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🪙 Stablecoins et crypto-paiement

MiCA, USDC/EURC, settlement B2B, cartes crypto et stablecoins de règlement chez Visa/Mastercard, avec l'euro numérique en contrepoint.

Stablecoins : de quoi parle-t-on ?

Un stablecoin est un jeton émis sur une blockchain dont la valeur est arrimée à un actif de référence, presque toujours une monnaie fiat (dollar, euro). Contrairement au bitcoin, il vise la stabilité, pas l'appréciation (1 USDC ≈ 1 $). Cette stabilité en fait un candidat au paiement, le transfert de cette « monnaie » s'effectuant 24/7, en quelques secondes, sur une infrastructure programmable et sans les couches de correspondance bancaire. Le marché reste massivement dollarisé. Plus de 99 % de la capitalisation est libellée en USD, l'euro demeurant marginal.

Marché primaire : clients éligibles seulementClient éligibleKYC, ticket minimumÉmetteur d’EMTagréé sous MiCAJetons crééscrédités on-chainfiatmint 1:1jetons rendusfiat au pairle fiat devient réserveremboursé sur la réserveRéserve cantonnéedépôts bancaires et titres courts, attestésMarché secondaire : tout le monde, prix libreDétenteur, marchandachète au marché, ne mint jamaisPrix ≈ 1,00tenu par l’arbitrageArbitragistea l’accès au primaireachètecorrigemint / burn au pairremboursement ouvert → prix ancréremboursement fermé → décrochageFiat entrant et sortantÉmission (mint)Remboursement (burn)Réserve cantonnéeAucune règle ne tient le prix à 1,00 : c’est l’arbitrage vers le marché primaire qui l’y ramène, et il s’arrête avec le remboursement.
🏦
Adossés à du fiat (fiat-backed)
Chaque jeton est couvert par des réserves (dépôts bancaires, bons du Trésor court terme) détenues par l'émetteur : USDT (Tether), USDC/EURC (Circle), PYUSD (PayPal/Paxos). Ce modèle domine, et reste le seul réellement compatible avec MiCA.
⛓️
Surcollatéralisés en crypto
Adossés à des cryptoactifs déposés en excès (ex. DAI/USDS de MakerDAO/Sky), ils sont décentralisés mais exposés aux krachs du collatéral, et mal solubles dans le cadre réglementaire européen.
💥
Algorithmiques
Stabilité censée émerger d'un mécanisme d'arbitrage sans réserve complète. L'effondrement de TerraUSD (UST) en mai 2022 (~40 Md$ évaporés) a discrédité le modèle ; MiCA l'interdit de fait.
≈ 300 Md$
capitalisation totale des stablecoins début 2026
Agrégateurs de marché (DefiLlama, CoinGecko)
≈ 60 %
part de l'USDT (Tether), devant l'USDC
Données de marché 2025
> 25 000 Md$
volumes annuels de transferts on-chain en stablecoins (dominés par le trading)
Études on-chain (Visa/Allium, 2024-2025)
⚠️
Volume ≠ paiement
L'essentiel des volumes de stablecoins correspond à du trading et des mouvements entre plateformes, pas à des paiements de biens et services. Les études qui filtrent les transferts « organiques » (Visa/Allium) divisent les volumes bruts par un facteur important, une fois écartés les mouvements internes aux plateformes. Le paiement en cryptoactifs existe réellement, mais il reste une niche, dont la croissance, rapide, se concentre sur des corridors précis : le B2B transfrontalier, les payouts et les remittances.

