Visa a demandé aux processeurs de cesser de classer les achats de memecoins sous le code marchand 5815, celui des biens et médias numériques. L’information a été publiée le 19 septembre 2026 par le média d’enquête The Block, qui avait révélé la pratique le 1er septembre. Le réseau n’a pas commenté publiquement.
La faille, telle qu’elle a été décrite
Les achats de memecoins réglés par carte dans les applications Robinhood Wallet et Fomo passaient par Crossmint, dont le processeur est Checkout.com, et étaient présentés sous le code 5815. Ce classement ne porte aucun des marqueurs qui signalent un achat de cryptoactifs, si bien que les acheteurs percevaient les points et remises habituels, dont les achats de cryptos sont normalement exclus.
Selon The Block, Checkout.com a été notifié directement par le réseau. Une période de grâce court, dont le terme est attendu la semaine suivant la publication. Ensuite, ces transactions devront être traitées comme des achats de cryptoactifs, avec les restrictions correspondantes sur les récompenses.
| Classement | Règles appliquées | Récompenses |
|---|---|---|
| Biens et médias numériques (5815) | régime commun des biens numériques | points et remises habituels |
| Achat de cryptoactifs | restrictions propres au réseau sur cette catégorie | exclusion habituelle des programmes de fidélité |
Interrogée, la société Crossmint déclare rester en règle avec Visa, Mastercard et l’ensemble de ses partenaires réseaux, et affirme que sa position et ses procédures de traitement des biens numériques n’ont pas changé. Le bureau de la procureure générale de l’État de New York, Letitia James, a indiqué au même média avoir connaissance du produit et s’y intéresser.
Pourquoi le code marchand est un sujet de conformité, pas de tuyauterie
Attribuer un code d’activité n’est pas une formalité administrative. C’est la déclaration sur laquelle le réseau, l’émetteur et le régulateur s’appuient pour savoir ce qui a été vendu. Elle commande le taux payé par le commerçant, l’autorisation ou le refus côté émetteur, les règles de contestation applicables, et la surveillance des catégories sensibles comme le jeu d’argent ou les cryptoactifs.
- un code inexact expose le commerçant et son acquéreur aux amendes prévues par les règles du réseau
- il fausse les filtres des émetteurs, qui bloquent ou plafonnent certaines catégories
- il fausse aussi la surveillance de la fraude, calibrée par catégorie
- il déplace un coût : les points versés à tort sont financés par le programme de fidélité de l’émetteur
Le précédent que cela crée
Les réseaux encadrent depuis longtemps l’achat de cryptoactifs par carte, avec des catégories dédiées et des restrictions que les émetteurs appliquent diversement. La nouveauté n’est pas la règle, c’est la manière dont elle a été contournée : non par une fraude technique, mais par une déclaration d’activité qui plaçait l’achat dans une autre case.
Pour les acquéreurs, la leçon est opérationnelle. La revue des codes attribués à des commerçants dont l’activité évolue vite, applications de portefeuille en tête, est un contrôle de premier niveau. Elle se pratique sur pièces, à partir de ce qui est réellement vendu, et non à partir de ce que le commerçant déclare vendre.