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🇯🇵 Les paiements au Japon et en Corée

Zengin et son format à enregistrements fixes, JCB, CAFIS et un interchange à 2,88 %, Suica et FeliCa, la guerre du QR gagnée par PayPay, le konbini, KFTC et l'Open Banking coréen, les VAN, et une carte de crédit devenue obligation légale d'acceptation

Deux marchés que tout oppose

Le Japon et la Corée du Sud forment deux marchés de paiement séparés, sans monnaie commune, sans régulateur commun et sans infrastructure partagée. Ce sont les deux économies les plus avancées d'Asie de l'Est, et les deux marchés de paiement les plus opposés du continent, leurs systèmes d'encaissement s'étant construits selon des logiques inverses. La Corée a industrialisé la carte de crédit au point d'en faire une obligation légale d'acceptation et un instrument de politique fiscale. Le Japon a passé trente ans avec un taux de paiement scriptural faible pour un pays de ce niveau de richesse. Il n'a basculé qu'à partir de 2018, sous l'effet d'une subvention publique et d'une guerre de cashback privée. Les deux marchés se rejoignent sur un point qui commande l'entrée d'un acteur étranger. Les rails domestiques y sont fermés, anciens, et rien ne permet de les contourner. L'encaissement local n'y est accessible par aucun contrat d'acquisition international pris isolément.

58,0 %
taux de paiement sans espèces au Japon en 2025, soit 162 700 Md JPY, contre 52,8 % en 2024 sur le même indicateur
METI, « 2025年のキャッシュレス決済比率を算出しました », 31 mars 2026
82,7 %
part de la carte de crédit dans le paiement scriptural japonais 2025 (134 600 Md JPY sur 162 700)
METI, 31 mars 2026
3 600 Md KRW / jour
usage quotidien moyen des cartes de paiement en Corée en 2025 (+4,7 % sur un an)
Banque de Corée, « 2025년중 국내 지급결제동향 », 30 mars 2026
79,5 %
part de la carte de crédit (후불형) dans l'usage des cartes de paiement coréennes en 2025, à 2 900 Md KRW par jour
Banque de Corée, 30 mars 2026
⚠️
Attention au chiffre japonais du « cashless » : le METI a changé d'indicateur
Jusqu'à l'exercice 2024, le METI publiait un indicateur de comparaison internationale, dont provient le « 42,8 % » de 2024 encore largement cité. Depuis la publication du 31 mars 2026, il calcule en parallèle un indicateur national au périmètre plus large, qui donne 58,0 % pour 2025 et 52,8 % pour 2024 recalculé. Les deux séries sont valides et portent sur des périmètres distincts. L'objectif public de 65 % en 2030, assorti d'une cible longue de 80 %, est exprimé sur le nouvel indicateur. Le rapprochement d'un « 42,8 % » et d'un « 58 % » met en regard deux mesures construites différemment, et l'écart obtenu ne décrit aucune progression du marché.
JaponCorée du Sud
Banque centrale / régulateurBanque du Japon (BoJ) ; FSA pour l'agrément, METI pour la politique cashless et le 割賦販売法Banque de Corée (BOK) ; FSC pour la réglementation, FSS pour le contrôle
Rail de virement de détailZengin System (Zengin-Net, 1973), 24/7 depuis 2018KFTC, 전자금융공동망 / 타행환 (1989), quasi instantané depuis l'origine
RTGSBOJ-NET (1988), Banque du JaponBOK-Wire+ (1994), Banque de Corée
Scheme carte domestiqueJCB (1961), scheme international d'origine japonaise ; J-Debit résiduelBC Card (1982) + neuf sociétés de cartes émettrices ; pas de scheme international domestique
Commutation carteCAFIS (NTT Data, 1984) et CARDNET (1995), deux switches concurrentsCouche VAN privée (Nice, KIS, KICC, Smartro) entre terminal et émetteur
Commission commerçantLibre, avec un interchange publié et élevé (jusqu'à 2,88 % en catégorie générale, Visa)Plafonnée par la loi (여신전문금융업법), révisée périodiquement par la FSC
Refus du paiement cartePossible : nombre d'établissements restent en espèces uniquementInterdit : le commerçant affilié ne peut refuser la carte ni imposer un montant minimum
Sans contact dominantFeliCa (NFC-F), avec Suica, iD et QUICPay, coexistant avec EMV contactlessEMV contactless, après une longue domination du MST de Samsung Pay et de la piste magnétique
Portefeuille de référencePayPay (SoftBank / LY Corporation)Kakao Pay, Naver Pay, Toss, Samsung Pay
Japon et Corée : ce qui change pour celui qui doit encaisser

Les deux marchés diffèrent par la nature du coût que représente leur ouverture. Au Japon, la carte est le moyen de paiement dominant mais l'acceptation est fragmentée entre deux switches, deux rails NFC propriétaires, une dizaine de monnaies électroniques et quatre portefeuilles QR. Le coût d'intégration y est donc un coût de couverture. En Corée, l'acceptation est unifiée mais la couche d'intermédiation est obligatoire, avec un VAN en proximité, un PG en ligne et une réglementation qui fixe le prix. Le coût d'intégration coréen est un coût de conformité et de contractualisation locale.

Le Japon interbancaire : Zengin, BOJ-NET et le reste

Le Zengin System (全銀システム) assure la compensation des virements de détail au Japon. Mis en service en 1973, il créditait le bénéficiaire en quasi temps réel quarante ans avant la diffusion de l'expression instant payment. Il est exploité par le Japanese Banks' Payment Clearing Network, Zengin-Net (全国銀行資金決済ネットワーク), agréé au titre du Payment Services Act depuis septembre 2010. Le système traite environ 6,5 millions d'opérations par jour pour près de 12 000 Md JPY (Zengin-Net, page officielle « Clearing of Funds », consultée en 2026). Deux évolutions l'ont ensuite étendu, l'une dans le temps, l'autre dans la liste de ses adhérents. Le Zengin More Time System, ouvert en 2018, l'a rendu disponible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. L'ouverture progressive aux établissements de paiement non bancaires (資金移動業者) est engagée à partir de 2022, et la première adhésion effective a été approuvée par communiqué du 17 octobre 2024.

