Le 14 août 2026, le Wall Street Journal a rapporté que PayPal discute de sa propre vente avec un groupe d’acquéreurs mené par Stripe et le fonds de capital-investissement Advent International, à un prix supérieur à celui proposé un mois plus tôt. L’offre de juillet, à 60,50 $ par action, valorisait l’entreprise autour de 53 Md$. Le conseil d’administration de PayPal l’a écartée comme insuffisante. Les discussions ne se sont pas interrompues pour autant, et elles portent désormais sur un seul point, le prix.
Ce que la révélation ajoute au dossier
Le 15 juillet 2026, plusieurs médias financiers avaient dévoilé le dépôt d’une offre conjointe de Stripe et d’Advent sur PayPal, à 60,50 $ par action et pour une valorisation supérieure à 53 Md$. Le fait nouveau du 14 août tient en deux éléments. Le premier concerne la réponse du conseil, désormais connue : l’offre a été jugée insuffisante. Le second concerne la suite, puisque ce refus n’a pas mis fin à la discussion mais l’a déplacée. Selon les informations publiées en juillet, le conseil viserait un prix plus proche de 70 $ par action.
L’écart de prix en discussion
Entre 60,50 $ et 70 $ l’action, l’écart approche 16 % de la valeur des titres. Rapporté à une capitalisation de l’ordre de 53 Md$, il représente environ 8 Md$ de valeur supplémentaire à financer, calcul effectué à nombre d’actions constant à partir des deux prix publiés. C’est l’ordre de grandeur qui sépare les parties depuis un mois, et il porte moins sur la description de l’actif que sur la prime que les acquéreurs acceptent de payer pour un redressement dont ils feraient eux-mêmes le pari.
Le plan de redressement pèse dans la balance
Depuis le 1er mars 2026, PayPal est dirigé par Enrique Lores, ancien directeur général de HP, qui présidait le conseil de PayPal depuis juillet 2024. Son plan prévoit la suppression d’environ 20 % des effectifs sur deux à trois ans, à partir d’une base d’environ 23 800 salariés fin 2025, et au moins 1,5 Md$ d’économies sur la même période. Fin avril 2026, l’entreprise a été réorganisée en trois unités opérationnelles.
- Checkout Solutions & PayPal, qui regroupe l’acceptation en ligne et la marque historique.
- Consumer Financial Services & Venmo, côté grand public, avec le portefeuille Venmo.
- Payment Services & Crypto, qui rassemble les services d’infrastructure et les actifs numériques.
Cette réorganisation modifie la nature de la négociation. Un plan d’économies chiffré et une structure en trois blocs donnent au conseil un argument de valorisation, puisqu’ils rendent lisible ce que l’acquéreur reprendrait et à quelle échéance les coûts baisseraient. Ils facilitent aussi, mécaniquement, l’hypothèse d’une cession partielle si les autorités de concurrence venaient à l’exiger.
Ce qui reste à franchir après le prix
Un accord sur la valorisation ne réglerait qu’une partie de l’équation. Le rapprochement d’un acquéreur technologique de premier plan et du principal portefeuille grand public serait examiné par les autorités de concurrence américaines, européennes et britanniques. Le financement reste par ailleurs massif : les informations de juillet faisaient état d’environ 50 Md$ de dette bancaire déjà engagée, un montage dont les conditions dépendent de l’état du marché au moment de la signature.
En l’état, rien n’est signé et la séquence publique se résume à trois faits : une offre déposée, un refus motivé par le prix, une négociation qui se poursuit. Elle indique toutefois que le conseil de PayPal a accepté le principe d’une cession et ne discute plus que de son montant. Pour un acteur qui pilotait jusqu’ici son redressement en autonomie, le déplacement est considérable.