Anchorage Digital a annoncé le mardi 6 octobre 2026 l’acquisition de Routable, plateforme de paiements sortants qui aide les entreprises à inscrire leurs bénéficiaires, à automatiser la conformité et à émettre des versements de masse dans le monde entier par une API. Anchorage détient Anchorage Digital Bank N.A., qu’elle présente comme la première banque crypto à charte fédérale des États-Unis. Routable devient une filiale, rebaptisée « Routable by Anchorage Digital », dans laquelle Anchorage prévoit d’intégrer le règlement en stablecoins et en dépôts tokenisés. Selon Banking Dive, le prix n’a pas été communiqué.
Fondée en 2017, Routable compte parmi ses investisseurs Sam et Jack Altman, Max Mullen et Joe Gebbia. Sa croissance a dépassé 100 % deux années de suite, selon l’annonce, et elle compte parmi ses clients Veho, Ethos et Polestar. Elle paie créateurs, prestataires, vendeurs, chauffeurs ou affiliés dans plus de 220 pays, en monnaie traditionnelle, dite fiat, ou en stablecoins, et gère les formulaires fiscaux américains W-9, W-8 et 1099.
Une banque crypto s’offre le dernier kilomètre de la monnaie fiat
Anchorage inscrit l’opération dans un pari fait à sa création, en 2017, selon lequel les institutions viendraient aux actifs numériques par paliers. Les entreprises nées dans la crypto ont précédé les banques, les gestionnaires d’actifs et les réseaux de paiement. L’étape suivante réunit, selon elle, les plateformes technologiques et les entreprises du classement Fortune 500, dont le métier n’est pas la crypto mais dont les besoins en paiements sortants et en trésorerie comptent parmi les plus importants du monde. Les servir exige, d’après le communiqué, « le dernier kilomètre du fiat ».
« Ces entités déplacent des milliards chaque jour et, jusqu’ici, peu de partenaires régulés pouvaient proposer une offre continue couvrant à la fois la monnaie fiat et les actifs numériques. Avec Routable, Anchorage Digital est devenue ce partenaire », a déclaré Nathan McCauley, directeur général et cofondateur d’Anchorage Digital.
Des offres intégrées déployées au fil des prochains trimestres
Les clients des deux sociétés sont servis dès le premier jour, et les offres intégrées seront déployées « au fil des prochains trimestres », sans calendrier annoncé. Anchorage décrit Routable comme une activité complémentaire, née dans la monnaie fiat, dont le chiffre d’affaires repose sur le volume des paiements. Routable verse déjà des stablecoins, selon sa présentation. L’opération doit y ajouter le règlement natif en stablecoins et en dépôts tokenisés, adossé à la banque à charte fédérale d’Anchorage.
Avec Anchorage, les clients gardent leurs rails actuels, « avec en plus une passerelle régulée vers les actifs numériques dès qu’ils la souhaitent », selon Omri Mor, directeur général et cofondateur de Routable. Son cofondateur Tom Harel assure que ces clients n’auront « jamais à choisir » entre fiat et actifs numériques. Le cabinet d’avocats Lowenstein Sandler a conseillé Anchorage dans l’opération.
Une banque fiduciaire nationale qui émet les stablecoins d’autres sociétés
Anchorage a été en 2021 la première entreprise de la crypto à obtenir une charte de banque fiduciaire nationale de l’OCC, le superviseur fédéral, rappelle Cointelegraph. Banking Dive ajoute qu’elle est sortie d’un accord de mise en conformité (consent order) de trois ans sur son dispositif de lutte contre le blanchiment. Sa banque émet l’USA₮, stablecoin en dollars que Tether destine au marché américain. PYMNTS la cite aussi comme émettrice régulée des stablecoins d’Ethena et de Western Union, et comme dépositaire du BUIDL de BlackRock.
L’annonce publiée par Routable valorise Anchorage à 4,2 milliards de dollars, montant issu de l’investissement de 100 millions de dollars de Tether annoncé le 5 février 2026. Le communiqué d’Anchorage cite, lui, une valorisation de plus de 3 milliards de dollars lors de sa série D. Anchorage compte parmi ses investisseurs Andreessen Horowitz, GIC, Goldman Sachs, KKR et Visa . Le rachat intervient quatre jours après que The Information a rapporté, de sources anonymes, la suppression de 17 % des effectifs d’Anchorage, qui n’a pas répondu dans l’immédiat à Cointelegraph.