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🇬🇧 Les paiements au Royaume-Uni

Faster Payments et la New Payments Architecture, Bacs et la Direct Debit Guarantee, l'open banking et le pay-by-bank, les cartes et l'interchange post-Brexit, la fraude APP et son remboursement obligatoire. Trois autorités de régulation, bientôt deux

Ce que pèse réellement le paiement britannique

Un scheme carte domestique est un réseau national de cartes de paiement, qui applique ses propres règles et son propre barème au trafic intérieur. Le Royaume-Uni est le seul grand marché européen sans scheme carte domestique. Switch puis Maestro ont disparu, sans qu'aucun réseau national leur succède. Toute carte britannique porte aujourd'hui une marque Visa ou Mastercard, y compris pour un retrait à un distributeur de quartier. L'Allemagne, le Danemark et la France présentent la configuration inverse, où un réseau national coexiste avec les réseaux internationaux. Aucune option de routage domestique moins chère n'est disponible. Le coût d'acceptation s'en trouve directement affecté.

En contrepartie, le pays a construit vingt ans avant les autres le rail qui manque encore à beaucoup, Faster Payments, virement de compte à compte disponible 24 h sur 24 depuis 2008. Ce rail porte aujourd'hui l'open banking, le remboursement obligatoire de la fraude au virement et la totalité de ce qu'on appelle localement le pay by bank. Au Royaume-Uni, l'infrastructure instantanée est donc le socle ancien du système de paiement, alors que la carte en constitue le sujet contentieux. L'ordre d'apparition des deux instruments est inverse en Europe continentale. La carte y a précédé le virement instantané.

5,55 Md
transactions Faster Payments en 2025, pour 4 838 Md £
Pay.UK, Annual Summary of Payment Statistics 2025
31,4 Md
transactions par cartes britanniques en 2024, pour environ 1 000 Md £
UK Finance, UK Payment Markets 2025 (données 2024)
93 900 Md £
compensés par CHAPS en 2025, soit environ 0,4 % du volume et 91 % de la valeur
Bank of England, exercice 2025 (premier exercice complet sur RT2)
4,4 Md
paiements en espèces en 2024, soit environ 9 % du total contre 12 % un an plus tôt
UK Finance, UK Payment Markets 2025 (données 2024)
RailDepuisQui l'exploiteDernier chiffre publiéSource et millésime
Faster Payments Service (FPS)2008Pay.UK (scheme) ; Vocalink, filiale de Mastercard (opérateur technique)5,55 Md transactions, 4 838 Md £Pay.UK, statistiques annuelles 2025
Bacs (Direct Debit et Bacs Direct Credit)1968Pay.UK ; Vocalink (opérateur technique)33 participants directs, ~330 indirects, ~117 000 service usersPay.UK, fin 2025
CHAPS1984Bank of England (opérateur depuis novembre 2017)93 900 Md £ compensésBank of England, exercice 2025
Image Clearing System (ICS)2017Pay.UKDélai de compensation du chèque ramené de 6 à 2 jours ouvrésPay.UK
LINK1985LINK Scheme Ltd ; Vocalink (commutation)42 403 DAB dont 33 710 gratuits ; 1 272 millions de retraitsLINK, Statistics and Trends, année 2025
Cartes (Visa, Mastercard, American Express)–Schemes internationaux, aucun scheme domestique31,4 Md transactions, ~1 000 Md £UK Finance, données 2024
Open banking / Pay by Bank2018Open Banking Limited sous mandat CMA ; règlement sur FPS351 millions de paiements initiés, +57 % sur un anOpen Banking Limited, année 2025
Les rails britanniques, leur exploitant et leur dernier exercice publié

Chaque rail occupe un segment distinct des paiements britanniques. La carte porte le volume du consommateur, Bacs porte le salaire et la facture, CHAPS porte la valeur, Faster Payments porte tout le reste et gagne du terrain sur les trois. Le ticket moyen, rapport entre la valeur compensée et le nombre d'opérations, distingue nettement Faster Payments de la carte. Il atteint environ 870 £ par transaction Faster Payments, soit 4 838 Md £ divisés par 5,55 Md d'opérations, calcul à partir des statistiques Pay.UK 2025. Il tombe à environ 32 £ par transaction carte, soit 1 000 Md £ divisés par 31,4 Md d'opérations, calcul à partir des données UK Finance 2024. Faster Payments porte donc des opérations de montant unitaire élevé. La carte règle des achats de détail.

⚠️
Pas de scheme domestique : ce que cela implique concrètement
L'absence de réseau domestique retire trois possibilités au commerçant britannique. Le cobadgeage avec un réseau national, l'arbitrage de routage à la caisse et le recours à une tarification domestique alternative sont tous exclus. Le coût d'acceptation se négocie entièrement avec l'acquéreur et les deux schemes internationaux. L'open banking y a rencontré une demande commerçante que d'autres marchés n'ont pas, parce qu'il offre une voie d'encaissement extérieure au barème des schemes.

Faster Payments : le rail que le monde a copié

Le Faster Payments Service est le système britannique de virement interbancaire de détail, qui crédite le compte du bénéficiaire en quelques secondes. Il a été lancé en 2008 pour satisfaire une exigence réglementaire, selon laquelle un virement domestique ne devait plus prendre trois jours. Le service est aujourd'hui un scheme détenu et administré par Pay.UK, organisme sans but lucratif. La plateforme technique, elle, est exploitée par Vocalink, filiale de Mastercard depuis 2017. Faster Payments reste le premier rail instantané national déployé à grande échelle. UPI en Inde, Pix au Brésil et TIPS dans la zone euro lui sont tous postérieurs, et tous s'en sont inspirés à des degrés divers.