MiCA : le cadre européen

Le règlement MiCA (Markets in Crypto-Assets, 2023/1114) fait de l'UE la première grande juridiction à encadrer intégralement les stablecoins. Il distingue les jetons de monnaie électronique (EMT, adossés à une seule monnaie fiat, comme USDC ou EURC) et les jetons se référant à des actifs (ART, paniers d'actifs). Émettre un EMT dans l'UE exige un agrément d'établissement de monnaie électronique (ou de crédit). Un stablecoin conforme relève donc du régime juridique de la monnaie électronique. Son support d'enregistrement est une blockchain.

juin 2023
Entrée en vigueur de MiCA
Publication au JOUE ; application échelonnée.
30 juin 2024
Titres EMT/ART applicables
Les règles stablecoins s'appliquent : agrément, réserves, remboursement au pair.
1er juil. 2024
Circle agréé EME en France
Premier émetteur mondial conforme MiCA (USDC et EURC), agréé par l'ACPR.
30 déc. 2024
Régime CASP applicable
Les prestataires de services sur cryptoactifs passent sous agrément MiCA ; les PSAN français bénéficient d'une transition jusqu'à mi-2026.
début 2025
Délistages d'USDT
Les plateformes servant l'UE retirent les stablecoins non conformes (dont l'USDT) pour leurs clients européens.
juil. 2025
GENIUS Act aux États-Unis
Cadre fédéral américain des stablecoins de paiement : la course réglementaire devient transatlantique.
  • Réserve 1:1 : actifs liquides et sûrs, ségrégués, avec une part minimale en dépôts bancaires ; audits et publication régulière.
  • Remboursement au pair, à tout moment, sans frais pour le détenteur, la fin des clauses de rachat restrictives.
  • Interdiction de rémunérer la détention d'un EMT (pas d'intérêts servis au porteur).
  • Stablecoins « significatifs » : exigences renforcées (fonds propres, supervision ABE).
  • Garde-fou monétaire : un EMT libellé dans une devise non-UE largement utilisé comme moyen d'échange peut voir son usage plafonné (référence : 1 million de transactions et 200 M€ par jour). L'UE protège l'euro de la dollarisation par stablecoin.
JetonÉmetteurStatut MiCAUsage paiement
USDCCircle (EME agréé ACPR)✅ conforme (EMT)référence des flux B2B et des intégrations PSP en Occident
EURCCircle (même agrément)✅ conforme (EMT)le principal stablecoin euro, encore petit mais en croissance
USDTTether (El Salvador)❌ non conforme, délisté pour les clients UEdomine le trading mondial et les usages émergents (Asie, Amérique latine, Afrique)
Les trois grands stablecoins vus d'Europe
🔑
La leçon stratégique de MiCA
MiCA a fait émerger un duopole de conformité. Les acteurs régulés, Circle au premier rang, captent les usages institutionnels européens, tandis que l'USDT domine hors de l'Union. L'examen conduit par un trésorier ou un PSP européen ne porte dès lors plus sur le principe du recours au stablecoin, mais sur trois éléments, « quel émetteur, quel agrément, quelles réserves », soit les critères d'appréciation retenus pour une contrepartie bancaire.

Les cas d'usage paiement

🌍
Règlement B2B transfrontalier
Payer un fournisseur à Singapour ou Lagos en USDC prend des minutes au lieu de jours, 24/7, pour un coût quasi nul et avec une traçabilité on-chain. L'opération évite les chaînes de banques correspondantes et la pré-position de trésorerie dans chaque devise.
💸
Payouts et remittances
Verser des freelances, créateurs ou vendeurs marketplace dans des pays où le virement international est lent et cher. Le destinataire convertit en monnaie locale via un off-ramp ou dépense par carte.
🔁
On/off-ramp
Les rampes convertissent fiat ↔ stablecoin (achat par carte/virement, vente vers IBAN). Ce maillon régulé (KYC, LCB-FT) relie les deux mondes, et coûte souvent cher dans le parcours.
🛒
Checkout e-commerce
Payer en stablecoin suppose que le PSP crypto (ou le module du PSP classique) encaisse l'USDC et règle le marchand en euros. Ce dernier ne touche jamais de crypto.
🏦
Trésorerie et settlement d'infrastructure
Le stablecoin sert d'actif de règlement entre institutions. Visa et Mastercard ont choisi cette voie (voir section suivante), comme des trésoreries de groupes tech pour leurs mouvements intragroupes.
Payeurwallet ou compte d’exchangeOn-ramp / off-rampKYC · travel rule (TFR)Émetteur d’EMTUSDC, EURC · agréé MiCAachète des jetonsremboursable 1:1transfert on-chainfiat → jetonsBlockchain publiquetransfert final en secondes, frais réseau faiblesaucun chargebacktransfert irréversiblevariante : Visa règle en USDCavec certains acquéreursconfirmations on-chainPSP cryptoverrouille le taux, confirme on-chainconversion, change absorbéOff-ramp → IBANvirement SEPA en eurosmêmes contrôles qu’à l’entréevirement SEPAMarchandreçoit des euros, aucun actif crypto au bilanRail on-chainRampes régulées (KYC)Conversion, irréversibleEn zone SEPA, le virement instantané rend ce détour inutile : le stablecoin gagne là où les rails classiques sont lents et chers.
Paiement e-commerce en stablecoin, marchand réglé en euros
Client
Choisit « payer en crypto » et envoie 108 USDC
Depuis son wallet ou son compte d'exchange
PSP crypto
Verrouille le taux et confirme la réception on-chain
Confirmation en quelques secondes sur les chaînes rapides
PSP crypto
Convertit en euros (off-ramp) et absorbe le risque de change
Le marchand a un prix garanti en EUR au moment de la vente
Marchand
Reçoit 100 € nets sur son compte, comme un encaissement classique
Comptablement : une vente en euros, pas d'actif crypto au bilan

