La banque centrale du Brésil a publié le 18 septembre 2026 la Resolução BCB nº 587, qui révise le règlement du Pix, son rail de paiement instantané. Le texte organise le marquage des comptes soupçonnés de fraude, autorise un document de paiement portant à la fois le code-barres du boleto et le QR code Pix, et ouvre le prélèvement automatique depuis les comptes de salaire.
Le marquage des comptes suspects
Les établissements pourront marquer les identifiants fiscaux, personnes physiques comme personnes morales, impliqués dans des opérations suspectes. Les opérations liées à ces signalements doivent être rejetées, à l’exception des remboursements. L’utilisateur marqué doit en être informé et peut demander un réexamen, auquel l’établissement répond sous sept jours ; si l’analyse ne confirme pas les indices, le marquage est levé et la décision motivée.
Le dispositif complète le mécanisme spécial de remboursement, le MED, créé après la vague d’escroqueries au virement instantané qu’a connue le pays. Il déplace la lutte contre la fraude du remboursement a posteriori vers le blocage du compte receveur.
Le boleto et le Pix sur le même document
Le second volet réconcilie deux instruments qui coexistaient sans se parler. Un même avis de paiement pourra porter le code-barres du boleto, l’instrument de recouvrement historique brésilien, et le QR code Pix. Le dispositif vise les boletos ordinaires et dynamiques, l’émission du boleto devant relever du même prestataire que l’encaissement, et l’offre reste facultative pour l’établissement. En cas de double paiement, le remboursement intégral est dû sous vingt-quatre heures.
Le prélèvement sur les comptes de salaire
Le troisième volet touche à la conta-salário, compte dédié au versement des rémunérations et jusqu’ici très encadré. Le Pix Automático, équivalent du mandat de prélèvement, y devient la seule modalité d’envoi autorisée. La réception d’autres paiements Pix reste interdite, à l’exception des virements du Trésor national et des remboursements.
Ce que le texte dit de la gouvernance du rail
- une dispense de participation obligatoire devient possible pour certains établissements selon leur modèle d’activité
- les agréments obtenus sur de fausses déclarations peuvent être annulés
- un établissement en liquidation est suspendu immédiatement
- les exclusions pour manquement prennent effet sans délai de préavis
L’ensemble illustre une trajectoire désormais familière aux rails publics : la phase d’adoption se gagne sur la simplicité, la phase de maturité se joue sur la fraude et la gouvernance. La banque centrale garde la main sur les deux, ce qui reste la différence de fond avec un schéma privé.