4 838 Md £
valeur compensée par Faster Payments en 2025, contre 4 242 Md £ en 2024
Pay.UK, Annual Summary of Payment Statistics 2025
+8,9 %
croissance du volume Faster Payments au quatrième trimestre 2025, sur un an
Pay.UK, rapport statistique trimestriel 2025 T4
24/7/365
disponibilité du service depuis 2008, jours fériés et week-ends inclus
Pay.UK, règles du schéma Faster Payments
Le parcours d'un Single Immediate Payment (SIP)
Payeur
Saisit un sort code et un numéro de compte
Six chiffres de sort code, huit chiffres de compte. Il n'y a pas d'IBAN en domestique. L'IBAN britannique n'existe que pour l'international, où il encapsule le sort code et le numéro de compte
Banque du payeur
Contrôle du nom du bénéficiaire (Confirmation of Payee)
Réponse en quasi temps réel : correspondance exacte, correspondance approchante avec le nom réel affiché, absence de correspondance, ou service indisponible. L'écran d'avertissement est réglementé
Banque du payeur
Contrôle de fraude, plafonds, puis émission du message FPS
C'est ici que se joue l'essentiel du risque APP : une fois le message émis, le paiement est irrévocable
Vocalink / FPS
Commutation vers la banque du bénéficiaire
Objectif de bout en bout de quelques secondes, sans interruption de service
Banque du bénéficiaire
Crédite le compte et confirme
Le règlement interbancaire, lui, est net et différé : les participants directs préfinancent intégralement leur position débitrice maximale sur un compte à la Banque d'Angleterre depuis 2015
CritèreFaster PaymentsBacs Direct CreditCHAPS
DélaiQuelques secondes, 24/7Cycle de trois jours ouvrésLe jour même, en journée ouvrée
Nature du règlementNet différé avec préfinancementNet différéBrut en temps réel (RTGS)
Cas d'usage typiquePaiement de particulier, pay-by-bank, remboursementSalaires, prestations, remboursements de masseImmobilier, marchés financiers, gros montants
Coût unitaireFaibleTrès faible en masseÉlevé, tarif par opération
IrrévocabilitéImmédiateRappel possible avant l'entry dayImmédiate
MessagerieFormat propre au schémaFormat Bacs (Standard 18)ISO 20022 natif depuis 2023
Fraude APP couverteOuiNonOui (règles CHAPS de la Banque d'Angleterre)
Choisir entre les trois rails de virement britanniques

Le socle de règlement interbancaire a changé de génération en 2025. La Banque d'Angleterre a mis en service RT2, le nouveau cœur de règlement brut en temps réel, le 28 avril 2025. Il achève un programme pluriannuel de renouvellement du RTGS, entamé par le passage de CHAPS à ISO 20022 en juin 2023. RT2 apporte un nouveau registre, un nouveau moteur de règlement, une messagerie ISO 20022 native et une interopérabilité renforcée avec les autres systèmes de valeur élevée. Pour une banque correspondante ou un établissement à accès direct, ces quatre changements imposent une reprise des interfaces de règlement.

⚠️
La New Payments Architecture ne doit jamais être présentée comme acquise
La New Payments Architecture (NPA) est le programme de Pay.UK destiné à réunir Faster Payments, Bacs et la compensation des chèques sur une plateforme unique ISO 20022. Ce programme n'est pas en production. Son calendrier a été révisé à plusieurs reprises et son périmètre réduit. Il a ensuite été replacé sous la gouvernance de la National Payments Vision publiée par HM Treasury le 14 novembre 2024, avec un Payments Vision Delivery Committee chargé d'arbitrer l'infrastructure de détail. Les plannings fournisseurs qui supposent la NPA livrée reposent donc sur une hypothèse que l'état du programme ne confirme pas. Une société dédiée porte désormais la suite du chantier : la UK Payments Delivery Company a ouvert le 15 septembre 2026 une levée d’environ 50 millions de livres auprès de dix-neuf établissements, dont les quatre grandes banques de détail, Citi, JPMorganChase, Nationwide, PayPal et Wise, avec Vim Maru, directeur général de Barclays UK, comme président désigné. Le Retail Payments Infrastructure Board, installé sous l’égide de la Banque d’Angleterre, doit livrer son schéma directeur au premier trimestre 2027 : c’est ce document, et non la levée, qui dira quelles fonctions la nouvelle infrastructure prend en charge.

Bacs, le prélèvement et la Direct Debit Guarantee

Bacs est le système britannique de compensation automatisée des paiements de masse, en service depuis 1968. Il figure parmi les plus anciens systèmes de ce type encore en exploitation dans le monde. Sa longévité explique en grande partie la lenteur de la migration vers la NPA. Le schéma porte deux produits. Le Bacs Direct Credit couvre salaires, pensions, prestations sociales et remboursements. Le Direct Debit (prélèvement) reste le mode de paiement de référence pour les dépenses récurrentes au Royaume-Uni, notamment l'énergie, les télécoms, l'assurance, les abonnements et l'impôt local. Fin 2025, il comptait *33 participants directs, environ 330 participants indirects et près de 117 000 service users*** selon Pay.UK.

Le cycle Bacs à trois jours ouvrés
Jour 1 (Input day)
Le créancier soumet son fichier
Avant l'heure limite de soumission, via un logiciel agréé Bacs ou un bureau service. Le fichier porte le *Service User Number* (SUN) à six chiffres qui identifie le créancier
Jour 2 (Processing day)
Bacs traite et distribue
Les enregistrements sont éclatés et transmis aux banques des payeurs. Les fichiers de retour se constituent
Jour 3 (Entry day)
Débit du payeur, crédit du créancier, règlement
Le compte du payeur est débité et le créancier crédité le même jour ; le règlement interbancaire a lieu ce jour-là

Le prélèvement britannique repose sur un mandat détenu par le créancier, appelé Direct Debit Instruction (DDI), et sur une obligation de préavis. Le créancier doit informer le payeur du montant et de la date avant tout prélèvement. Le délai de cet Advance Notice est fixé par le contrat de parrainage avec la banque, à dix jours ouvrés par défaut, réductible par accord. Un créancier ne peut pas soumettre de prélèvement sans avoir été parrainé (sponsored) par une banque participante. Celle-ci lui attribue son SUN et répond devant le schéma des prélèvements qu'il émet.