SystèmeNom officielExploitantDepuisRôle
Zengin System全銀システムZengin-Net (全国銀行資金決済ネットワーク)1973Virement de détail quasi temps réel, 24/7 depuis 2018, avec ~6,5 M opérations et ~12 000 Md JPY par jour
BOJ-NET日銀ネット (BOJ-NET Funds Transfer System)Banque du Japon1988RTGS du yen, actif de règlement final de tous les autres systèmes ; refonte « Next-Generation RTGS » 2008-2011
FXYCS外国為替円決済制度Tokyo Bankers Association, opéré sur BOJ-NET1980Jambe yen des opérations de change et paiements transfrontaliers, avec ~17 000 Md JPY par jour ouvré en 2018 (Banque du Japon)
Cotraことら送金Cotra Inc. (株式会社ことら)2022P2P interbancaire ≤ 100 000 JPY, gratuit, adressage par téléphone ou e-mail, sur une ligne dédiée petits montants du Zengin System
Densai Netでんさいネット (全銀電子債権ネットワーク)Zengin Electronic Monetary Claims Network Co., Ltd. (JBA)2013Créances électroniques 電子記録債権 en remplacement des effets papier, avec 50 090 Md JPY de demandes et 569 854 entreprises enregistrées (densai.net, 2025)
電子交換所Electronic Clearing HouseJapanese Bankers Association2022Compensation nationale des effets et chèques par image, arrêt annoncé pour avril 2027 (Nikkei, 2025)
統合ATMスイッチング統合ATMスイッチングサービスNTT Data2004Interconnexion des réseaux de distributeurs des fédérations bancaires ; porte aussi la vérification du compte bénéficiaire avant virement depuis 2005
Les infrastructures interbancaires japonaises et leur exploitant
🔑
Le seuil des 100 millions de yens
Un virement d'un montant supérieur ou égal à 100 millions de yens ne se compense pas dans Zengin. Il est routé vers BOJ-NET. Le règlement y est brut et en temps réel, sur les comptes que les banques tiennent à la Banque du Japon. La bascule change les conditions d'exécution de l'opération, puisque le calendrier, la fenêtre horaire et le coût du règlement brut ne sont pas ceux de la compensation de détail. Les schémas de trésorerie et les flux B2B japonais distinguent donc les deux régimes de part et d'autre du seuil.

Trois chantiers documentés par des communiqués de Zengin-Net engagent les années à venir. Le premier est l'annonce du calendrier de mise en service du système de nouvelle génération (« 次期全銀システムの稼動予定時期について », 17 octobre 2024). Le deuxième est la mise en production d'une passerelle d'API (« APIゲートウェイの稼動について », 25 novembre 2025). Le troisième est la fermeture programmée du 電子交換所 en avril 2027, terme de la disparition complète des effets et chèques papier au Japon. Cette dernière échéance clôt un mouvement dont l'étape précédente est déjà franchie. Les 179 chambres de compensation locales (手形交換所), en service depuis 1879, ont cessé leurs opérations le 2 novembre 2022, et la compensation a basculé sur le 電子交換所 le 4 novembre 2022. Le 電子交換所 fermant à son tour, les entreprises dont les règlements B2B reposent encore sur des effets papier disposent d'une date limite ferme pour leur migration.

⚠️
Le précédent d'octobre 2023 : un rail national peut s'arrêter
Du 10 au 12 octobre 2023, un dysfonctionnement du dispositif de relais du Zengin System a interrompu les virements de plusieurs banques membres. L'incident a donné lieu à une série de communiqués officiels (« 全国銀行データ通信システムの不具合について », suites 2 à 4, puis avis de rétablissement) et à un accord de place sur l'indemnisation des clients publié le 18 octobre 2023. Zengin-Net a annoncé avoir reçu de la FSA des injonctions de rapport (報告徴求命令) les 13 octobre et 18 décembre 2023. L'épisode a montré qu'un flux de masse acheminé par le seul virement Zengin reste interrompu pendant toute la durée d'une panne du système. La continuité d'exploitation d'un donneur d'ordre japonais suppose donc un second canal de règlement.

Le format Zengin : 120 octets, du katakana, et pas de nom en clair

Le format Zengin (全銀フォーマット) régit l'échange de fichiers de virements et de prélèvements entre une entreprise et sa banque au Japon. Il repose sur des enregistrements de longueur fixe de 120 octets, hérités de l'époque des bandes magnétiques, et ne comporte aucune version XML native. Quatre types d'enregistrements le structurent, identifiés par leur premier caractère : 1 en-tête (ヘッダーレコード), 2 données (データレコード), 8 totalisation (トレーラーレコード), 9 fin de fichier (エンドレコード). Un dispositif distinct porte les informations de rapprochement. ZEDI (全銀EDIシステム), mis en service en décembre 2018, attache au virement une charge utile XML qui transporte notamment le numéro de facture et la référence de commande.

