Le règlement désigne l’opération par laquelle deux établissements soldent définitivement la dette née d’un paiement. Visa a annoncé le 25 août 2026 son entrée dans BLOOM, une initiative de la Monetary Authority of Singapore consacrée aux actifs de règlement numériques. Le réseau y conduit un premier essai avec Nium, prestataire de paiement transfrontalier établi à Singapour, portant sur des stablecoins réglementés libellés en dollar et en euro.
BLOOM, acronyme de Borderless, Liquid, Open, Online, Multi-currency, a été lancé par la banque centrale singapourienne le 16 octobre 2025. Le communiqué en fixe l’objet en une phrase : permettre aux établissements financiers de régler en passifs bancaires tokenisés et en stablecoins bien régulés, tout en encadrant par des approches normalisées les risques d’un paysage d’actifs de règlement qui évolue vite. L’initiative prolonge Project Orchid, ouvert en 2021, qui avait porté plus de dix essais autour d’un dollar de Singapour numérique.
Le périmètre fixé par la banque centrale
La MAS a délimité trois dimensions au champ de l’initiative.
- Les devises retenues sont celles du G10 ainsi que des monnaies asiatiques.
- Les flux couverts sont les paiements et règlements domestiques comme transfrontaliers.
- Les usages visés relèvent de la banque de gros, avec pour exemples la gestion de trésorerie d’entreprise, le financement du commerce international et les paiements agentiques.
Le communiqué définit ces derniers comme des transactions financières initiées et exécutées par des agents d’intelligence artificielle pour le compte d’une organisation, sous réserve de garde-fous appropriés. La définition figure dans le texte fondateur de BLOOM, en note de bas de page, et non dans un document ultérieur.
Les membres se répartissent sur trois chantiers, dont la MAS a publié la composition dès le lancement.
| Chantier | Objet | Membres cités par la MAS |
|---|---|---|
| Distribution et compensation des actifs de règlement | coordonner des réseaux distincts pour permettre l’usage, le transfert et le remboursement des différentes formes d’actifs | Circle, DBS, OCBC, Partior, Stripe, UOB |
| Contrôles programmables | automatiser les vérifications de conformité selon des mécanismes normalisés, en appliquant la boîte à outils issue de l’initiative Global Layer One | Ant International, StraitsX |
| Paiements agentiques | exécuter automatiquement des transactions par des agents, dans des limites et des conditions prédéfinies | Coinbase, DBS |
L’essai conduit avec Nium
Nium est le premier partenaire retenu par Visa dans ce cadre. L’essai porte sur la question de savoir si des stablecoins réglementés adossés au dollar et à l’euro permettent de régler des paiements sept jours sur sept, week-ends et jours fériés compris. Le règlement suit aujourd’hui le calendrier des jours ouvrés, et les interruptions qui en résultent retardent l’accès des établissements aux fonds.
Adeline Kim, responsable régionale de Visa pour l’Asie du Sud-Est, a déclaré que l’avenir des paiements se jouerait dans la manière dont les différentes formes de monnaie et les réseaux de paiement fonctionnent ensemble. Les stablecoins viendraient, selon elle, compléter l’infrastructure existante. Amaresh Mohan, directeur des risques et de la conformité de Nium, a présenté l’essai comme une étape de la relation entre les deux sociétés dans la région.
Un réseau de cartes dans un dispositif supervisé
La liste des seize membres initiaux, publiée en annexe du communiqué de la MAS, ne comportait aucun réseau de cartes. Elle réunissait six banques, DBS, OCBC, UOB, J.P. Morgan, Standard Chartered et Kasikorn Bank. S’y ajoutaient quatre acteurs des actifs numériques (Anchorage Digital, Circle, Coinbase, StraitsX), deux infrastructures de règlement (Partior, Xweave), le prestataire de paiement Stripe, le gestionnaire d’actifs Schroders, l’investisseur Temasek et Ant International. Maybank Singapore a rejoint l’initiative le 6 août 2026. Tech Times présente Visa comme le premier réseau de cartes à y entrer.
Nium avait déjà participé à un essai de règlement en stablecoin utilisant l’USDC de Circle dans des opérations avec Visa, selon TechNode Global. L’entrée du réseau dans BLOOM déplace ces travaux d’un cadre bilatéral vers un cadre où le régulateur fixe les règles communes et où les enseignements circulent entre membres.
L’intérêt du dispositif tient à sa position dans la chaîne. Le règlement se situe en aval de l’autorisation et de la compensation, hors du champ que voit le porteur, et il commande la liquidité comme le risque supportés par les établissements. Une banque centrale qui organise elle-même les essais sur ce maillon obtient une vue directe sur les arrangements privés qui s’y forment, vue qu’une supervision exercée après coup ne procure pas.