Le cas B2B transfrontalier est celui où l'écart avec les rails existants se mesure le plus nettement. Sur un corridor Europe → Afrique de l'Ouest ou Amérique latine, un virement SWIFT peut coûter 20 à 50 € et prendre 2 à 5 jours, avec un taux de change opaque. Un transfert en USDC se règle en minutes pour quelques centimes de frais réseau, la conversion en monnaie locale restant le principal coût. En zone euro, où le virement instantané ne coûte pas plus qu'un virement classique, le stablecoin est sans intérêt pour le paiement domestique. Son avantage se limite donc aux corridors sur lesquels les rails classiques sont lents et coûteux.

6,3 %
coût moyen mondial d'un transfert de fonds des migrants (200 $), la cible que les stablecoins attaquent
Banque mondiale, Remittance Prices Worldwide
< 0,01 $
frais réseau typiques d'un transfert USDC sur une chaîne rapide (Solana, Base)
Données on-chain
2-5 jours
délai courant d'un virement correspondant banking sur corridors exotiques, contre quelques minutes on-chain
BIS, CPMI

Ce que font Visa, Mastercard et les géants du paiement

Les schemes ont intégré le stablecoin comme actif de règlement, sans modifier ni l'expérience carte ni le parcours d'acceptation du marchand. Depuis 2023, Visa règle une partie de ses obligations avec certains acquéreurs (Worldpay, Nuvei) en USDC sur Solana et Ethereum. Le porteur paie sa carte normalement. Le règlement entre le scheme et l'acquéreur s'effectue on-chain, le week-end compris. Mastercard suit la même logique, avec son réseau Multi-Token Network et ses partenariats Paxos et Circle. Dans les deux cas, la carte demeure l'interface présentée au porteur et la blockchain n'intervient qu'au stade du règlement, à titre optionnel.