Structure d'un enregistrement de données du format Zengin (schéma)
Enregistrement HEADER (120 octets)
  1        code enregistrement            "1"
  21       code de type d'operation       ex. virement de masse (総合振込)
  0        code de support                0 = transmission en ligne
  ......   code donneur d'ordre           numero attribue par la banque
  ......   nom du donneur d'ordre         KATAKANA DEMI-CHASSE (半角カナ), 40 car.
  MMJJ     date d'execution demandee
  ....     code banque (4) + code agence (3) du compte a debiter
  .        type de compte                 1 = ordinaire (普通), 2 = courant (当座)
  .......  numero de compte               7 chiffres, cadre a droite, zeros a gauche

Enregistrement DATA (120 octets), un par beneficiaire
  2        code enregistrement            "2"
  ....     code banque beneficiaire       4 chiffres
  ......   nom de banque en katakana      15 car. demi-chasse
  ...      code agence beneficiaire       3 chiffres
  ......   nom d'agence en katakana       15 car. demi-chasse
  .        type de compte                 1 = 普通, 2 = 当座
  .......  numero de compte beneficiaire  7 chiffres
  ......   NOM DU BENEFICIAIRE            30 car. KATAKANA DEMI-CHASSE uniquement
  ......   montant                        10 chiffres, YEN ENTIER, pas de decimale
  ......   code client / reference libre

Enregistrement TRAILER "8" : nombre total d'enregistrements + montant total
Enregistrement END     "9" : fin de fichier
⚠️
Les quatre pièges qui font échouer une intégration japonaise
1. Le nom du bénéficiaire s'écrit en katakana demi-chasse (半角カナ), jamais en kanji ni en alphabet latin. La raison sociale d'une entreprise fait donc l'objet d'une transcription, qui doit correspondre à celle enregistrée par la banque. 2. Le yen n'a pas de sous-unité, et tout montant s'exprime en unités entières. Un moteur de paiement qui applique une exponentielle à deux décimales produit des montants cent fois trop faibles. 3. Les codes banque, sur 4 chiffres, et agence, sur 3 chiffres, sont attribués et ne se déduisent d'aucune règle de calcul. Ils changent à chaque fusion bancaire. 4. Le fichier est historiquement encodé en Shift-JIS, et non en UTF-8. Un caractère mal converti décale tout l'enregistrement, la longueur étant fixée en octets.

Deux mécanismes complètent le dispositif et n'ont pas d'équivalent direct ailleurs. Le premier est la vérification du nom du bénéficiaire avant virement, portée depuis 2005 par le 統合ATMスイッチングサービス de NTT Data, puis étendue en 2014 à un traitement par lots destiné aux fichiers de paie. Le contrôle compare le nom saisi par le donneur d'ordre à celui que la banque du bénéficiaire détient pour le compte visé, et le Japon l'applique depuis vingt ans. Le second est le 口座振替 (prélèvement par débit de compte), rail des factures récurrentes que sont les loyers, l'énergie, les abonnements et les cartes de crédit. Il repose sur un mandat contractualisé avec la banque du débiteur, alors que le prélèvement européen repose sur un mandat détenu par le créancier.

ℹ️
Le paiement de la carte de crédit japonaise se fait par prélèvement mensuel
La carte de crédit japonaise fonctionne très majoritairement en 一回払い, formule dans laquelle le porteur règle « en une fois ». La totalité de ses achats du mois est débitée de son compte bancaire par 口座振替 à une date fixe. Le mécanisme relève du différé mensuel plutôt que du crédit revolving, aucun encours ne subsistant d'un mois sur l'autre. Deux conséquences en découlent. La carte est acceptée sans réticence par une clientèle averse au crédit, et le risque porté par l'émetteur porte sur la solvabilité du porteur à la date du prélèvement.

La carte au Japon : JCB, deux switches et un interchange qui surprend

JCB (Japan Credit Bureau), fondé en 1961, est le seul scheme carte international né en Asie de l'Est en dehors d'UnionPay. JCB Co., Ltd. revendique plus de 175 millions de porteurs et environ 71 millions de commerçants dans 195 pays et territoires (JCB, communications 2025). Son acceptation hors d'Asie repose largement sur l'alliance de réciprocité avec Discover Global Network, qui a fêté ses vingt ans en 2025. Une carte JCB présentée aux États-Unis y est en pratique acceptée sur le réseau Discover, et une carte Discover présentée au Japon l'est sur le réseau JCB. Le scheme porte aussi QUICPay, l'un des deux rails sans contact propriétaires du pays.

Les marques qu'un commerçant japonais affiche à sa caisseJCJCBVisaMastercardQUQUICPayIDiD

Une particularité d'organisation distingue le marché japonais, dans lequel la commutation carte n'a jamais été aux mains des banques. CAFIS (Credit And Finance Information System), exploité par NTT Data depuis 1984, est le réseau d'autorisation historique et dominant. Toute intégration carte au Japon le croise, les demandes d'autorisation transitant par lui entre l'accepteur et l'émetteur. Son concurrent, CARDNET (日本カードネットワーク), a été constitué le 16 mars 1995, et non dans les années 1980, contrairement à ce qu'indiquent de nombreuses sources. Cette société commune du secteur déclare au 30 juin 2025 un actionnariat qui réunit JCB, NTT Data, Mitsubishi UFJ Nicos, TIS et Sumitomo Mitsui Card. S'y ajoutent AEON Financial Service, Orient Corporation, Credit Saison, Sumitomo Mitsui Trust Club, Jaccs, UCS, Life Card et deux fédérations de commerçants. Le capital est de 480 M JPY, pour 380 salariés au 31 mars 2025. NTT Data, qui exploite CAFIS, figure donc au capital de son propre concurrent.

