Le 21 juillet 2026, Ant International, la branche internationale du groupe chinois Ant Group, a annoncé la clôture d’un tour de financement Série A d’environ 1,2 milliard de dollars. C’est l’une des plus grosses levées de l’année dans le paiement, et un signal clair : le champion asiatique du transfrontalier veut financer une nouvelle vague d’infrastructure taillée pour l’IA commerçante et le règlement en stablecoins.
Qui est Ant International ?
Née en 2024 de la réorganisation d’Ant Group, dont l’introduction en Bourse avait été suspendue par les régulateurs chinois fin 2020, Ant International opère aujourd’hui comme une entité autonome, dotée de son propre conseil d’administration. Elle revendique une présence dans plus de 100 marchés, en Asie, en Europe, au Moyen-Orient et en Amérique latine, et s’articule autour de quatre pôles complémentaires.
| Marque | Rôle |
|---|---|
| Alipay+ | Paiement transfrontalier et wallets (QR, e-commerce) |
| Antom | Acquisition et acceptation marchande |
| WorldFirst | Comptes et paiements pour PME exportatrices |
| Bettr | Technologies de crédit et de financement |
Une levée qui visait une valorisation d’au moins 10 milliards de dollars
Les investisseurs historiques, Ant Group et Alibaba, ont participé aux côtés d’institutions internationales. Selon Bloomberg, la société visait une valorisation d’au moins 10 milliards de dollars, et plusieurs médias financiers évoquent une éventuelle introduction en Bourse à Hong Kong comme horizon possible. La presse cite par ailleurs un chiffre d’affaires 2025 estimé autour de 3,7 milliards de dollars, en hausse d’environ 25 % sur un an. Ces chiffres sont à manier avec prudence, faute d’états financiers audités publics.
Commerce agentique et IA : le vrai cap de la levée
Au-delà du paiement marchand et de la gestion de compte pour les PME, le produit de la levée financera deux chantiers d’avenir : le paiement transfrontalier et le commerce agentique, ces transactions où un agent d’IA sélectionne, commande et règle un achat pour le compte de l’utilisateur, dans les limites qu’il a fixées.
Côté IA appliquée, le groupe met en avant Falcon, son modèle de change (FX) : selon Ant, il a réduit ses coûts de change internes jusqu’à 60 %. L’enjeu n’est pas cosmétique. Sur des flux transfrontaliers massifs, chaque point de base gagné sur le change et le routage se transforme directement en marge pour les marchands et en prix plus compétitif face aux rails traditionnels.
Stablecoins et règlement tokenisé au cœur de la stratégie
Ant International a intégré le stablecoin USDC de Circle dans son infrastructure de règlement transfrontalier et poursuit des licences d’émetteur régulé à Hong Kong, Singapour et au Luxembourg. Le volume donne la mesure de l’ambition : d’après la presse financière, le groupe aurait traité de l’ordre de 1 000 milliards de dollars en 2024, dont environ un tiers réglé via la blockchain. Le président d’Ant Group, Eric Jing, résume la thèse : l’intelligence artificielle et les technologies de règlement tokenisé peuvent rendre les services financiers plus accessibles.
Pourquoi cela compte pour le marché européen
Pour les PSP et les marchands européens, Ant International est à la fois un partenaire d’acceptation (accès aux wallets asiatiques via Alipay+) et un concurrent montant sur le transfrontalier, terrain historiquement dominé par la banque correspondante et par les réseaux Visa et Mastercard . Une infrastructure account-to-account couplée aux stablecoins, qui règle en continu et à moindre coût, attaque frontalement ces rails. Le contexte est porteur : selon PYMNTS Intelligence, 36 % des PME actives à l’international comptent utiliser une fintech ou un PSP pour leurs paiements transfrontaliers en 2026, contre 30 % en 2025.