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🔐 3-D Secure 2 et les exemptions SCA

Frictionless, challenge, liability shift, exemptions TRA/LVP/MIT/MOTO, soft declines : le protocole d'authentification et la stratégie d'exemption qui arbitre conversion, fraude et responsabilité.

Le cadre : DSP2, SCA et EMV 3-D Secure

La DSP2 impose l'authentification forte du client (SCA, deux facteurs parmi connaissance, possession, inhérence) pour les paiements électroniques initiés par le payeur dans l'EEE. EMV 3-D Secure (3DS2), spécifié par EMVCo, est le protocole qui la met en œuvre pour la carte. Il transporte les données de la transaction et du device vers l'émetteur, qui décide d'authentifier silencieusement (frictionless) ou d'imposer un défi (challenge).

2001
3DS1 (Verified by Visa)
Redirection et mot de passe statique. Sécurité réelle, conversion sacrifiée (jusqu'à −20 % sur certains flux).
2016
Spécification EMV 3DS 2.0
Refonte EMVCo : données riches, flux frictionless, support natif mobile (SDK).
14 sept. 2019
Entrée en application des RTS SCA
Obligation réglementaire de SCA dans l'EEE, avec plan de migration piloté en France par l'OSMP.
2021
Fin de la migration douce
Les soft declines se généralisent. Les émetteurs refusent les flux non authentifiés hors exemption.
oct. 2022
Décommissionnement de 3DS1
Visa et Mastercard retirent 3DS1 ; 3DS2 (2.1/2.2) devient l'unique protocole.
2023-2026
3DS 2.3.x
Déploiement progressif : meilleure UX SDK, WebAuthn/passkeys en méthode d'authentification, device binding.
Navigateurdevice data (~130 champs)3DS Servercôté marchand / PSPDSdirectory server schemeACSbanque émettricecollecteAReqAReqFrictionless≈ 90-95 % des transactionsChallengeOTP, app bancaire, biométrieARes = Y (risque faible)ARes = CCReq / CResLe client s'authentifievia sa banqueAuthentification réussieliability shift → l'émetteur porte la fraudeDonnées riches et cohérentes= plus de frictionless
ℹ️
Trois serveurs, trois acteurs
3DS2 fait dialoguer le 3DS Server (côté marchand/PSP), le DS (Directory Server, opéré par le scheme) et l'ACS (Access Control Server, côté émetteur). Le rôle du marchand se limite à transmettre des données à l'ACS, par l'intermédiaire du 3DS Server. L'ACS décide seul du frictionless ou du challenge.

Frictionless vs challenge

Dans le flux frictionless, l'ACS évalue le risque sur les seules données transmises (AReq) et authentifie sans interaction. Le porteur ne voit rien. Dans le flux challenge, l'ACS exige une interaction, aujourd'hui majoritairement une validation dans l'app bancaire (possession du téléphone + code/biométrie, conforme SCA). L'OTP SMS seul a été abandonné, car il ne constitue qu'un facteur.

Déroulé d'une authentification 3DS2
Marchand
Collecte les device data et envoie l'AReq
Via le 3DS Server : ~130 champs transaction + navigateur/SDK
Directory Server (scheme)
Route l'AReq vers l'ACS de l'émetteur
Résolution par BIN range
ACS (émetteur)
Score le risque
Device connu, historique, montant habituel, exemption demandée
ACS
Répond ARes
transStatus Y (frictionless) ou C (challenge requis)
Porteur
Complète le challenge le cas échéant
Validation in-app + biométrie ; CReq/CRes entre navigateur et ACS
Marchand
Envoie l'autorisation avec la preuve
CAVV/AAV + ECI 05/02 dans le message d'autorisation
transStatusSignificationSuite à donner
YAuthentification réussie (frictionless ou après challenge)Autoriser avec CAVV + ECI 05 (Visa) / 02 (MC), liability émetteur
ATentative (attempt) : l'ACS n'a pas pu authentifier mais le scheme attesteAutoriser avec ECI 06/01, liability shift conservé dans la plupart des cas
CChallenge requisPrésenter le challenge (CReq/CRes) puis reprendre le flux
NNon authentifié / échecNe pas autoriser : refus quasi certain + aucun liability shift
UAuthentification indisponible (ACS down…)Décider selon la politique de risque : retenter, autoriser sans (hors EEE), ou refuser
RRejeté par l'émetteur (ne pas retenter)Abandonner : l'émetteur refuse toute authentification de cette transaction
Valeurs de transStatus (résultat d'authentification)
≈ 2/3
des authentifications 3DS2 traitées en frictionless sur le marché français mature
OSMP / observations marché 2024-2025
5-15 %
d'abandon au challenge selon la qualité de l'ACS et le device
benchmarks PSP
≈ 0,16 %
taux de fraude VAD en France après généralisation de la SCA, plus bas niveau constaté, contre ≈ 0,25 % dix ans plus tôt
OSMP, rapports annuels