CatégorieTaux publiéLecture
General / Other2,28 % à 2,88 %Catégorie par défaut, selon le produit (Classic, Gold, Platinum/Commercial/Rewards, Infinite)
Non qualifié2,68 % à 3,28 %S'applique quand la transaction ne remplit pas les critères de qualification, et pénalise directement une intégration mal paramétrée
Airlines1,10 % à 1,70 %Catégorie sectorielle négociée
Utility0,60 % à 0,90 %Factures de services publics
B2B Platform Program0,50 %Programme dédié aux plateformes B2B, tous produits
Interchange domestique japonais publié par Visa pour les cartes de crédit (Visa, page « インターチェンジフィー », visa.co.jp, consultée en 2026)
🔑
Le coût d'acceptation japonais n'est pas une anomalie de facturation, c'est l'interchange
L'interchange domestique japonais n'a aucun plafond réglementaire. La catégorie générale s'établit entre 2,28-2,88 %, et la catégorie « non qualifié » monte à 3,28 %. Deux conséquences en découlent. La qualification de la transaction, qui dépend des données transmises, du mode d'entrée et du MCC, sépare deux barèmes distants d'au moins 40 points de base. L'écart de coût entre la carte et le QR domestique est de ce fait bien plus grand que sur les marchés à interchange plafonné, et il explique une partie de la vitesse d'adoption du code-barres côté commerçant.

Deux textes encadrent l'acceptation de la carte au Japon. Le 割賦販売法 (Installment Sales Act), révisé en 2018, impose aux commerçants affiliés des mesures de protection des données de carte, sous forme de non-conservation ou de conformité PCI DSS, ainsi que des mesures de prévention de l'usage frauduleux. Ce texte est à l'origine de la généralisation des terminaux à puce. La クレジットカード・セキュリティガイドライン de la 日本クレジット協会 (Japan Consumer Credit Association) fixe pour sa part le cadre opérationnel du secteur, et elle a porté l'obligation pour les commerçants en ligne de déployer EMV 3-D Secure, avec une échéance fixée à fin mars 2025. Depuis cette date, 3-D Secure conditionne l'acceptation de la carte dans le commerce en ligne japonais, et un marchand qui ne l'a pas déployé n'y encaisse pas.

Avec le J-Debit (日本デビットカードシステム), lancé en 1999 par la Japan Electronic Payment Promotion Organization (日本電子決済推進機構, JEPPO), le porteur paie en magasin directement avec sa carte de retrait bancaire. Le dispositif reste techniquement en service. Les cartes de débit de marque internationale et le QR l'ont supplanté. Ses volumes sont devenus marginaux alors que le système demeure opérationnel après vingt-cinq ans, et il continue de figurer dans les matrices d'acceptation des documentations d'intégration.

FeliCa, Suica et l'empire du prépayé

Le sans contact japonais repose sur FeliCa, technologie développée par Sony, normalisée sous JIS X 6319-4 et connue dans l'univers NFC sous le nom de NFC-F, ou type F. Ce type F est distinct des types A et B, sur lesquels fonctionnent les cartes EMV contactless. FeliCa transmet à 212 ou 424 kbit/s là où les types A et B plafonnent bien plus bas. Ce débit permet de tenir les temps de transaction exigés par les portiques du métro tokyoïte, contrainte fondatrice de tout l'écosystème. Un terminal japonais typique doit donc gérer trois familles radio, A, B et F, auxquelles s'ajoute le QR.

2001
Suica et Rakuten Edy inaugurent le prépayé FeliCa
Suica est lancée par East Japan Railway Company (JR East) pour le transport. La même année, bitWallet lance Edy (aujourd'hui Rakuten Edy, racheté par Rakuten en 2009-2010), première monnaie électronique FeliCa pensée pour le commerce.
2005
L'osaifu-keitai : le NFC dans le téléphone, dix ans avant Apple Pay
NTT Docomo lance iD et JCB lance QUICPay, deux schemes sans contact post-payés adossés à une carte de crédit. Le Japon paie avec son téléphone en 2005.
2007
Les distributeurs émettent leur propre monnaie
nanaco (Seven Card Service, groupe Seven & i) et WAON (AEON Financial Service) lancent le prépayé de retailer, accepté bien au-delà de leurs propres enseignes. La même année, PASMO (consortium des opérateurs privés de Tokyo) rejoint Suica.
2013
Interopérabilité nationale des dix cartes de transport
Accord entre JR East, JR West, JR Central, JR Kyushu, JR Hokkaido et les opérateurs privés portant Suica, PASMO, ICOCA, TOICA, SUGOCA, Kitaca, manaca, PiTaPa, nimoca et はやかけん. Une carte achetée à Fukuoka fonctionne à Sapporo. Le dispositif est intégralement FeliCa. Aucun QR n'y intervient. PiTaPa (Kansai) fait exception, seul du groupe à fonctionner en post-payé.
Mars 2025
JR East ouvre Suica aux visiteurs et annonce sa refonte
Lancement de Welcome Suica Mobile pour iPhone à destination des visiteurs (validité 180 jours, achat de e-tickets Shinkansen depuis l'automne 2025). JR East annonce dans le même temps une transformation de Suica en service de paiement élargi.
112 M
cartes Suica émises, dont 33 M de comptes Mobile Suica
JR East, 2025
~43 M
cartes PASMO émises (donnée sectorielle 2025, non recoupée sur PASMO Co., Ltd.)
sources sectorielles, 2025
~2,05 M
points d'acceptation QUICPay au Japon (source sectorielle, année non précisée, non recoupée)
sources sectorielles
6 000 Md JPY
volume de la monnaie électronique japonaise en 2025, soit 3,7 % du paiement scriptural, en recul face au code-barres
METI, 31 mars 2026
ℹ️
Le prépayé japonais recule, mais il ne disparaîtra pas
La monnaie électronique est le seul instrument japonais dont le volume baisse dans les statistiques du METI 2025, et sa part recule au profit de la carte de crédit et du QR. Deux usages continuent de la porter, qu'aucun autre instrument ne couvre. Elle reste le seul moyen accepté aux portiques de transport, où le temps de transaction est une contrainte physique. Elle porte aussi le paiement des tranches d'âge et des micro-montants que le crédit ne couvre pas. Un commerce de proximité qui cesse d'accepter Suica se prive de la clientèle qui règle avec sa carte de transport sur le trajet domicile-travail.
⚠️
FeliCa et le matériel : la question à poser avant de commander un TPE
La lecture de FeliCa dépend du matériel. La contrainte vaut côté porteur comme côté commerçant. Apple a intégré FeliCa aux iPhone destinés au marché japonais à partir de l'iPhone 7 (2016), puis à l'ensemble de la gamme mondiale avec l'iPhone 8 et le X. Côté acceptation, un terminal EMV contactless standard importé d'Europe ou des États-Unis ne lira ni Suica, ni iD, ni QUICPay, la radio de type F n'y étant pas implantée. L'acceptation de ces instruments suppose donc un lecteur homologué FeliCa, premier poste de coût matériel d'une ouverture japonaise. Le choix du terminal précède le déploiement commercial, parce qu'un parc installé en Europe ou aux États-Unis ne se réutilise pas tel quel au Japon.

