Advent International et Stripe ont cessé de poursuivre le rachat de PayPal. L’information, rapportée le 28 août 2026 par l’agence Bloomberg, met fin à six mois de spéculation sur une opération qui aurait valorisé le groupe de paiement à plus de 50 milliards de dollars. Le titre PayPal a reculé jusqu’à 16 % avant l’ouverture de la séance, avant d’évoluer autour de 13 % de baisse.
Le retrait ne fait pas suite à un refus du vendeur. Le conseil d’administration de PayPal avait jugé la première offre insuffisante, et les deux parties discutaient d’un prix plus élevé. Le consortium a choisi de se retirer plutôt que de relever sa proposition.
Six mois de spéculation
L’intérêt de Stripe pour PayPal était public depuis le début de l’année. Il s’était formé dans une fenêtre précise, celle d’une chute du cours qui rendait la cible abordable, et il s’est refermé lorsque cette fenêtre s’est comblée.
La capitalisation éclaire l’échec de la négociation. À environ 52,6 milliards de dollars de valeur boursière, une offre de 50 milliards ne comportait plus de prime : la spéculation avait déjà incorporé le rachat dans le cours. Un acquéreur décidé à emporter la décision devait donc payer nettement au-dessus, sur une cible dont les résultats trimestriels venaient de s’améliorer et dont la direction générale avait changé six mois plus tôt.
Ce que le consortium aurait acheté
PayPal n’est pas un actif homogène. Le groupe réunit des activités qui relèvent de métiers distincts du paiement, de l’acquisition en ligne pour grands comptes au portefeuille entre particuliers.
- Le bouton PayPal, une marque d’acceptation reconnue du consommateur et distribuée dans le tunnel d’achat de millions de marchands.
- Braintree, l’acquisition en ligne pour grands comptes, en concurrence directe avec l’activité historique de Stripe.
- Venmo, un portefeuille de paiement entre particuliers largement implanté aux États-Unis.
- Xoom pour le transfert d’argent international, Zettle pour l’acceptation en magasin, Honey du côté du commerce média.
Le rapprochement aurait réuni deux des principaux acquéreurs en ligne du marché américain, auxquels s’ajoutait une marque grand public que Stripe ne possède pas. Une opération de cette taille aurait été examinée par les autorités de concurrence de plusieurs juridictions, et la durée d’un tel examen pèse dans le calcul d’un fonds d’investissement, dont l’horizon de sortie est borné.
Stripe a déplacé son capital vers l’infrastructure d’intelligence artificielle
Le retrait intervient au moment où Stripe engage des moyens importants ailleurs. L’entreprise a annoncé au cours du même mois d’août 2026 le rachat d’OpenRouter, une place de marché d’accès aux modèles de langage, pour élargir ses capacités dans l’intelligence artificielle. Deux emplois du capital se présentaient : acquérir un parc d’acceptation déjà constitué, ou financer la couche de facturation d’un marché en formation.
| Scénario | Ce qu’il suppose |
|---|---|
| Retour du consortium à un prix plus élevé | Une nouvelle dégradation du cours, ou l’accord du conseil sur une prime que le consortium accepte de payer |
| Arrivée d’un autre acquéreur | Un acteur capable d’absorber une cible de plus de 50 milliards de dollars et d’en assumer l’examen concurrentiel |
| PayPal reste indépendant | L’exécution du plan de la direction générale nommée en mars, sans la prime de spéculation qui portait le titre depuis février |
Le dossier livre une indication sur la consolidation du paiement en ligne. Une cible cotée dont la valeur boursière a fondu redevient chère dès que ses résultats se redressent, et la fenêtre d’acquisition se referme sur un écart de prix de quelques milliards de dollars. Pour PayPal, la suite se jouera sur les prochains résultats trimestriels et sur la capacité de Braintree à tenir sa place face à Stripe et à Adyen.