ServiceCe qu'il transporteCe qu'il impose au créancier
AUDDIS (Automated Direct Debit Instruction Service)Dépôt dématérialisé des nouveaux mandats et rejets de dépôtCorriger et redéposer avant toute tentative de prélèvement, car un mandat rejeté ne prélève rien
ADDACS (Automated Direct Debit Amendment and Cancellation Service)Annulations, transferts de compte, contestations de préavis, réinstaurationsMettre à jour le mandat immédiatement : continuer à prélever sur un mandat annulé est une infraction au schéma
ARUDD (Automated Return of Unpaid Direct Debits)Prélèvements impayés, avec leur motifAlimenter la relance (dunning) et distinguer l'incident de trésorerie du mandat mort
AWACS (Advice of Wrong Account for Automated Credits)Coordonnées erronées ou modifiées sur les crédits BacsCorriger le référentiel bénéficiaire avant le prochain cycle de paie ou de remboursement
DDICA (Direct Debit Indemnity Claim Advice)Notification d'un remboursement effectué au titre de la garantieReconstituer la preuve du mandat et du préavis, la seule défense possible
Les fichiers de retour Bacs qu'un créancier doit savoir traiter, sans exception

Les motifs de retour ARUDD les plus fréquents sont explicites : refer to payer (provision), instruction cancelled by payer (mandat annulé), payer deceased, no account, no instruction (aucun mandat chez la banque du payeur), account closed. Leur traitement diffère. Les deux premiers appellent une relance ; les quatre suivants imposent l'arrêt immédiat du prélèvement et la reprise de contact avec le client. Le traitement indifférencié des deux familles produit une accumulation de rejets, qui finit par déclencher une revue du parrainage par la banque.

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La Direct Debit Guarantee : un droit au remboursement sans plafond ni délai
La Direct Debit Guarantee est l'engagement, pris par toutes les banques participantes au schéma, de rembourser tout payeur britannique dont le compte a été prélevé à tort. Si un prélèvement est erroné (mauvais montant, mauvaise date, mandat inexistant), la banque du payeur le rembourse immédiatement et intégralement, sans instruire le dossier au préalable et sans limite de temps. Elle se retourne ensuite vers le créancier via une indemnity claim. La demande est notifiée par DDICA. Cette asymétrie, où le remboursement précède l'examen du dossier, se retrouve rarement dans les autres schémas de prélèvement. Le créancier britannique porte le risque de contestation à vie, et sa seule protection tient dans la conservation intacte de la preuve du mandat et de chaque préavis envoyé.

L'archivage des DDI et des preuves de préavis constitue un actif financier pour le créancier britannique, et non un simple dossier de conformité. Un créancier hors d'état de produire le mandat perd la réclamation d'office. Les prestataires qui opèrent le prélèvement pour compte de tiers, bureau services et facilities management, mutualisent le SUN ou le parrainage. L'accès au schéma s'en trouve simplifié et la responsabilité contractuelle déplacée. L'examen du contrat porte alors sur l'identité du détenteur du SUN et sur celle du répondant de l'indemnity claim.

Open banking, pay-by-bank et Variable Recurring Payments

L'open banking désigne l'accès, par des tiers agréés et sur consentement du client, aux comptes de paiement tenus par les banques. Au Royaume-Uni, il procède d'une décision de concurrence. Le Retail Banking Market Investigation Order de la Competition and Markets Authority (CMA), en 2017, a imposé aux neuf plus grandes banques du pays, les CMA9, de financer et d'implémenter des interfaces normalisées. L'entité créée pour cela, Open Banking Limited (OBL), publie encore aujourd'hui le standard et les statistiques du marché. Cette origine distingue le dispositif britannique de celui de l'Europe continentale, où l'ouverture des comptes découle d'une directive de services de paiement. La normalisation britannique est plus poussée. Un régulateur de la concurrence a imposé au Royaume-Uni un standard technique unique, là où la voie réglementaire s'est limitée à poser un principe.

351 M
paiements initiés par open banking en 2025, en hausse de 57 % sur un an
Open Banking Limited, bilan 2025
16,5 M
connexions utilisateurs actives fin 2025, contre 12,1 M un an plus tôt (+36 %)
Open Banking Limited, bilan 2025
24,0 Md
appels d'API réussis en 2025, en hausse de 27 % sur 2024
Open Banking Limited, bilan 2025
+98 %
croissance des volumes de VRP de *sweeping* en 2025, un segment qui double presque
Open Banking Limited, bilan 2025

Fin juillet 2026, l'écosystème a franchi le milliard de paiements cumulés depuis 2018, selon une annonce d'Open Banking Limited relayée par la presse sectorielle. La croissance sur un an se mesure à deux indicateurs, avec +57 % de paiements initiés en une seule année et des connexions utilisateurs en hausse de 36 % sur la même période. Le pay-by-bank a donc quitté la niche. Il sert désormais de moyen d'encaissement ordinaire pour les factures, les recharges de compte, l'épargne et le paiement d'impôts.

Techniquement, un paiement open banking britannique est un Faster Payment initié par un tiers. Le prestataire d'initiation (Payment Initiation Service Provider, PISP) redirige le payeur vers son application bancaire, où celui-ci s'authentifie et donne son consentement. La banque exécute ensuite un SIP. La chaîne ne comporte donc ni acquéreur, ni scheme carte, ni chargeback, ce qui modifie la répartition des coûts et des recours entre le marchand et le payeur.