PayPay, JPQR, konbini et paiement différé

La compétition entre portefeuilles de paiement par code s'est déroulée au Japon entre 2018 et 2025, et cette guerre du code-barres japonaise s'est achevée sur la domination d'un acteur. PayPay a été lancé fin 2018 par PayPay Corporation (groupe SoftBank / LY Corporation), avec une campagne de cashback d'une agressivité sans équivalent. Il revendique 70 millions d'utilisateurs enregistrés au 15 juillet 2025, soit près de 55 % de la population japonaise, et les analyses sectorielles de 2025 lui attribuent environ deux tiers du marché du paiement par code. La consolidation s'est achevée à l'intérieur du groupe. LINE Pay Japon a fermé le 30 avril 2025. Ses soldes ont été transférés vers PayPay entre le 27 janvier et le 23 avril 2025, avec des plafonds de 20 000 JPY par jour et 100 000 JPY au total. Le reliquat a été remboursé au titre du 資金決済法.

16 600 Md JPY
volume du paiement par code au Japon en 2025, contre 200 Md JPY en 2018
METI, 31 mars 2026
70 M
utilisateurs enregistrés PayPay au 15 juillet 2025
PayPay Corporation, communiqué du 15 juillet 2025
~2 000 Md JPY
cumul transféré par Cotra (ことら送金) à octobre 2025, après 1 500 Md à juin 2025
Cotra Inc., 2025
10,2 %
taux d'usage de Cotra dans la population, pour 28,7 % de notoriété
MMD Research, octobre 2025
PortefeuilleOpérateurDepuisCe qui le porteStatut
PayPayPayPay Corporation (SoftBank / LY Corporation)2018Cashback massif, puis effet de réseau ; a absorbé LINE Pay JaponProduction, incontournable
Rakuten PayRakuten Payment, Inc.2016Écosystème Rakuten et les Rakuten Points, quasi-monnaie au JaponProduction
d払いNTT Docomo2018d POINT et paiement sur facture opérateurProduction
au PAYKDDI2019au PAY Card et la néobanque au Jibun BankProduction
MerpayMerpay, Inc. (groupe Mercari)2019Solde de vente sur la marketplace C2C Mercari ; différé メルペイスマート払いProduction
Bank PayJEPPO2020Débit direct du compte, adossé au socle J-DebitProduction, adoption faible
ゆうちょPay株式会社ゆうちょ銀行 (Japan Post Bank)–Compte Japan Post BankArrêt annoncé pour décembre 2026, à retirer des matrices d'acceptation
LINE Pay (Japon)LY Corporation2014–Arrêté le 30 avril 2025 ; LINE Pay reste actif à Taïwan, entité distincte
Origami PayOrigami Inc. (racheté par Mercari)2016–Arrêté en 2020, pionnier éliminé par la guerre du cashback
7paySeven Pay Co. (Seven & i)2019–Ouvert le 1er juillet 2019, fermé le 30 septembre 2019 après compromission massive de comptes
Les portefeuilles japonais qu'un commerçant doit arbitrer

JPQR est la norme japonaise de code de paiement unifié, définie en 2019 par la Payments Japan Association (キャッシュレス推進協議会) sous impulsion du METI. Un seul code y remplace les dix codes qu'un commerçant afficherait autrement, un par prestataire accepté. Son extension internationale, JPQR Global, a été lancée le 5 juillet 2025 sur le site de l'Expo 2025 Osaka-Kansai. Elle interconnecte JPQR aux normes QR étrangères, d'abord KHQR (Cambodge), puis QRIS (Indonésie) à partir du 17 août 2025. Un touriste d'Asie du Sud-Est peut depuis lors payer au Japon avec son portefeuille domestique sans passer par une passerelle privée, ce qu'aucun dispositif n'autorisait avant JPQR Global.

🔑
Le konbini, l'infrastructure de paiement que personne ne compte comme telle
La supérette japonaise (コンビニ) est un point d'encaissement d'espèces de plein exercice. Le コンビニ収納代行 désigne le paiement en supérette d'une facture munie d'un code-barres ou d'un numéro de règlement. L'acheteur commande en ligne, puis paie en liquide à la caisse d'un 7-Eleven, FamilyMart ou Lawson. Ce mécanisme porte le paiement différé japonais. NP後払い (Net Protections, 2002), antérieur de trois ans à Klarna (2005) sur ce métier, et Paidy (2014, filiale de PayPal depuis 2021 pour 2,7 Md USD) livrent d'abord et facturent ensuite, le règlement intervenant souvent en espèces au konbini. Un parcours de commande en ligne qui n'offre pas le règlement konbini écarte donc le segment entier des acheteurs qui commandent en ligne et règlent au comptoir d'une supérette.