Les données transmises : le carburant du frictionless

L'AReq de 3DS2 est le message par lequel le marchand soumet une transaction à l'authentification, avant que le Directory Server ne le route vers l'ACS de l'émetteur. Il peut véhiculer de l'ordre de 130 champs, dont une centaine d'obligatoires ou conditionnels et plusieurs dizaines d'optionnels, ce qui constitue sa grande différence avec 3DS1. Plus le marchand renseigne de champs, plus l'ACS dispose d'éléments pour affiner son score, et plus la probabilité de frictionless augmente. Ces champs se répartissent entre les catégories suivantes.

  • Device data navigateur (obligatoires en flux browser) : browserUserAgent, browserLanguage, browserScreenWidth/Height, browserTZ, browserJavaEnabled, browserAcceptHeader, IP ;
  • Device data SDK (flux in-app) : identifiants d'appareil, modèle, OS, jailbreak/root status, plus riches et plus fiables que le navigateur ;
  • Données transaction : montant, devise, date, récurrence prévue (recurringFrequency, recurringExpiry) ;
  • Merchant risk indicators : adresse de livraison, shipIndicator (livraison = facturation, retrait magasin, numérique…), deliveryTimeframe, reorderItemsInd (réachat), preOrderPurchaseInd ;
  • Cardholder account info : ancienneté du compte client (chAccAgeInd), date de dernier changement de mot de passe, nombre de transactions sur 24 h/1 an, nombre de cartes enregistrées ;
  • Requestor data : threeDSRequestorChallengeInd, par lequel le marchand peut demander un challenge (03), indiquer qu'il n'en souhaite pas (02), ou signaler qu'un mandat impose la SCA (04).
Extrait d'AReq 3DS2 (flux navigateur, annoté)
{
  "threeDSRequestorAuthenticationInd": "01",   // 01 = paiement (vs enrolement carte)
  "threeDSRequestorChallengeInd": "02",        // 02 = pas de challenge souhaite
  "acctNumber": "4895370000000000",            // PAN ou DPAN
  "purchaseAmount": "8990", "purchaseCurrency": "978",  // 89,90 EUR (ISO 4217)
  "browserIP": "92.184.100.23",
  "browserUserAgent": "Mozilla/5.0 (iPhone; CPU iPhone OS 18_5...)",
  "browserLanguage": "fr-FR", "browserTZ": "-120",
  "browserScreenWidth": "390", "browserScreenHeight": "844",
  "cardholderName": "MARIE DUPONT",
  "email": "marie.dupont@example.fr",
  "shipAddrCity": "Paris", "shipAddrPostCode": "75002", "shipAddrCountry": "250",
  "merchantRiskIndicator": {
    "shipIndicator": "01",                     // livraison = adresse de facturation
    "deliveryTimeframe": "03",                 // livraison sous 24 h (overnight)
    "reorderItemsInd": "02"                    // reachat d'un article deja commande
  },
  "acctInfo": {
    "chAccAgeInd": "05",                       // compte client cree depuis > 60 jours
    "nbPurchaseAccount": "11",                 // 11 achats sur 6 mois
    "suspiciousAccActivity": "01"              // pas d'activite suspecte observee
  }
}
// Un dossier riche et coherent -> score ACS bas -> transStatus Y sans challenge.
🔑
Le frictionless se gagne côté marchand
Le taux de challenge dépend de l'ACS. À ACS constant, deux marchands qui adressent le même émetteur obtiennent des taux de frictionless très différents, selon la complétude de leurs AReq. L'audit des champs réellement transmis par le PSP produit un gain rapide et récurrent. Beaucoup de configurations n'envoient par défaut que le minimum obligatoire. L'enrichissement de l'AReq fait gagner de +5 à +15 pts de frictionless.

