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Fraude

Basware rachète Trustpair et prolonge le contrôle de la facture jusqu’au compte du fournisseur

L’éditeur finlandais Basware a signé le 26 août 2026 un accord ferme pour acquérir Trustpair, société française de prévention de la fraude au virement fournisseur. Le montant n’est pas divulgué, la clôture est attendue plus tard en 2026.

La fraude au changement de coordonnées bancaires consiste à faire régler une facture légitime sur un compte contrôlé par un tiers. Le fraudeur se présente comme un fournisseur connu de l’entreprise et obtient la mise à jour de son relevé d’identité bancaire dans le référentiel comptable, avant que la facture correspondante ne parte au paiement. Basware a signé le 26 août 2026 un accord ferme pour acquérir Trustpair, société française spécialisée dans le contrôle de ces coordonnées avant l’exécution du virement.

Le montant n’est pas divulgué. La clôture est attendue plus tard en 2026. Trustpair continuera d’exploiter sa plateforme et de s’adresser au marché sous son propre nom, en tant que société du groupe Basware. Ses clients ne changent ni de fournisseur ni de système.

Les deux entreprises

Basware est un éditeur finlandais de logiciels de gestion du cycle de vie de la facture, détenu par le fonds Accel-KKR. Le groupe revendique plus de 6 500 clients et des données portant sur 2,5 milliards de factures et 20 millions de fournisseurs. L’opération prolonge trois acquisitions menées entre 2023 et 2025, celles de Glantus, d’AP Matching et de Redmap.

Trustpair a été fondée en 2017 à Paris et dispose de bureaux à New York et à Londres. La société revendique plus de 600 organisations clientes, les certifications SOC 2 Type II et ISO 27001, et le statut de partenaire référencé de Nacha, l’organisme qui régit les paiements interbancaires ACH aux États-Unis. Ses investisseurs successifs comprennent Axeleo Capital, Breega et Tikehau Capital.

Deux contrôles, et l’intervalle qui les sépare

Le contrôle de la facture et le contrôle du paiement portent sur des objets distincts. Le premier vérifie qu’une facture existe, correspond à une commande et à une réception, et a été approuvée par la personne habilitée. Le second vérifie que le compte destinataire appartient au fournisseur attendu. Entre l’approbation et l’exécution du virement s’ouvre un intervalle pendant lequel les coordonnées enregistrées peuvent être modifiées, le plus souvent à la faveur d’un courriel usurpant l’identité du fournisseur.

ContrôleQuestion poséeDonnées examinées
Facturela dépense est-elle due et approuvée ?commande, réception, rapprochement, circuit de validation
Coordonnées bancairesle compte appartient-il au fournisseur attendu ?IBAN, raison sociale, identifiants légaux d’entreprise
Vérification du bénéficiairele nom saisi correspond-il au titulaire de l’IBAN ?données de l’ordre de virement, au moment de son émission
Ce que couvre chacun des deux contrôles
Pile de factures papier sur un bureau
La facture approuvée et le virement exécuté relèvent de deux chaînes de contrôle longtemps outillées séparément.

Le rapport avec la vérification du bénéficiaire

La vérification du bénéficiaire a été introduite par le règlement (UE) 2024/886. Depuis le 9 octobre 2025, les prestataires de services de paiement de la zone euro comparent le nom du bénéficiaire et l’IBAN saisis par le payeur, puis signalent toute divergence avant validation. Le contrôle intervient au moment de l’ordre, dans le canal bancaire, et porte sur les données que le payeur présente. Il ne dit rien de leur exactitude au regard du fournisseur réel.

Un IBAN frauduleux ouvert au nom exact du fournisseur usurpé passe donc la vérification du bénéficiaire. Le contrôle amont, celui que vend Trustpair, porte sur le référentiel fournisseur lui-même, et rapproche les coordonnées enregistrées de sources d’identification d’entreprise. Les deux dispositifs occupent des places différentes dans la chaîne. Aucun ne remplace l’autre.

⚠️
Un virement autorisé reste à la charge du payeur
En droit français, l’article L. 133-18 du code monétaire et financier organise le remboursement des opérations de paiement non autorisées. Un virement que l’entreprise a elle-même ordonné, même sous l’effet d’une tromperie, constitue une opération autorisée. Le recours se déplace alors vers l’action civile contre le fraudeur et vers l’assurance, deux voies dont l’issue reste incertaine et lente.

Le contexte invoqué par les deux sociétés

Le communiqué commun met en avant le durcissement, en 2026, des règles de Nacha imposant aux entreprises qui paient leurs fournisseurs par ACH de se doter de procédures de détection des paiements non autorisés. Il avance également trois estimations de marché. Elles sont reprises ici telles qu’elles figurent au communiqué, sans recoupement auprès des enquêtes d’origine.

  • Les organisations perdraient chaque année 8 % de leur chiffre d’affaires à la fraude.
  • 75 % des professionnels de la lutte antifraude constatent une hausse de la fraude documentaire assistée par l’intelligence artificielle depuis deux ans.
  • 7 % seulement s’estiment plus que modérément préparés à y répondre.
600
organisations clientes revendiquées par Trustpair
communiqué Basware, 26 août 2026
2,5 milliards
factures couvertes par les données de Basware
communiqué Basware, 26 août 2026
6 500
clients revendiqués par Basware
communiqué Basware, 26 août 2026
2017
année de création de Trustpair
Trustpair

Baptiste Collot, cofondateur et directeur général de Trustpair, situe l’objet du rapprochement dans l’écart entre l’approbation de la bonne facture et l’arrivée des fonds sur le bon compte. Jason Kurtz, directeur général de Basware, met en avant le rôle de l’intelligence artificielle dans l’outillage des fraudeurs. Kevin Permenter, directeur de recherche chez IDC, décrit la combinaison des deux offres comme la réponse à une discontinuité des fonctions financières.

L’opération place la prévention de la fraude au virement dans la chaîne achats plutôt que dans la chaîne bancaire. Elle rejoint un mouvement où les éditeurs de gestion financière absorbent des briques de contrôle jusqu’ici vendues séparément, après les acquisitions successives déjà menées par Basware sur le rapprochement et la capture de factures. Reste ouverte la question du raccordement entre ces référentiels privés et les dispositifs réglementaires de vérification, construits autour du prestataire de paiement et non autour de l’acheteur.

Provenance

Publié le 26 août 2026

5 sources, 5 domaines distincts

↗ PR Newswire, « Basware Signs Agreement to Acquire Trustpair », communiqué du 26 août 2026 · prnewswire.com↗ Trustpair, « Basware Signs Agreement to Acquire Trustpair », 26 août 2026 · trustpair.com↗ mind Fintech, « Basware intègre Trustpair », 26 août 2026 · mind.eu.com↗ SecurityBrief UK, « Basware buys Trustpair to boost payment fraud checks » · securitybrief.co.uk↗ CPA Practice Advisor, « Basware Signs Agreement to Acquire Trustpair », 26 août 2026 · cpapracticeadvisor.com
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