Deux dispositifs complètent l'ensemble. Le paiement sur facture opérateur (キャリア決済) reste un moyen de paiement à part entière pour les contenus numériques, les jeux et les abonnements, alors qu'il a quasiment disparu en Europe. Il prend la forme de d払い/ドコモ払い chez NTT Docomo, de auかんたん決済 chez KDDI et de まとめて支払い chez SoftBank. Le régime du 資金決済法 (Payment Services Act) répartit ensuite les acteurs entre plusieurs statuts d'agrément. Les émetteurs de prépayé relèvent du 前払式支払手段, et les opérateurs de transfert du 資金移動業, lui-même réparti depuis 2021 en trois catégories. La deuxième, la plus courante, est plafonnée à 1 million de yens par opération. Un portefeuille japonais n'est donc pas un compte de paiement, et le plafond attaché à son statut détermine les cas d'usage qu'il peut couvrir.

La Corée interbancaire : KFTC, BOK-Wire+ et l'Open Banking

L'infrastructure de paiement coréenne repose sur deux piliers. Le premier est un RTGS de banque centrale, BOK-Wire+ (한은금융망), exploité par la Banque de Corée depuis 1994 en modèle hybride, avec un règlement brut complété de mécanismes de compensation destinés à économiser la liquidité. Le second est un seul opérateur mutualisé pour tout le reste, le Korea Financial Telecommunications & Clearings Institute (금융결제원, KFTC), organisme sans but lucratif détenu par ses banques membres. La KFTC exploite le virement interbancaire, le réseau d'automates partagé, le giro, les prélèvements de masse et l'Open Banking. Cette concentration distingue la Corée des marchés où plusieurs chambres de compensation et plusieurs switches concurrents coexistent.

SystèmeNom officielDepuisRôle
BOK-Wire+한은금융망1994RTGS hybride, actif de règlement final de tous les systèmes KFTC, exploité par la Banque de Corée
Virement interbancaire타행환 / 전자금융공동망1989Rail de virement quasi instantané : le bénéficiaire est crédité immédiatement, les positions interbancaires étant compensées en multilatéral net puis réglées le lendemain sur BOK-Wire+
Réseau ATM mutualiséCD공동망 (Interbank Shared Network)1988Un porteur utilise n'importe quel automate du pays
Giro지로시스템1977Paiement de factures et prélèvements de masse (services publics, impôts, primes)
CMS자금관리서비스망1996Cash Management Service : prélèvements et virements de masse d'entreprise, mandat électronique, le rail des abonnements et cotisations récurrentes
Compensation des effets어음교환시스템1910Chèques et effets, largement dématérialisés par troncature d'image ; subsiste pour les effets B2B papier
Open Banking오픈뱅킹2019Guichet unique d'API : consultation de solde et initiation de virement sur les comptes de toutes les banques, ouvert dès l'origine aux fintechs
Les réseaux exploités par la KFTC et le RTGS de la Banque de Corée
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Pourquoi la Corée a réussi son open banking là où la PSD2 a produit peu
L'오픈뱅킹 coréen a été lancé en 2019 sous impulsion de la Financial Services Commission (FSC), et il est exploité par la KFTC. Il prend la forme d'un guichet technique unique, doté d'une seule API pour toutes les banques, et non d'un droit d'accès théorique que chaque fintech aurait à faire valoir banque par banque. Il applique des tarifs d'accès réglementés très bas. Toss, Kakao Pay et Naver Pay ont donc obtenu par un raccordement unique des interfaces exploitables, sans négocier établissement par établissement. L'initiation de paiement figurait dans le périmètre dès l'ouverture du dispositif, et non dans une extension ultérieure. Le point d'accès unique, le tarif administré et cette antériorité de l'initiation de paiement expliquent ensemble la place prise par les portefeuilles coréens face aux banques.

L'agenda 2026-2027 de la Banque de Corée est exposé dans son rapport annuel sur les systèmes de paiement (지급결제보고서) de l'exercice 2025, qui recense quatre chantiers. L'élargissement des horaires d'exploitation de BOK-Wire+ est intervenu le 30 mars 2026. Vient ensuite le relèvement du taux de collatéralisation du règlement net de 90 % à 100 %. L'adoption d'ISO 20022 est prévue au deuxième trimestre 2026. La construction d'un système de règlement du won offshore (역외 원화결제시스템) est annoncée pour une mise en service en 2027. Ce dernier chantier est le plus lourd de conséquences pour un acteur étranger. Le won n'est pas une devise librement négociable en dehors du pays, et le système annoncé porte précisément sur cette contrainte.

Côté monnaie numérique, la Banque de Corée a mené en juin 2025 le premier pilote en transactions réelles du 프로젝트 한강. Il portait sur des jetons de dépôt émis par des banques commerciales, et non sur une monnaie numérique de banque centrale de détail au sens strict (Banque de Corée, 지급결제보고서 2025). Le Japon avance selon un calendrier délibérément plus lent. La Banque du Japon conduit depuis avril 2023 un Pilot Program de yen numérique (デジタル円) associant le secteur privé via un CBDC Forum, après deux phases de preuve de concept menées de 2021 à 2023. Elle conditionne explicitement toute émission à un cadre législatif et à un débat public. Aucune décision d'émission n'a été prise dans l'un ou l'autre pays.

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L'effet de commerce coréen existe en électronique, à côté du système papier
Le 전자어음 est l'effet de commerce électronique coréen. Il est émis, endossé et présenté au paiement sous forme dématérialisée. Il est géré par le 한국예탁결제원 (Korea Securities Depository), désigné organisme gestionnaire du dispositif, et il forme la contrepartie coréenne du Densai Net japonais. Il coexiste avec le 어음교환시스템 de la KFTC, qui compense les chèques et les effets par troncature d'image et ne subsiste que pour les effets B2B restés sur support papier. Un inventaire des systèmes coréens qui s'arrête à ce dernier laisse donc croire à tort que la Corée en est restée à l'effet de commerce papier.