InstrumentQui pilote le montantCoût pour le marchandRecours du clientMaturité
Carte en MIT (paiement récurrent)Le marchand, dans les limites du mandat carteInterchange + scheme + marge acquéreurRétrofacturation (chargeback) selon les règles du schemeUniverselle
Direct Debit (Bacs)Le marchand, sous obligation de préavisTrès faible à l'unité, mais parrainage bancaire requisDirect Debit Guarantee, remboursement inconditionnel et sans délaiDominante sur le récurrent
*VRP de sweeping***Le prestataire, dans un mandat plafonné par le payeurGratuit d'accès pour les CMA9 dans le périmètre sweepingRévocation du mandat par le payeur dans son application bancaireEn production, volumes en forte croissance
VRP commercial (cVRP)Le marchand, dans un mandat plafonné par le payeurModèle commercial en construction par la placeRévocation du mandat ; pas de rétrofacturationNon généralisé, à vérifier auprès de chaque banque
Encaisser un abonnement au Royaume-Uni : quatre instruments, quatre profils de risque
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Pay-by-bank : aucun chargeback, mais aucune protection non plus
Un paiement open banking règle sur Faster Payments. Il est irrévocable dès son exécution. Le marchand ne subit donc aucune rétrofacturation, et le client n'a aucun droit à en engager une. Le remboursement se fait à la main, par virement retour, sur décision du marchand. Le délai de traitement d'un remboursement dépend alors entièrement de l'organisation du service client. Le pay-by-bank est structurellement inadapté aux secteurs où le litige d'exécution est fréquent, comme le voyage, la livraison différée et l'événementiel. La carte y reste préférable pour le client comme pour l'assurabilité du marchand.
  • Ce qui casse le plus souvent : le retour d'application. Le parcours app-to-app dépend de l'application de la banque du payeur ; les taux de conversion varient fortement d'un établissement à l'autre, et un PISP qui ne publie pas ses taux par banque cache une information décisive.
  • Le rapprochement : un paiement open banking arrive sur le compte du marchand comme un virement entrant ordinaire. Sans référence structurée imposée à l'émission, le rapprochement automatique se dégrade. Exiger du PISP la propagation d'une référence de commande dans le message FPS.
  • La confirmation de fonds : contrairement à une autorisation carte, il n'y a pas de garantie de paiement délivrée avant l'exécution. Un paiement peut être refusé par la banque du payeur après consentement.
  • Le remboursement partiel : à construire entièrement côté marchand, avec les coordonnées bancaires du payeur, ce qui suppose de les collecter et de les conserver, avec les obligations qui vont avec.
  • Les mandats VRP : ils vivent dans l'application bancaire du payeur, pas chez le marchand. Un client peut les révoquer sans jamais contacter le marchand, qui ne l'apprend qu'au rejet suivant.

Cartes, interchange et coût d'acceptation après le Brexit

La carte reste le premier instrument britannique en nombre d'opérations, avec 31,4 milliards de transactions en 2024, pour environ 1 000 milliards de livres. La carte de débit représente à elle seule 53 % de l'ensemble des paiements du pays. Sa dépense atteint 797 milliards de livres, en repli de 0,8 % sur un an (UK Finance, UK Payment Markets 2025, données 2024). Le paiement sans contact y est devenu le mode d'usage courant. 76 % des transactions par carte de débit et 67 % des transactions par carte de crédit sont effectuées ainsi, selon la même source.

Le plafond du sans-contact est de 100 £ par opération depuis le 15 octobre 2021, avec un cumul de 300 £ avant nouvelle authentification forte du porteur. Ces limites viennent des normes techniques d'authentification reprises en droit britannique après la sortie de l'Union européenne, et sont supervisées par la Financial Conduct Authority (FCA). Elles dépassent nettement les plafonds continentaux. Une part importante des paiements de proximité s'exécute donc sans saisie du code confidentiel du porteur.

L'interchange est la commission que l'acquéreur du marchand verse à la banque émettrice de la carte sur chaque transaction. Ce régime s'est dédoublé au Brexit. Le règlement européen sur les commissions d'interchange a été repris en droit britannique. Les plafonds intérieurs restent donc de 0,2 % pour le débit et 0,3 % pour le crédit sur les cartes de consommateurs. Le trafic entre le Royaume-Uni et l'Espace économique européen est en revanche sorti du champ du plafonnement européen. Les schemes lui ont appliqué leur barème inter-régional, nettement supérieur aux plafonds intérieurs.

TransactionDébitCréditBase juridique
Domestique britannique (carte UK, marchand UK)0,2 %0,3 %Plafonds repris en droit britannique après la sortie de l'Union
Royaume-Uni ↔ EEE, à distance (card-not-present)1,15 %1,5 %Barème inter-régional des schemes, hors de tout plafond réglementaire
Intérieur de l'EEE (carte EEE, marchand EEE)0,2 %0,3 %Règlement européen sur les commissions d'interchange
Interchange applicable à une carte de consommateur, selon la géographie de la transaction
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MR22/2 : le dossier interchange transfrontalier n'est pas clos
Le Payment Systems Regulator (PSR) a conclu son étude de marché MR22/2 en décembre 2024. La hausse des commissions transfrontalières Royaume-Uni ↔ EEE en card-not-present, de 0,2 %/0,3 % à 1,15 %/1,5 %, coûte 150 à 200 millions de livres par an aux commerçants britanniques et à leurs clients. Le régulateur a jugé qu'un plafond de prix était le seul remède efficace. Il a pourtant renoncé le 10 octobre 2025 à un plafond intérimaire, préférant construire d'abord une méthodologie robuste. La High Court a confirmé son pouvoir d'imposer un tel plafond par voie de directions générales, en rejetant le recours en judicial review de Mastercard, Visa et Revolut. Aucun plafond n'est en vigueur à ce jour. Les coûts d'acceptation transfrontaliers se calculent donc sur le barème actuel, et non sur l'hypothèse d'un plafond à venir.

