Nubank, la banque en ligne brésilienne cotée à la Bourse de New York sous le nom de Nu Holdings, serait en discussions pour racheter la néobanque britannique Monzo, selon Sky News, qui en a fait état la première le vendredi 25 septembre 2026. Bloomberg News a ensuite publié son propre récit, fondé sur des personnes au fait du dossier qui ont requis l’anonymat, et indique qu’un accord pourrait valoriser Monzo entre 8 milliards de livres environ (10,6 milliards de dollars) et 10 milliards de livres. Le samedi 26 septembre, City AM a décrit ces discussions comme préliminaires.
Rien n’est signé ni annoncé, et ces informations reposent sur des sources anonymes. City AM rapporte que Nu Holdings aurait approché Monzo. Aucune des deux entreprises n’a confirmé les discussions, et Monzo n’a pas souhaité commenter. Un porte-parole de Nubank a répondu en anglais : « Nubank does not comment on rumours or speculation. We reaffirm our commitment to maintaining open, clear, and timely communication regarding all significant business matters. » L’entreprise y dit ne commenter ni rumeurs ni spéculations, et s’engage à communiquer de façon ouverte, claire et rapide sur les affaires significatives.
Un prix proche du double de la dernière valorisation
Monzo était valorisée 4,5 milliards de livres en octobre 2024, à l’issue d’une cession secondaire d’actions détenues par ses salariés, selon City AM. La fourchette discutée représente 1,8 à 2,2 fois ce niveau. En mai 2025, la presse prêtait à Monzo l’intention de mandater des banques pour une introduction en Bourse de 6 milliards de livres. Selon Sky News, l’opération combinerait probablement numéraire et actions. Monzo a déclaré 1,7 milliard de livres de chiffre d’affaires sur son exercice 2026, et ses dépôts ont progressé de 55 % pour atteindre 25,7 milliards de livres, d’après Bloomberg News.
Monzo s’est entourée de conseils et garde d’autres options
Monzo aurait retenu Morgan Stanley et le cabinet d’avocats Slaughter and May pour étudier une opération avec Nubank, selon l’une des sources de Bloomberg News. La banque d’affaires Qatalyst conseillerait également Monzo dans ces discussions, selon Sky News, et City AM la cite aux côtés de Morgan Stanley. Monzo étudierait aussi d’autres voies, dont une nouvelle levée de fonds destinée à financer son expansion en Europe, d’après Sky News. Le directeur financier de Monzo, Tom Oldham, a travaillé auparavant chez Nubank comme responsable mondial de la planification et de l’analyse financières, rappelle Bloomberg News.
Une licence bancaire britannique et un point d’appui en Europe
Nubank revendique 135 millions de clients en Amérique latine, détient des licences sur l’ensemble du continent américain et cherche désormais à se développer aux États-Unis. Elle n’a actuellement aucune présence au Royaume-Uni ni en Europe, selon Bloomberg News. City AM lui prête une présence limitée en Europe, dont le principal site est un grand centre technologique et d’ingénierie installé à Berlin. Le rachat de Monzo pourrait lui apporter une licence bancaire britannique et l’accès à 16 millions de clients particuliers et professionnels au Royaume-Uni.
Monzo se tourne elle-même vers l’Europe continentale. Elle a renoncé cette année à se développer aux États-Unis et annoncé la fermeture de ses activités sur place, pour se recentrer sur le Royaume-Uni et l’Europe, en commençant par l’Espagne et l’Irlande. Ce retrait figure parmi les premières grandes décisions stratégiques de Diana Layfield, directrice générale depuis février. L’opération opposerait aussi Nubank à Revolut sur le continent d’origine de sa rivale. Revolut, qui revendique 80 millions d’utilisateurs dans le monde, s’est étendue en Amérique latine et en Amérique du Nord depuis un an et a récemment obtenu une licence bancaire américaine.
Un revers pour la Bourse de Londres
Une vente se substituerait à l’introduction en Bourse que Monzo étudiait. Son conseil d’administration et ses investisseurs voyaient Londres comme la place la plus probable, selon City AM, même si l’ancien directeur général TS Anil passait pour pencher vers New York. TS Anil, qui souhaitait une cotation plus rapide que le conseil, a annoncé en octobre 2025 qu’il quittait ses fonctions, avant de revenir au conseil comme vice-président. Bloomberg News voit dans une vente à Nubank un nouveau coup dur pour la Bourse de Londres, où des entreprises choisissent de se coter ailleurs, se retirent de la cote ou transfèrent leur cotation aux États-Unis. La fintech Wise, concurrente de Monzo, y a transféré cette année sa cotation principale.
Une vente offrirait aussi une porte de sortie aux actionnaires de Monzo. Outre une introduction en Bourse, la société étudiait de nouvelles cessions secondaires d’actions pour rendre de l’argent à ses investisseurs, dont beaucoup sont des fonds de capital-risque, selon Sky News. Une vente entre 8 et 10 milliards de livres leur permettrait de sortir sans attendre de cotation, à environ deux fois le prix retenu lors de la cession d’octobre 2024. Si l’opération combinait numéraire et actions, comme Sky News le juge probable, une partie du paiement serait versée en titres Nu Holdings, et le rendement des investisseurs dépendrait alors en partie du cours de Nubank.
L’autorité prudentielle britannique devrait donner son accord
En vertu du Financial Services and Markets Act, quiconque décide d’acquérir ou d’accroître le contrôle d’un établissement agréé conjointement par la Prudential Regulation Authority (PRA) et la Financial Conduct Authority (FCA), comme le sont les banques britanniques, doit obtenir au préalable l’approbation de la PRA. Prendre le contrôle sans cette approbation constitue une infraction pénale au titre de la section 191F. La PRA dispose de 60 jours ouvrés à compter de l’accusé de réception d’une notification complète pour approuver l’opération sans condition, proposer de l’approuver sous conditions ou proposer de s’y opposer, délai qu’elle peut suspendre le temps d’obtenir des informations complémentaires. La FCA peut présenter des observations et, en vertu de la section 187A, exiger de la PRA qu’elle s’y oppose ou impose des conditions pour des motifs de lutte contre le blanchiment ou le financement du terrorisme.