La carte de crédit reine : VAN, PG et commissions administrées

La Corée est le marché le plus intensif au monde en usage de la carte, et cette intensité procède d'une politique publique. Après la crise asiatique, l'État a encouragé le paiement par carte pour élargir l'assiette fiscale, au moyen de deux dispositifs toujours en vigueur. Le premier est une déduction de l'assiette de l'impôt sur le revenu au titre des dépenses par carte. La carte de débit et le 현금영수증, le reçu en espèces, y bénéficient d'un traitement plus favorable que la carte de crédit. Le second est l'obligation faite au commerçant affilié, au titre du 여신전문금융업법 (Specialized Credit Finance Business Act), de ne pas refuser le paiement par carte. S'y ajoutent l'interdiction d'imposer un montant minimum et celle de répercuter la commission sur le porteur.

2 900 Md KRW / jour
usage quotidien moyen de la carte de crédit en Corée en 2025 (+4,6 %), soit 79,5 % de l'usage des cartes de paiement
Banque de Corée, 30 mars 2026
1 800 vs 1 300
Md KRW par jour en présentiel (+1,8 %) contre à distance (+6,4 %) en 2025 : le distanciel croît trois fois plus vite
Banque de Corée, 30 mars 2026
51,9 %
part du paiement simplifié (간편지급) dans les paiements carte sans présentation de la carte physique en 2025
Banque de Corée, 30 mars 2026
~130 M
cartes de crédit émises en Corée (2023), pour une population d'environ 51 millions d'habitants
Statista, 2023 (donnée sectorielle non recoupée sur rapport FSS)

L'émission est concentrée entre neuf sociétés de cartes agréées (여신전문금융회사) : Shinhan, Samsung, KB Kookmin, Hyundai, Lotte, Hana, Woori, NH Nonghyup et BC. BC Card (비씨카드, 1982, groupe KT) occupe une position particulière, en tant que seul scheme et processeur carte domestique. Il émet et traite pour le compte d'une dizaine de banques dépourvues de filiale carte. Il est aussi le premier acquéreur du pays, avec une part de marché d'acquisition estimée à 42,6 % en 2023 (sources sectorielles, non recoupées sur rapport FSS). Sur le volume d'achat, Shinhan Card est donné à 24,8 % et Lotte Card à 14,3 % pour 18,7 millions de cartes en 2023 (mêmes réserves de source).

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En Corée, une carte au logo Visa ou Mastercard ne passe pas par Visa ou Mastercard
Les transactions domestiques coréennes ne transitent pas par les rails des schemes internationaux, même lorsque la carte en porte la marque. Elles sont autorisées et compensées par la société de cartes émettrice, via la couche VAN et BC Card. Le logo international ne sert qu'à l'usage hors de Corée. Un contrat d'acquisition Visa ou Mastercard souscrit à l'étranger ne donne donc pas accès aux transactions domestiques coréennes, dont le traitement suppose un contrat conclu avec un acteur local.
Chaîne d'acceptation coréenne : deux couches d'intermédiation obligatoires
Porteur
Présente sa carte en magasin, ou paie en ligne
En proximité : EMV contactless ou insertion. En ligne : paiement simplifié (간편지급) enregistré dans un portefeuille, ou saisie de carte avec authentification
Commerçant affilié (가맹점)
Ne peut pas refuser la carte
Obligation légale au titre du 여신전문금융업법 : ni refus, ni montant minimum, ni surcharge répercutée sur le porteur
VAN (proximité), Nice Information & Telecom, KIS Information, KICC, Smartro
Porte l'autorisation et la remise depuis le terminal
Couche d'intermédiation propre à la Corée, active depuis 1990 : le terminal ne parle jamais en direct à l'émetteur
PG (en ligne), KG Inicis, NHN KCP, Toss Payments, Danal
Porte le contrat marchand e-commerce
C'est le PG, et non le VAN, qui contractualise avec le marchand en ligne. Un inventaire qui ne documente que la couche VAN manque la moitié du marché
Société de cartes (여신전문금융회사)
Autorise, compense et paie le commerçant
Neuf émetteurs, dont BC Card qui traite pour le compte de banques tierces. La commission commerçant est plafonnée par la réglementation
BOK-Wire+
Règle les positions nettes
Règlement final sur les comptes tenus à la Banque de Corée ; collatéralisation du règlement net portée à 100 %
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Le prix de l'acceptation coréenne n'est pas négocié, il est fixé
La commission commerçant coréenne est plafonnée par la réglementation, avec des taux préférentiels pour les petits et moyens commerçants, réévalués périodiquement par la FSC sur la base d'un coût de référence recalculé (적격비용). Deux conséquences en découlent. Pour un marchand, le prix de l'acceptation ne se négocie pratiquement pas, et la comparaison entre prestataires porte sur les services plutôt que sur le taux. Pour un émetteur ou un acquéreur qui bâtit un modèle économique coréen, la marge d'acceptation constitue un paramètre exogène, fixé par le régulateur. Elle entre dans une projection de revenus comme une donnée d'entrée révisée périodiquement, et non comme une variable que l'acteur détermine lui-même.