La surfacturation (surcharging) consiste à facturer au client un supplément lié au moyen de paiement qu'il emploie. Elle est interdite sur les cartes de consommateurs depuis le 13 janvier 2018. L'interdiction résulte de l'extension du dispositif des Consumer Rights (Payment Surcharges) Regulations 2012, opérée par les Payment Services Regulations 2017. Le surcoût peut encore être répercuté sur les cartes commerciales, mais il doit alors refléter le coût réel supporté par le marchand. L'application d'un card fee à un porteur particulier expose le commerçant britannique à une action des services de la protection des consommateurs.

Les acteurs de l'acceptation qu'il faut connaître avant d'ouvrir le marchéVisaMastercardAmerican ExpressWOWorldpayBABarclaycard PaymentsCHCheckout.comAdyenStripe

La fraude APP et le remboursement obligatoire : le régime le plus strict au monde

La fraude au virement autorisé, Authorised Push Payment fraud ou APP, désigne le cas où un consommateur est trompé et autorise lui-même un paiement vers un fraudeur. Elle découle directement du succès de Faster Payments, parce qu'un virement instantané et irrévocable met les fonds à la disposition du fraudeur en quelques secondes. Le Royaume-Uni a répondu par un dispositif dont aucun autre pays n'offre l'équivalent à ce jour. Ce dispositif a valeur d'obligation légale.

Le Financial Services and Markets Act 2023 (article 72(1)) a obligé le PSR à publier une exigence de remboursement pour les cas qualifiés de fraude APP. L'article 71(2) définit le cas qualifié comme un ordre exécuté sur le schéma Faster Payments à la suite d'une fraude ou d'une malhonnêteté. Le PSR a mis en œuvre cette obligation par une série d'instruments juridiques. La Specific Requirement 1 impose à Pay.UK d'inscrire cette exigence dans les règles du schéma Faster Payments. Les Specific Directions 19, 20 et 21 organisent la conformité, le contrôle et l'extension aux prestataires participant à CHAPS, dont la Banque d'Angleterre est l'opérateur. Le régime s'applique aux paiements effectués à compter du 7 octobre 2024.

358 M £
pertes APP entrant dans le champ du régime, du 7 octobre 2024 au 31 mars 2026
PSR, tableau de bord du remboursement des fraudes APP, T1 2026
316 M £
montant remboursé aux victimes sur la même période, soit un taux de 88 %
PSR, tableau de bord du remboursement des fraudes APP, T1 2026
301 500
réclamations entrant dans le champ, sur 438 300 réclamations signalées
PSR, tableau de bord du remboursement des fraudes APP, T1 2026
82 %
des réclamations résolues en cinq jours ouvrés au premier trimestre 2026
PSR, tableau de bord du remboursement des fraudes APP, T1 2026
RègleContenuCe que cela impose au prestataire
PérimètreFaster Payments et CHAPS, initiation par PIS incluseAucun autre système n'est couvert : ni carte, ni international, ni crypto
BénéficiairesParticuliers, micro-entreprises et associations caritativesPérimètre calqué sur celui des réclamants admis devant le Financial Ombudsman Service
Plafond85 000 £ par réclamation, en Faster Payments comme en CHAPSProvisionner et documenter la politique appliquée au-delà du plafond
FranchiseFranchise facultative, plafonnée à 100 £Le partage 50/50 se calcule toujours comme si une franchise de 100 £ avait été appliquée
DélaiRemboursement en cinq jours ouvrés, avec possibilité d'arrêter le compteurLa réclamation doit être close avant la fin du 35e jour ouvré suivant son signalement
Partage du coûtLe prestataire receveur rembourse 50 % au prestataire émetteurCréer la chaîne de recouvrement interbancaire et la comptabiliser
ExceptionsFraude du client lui-même (first-party fraud) et négligence grave (consumer standard of caution)Motiver par écrit toute acceptation comme tout refus
Clients vulnérablesNi la franchise ni l'exception de négligence ne leur sont opposablesDétecter la vulnérabilité dans le traitement de la réclamation, pas après
PrescriptionRéclamation recevable jusqu'à 13 mois après le dernier paiement du dossierConserver les données de fraude sur toute la durée exigible
Fraudes multi-étapesLes paiements en plusieurs étapes sont dans le champSuivre la chaîne au-delà du premier bénéficiaire
Les dix règles du régime de remboursement (PSR, politique consolidée PS25/5, mai 2025)
Le parcours d'une réclamation APP
Client
Signale la fraude à son prestataire émetteur
Sans délai dès qu'il en a connaissance, et au plus tard 13 mois après le dernier paiement du dossier
Prestataire émetteur
Notifie les prestataires receveurs **dans les deux heures**
Règle 4.1 des règles de remboursement Faster Payments. En cas de soupçon de blanchiment, une déclaration de soupçon s'ajoute aux obligations
Prestataire émetteur
Instruit seul la réclamation
Il recueille les éléments, y compris ceux fournis par le receveur, et décide seul de l'éligibilité. Il peut arrêter le compteur des cinq jours pendant une demande d'information
Prestataire émetteur
Rembourse ou refuse, **par écrit et motivé**
Remboursement sur le compte d'origine, sauf recours du client à une société de gestion de réclamations
Prestataire receveur
Verse sa contribution de 50 % à l'émetteur
Plafonnée au plus faible des deux montants prévus par la Specific Requirement 1, et versée dans le délai fixé par les règles du schéma
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Ce que le régime ne couvre pas, et c'est là que se logent les litiges
Cinq catégories restent hors champ : les paiements passant par d'autres systèmes, les paiements antérieurs au 7 octobre 2024, les paiements internationaux, les paiements à but illicite et les litiges civils. L'exemple donné par le PSR pour le premier cas est le client qui vire des fonds vers son compte sur une plateforme crypto avant de payer le fraudeur en crypto. Un client mécontent d'un bien livré ou non livré n'est pas victime d'une fraude APP, faute d'avoir été trompé sur l'identité ou sur la finalité du paiement. Le PSR a publié une orientation dédiée pour aider les prestataires à trancher entre fraude et litige civil. Cette frontière reste la plus disputée du dispositif.

