La UK Payments Delivery Company a ouvert, le 15 septembre 2026, une levée de fonds d’environ 50 millions de livres auprès des dix-neuf groupes de services financiers qui avaient soutenu sa constitution en 2025. Cette société doit porter la construction de la prochaine infrastructure de paiement du pays, avec un objectif affiché par ses promoteurs : offrir au Royaume-Uni une solution domestique là où les paiements par carte passent aujourd’hui par Mastercard et Visa.
Qui met au pot
Les quatre grandes banques de détail britanniques, Barclays, HSBC, Lloyds et NatWest, figurent parmi les établissements sollicités, aux côtés de Citi, de JPMorganChase, de Nationwide, de PayPal et de Wise. Mastercard et Visa ont participé aux travaux de fondation de la structure, alors même que celle-ci est présentée comme une alternative à leurs réseaux.
La présidence revient à Vim Maru, directeur général de Barclays UK, désigné pour conduire la phase de constitution. Le recrutement d’un directeur général opérationnel est en cours. Les fonds couvrent l’incorporation de la société et sa phase de mobilisation, c’est-à-dire la période où l’on recrute, où l’on écrit les règles et où l’on choisit les prestataires techniques.
D’où vient ce projet
La démarche découle de la National Payments Vision publiée par le Trésor britannique fin 2024, qui demandait une gouvernance claire pour la modernisation des paiements de détail. Le Retail Payments Infrastructure Board, installé sous l’égide de la Banque d’Angleterre, doit livrer son premier schéma directeur au premier trimestre 2027 : c’est ce document qui dira quelles fonctions la nouvelle infrastructure prend en charge, et dans quel ordre.
Pourquoi maintenant
Le contexte immédiat est celui des frais facturés par les réseaux internationaux, sous surveillance constante outre-Manche depuis plusieurs années. Une infrastructure domestique ne supprime pas ces frais du jour au lendemain, mais elle crée une option de repli : un émetteur qui dispose d’un rail national négocie autrement ses conditions.
L’exemple européen montre aussi les limites de l’exercice. Le portefeuille Wero, porté par l’European Payments Initiative, a commencé par le virement entre particuliers avant d’aborder le paiement en ligne puis le magasin, marché par marché. Bâtir un rail est une affaire de règles, d’acceptation et de fraude autant que de technique.
Ce qu’il faudra regarder
- le contenu du schéma directeur du premier trimestre 2027, qui fixera le périmètre fonctionnel
- la place laissée au virement instantané et au paiement de compte à compte dans ce périmètre
- les conditions d’acceptation côté marchands, qui décident de l’usage réel
- la gouvernance de la société, entre banques souscriptrices et autorités publiques
Pour les prestataires de services de paiement, l’échéance utile n’est pas cette levée mais le schéma directeur de 2027. Il indiquera si le Royaume-Uni construit un réseau de cartes domestique, un rail de compte à compte, ou une couche de services au-dessus de l’existant.