Le 15 septembre 2026, la banque centrale du Qatar et la banque centrale d’Arabie saoudite ont annoncé l’acceptation mutuelle de leurs cartes nationales. La carte qatarie Himyan sera acceptée en Arabie saoudite, et la carte du réseau saoudien mada le sera au Qatar. L’annonce a été faite à Riyad, sur la scène de Money20/20 Middle East.
Ce qui a été annoncé
Les deux gouverneurs étaient présents : le cheikh Bandar bin Mohammed bin Saoud Al Thani pour le Qatar, et Ayman bin Mohammed bin Saud Al-Sayari pour l’Arabie saoudite. Selon le compte rendu du salon, ils ont eux-mêmes effectué la première transaction d’une carte Himyan sur le réseau mada. Le déploiement sera graduel : l’acceptation s’ouvrira au fur et à mesure de l’achèvement des phases d’intégration technique et opérationnelle approuvées.
Aucun calendrier public n’a été donné, ni aucun volume attendu. Les deux banques centrales exploitent elles-mêmes leur réseau national, ce qui rend l’accord plus simple à conclure et plus lent à déployer : il n’y a pas d’opérateur privé pour arbitrer les règles, mais deux autorités qui doivent aligner leurs barèmes, leurs responsabilités en cas de fraude et leurs obligations de disponibilité avant d’ouvrir le trafic. Les deux institutions parlent d’un démarrage progressif, formulation qui, dans les réseaux de cartes, recouvre d’ordinaire une ouverture par catégories de commerçants puis par types de terminaux.
Pourquoi les schémas domestiques se rapprochent
Un réseau national protège la souveraineté du paiement intérieur, mais il s’arrête à la frontière. Le voyageur qui franchit celle-ci repasse par un réseau international, avec les frais de change et les commissions correspondants. En reliant deux réseaux domestiques, les deux banques centrales récupèrent le trafic transfrontalier régional sans passer par un tiers.
Le mouvement n’est pas isolé. L’Inde relie son réseau UPI à plusieurs voisins, l’Europe travaille à interconnecter ses solutions nationales, et le Golfe avance par accords bilatéraux entre banques centrales. Chaque fois, la difficulté est la même : ce ne sont pas les messages qui bloquent, ce sont les règles, la responsabilité en cas de fraude et le partage des revenus.
- les règles d’acceptation doivent être alignées, y compris pour les cas d’usage particuliers comme l’automate ou l’hôtellerie
- la responsabilité en cas de contestation doit être répartie entre deux réseaux qui n’ont pas les mêmes barèmes
- le change et les frais applicables au porteur doivent être annoncés clairement
- les banques des deux pays doivent certifier leurs parcs de terminaux
Pour les prestataires qui vendent de l’acceptation dans le Golfe, la conséquence est immédiate : il faudra supporter deux réseaux domestiques supplémentaires dans les parcours de certification, et expliquer aux commerçants pourquoi une carte étrangère passe désormais par un rail local. Pour les réseaux internationaux, c’est une part de trafic régional qui s’éloigne.