Confirmation of Payee (CoP) est un service de contrôle du nom du bénéficiaire, exploité par Pay.UK. Il compare le nom saisi par le payeur à celui du titulaire du compte destinataire, avant l'exécution du virement. Le PSR l'a imposé d'abord aux plus grands groupes bancaires en 2020, par la Specific Direction 10 (modifiée en février 2020, révoquée en juin 2022). Il a ensuite été étendu à l'ensemble des prestataires par la Specific Direction 17. Le dispositif préfigure la vérification du bénéficiaire européenne, avec quatre années d'expérience opérationnelle en plus. Cette expérience porte aussi sur les limites du contrôle, relevées sur les noms commerciaux distincts de la raison sociale, les comptes joints et les comptes de tiers. La répétition des faux positifs diminue également l'attention du payeur.

Qui régule, et de quel agrément on a besoin

Le Royaume-Uni supervise ses paiements à trois autorités. HM Treasury a engagé leur réduction à deux. La Bank of England exploite CHAPS et le RTGS, et surveille les infrastructures systémiques. La Financial Conduct Authority (FCA) agrée et supervise les prestataires au titre des Payment Services Regulations 2017 et des Electronic Money Regulations 2011. Le Payment Systems Regulator (PSR), créé par le Financial Services (Banking Reform) Act 2013, régule l'accès, la concurrence et les intérêts des utilisateurs des systèmes désignés par le Trésor.

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Le PSR disparaît : ses fonctions passent à la FCA
HM Treasury a confirmé le 21 avril 2026 l'abolition du Payment Systems Regulator et le transfert de ses fonctions à la Financial Conduct Authority. Le Financial Services and Markets Bill 2026-27, déposé au Parlement le 19 mai 2026, les porte (première lecture aux Lords le 19 mai, deuxième lecture le 8 juin 2026). L'intégration opérationnelle avec la FCA est déjà engagée. En pratique, les instruments juridiques du PSR (Specific Requirement 1, Specific Directions 17, 19, 20, 21) restent en vigueur et continuent de s'appliquer. Le changement porte sur l'autorité chargée de les mettre en œuvre, non sur leur contenu. Le suivi réglementaire s'appuie donc sur les publications de la FCA, et plus sur le seul site du PSR.
AgrémentCe qu'il autoriseQuand il s'impose
Authorised Payment Institution (API)Tous services de paiement : acquisition, exécution, transfert de fondsEncaisser pour compte de tiers, acquérir, opérer une place de marché avec détention de fonds
Small Payment Institution (SPI)Mêmes services, sous seuils de volume mensuel moyenDémarrage à faible volume, régime allégé mais sans passeport et avec plafond
Authorised Electronic Money Institution (EMI)Émission de monnaie électronique et services de paiementWallet, compte prépayé, solde stocké, carte prépayée
Small Electronic Money Institution (SEMI)Émission de monnaie électronique sous seuilsProgramme de faible ampleur ; régime allégé, plafonné
Registered Account Information Service Provider (RAISP)Agrégation d'informations sur les comptes, sans détention de fondsAgrégateur, outil de scoring ou de gestion de trésorerie sans initiation
Permission de crédit à la consommationOctroi de crédit réglementé au titre du Consumer Credit Act 1974BNPL à compter du 15 juillet 2026, paiement fractionné, financement à la caisse
Les agréments FCA à choisir selon l'activité (Payment Services Regulations 2017 et Electronic Money Regulations 2011)
1968
Bacs
Mise en service de la compensation automatisée britannique, avec le cycle à trois jours ouvrés qui porte encore salaires et prélèvements.
1984-1985
CHAPS et LINK
Le règlement de valeur élevée et le réseau interbancaire de distributeurs se mettent en place.
2008
Faster Payments Service
Premier rail instantané national à grande échelle, disponible 24/7, avec quelques secondes de bout en bout.
2013
Financial Services (Banking Reform) Act
Création du Payment Systems Regulator, régulateur économique des systèmes de paiement désignés.
2017
CMA Order, PSRs 2017 et Image Clearing System
L'ordonnance de la Competition and Markets Authority impose l'open banking aux CMA9 ; les Payment Services Regulations 2017 transposent le régime des prestataires ; le chèque passe à l'image numérique.
13 janvier 2018
Interdiction de la surfacturation des cartes de consommateurs
Extension des Consumer Rights (Payment Surcharges) Regulations 2012 par les PSRs 2017.
2018
Ouverture des interfaces open banking
Premiers paiements initiés par des tiers, sur le rail Faster Payments.
2020
Confirmation of Payee
Le contrôle du nom du bénéficiaire est imposé aux plus grands groupes bancaires par la Specific Direction 10, puis étendu par la Specific Direction 17.
15 octobre 2021
Plafond sans contact porté à 100 £
Avec un cumul de 300 £ avant nouvelle authentification forte du porteur.
juin 2023
CHAPS passe à ISO 20022
Première grande étape du renouvellement du RTGS par la Banque d'Angleterre.
2023
Financial Services and Markets Act 2023
Le Parlement oblige le PSR à instaurer un remboursement des victimes de fraude APP (articles 71 et 72).
14 novembre 2024
National Payments Vision
HM Treasury fixe le cap du secteur et replace la New Payments Architecture sous une gouvernance interinstitutionnelle.
7 octobre 2024
Remboursement obligatoire de la fraude APP
Entrée en vigueur sur Faster Payments et CHAPS, plafond de 85 000 £, partage 50/50 entre prestataire émetteur et receveur.
28 avril 2025
RT2 en service
Nouveau cœur de règlement brut en temps réel de la Banque d'Angleterre, ISO 20022 natif.
10 octobre 2025
Le PSR renonce au plafond intérimaire d'interchange transfrontalier
Le remède est maintenu sur le principe, mais reporté le temps de bâtir une méthodologie.
21 avril 2026
Abolition annoncée du PSR
HM Treasury confirme le transfert de ses fonctions à la FCA ; le projet de loi est déposé le 19 mai 2026.
15 juillet 2026
Le BNPL entre dans le champ de la FCA
Le deferred payment credit devient un crédit réglementé, avec accès à la section 75 et au Financial Ombudsman Service.
  • Cantonnement des fonds (safeguarding) : tout établissement de paiement ou de monnaie électronique doit isoler les fonds de ses clients, par ségrégation sur un compte dédié ou par assurance équivalente. C'est le premier point d'audit de la FCA sur ce type d'acteur, et le premier motif d'action réglementaire.
  • Financial Ombudsman Service (FOS) : voie de recours gratuite pour les particuliers, micro-entreprises et associations caritatives. Ses décisions s'imposent au prestataire ; son périmètre de réclamants est celui-là même qui sert de référence au régime de remboursement APP.
  • Section 75 du Consumer Credit Act 1974 : l'émetteur d'un crédit (carte de crédit en tête) est solidairement responsable avec le vendeur de toute fausse déclaration ou rupture de contrat, pour un bien dont le prix comptant dépasse 100 £ sans excéder 30 000 £. C'est une protection légale, distincte de la rétrofacturation qui n'est qu'une règle privée de scheme, et bien plus favorable au consommateur.
  • Coordonnées bancaires : sort code à six chiffres et numéro de compte à huit chiffres en domestique ; l'IBAN britannique n'existe que pour l'international et encapsule ces deux éléments. Les tables de contrôle modulus publiées par Vocalink permettent de valider un couple sort code / numéro de compte avant émission, un contrôle gratuit qui évite des rejets.