Kakao Pay, Naver Pay, Toss, et ce qu'il faut faire pour encaisser

Le paiement simplifié coréen (간편지급) désigne le règlement effectué à partir d'un moyen de paiement déjà enregistré dans une application, sans nouvelle saisie des données de carte. Il est passé du statut de commodité à celui de rail principal du commerce en ligne. Il représentait en 2025 un usage quotidien moyen de 1 105,3 Md KRW, en hausse de 14,6 % sur un an. Il couvrait aussi 51,9 % de tous les paiements carte effectués sans présentation de la carte physique (Banque de Corée, 20 et 30 mars 2026). Sa répartition entre catégories d'acteurs éclaire l'équilibre du marché. Les 전자금융업자, c'est-à-dire les fintechs, pèsent 54,9 % du montant, en progression de 4,4 points, contre 23,7 % aux établissements financiers et 21,5 % aux fabricants de téléphones. Au sein du paiement carte simplifié, la Banque de Corée mesure 72,5 % pour les fintechs contre 27,5 % pour les sociétés de cartes. L'interface avec le porteur relève donc majoritairement d'acteurs non bancaires.

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Kakao Pay (카카오페이)
Kakao Pay Corp., 2014, cotée depuis novembre 2021. Adossé à KakaoTalk, la messagerie utilisée par la quasi-totalité des Coréens, il couvre le paiement en ligne, le QR hors ligne, le virement, l'assurance et l'investissement. Point de vigilance réglementaire. Une amende de 15 Md KRW a été infligée par la Financial Supervisory Service en avril 2025. Elle sanctionne le transfert des données de 40 millions d'utilisateurs à Alipay Singapore Holdings sans consentement.
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Naver Pay (네이버페이)
Naver Financial Corp., 2015. Portefeuille du premier portail et de la première place de marché coréens (Smart Store). Sa force est le checkout e-commerce et le programme de points, plus que le paiement de proximité. Un marchand qui vend en ligne en Corée arbitre d'abord Naver Pay.
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Toss (토스)
Viva Republica Inc., 2015. Parti du virement P2P gratuit, devenu super-app financière avec Toss Bank, Toss Payments (PG issu du rachat de l'activité PG de LG U+) et Toss Securities. Plus de 20 millions d'utilisateurs revendiqués en 2021. La valorisation a atteint 7,4 Md USD lors du tour de juin 2021. Le meilleur exemple mondial de fintech ayant exploité un open banking à accès bon marché.
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Samsung Pay
Samsung Electronics, 2015. Seul portefeuille à avoir démocratisé le MST (Magnetic Secure Transmission), qui émulait la piste magnétique et fonctionnait donc sur les terminaux non NFC. L'avantage était décisif dans une Corée dont le parc restait majoritairement à piste. Le MST a depuis été retiré des nouveaux modèles, ce qui a fait basculer le pays vers le NFC/EMV.
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T-money et Cashbee
T-money (Korea Smart Card Co., Ltd., 2004, actionnariat partagé entre la ville de Séoul et LG CNS) et Cashbee (exploité par 이동의즐거움, sous la marque commune 이즐) sont des monnaies électroniques prépayées issues du transport, acceptées en commerce de proximité et en taxi. Toute documentation citant Lotte Data Communication comme exploitant de Cashbee est périmée.
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Carrier billing (휴대폰 소액결제)
Danal, KG Mobilians et Galaxia Money Tree pour le compte de SKT, KT et LG U+, depuis 2000. Paiement sur facture mobile encadré par un plafond mensuel réglementaire. Reste un moyen de paiement courant pour les contenus numériques et le petit e-commerce.
ServiceUsage quotidien moyenÉvolution sur un anOpérations par jour
Paiement simplifié (간편지급)1 105,3 Md KRW+14,6 %–
Passerelle de paiement (PG)1 554,2 Md KRW+9,2 %33,64 M (−11,8 %)
Prépayé électronique (선불전자지급수단)1 305,1 Md KRW+11,0 %36,54 M (+8,0 %)
Virement simplifié (간편송금)978,5 Md KRW+7,3 %7,42 M (+2,9 %)
Les services de paiement électroniques coréens en 2025 (Banque de Corée, « 2025년중 전자지급서비스 이용현황 », 20 mars 2026)
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Ce qui casse quand on ouvre ces deux marchés
Japon. Un terminal EMV contactless standard ne lit ni Suica, ni iD, ni QUICPay, et l'acceptation de ces instruments suppose du matériel homologué FeliCa. Un fichier Zengin encodé en UTF-8, écrit en kanji ou porteur de montants à deux décimales est rejeté. Depuis l'échéance de fin mars 2025, l'acceptation de la carte en e-commerce suppose la mise en œuvre d'EMV 3-D Secure. L'interchange de la catégorie « non qualifié » monte à 3,28 %, ce qui donne à la qualification des transactions un effet direct sur le coût d'acceptation et impose de la surveiller au quotidien. Corée. L'acceptation domestique suppose un contrat local avec un PG en ligne ou un VAN en proximité, le contrat d'acquisition international ne traitant que les cartes étrangères. Les parcours d'achat exigent souvent une vérification d'identité locale adossée à un numéro de téléphone coréen, dispositif auquel un acheteur non-résident n'a pas accès. La commission commerçant est administrée, et son niveau ne relève pas de la négociation commerciale.
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Ce qu'il faut retenir pour opérer
L'ouverture de ces deux marchés passe par des acteurs établis sur place. Au Japon, la carte pèse 82,7 % du paiement scriptural, et la couverture d'un commerçant se mesure à l'ensemble qu'il accepte, soit PayPay, la carte de crédit assortie de 3-D Secure, le FeliCa et le règlement konbini. En Corée, la commission commerçant étant administrée, l'enjeu porte sur la contractualisation locale. Elle passe par un PG pour la vente en ligne, un VAN pour la proximité, et par les trois portefeuilles Kakao Pay, Naver Pay, Toss, dont dépend plus de la moitié du paiement carte à distance. Les interlocuteurs qui conditionnent un projet sont Zengin-Net, NTT Data ou la Payments Japan Association au Japon, et la KFTC, la FSC et un PG local en Corée, jamais un scheme international.