  • Visa : règlement USDC avec Crypto.com (2021) puis Worldpay et Nuvei (2023) ; plateforme VTAP (2024) pour aider les banques à émettre des jetons ; études on-chain de référence.
  • Mastercard : Multi-Token Network, cartes crypto co-brandées, règlement stablecoin avec des émetteurs régulés.
  • Stripe : rachat de Bridge (infrastructure stablecoin, ≈ 1,1 Md$, finalisé début 2025) et réintroduction des paiements en USDC, le pari le plus agressif d'un PSP occidental.
  • PayPal : émission de son propre stablecoin PYUSD (avec Paxos, 2023), utilisé pour des règlements fournisseurs et le P2P.
  • Société Générale-FORGE : émission d'un stablecoin euro (EURCV) par une filiale bancaire régulée, la preuve que les banques peuvent émettre elles-mêmes.
  • Aux États-Unis, le GENIUS Act (2025) donne un cadre fédéral aux stablecoins de paiement et accélère l'entrée des banques et des géants du retail.
💳
Cartes crypto : la crypto invisible
Les cartes Crypto.com (Visa) ou Coinbase (Visa) convertissent les cryptoactifs au moment du paiement, si bien que le marchand reçoit un paiement carte ordinaire en euros. La crypto n'est qu'une source de financement du compte, et l'acceptation ne change pas.
🏗️
Stablecoin-as-a-service
Bridge (Stripe), Circle Mint et Paxos offrent des API pour émettre, détenir, convertir et faire circuler des stablecoins sans construire l'infrastructure blockchain. Ces acteurs sont le pendant crypto du PSP.
Les grands acteurs positionnésVisaMastercardStripePayPalCICircle
ℹ️
Pourquoi les schemes s'y mettent
Le règlement interbancaire classique s'arrête le week-end et traverse des fuseaux horaires bancaires, là où un règlement en stablecoin est 24/7, programmable et final en minutes, sans fenêtre de coupure ni jour férié. Pour un scheme mondial, la trésorerie immobilisée pendant les cycles de settlement diminue à mesure que ces cycles se raccourcissent. Sa présence sur ce rail réduit par ailleurs l'espace laissé à une infrastructure concurrente.

Risques : dépeg, AML et limites opérationnelles

RisqueIllustrationAtténuation
Dépeg (perte de l'ancrage)USDC à 0,87 $ en mars 2023 (3,3 Md$ de réserves gelés chez Silicon Valley Bank) ; UST à ~0 $ en mai 2022réserves de qualité, diversification bancaire, transparence (attestations), cadre MiCA
Run (remboursements massifs)un doute sur les réserves déclenche des rachats en cascade, la version crypto de la panique bancaireactifs très liquides, remboursement au pair garanti, supervision
AML/FT et sanctionspseudonymat des transferts, mixers, adresses sanctionnées (Tornado Cash)règlement TFR 2023/1113 (travel rule crypto), analytics on-chain, gel d'adresses par l'émetteur
Contrepartie émetteurl'utilisateur détient une créance sur l'émetteur, pas un dépôt garantiagrément EME, cantonnement des réserves, audits, mais pas de garantie des dépôts
Opérationnel blockchaincongestion, frais variables, erreurs d'adresse irréversibles, garde des cléschaînes performantes, custody qualifiée, contrôles d'adresses (whitelisting)
Cartographie des risques
  • Comptable et fiscal : la détention de stablecoins par une entreprise soulève des questions de qualification (actif numérique vs quasi-trésorerie), et la conversion immédiate en euros reste la pratique prudente.
  • Concentration : deux émetteurs concentrent l'essentiel du marché ; un incident chez l'un serait systémique pour l'écosystème crypto.
  • Dollarisation : pour l'UE et les pays émergents, un stablecoin dollar omniprésent est un enjeu de souveraineté monétaire, et c'est le sens des quotas MiCA sur les EMT non-euro.
⚠️
L'irréversibilité coupe dans les deux sens
Un transfert en stablecoin n'ouvre droit ni à un chargeback ni à un rappel de fonds. Une erreur d'adresse ou une fraude au président y est donc définitive, sauf gel exceptionnel décidé par l'émetteur sur les jetons centralisés. Les process de validation des bénéficiaires (double contrôle, adresses whitelistées, montants d'essai) doivent y être plus stricts encore que pour les virements.

En synthèse, le stablecoin régulé type MiCA se rapproche d'une monnaie électronique performante. Les risques résiduels y sont de nature bancaire (qualité des réserves, run), les risques nouveaux de nature technique (blockchain, garde des clés). Son usage se concentre sur les corridors mal servis par les rails existants, sans constituer un substitut général aux systèmes de paiement domestiques européens.