Encaisser au Royaume-Uni : ce qu'il faut décider avant d'ouvrir

L'encaissement au Royaume-Uni combine plusieurs instruments, dont aucun ne couvre à lui seul l'ensemble des situations commerciales. Un commerçant en ligne limité à la carte se prive du chiffre d'affaires porté par les factures et les paniers élevés. Un service d'abonnement limité au prélèvement écarte les clients dépourvus de compte courant britannique. Un marchand étranger qui facture en euros laisse la conversion de devise à la charge de son client. Trois décisions structurent le reste du dispositif : la devise, le mix d'encaissement, et l'entité qui détient les fonds.

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Facturer en livres, toujours
Le porteur britannique paie en GBP. Facturer en euros déclenche une conversion dynamique de devise ou des frais de transaction étrangère côté émetteur, dégrade le taux d'acceptation et alimente les litiges. Un compte de règlement en livres évite aussi une conversion à l'entrée.
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Choisir le bon rail selon le panier
Carte en dessous d'une centaine de livres, pay-by-bank au-dessus quand le litige d'exécution est rare, Direct Debit pour le récurrent contractuel, CHAPS pour l'exceptionnel de forte valeur. Le coût unitaire s'inverse complètement selon le montant.
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Vérifier qui détient les fonds
Un modèle de place de marché ou de plateforme suppose souvent un agrément FCA (API ou EMI), ou le recours à un partenaire agréé qui cantonne les fonds. Le choix relève de l'architecture, pas d'un contrat qu'on signe après le lancement.
⚖️
Cartographier ses recours et ses expositions
Rétrofacturation carte, Direct Debit Guarantee sans limite de temps, section 75 sur les cartes de crédit, aucun recours en pay-by-bank. Chaque instrument porte un régime de contestation différent, et le service client doit être outillé pour les quatre.
InstrumentDélai de mise à dispositionIrrévocabilitéContestation possibleCoût dominant
Carte (débit ou crédit)Règlement acquéreur, typiquement J+1 à J+3 selon contratNon, capture puis compensationRétrofacturation selon les règles du scheme ; section 75 en sus sur le créditInterchange + scheme + marge acquéreur
Pay by bank (open banking sur FPS)Quelques secondes sur le compte du marchandOui, immédiateAucune, remboursement à la main du marchandFrais par transaction du PISP, sans composante ad valorem d'interchange
Direct Debit (Bacs)Crédit à l'entry day, soit trois jours ouvrés après soumissionNon, la garantie s'appliqueDirect Debit Guarantee, sans plafond ni délaiCoût unitaire très faible ; parrainage bancaire requis
Bacs Direct CreditTrois jours ouvrésRappel possible avant l'entry daySans objet (paiement sortant)Coût unitaire très faible en masse
CHAPSLe jour même, en journée ouvréeOui, immédiateRégime de remboursement APP applicable aux consommateursTarif élevé par opération
Comparer les instruments d'encaissement du point de vue du marchand
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Le BNPL entre dans la réglementation le 15 juillet 2026
Le deferred payment credit, crédit sans intérêt remboursable en douze échéances ou moins, sur douze mois ou moins, devient un crédit réglementé sous supervision de la FCA à compter du 15 juillet 2026 (FCA, PS26/1, 2026). Un régime de permissions temporaires autorise les acteurs en place à continuer d'exercer pendant l'instruction de leur agrément complet. Le marché concerné est passé de 0,06 Md £ en 2017 à plus de 13 Md £ en 2024 selon la FCA. Trois conséquences en découlent pour le marchand. Ses partenaires BNPL doivent être agréés ou couverts par le régime transitoire. Ses parcours de paiement doivent porter une information précontractuelle conforme. L'achat financé ouvre enfin au client l'accès à la section 75 et au Financial Ombudsman Service.
  • Klarna et Clearpay (marque britannique d'Afterpay, groupe Block) sont les deux poids lourds du paiement fractionné intégré chez le marchand.
  • Zilch (Zilch Technology Limited, 2018, agréée par la FCA sous les références 1033706 et 843421) inverse le modèle : le client paie avec une carte Mastercard émise par Zilch, acceptée partout, sans intégration marchande. Près de six millions d'utilisateurs en Europe selon l'éditeur (zilch.com, consulté en août 2026).
  • Wise (Wise Payments Limited, établissement de monnaie électronique agréé par la FCA sous la référence 900507) opère le transfrontalier sur des comptes locaux plutôt que sur la banque correspondante, et fait partie des rares non-banques à avoir obtenu un accès direct aux systèmes de règlement de banque centrale.
  • Currencycloud (Visa depuis 2021) et Zepz (WorldRemit et Sendwave) complètent le paysage transfrontalier britannique, le second sur les corridors de diaspora avec livraison en mobile money.
  • Attention aux intégrations périmées : de la documentation circule encore sur Paym, l'annuaire proxy « numéro de mobile → compte » lancé en 2014, fermé le 7 mars 2023. Il avait rassemblé 5,8 millions d'utilisateurs et environ 2,7 Md £ envoyés entre 2014 et 2023 (Pay.UK). Un annuaire proxy adossé à un rail instantané ne survit pas quand les banques offrent la même fonction dans leur propre application.

