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Fraude

FNC-RF : la France interroge désormais un fichier d’IBAN suspects avant chaque virement

Depuis le 7 mai 2026, la loi Labaronne oblige les prestataires de paiement à consulter un nouveau fichier tenu par la Banque de France, le FNC-RF, avant d’exécuter un virement. Objectif : recenser les IBAN déjà repérés comme frauduleux pour couper la route aux escroqueries au virement, devenues la première source de pertes des moyens de paiement.

Depuis le 7 mai 2026, un virement émis en France n’est plus tout à fait le même. Avant de créditer le compte du bénéficiaire, la banque de l’émetteur doit interroger un nouveau fichier tenu par la Banque de France : le fichier national des comptes signalés pour risque de fraude, ou FNC-RF. Son objet est simple et redoutablement ciblé : recenser les IBAN déjà repérés comme frauduleux pour empêcher qu’un virement ne parte vers eux.

Le dispositif répond à une bascule que Paypedia documente depuis des mois : la fraude s’est déplacée de la carte vers le virement. Selon l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement, la fraude par manipulation, qui passe surtout par le virement, a représenté près de 245 M€ de pertes au seul premier semestre 2025, soit près de 40 % de l’ensemble de la fraude aux moyens de paiement, alors que le virement reste minoritaire en nombre d’opérations.

Un fichier né de la loi Labaronne

Le FNC-RF découle de la loi n° 2025-1058 du 6 novembre 2025, dite loi Labaronne, adoptée pour renforcer la lutte contre les fraudes. Le texte confie à la Banque de France la gestion d’un registre centralisé, alimenté par les établissements qui détectent un compte servant à réceptionner des fonds frauduleux. L’entrée en vigueur a été fixée six mois après la promulgation, début mai 2026.

6 nov. 2025
Promulgation de la loi Labaronne
La loi n° 2025-1058 crée le FNC-RF et en confie la gestion à la Banque de France.
7 mai 2026
Ouverture du fichier
Le FNC-RF devient opérationnel ; environ 225 établissements ont vocation à s’y raccorder.
En continu
Alimentation quotidienne
Les prestataires de paiement signalent chaque jour les IBAN suspects ; les données sont conservées 13 mois.

Comment fonctionne la consultation

Le mécanisme se glisse dans le parcours d’un virement sans que le client le voie. Lorsqu’un ordre est saisi, la banque émettrice compare l’IBAN du bénéficiaire aux références inscrites au fichier. En cas de correspondance, elle dispose de plusieurs leviers :

  • Ralentir l’opération pour laisser le temps d’une vérification ;
  • mettre en attente le virement et alerter le client ;
  • refuser l’exécution si le risque est jugé caractérisé.
Signature d’un texte réglementaire
Le FNC-RF découle de la loi Labaronne du 6 novembre 2025, entrée en application début mai 2026.
🔑
L’essentiel
La consultation du FNC-RF avant un virement est une obligation pour les prestataires de paiement. Mais une correspondance n’entraîne pas de blocage automatique : la décision finale reste à l’appréciation de l’établissement.

Ce que le fichier ne fait pas

Le FNC-RF n’est pas une liste noire d’IBAN interdits. Un compte inscrit peut continuer de fonctionner, et une alerte ne vaut pas culpabilité. Le dispositif comporte trois angles morts que ses concepteurs eux-mêmes reconnaissent :

  • Les faux positifs : un IBAN légitime signalé par erreur peut voir ses virements entrants ralentis ;
  • la réactivité des fraudeurs, qui ouvrent de nouveaux comptes mules plus vite qu’ils ne sont signalés ;
  • la manipulation psychologique : le fichier bloque un IBAN connu, pas une victime convaincue de virer elle-même vers un compte encore vierge.
245 M€
pertes liées à la fraude par manipulation au S1 2025
Observatoire de la sécurité des moyens de paiement
~40 %
part de la fraude par manipulation dans la fraude aux moyens de paiement
Observatoire de la sécurité des moyens de paiement
13 mois
durée de conservation d’un IBAN signalé
Banque de France
~225
établissements ayant vocation à se raccorder
Banque de France

FNC-RF et VoP : deux filets complémentaires

Le nouveau fichier ne remplace pas la vérification du bénéficiaire (VoP), obligatoire dans la zone euro depuis octobre 2025. Les deux dispositifs répondent à des risques différents : la VoP vérifie que le nom saisi correspond bien au titulaire de l’IBAN, quand le FNC-RF vérifie que cet IBAN n’a pas déjà servi à frauder. L’un protège contre l’erreur ou l’usurpation de bénéficiaire, l’autre contre la récidive.

⚠️
La limite structurelle
Aucun de ces filets ne protège contre la fraude par manipulation, où la victime autorise elle-même le virement. C’est pourtant la part qui progresse le plus vite. Le FNC-RF déplace le curseur, il ne referme pas la brèche.

Reste une inconnue : l’efficacité réelle dépendra de la qualité et de la rapidité des signalements. Un fichier n’attrape que ce qu’on y verse. Les premiers mois d’exploitation diront si les quelque 225 établissements raccordés jouent le jeu d’une alimentation quotidienne et rigoureuse, condition sans laquelle le FNC-RF resterait un filet aux mailles trop larges.

Provenance

Publié le 2 août 2026

4 sources, 4 domaines distincts

↗ info.fr · Fraude au virement : pourquoi la Banque de France ouvre un fichier national des IBAN suspects · info.fr↗ Village de la Justice · FNC-RF : le nouveau fichier anti-fraude de la Banque de France · village-justice.com↗ Meilleurtaux Banques · FNC-RF : le fichier des IBAN suspects arrive le 7 mai · banque.meilleurtaux.com↗ economie.gouv.fr · Renforcement de la sécurité et de la lutte contre la fraude bancaire · economie.gouv.fr
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