L'euro numérique en contrepoint

L'euro numérique est un projet de monnaie numérique de banque centrale (MNBC) de détail, préparé par la BCE face aux stablecoins privés. Il consisterait en une créance directe sur la banque centrale, sans risque de contrepartie, équivalent numérique du billet. Le projet répond explicitement à deux menaces identifiées par la BCE, la dépendance aux schemes internationaux pour les paiements de détail européens et la dollarisation rampante que représenterait un stablecoin USD dominant dans les paiements du quotidien.

oct. 2021
Phase d'investigation
Deux ans d'études sur le design (distribution via les PSP, plafonds de détention, hors-ligne).
nov. 2023
Phase de préparation
Rédaction du rulebook, sélection de prestataires et prototypes, sans décision d'émission.
oct. 2025
Feu vert pour la phase suivante
Le Conseil des gouverneurs prolonge les travaux. Un pilote est envisagé vers 2027 et une émission possible vers 2029, sous réserve du règlement européen en cours de négociation.
≈ 2027-2029
Pilote puis émission éventuelle
Le calendrier dépend du législateur : le règlement « euro numérique » proposé en juin 2023 reste en discussion.
CaractéristiqueStablecoin (EMT MiCA)Euro numérique (MNBC)Dépôt bancaire (monnaie commerciale)
Émetteurentreprise privée agréée (EME)Banque centrale européennebanque commerciale
Créance surl'émetteur (réserves ségréguées)la banque centrale, risque zérola banque (garantie des dépôts : en France le FGDR, 100 k€)
Infrastructureblockchains publiques, 24/7infrastructure Eurosystème, 24/7, mode hors-ligne prévusystèmes interbancaires (SEPA, TARGET)
Programmabilitéforte (smart contracts)paiements conditionnels envisagés, monnaie non programmable par principevia API bancaires (open banking)
Plafond de détentionaucun (quotas d'usage possibles pour les EMT non-euro)plafond individuel envisagé (~3 000 €, en débat) pour protéger le financement bancaireaucun
Rémunérationinterdite (MiCA)non rémunérépossible
Trois formes de monnaie numérique
🔑
Complémentaires plus que concurrents
L'euro numérique viserait le paiement de détail domestique, avec trois objectifs affichés de souveraineté, de résilience et d'inclusion. Les stablecoins trouvent leurs usages sur le transfrontalier et la programmabilité. La monnaie commerciale, c'est-à-dire le dépôt bancaire, reste le support de l'essentiel des paiements. Le scénario le plus souvent avancé à l'horizon 2030 décrit une coexistence. Les cartes et l'A2A y servent les paiements quotidiens européens, les stablecoins régulés les corridors B2B mondiaux et le settlement d'infrastructure. L'euro numérique y tient un rôle de recours souverain.

Et ailleurs dans le monde. Le même mécanisme, ailleurs.

Le régime d'agrément et de réserves d'un émetteur de stablecoin adossé à une monnaie

États-Unis

Aux États-Unis, le GENIUS Act (Public Law 119-27, promulgué le 18 juillet 2025) impose de couvrir les stablecoins émis « on an at least 1 to 1 basis » par des réserves limitativement énumérées : dollars et billets de la Réserve fédérale, dépôts à vue en banque assurée, bons du Trésor à 93 jours ou moins, pensions livrées au jour le jour et parts de fonds monétaires d'État. Un émetteur agréé par un État dont l'encours consolidé dépasse 10 milliards de dollars doit basculer sous supervision fédérale dans les 360 jours ou cesser d'émettre.

GENIUS Act, Public Law 119-27, https://www.govinfo.gov/content/pkg/PLAW-119publ27/html/PLAW-119publ27.htm

Hong Kong

À Hong Kong, la Stablecoins Ordinance (Cap. 656) est entrée en vigueur le 1er août 2025 : émettre un stablecoin adossé à une monnaie fiat y est une activité réglementée soumise à licence de la HKMA. Le titulaire doit maintenir en permanence un capital social libéré d'au moins 25 millions de dollars de Hong Kong et des actifs de réserve de haute qualité, très liquides et à risque d'investissement minimal, ségrégués par type de stablecoin émis.