Ce qui vient, et ce qu'il ne faut pas anticiper

Le Royaume-Uni possède l'infrastructure la plus ancienne et l'un des cadres de protection les plus avancés, mais aucune de ses grandes transformations annoncées n'est achevée. La NPA n'est pas livrée, la livre numérique n'est pas décidée, le VRP commercial n'est pas généralisé, et le régulateur des systèmes de paiement est en cours d'absorption. Aucun des quatre n'a d'échéance ferme. Le calendrier de la NPA a déjà été révisé plusieurs fois, la livre numérique attend une décision d'émission, le VRP commercial un modèle économique, et l'absorption du PSR le vote du projet de loi déposé le 19 mai 2026. Toute planification à trois ans qui les suppose aboutis repose donc sur des dates qu'aucun de leurs porteurs n'a fixées.

ChantierPorteurStatut réelCe qu'on peut en dire
New Payments ArchitecturePay.UKAnnoncé, non livréPérimètre réduit, calendrier révisé plusieurs fois, gouvernance replacée sous la National Payments Vision
Livre numérique (digital pound)Bank of England / HM TreasuryConceptionAucune décision d'émission ; une loi primaire serait nécessaire ; plafond de détention envisagé autour de 10 000 £
Digital Pound LabBank of EnglandBac à sable technologiqueAnnoncé en janvier 2025, opérationnel d'août 2025 à juillet 2026. Ce n'est pas un pilote avec des utilisateurs
Sterling Fnality Payment System (£FnPS)Fnality International / Fnality UKEn production depuis 2023Compte omnibus à la Banque d'Angleterre ; 24 institutions actionnaires (Fnality, site consulté en juillet 2026) ; volumes non publiés
VRP commercial (cVRP)Place bancaire et open bankingEn constructionLe sweeping fonctionne et croît vite ; le modèle commercial hors sweeping n'est pas généralisé
Absorption du PSR par la FCAHM TreasuryLégislation en coursConfirmée le 21 avril 2026, portée par le Financial Services and Markets Bill 2026-27 déposé le 19 mai 2026
Les chantiers ouverts et leur degré réel d'avancement
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Livre numérique : une position singulière parmi les banques centrales
La Banque d'Angleterre défend un modèle dit « plateforme », où elle n'exploiterait que le cœur du système, l'interface restant aux acteurs privés. Son gouverneur a conditionné publiquement la décision à l'échec des solutions privées de paiement tokenisé. Peu d'autres grandes banques centrales assument cette position aussi ouvertement. La Banque et le Trésor doivent publier un schéma directeur et trancher fin 2026 le passage éventuel à une phase de construction. La décision d'émission n'étant pas prise, la livre numérique ne peut pas figurer comme jalon daté dans une feuille de route.

Le dernier chantier porte sur l'accès aux espèces. Le réseau LINK, opérationnel depuis 1985, a changé de fonction. Il demeure l'infrastructure interbancaire de distributeurs, forte de 42 403 automates dont 33 710 gratuits, et 1 272 millions de retraits en 2025 selon ses propres statistiques. Il sert désormais aussi d'instrument réglementaire à l'obligation d'accès de proximité au liquide, avec *3 756 distributeurs « protégés » et 282 banking hubs recommandés en mai 2026*. La part des espèces est tombée à environ 9 % des paiements. Les obligations d'accès de proximité, définies dans le détail par le législateur britannique, visent un risque distinct de ce recul : que le retrait devienne impossible par disparition de l'infrastructure, avant même que la demande d'espèces s'éteigne.

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Les cinq choses à retenir avant d'opérer au Royaume-Uni
1. Aucun scheme carte domestique n'existe. Le coût d'acceptation se négocie avec deux réseaux internationaux, sans échappatoire de routage. 2. Faster Payments porte l'open banking, le remboursement APP et le pay-by-bank, et il est irrévocable. 3. La Direct Debit Guarantee expose le créancier sans limite de temps, ce qui fait de la preuve du mandat un actif. 4. Le remboursement obligatoire de la fraude APP est une obligation légale, et non un code de bonne conduite, avec plafond de 85 000 £, délai de cinq jours ouvrés et partage 50/50. 5. Le trafic carte Royaume-Uni ↔ EEE en card-not-present est facturé 1,15 % / 1,5 % et aucun plafond n'est en vigueur. Ce poste est le premier à modéliser dans un budget d'acceptation transfrontalier.