisés. Quant fournira la couche d’interopérabilité, d’orchestration et de gestion des transactions, ainsi que les raccordements aux systèmes de paiement existants en monnaie officielle. L’ouverture aux établissements participants est attendue au premier semestre 2027.
Pourquoi l’exploitant de RTP et de CHIPS s’y met
The Clearing House exploite déjà RTP pour les paiements instantanés de détail et d’entreprise, et CHIPS pour le règlement interbancaire de gros montants. Les deux règlent en monnaie de banque centrale. Un dépôt tokenisé, c’est la même créance sur une banque, émise sur un registre, et plusieurs grandes banques américaines ont bâti la leur. Ce qu’aucune ne possède, c’est le moyen de payer les autres.
L’initiative vise ce manque. Chaque banque garde son produit de dépôt tokenisé ; le réseau porte le message, compense le transfert et le règle, de sorte qu’un jeton émis par une banque puisse être reçu par une autre.
Deux fonctions sont annoncées. Le réseau doit régler les paiements immédiatement et permettre à un transfert de se déclencher automatiquement dès qu’une condition convenue est remplie, ce qui supprimerait une étape manuelle que banques et clients assument aujourd’hui.
Ce que les deux parties ont déclaré
Le directeur de la stratégie de The Clearing House, Sal Karakaplan, présente le choix en termes d’accès : Quant apporte selon lui la technologie et l’expertise nécessaires au réseau, et ouvre une voie de participation aux établissements financiers de toute taille. Le fondateur et dirigeant de Quant, Gilbert Verdian, va plus loin : avec The Clearing House, dit-il, nous changeons la manière dont l’argent fonctionne en Amérique et nous posons les fondations d’une monnaie programmable qui circule sans rupture dans le système financier.
Les cas d’usage visés par le réseau
Le communiqué cite la trésorerie d’entreprise, la gestion de la liquidité, les paiements transfrontaliers et le règlement d’actifs numériques. Ces cas décrivent des situations où l’argent est prêt avant que le processus ne le soit : une chaîne de correspondants qui ferme pour la nuit, une filiale à financer dans un autre fuseau, une jambe titres qui se règle sur une horloge différente de la jambe espèces.
L’argument porte d’abord sur la trésorerie d’entreprise. Déplacer des liquidités entre deux banques un vendredi soir suppose aujourd’hui soit un rail instantané avec ses plafonds, soit un virement qui arrivera lundi. Un dépôt tokenisé compensé entre banques à toute heure supprime l’heure limite sans faire sortir l’argent du système bancaire.
Pour une banque de taille moyenne, la question pratique est de savoir si adhérer coûte moins que rester dehors, avant même celle de construire un jeton. L’interopérabilité transforme cela en problème d’arithmétique : le prix du raccordement face au volume de contreparties atteignables dès le premier jour. La liste des adhérents compte donc davantage que la technique.
Ce qu’il faudra regarder avant 2027
Trois questions décideront si l’ensemble devient une infrastructure de marché. Quels établissements adhèrent au-delà des grandes banques qui soutiennent déjà l’initiative, comme Bank of America, Citi, JPMorgan et Wells Fargo, puisqu’une interopérabilité ne vaut que ce que vaut son périmètre d’adhérents. Comment le règlement décrit les paiements conditionnels, car c’est là que se logera la responsabilité en cas de déclenchement manqué. Et comment le réseau se raccorde à RTP et à CHIPS en pratique, ce qui déterminera si un trésorier voit un rail ou trois.
À ce stade, il s’agit d’un choix de prestataire assorti d’une date. Rien ne se règle encore sur ce réseau.