Le liability shift : qui porte la fraude ?

Le transfert de responsabilité (liability shift) désigne le déplacement de la charge de la fraude d'un acteur de la transaction vers un autre. En VAD non authentifiée, cette charge pèse sur le commerçant, sous la forme d'un chargeback pour motif de fraude. L'authentification 3DS la déplace vers l'émetteur. Un porteur qui conteste une transaction authentifiée ne peut plus obtenir de chargeback pour motif de fraude. Les motifs commerciaux, comme la non-livraison ou le produit non conforme, restent ouverts dans tous les cas.

ScénarioECI (Visa/MC)Liability fraudeCommentaire
3DS réussi (frictionless ou challenge)05 / 02ÉmetteurProtection maximale contre les chargebacks fraude
Tentative (attempt, ACS indisponible)06 / 01Émetteur (généralement)Le scheme atteste de la tentative ; règles fines selon marque
Exemption demandée par l'acquéreur (TRA, LVP)07 / 00 + flag exemptionCommerçant/acquéreurLe prix de la fluidité : pas de SCA = pas de shift
Exemption appliquée par l'émetteur (TRA émetteur)07 / 00ÉmetteurCas favorable : fluidité ET protection
MOTOhors 3DSCommerçantHors champ SCA, aucune protection
MIT correctement chaînéhors 3DSÉmetteur si le CIT initial était authentifiéLa preuve du mandat repose sur le chaînage réseau
Sans 3DS, hors exemption (EEE)07 / 00Commerçant + refus probableSoft decline attendu : cas à éliminer
Matrice de responsabilité fraude selon le scénario
⚠️
Le liability shift n'est pas une assurance tous risques
Le transfert ne couvre que les chargebacks fraude (Visa 10.x, Mastercard 4837…). Les litiges commerciaux (4853, 13.x) restent à la charge du commerçant. Un marchand qui laisse passer en frictionless des transactions douteuses voit monter le taux de fraude constaté côté émetteur, qui répond par davantage de challenges et par un taux d'acceptation plus bas. Le transfert modifie la répartition du coût de la fraude sans réduire le volume de fraude lui-même.

Les exemptions SCA en détail

Les RTS (règlement délégué UE 2018/389) prévoient des exemptions à la SCA, demandées par l'acquéreur dans le flux d'autorisation (ou appliquées par l'émetteur). S'y ajoutent des cas hors champ (out of scope) qui ne sont pas des exemptions, comme les MIT, le MOTO et le one-leg-out (une des deux banques hors EEE). La distinction porte à conséquence. L'émetteur peut refuser une exemption qui lui est demandée, alors qu'un cas hors champ échappe par nature à l'obligation d'authentification.