Hong Kong Monetary Authority, Guideline on Supervision of Licensed Stablecoin Issuers, §2.3.1 et §5.1.1, https://www.hkma.gov.hk/eng/key-functions/international-financial-centre/stablecoin-issuers/

Singapour

À Singapour, le cadre finalisé par MAS en août 2023 ne couvre que les single-currency stablecoins arrimés au dollar de Singapour ou à une devise du G10 et émis à Singapour. Les actifs de réserve y sont encadrés en composition, valorisation, conservation et audit, et l'émetteur doit maintenir un capital de base et des actifs liquides minimaux permettant une liquidation ordonnée de son activité.

Monetary Authority of Singapore, https://www.mas.gov.sg/news/media-releases/2023/mas-finalises-stablecoin-regulatory-framework

Japon

Au Japon, le cadre des stablecoins découle de l'amendement de 2022 à la Payment Services Act, entré en application en juin 2023. La FSA les définit comme des jetons émis à un prix lié à la valeur d'une monnaie fiat et remboursables au prix d'émission, et les traite comme des « electronic payment instruments » distincts des cryptoactifs, les intermédiaires qui les manipulent relevant d'un statut dédié d'Electronic Payment Instruments Service Provider.

Financial Services Agency, Discussion Paper – Examination of the Regulatory Systems Related to Cryptoassets, avril 2025, https://www.fsa.go.jp/en/news/2025/20250410_2/01.pdf

Le délai de remboursement au pair d'un stablecoin

Hong Kong

À Hong Kong, la HKMA exige que toute demande de remboursement valide soit honorée « as soon as practicable », sans frais déraisonnable ni condition indûment contraignante, et, sauf accord écrit préalable de l'autorité, traitée dans un jour ouvré suivant le jour de sa réception.

Hong Kong Monetary Authority, Guideline on Supervision of Licensed Stablecoin Issuers, §3.3.3, https://www.hkma.gov.hk/eng/key-functions/international-financial-centre/stablecoin-issuers/

Singapour

À Singapour, MAS impose à l'émetteur d'un single-currency stablecoin de restituer la valeur au pair au porteur dans les cinq jours ouvrés suivant sa demande de remboursement.

Monetary Authority of Singapore, https://www.mas.gov.sg/news/media-releases/2023/mas-finalises-stablecoin-regulatory-framework

États-Unis

Aux États-Unis, le GENIUS Act ne fixe aucun délai chiffré : il oblige l'émetteur à rendre publique sa politique de remboursement, laquelle doit établir des procédures « clear and conspicuous » de remboursement en temps utile. Toute limitation discrétionnaire de ces remboursements ne peut être imposée que par le régulateur compétent, régulateur d'État, FDIC, OCC ou Réserve fédérale.

GENIUS Act, Public Law 119-27, §4(a)(1)(B), https://www.govinfo.gov/content/pkg/PLAW-119publ27/html/PLAW-119publ27.htm

L'interdiction de rémunérer la détention d'un stablecoin

États-Unis

Aux États-Unis, le GENIUS Act interdit à tout émetteur agréé, américain ou étranger, de verser au porteur « any form of interest or yield (whether in cash, tokens, or other consideration) » au seul titre de la détention, de l'usage ou de la conservation du stablecoin. La question de savoir si l'interdiction couvre aussi les plateformes d'échange qui en assurent la garde reste débattue au Congrès.

GENIUS Act, Public Law 119-27, https://www.govinfo.gov/content/pkg/PLAW-119publ27/html/PLAW-119publ27.htm ; Congressional Research Service, IF13174 « The Stablecoin Yield Debate »

Hong Kong

À Hong Kong, la HKMA pose la même règle sous le titre « Non-interest bearing » : un titulaire de licence ne doit verser, ni permettre que soit versé, aucun intérêt ni incitation assimilable à un intérêt aux porteurs de ses stablecoins. Les revenus tirés de la gestion des réserves, intérêts compris, restent acquis à l'émetteur.

Hong Kong Monetary Authority, Guideline on Supervision of Licensed Stablecoin Issuers, §2.6, https://www.hkma.gov.hk/eng/key-functions/international-financial-centre/stablecoin-issuers/