Paiement carte à distance dans l'EEEpayeur présent ? les deux PSP dans l'EEE ?Hors champMOTO · MIT chaîné · one-leg-outExemption demandéeTRA · LVP · confiance · corporateSCA appliquée3DS2 → ACS émetteurhors périmètre DSP2SCA due, tentée sans frictionSCA due, appliquéenetworkTxReferenceTRA ≤ 100/250/500 €LVP ≤ 30 €frictionless ou challengeApprouvéezéro frictionSoft decline 1A / 65l'émetteur exige la SCAtransStatus Y / ACAVV + ECIexemption acceptéeexemption refuséerelancer en 3DS, jamais abandonnerFraude à la charge du COMMERÇANTchargeback 10.4 opposableFraude à la charge de l'ÉMETTEURliability shiftaucun liability shiftsans authentificationHors champExemption : 0 frictionSCA : liability shiftSeuils TRA 100 / 250 / 500 € = taux de fraude de référence du PSP (13 / 6 / 1 pb), RTS (UE) 2018/389, art. 16 et 18 + annexe.
CasBase juridiqueConditions et seuilsLiability fraude
TRA acquéreur (Transaction Risk Analysis)RTS art. 18Taux de fraude VAD de l'acquéreur : ≤ 0,13 % → paniers ≤ 100 € ; ≤ 0,06 % → ≤ 250 € ; ≤ 0,01 % → ≤ 500 €Commerçant/acquéreur
TRA émetteurRTS art. 18Mêmes seuils, calculés sur le taux de fraude de l'émetteur ; décision émetteur en frictionlessÉmetteur
LVP (Low Value Payment)RTS art. 16≤ 30 €, avec compteurs émetteur : SCA imposée après 5 transactions consécutives exemptées ou 100 € cumulésCommerçant/acquéreur si demandée par l'acquéreur
Bénéficiaires de confiance (whitelisting)RTS art. 13Le porteur inscrit le marchand en liste blanche chez son émetteur (lors d'un challenge) ; transactions suivantes exemptéesÉmetteur
Paiements corporate sécurisésRTS art. 17Cartes logées, virtuelles ou process corporate dédiés (voyage d'affaires…) via protocoles sécurisésÉmetteur (via processus dédiés)
MITHors champ SCAMandat établi par un CIT initial authentifié + chaînage réseau correctÉmetteur si chaînage valide
MOTO (Mail Order / Telephone Order)Hors champ (pas un paiement électronique au sens DSP2)Commande par courrier/téléphone, saisie manuelle sécuriséeCommerçant
One-leg-outHors champ territorialÉmetteur ou acquéreur hors EEE : SCA en « best effort »Selon règles scheme classiques
Prépayé anonymeHors champ (art. 63 DSP2)Cartes cadeaux anonymes ≤ 150 €Selon règles scheme
Exemptions et cas hors champ : conditions, seuils, liability
ℹ️
L'émetteur a toujours le dernier mot
Une exemption demandée par l'acquéreur reste soumise à l'appréciation de l'émetteur, qui n'est pas tenu de l'accorder. L'émetteur peut répondre par un soft decline (1A/65) exigeant la SCA, même sur un panier de 15 €. Les taux d'acceptation des exemptions varient fortement d'un émetteur à l'autre, de 50 % à 95 % sur la TRA acquéreur. Une stratégie d'exemption se pilote donc émetteur par émetteur. Les taux constatés lui servent de base.

Le seuil TRA applicable dépend du taux de fraude de l'acquéreur (pour la TRA acquéreur), calculé trimestriellement selon la méthodologie RTS. Un commerçant dont le taux de fraude est faible reste plafonné par le taux global du portefeuille de son acquéreur. Le niveau de fraude des autres commerçants du portefeuille détermine donc le plafond d'exemption accessible, ce qui pèse sur le choix de l'acquéreur et sur la segmentation des MID.

Soft declines et stratégie d'exemption

Le soft decline est le refus réversible par lequel l'émetteur exige une authentification, code `1A` chez Visa (Additional customer authentication required) et `65` chez Mastercard, réaffecté à cet usage avec la DSP2. Il signale au commerçant que la transaction peut aboutir après une nouvelle soumission avec 3DS. Tout flux d'encaissement européen doit implémenter cette boucle de re-soumission.

Boucle de récupération d'un soft decline
Marchand
Autorisation avec exemption TRA
Panier 85 €, pas de 3DS, flag exemption dans le message
Émetteur
Refuse en soft decline
Réponse 1A (Visa) ou 65 (Mastercard) : SCA exigée
Marchand / PSP
Déclenche 3DS2 immédiatement
Le client est encore en session : AReq avec les données déjà collectées
ACS émetteur
Frictionless ou challenge
L'émetteur qui a soft-declined challenge souvent, mais pas toujours
Marchand
Nouvelle autorisation avec CAVV + ECI 05
Taux de récupération observé : 60-80 % des soft declines
StratégieConversionFraude & chargebacksLiabilityPour qui ?
Tout 3DS, challenge acceptéLa plus faible (abandon challenge 5-15 %)MinimaleÉmetteur sur quasi toutSecteurs à forte fraude (billetterie, électronique revendable), paniers élevés
3DS systématique, frictionless maximiséBonne (friction seulement quand l'ACS l'exige)FaibleÉmetteurDéfaut sain pour la majorité des e-commerçants européens
Exemptions TRA/LVP agressives + boucle soft declineLa meilleure (+2 à +5 pts vs challenge systématique)À surveiller : la fraude revient chez le marchandCommerçant sur les flux exemptésMarchands matures, fraude maîtrisée (< 0,06 %), outillage temps réel
Trois stratégies d'authentification : arbitrage conversion / fraude / liability
+2 à +5 pts
de conversion gagnés par une stratégie d'exemption bien calibrée vs 3DS-challenge systématique
benchmarks PSP européens
60-80 %
des soft declines convertis en vente par la re-soumission 3DS automatique
benchmarks marché
0,13 % / 0,06 % / 0,01 %
taux de fraude de référence RTS ouvrant les seuils TRA 100 / 250 / 500 €
règlement délégué UE 2018/389, art. 18
🔑
La bonne fonction objectif
La grandeur que l'arbitrage cherche à maximiser est la marge nette après fraude = conversion × panier − coût de fraude porté − coûts de traitement des chargebacks. Ni le taux de frictionless, ni le taux d'exemption ne tiennent ce rôle. Une exemption TRA peut gagner 2 pts de conversion tout en faisant porter 0,3 % de fraude au marchand, et dégrader le résultat sur un panier à faible marge. Le calcul se refait en continu, par segment (émetteur × montant × produit).

Et ailleurs dans le monde. Le même mécanisme, ailleurs.

L'obligation réglementaire d'authentifier fortement le payeur

Royaume-Uni

Au Royaume-Uni, l'obligation d'authentification forte a survécu au Brexit : les SCA-RTS ont été repris dans le Handbook de la FCA, qui les amende désormais elle-même, et s'appliquent depuis le 14 septembre 2019.

Financial Conduct Authority, « Strong Customer Authentication », https://www.fca.org.uk/firms/strong-customer-authentication

Inde

En Inde, les Reserve Bank of India (Authentication mechanisms for digital payment transactions) Directions, 2025 du 25 septembre 2025 imposent au moins deux facteurs d'authentification distincts pour tout paiement numérique, dont un généré ou prouvé dynamiquement à chaque transaction. Mise en conformité exigée au 1er avril 2026, avec six catégories d'exemptions par cas d'usage (sans contact de faible montant, e-mandats récurrents, péage NETC, certains prépayés…).

Reserve Bank of India (Authentication mechanisms for digital payment transactions) Directions, 2025, https://www.rbi.org.in/Scripts/BS_ViewMasDirections.aspx?id=12898

Australie

En Australie, il n'existe pas d'obligation réglementaire équivalente : l'ePayments Code de l'ASIC est un code d'adhésion volontaire qui détermine qui supporte une opération non autorisée et organise la récupération des virements erronés, sans imposer de méthode d'authentification. Le recours à 3-D Secure y relève des règles de scheme.

Australian Securities and Investments Commission, « ePayments Code », https://asic.gov.au/regulatory-resources/financial-services/epayments-code/

La franchise laissée à la charge du porteur en cas d'opération non autorisée

États-Unis

Aux États-Unis, deux régimes coexistent : sur une carte de crédit, la Regulation Z plafonne la responsabilité du porteur à 50 $ (12 CFR 1026.12(b)) ; sur un débit, la Regulation E la limite à 50 $ si l'opération est signalée dans les 2 jours ouvrés, 500 $ au-delà, et supprime tout plafond pour les opérations postérieures à 60 jours après l'envoi du relevé.

Consumer Financial Protection Bureau, 12 CFR 1026.12(b) et 12 CFR 1005.6, https://www.consumerfinance.gov/rules-policy/regulations/1026/12/ et https://www.consumerfinance.gov/rules-policy/regulations/1005/6/

Royaume-Uni

Au Royaume-Uni, le règlement 77 des Payment Services Regulations 2017 plafonne la franchise à 35 £ et la ramène à zéro dès lors que le prestataire n'a pas appliqué l'authentification forte alors qu'elle était exigée, ou après notification de la perte de l'instrument.

Payment Services Regulations 2017 (SI 2017/752), regulation 77, https://www.legislation.gov.uk/uksi/2017/752/regulation/77

Inde

En Inde, la responsabilité du client est nulle s'il signale l'opération dans les 3 jours ouvrés ; entre 4 et 7 jours ouvrés elle est plafonnée selon le type de compte, de 5 000 ₹ à 25 000 ₹. La banque doit créditer le montant contesté sous 10 jours ouvrés et clore la réclamation en 90 jours au plus.

Reserve Bank of India, circulaire RBI/2017-18/15 du 6 juillet 2017, « Customer Protection – Limiting Liability of Customers in Unauthorised Electronic Banking Transactions », https://www.rbi.org.in/Scripts/NotificationUser.aspx?Id=11040