Ce que l'on encaisse en Israël
Le marché israélien répartit ses paiements entre des instruments dont les plages de montants ne se recouvrent pas. La source de référence est l'Overview of the Payments System in Israel, publié par la Banque d'Israël en août 2024. En 2022, les cartes portaient 73,5 % des transactions du pays pour 2,7 % de la valeur échangée. L'écart entre ces deux parts tient au montant unitaire. La carte sert aux achats de détail, alors que les montants élevés empruntent le chèque, le prélèvement ou le RTGS. La chaîne d'acceptation carte est donc la première que rencontre un marchand qui s'installe sur ce marché. Ses composants (switch, protocole terminal, échéancier de crédit) sont israéliens.
Le montant unitaire des paiements par carte est faible. Entre 2014 et 2022, environ 75 % des transactions par carte portaient sur moins de 200 ₪ (Banque d'Israël, 2024). La carte s'est substituée aux espèces sur ces achats de faible valeur. Cette substitution n'était pas acquise dix ans plus tôt. La bascule technique, elle, a suivi un calendrier tardif, le dernier jalon de migration EMV imposé aux marchands n'ayant été franchi qu'en juillet 2022. Plus de 99 % des terminaux étaient convertis en avril 2023, et les cartes non conformes ont cessé d'être acceptées le 31 décembre 2024.
| Instrument | Part de la valeur | Part des transactions | Ce que cela signifie pour un opérateur |
|---|---|---|---|
| Zahav (RTGS) | 57 % | 0,07 % | Le gros montant et le règlement final ; les particuliers y accèdent aussi, à faible coût |
| Virement Masav (direct credit) | 26,6 % | 10 % | Salaires, pensions, fournisseurs ; le rail de masse du crédit |
| Prélèvement Masav (direct debit) | 7,2 % | 9,9 % | Abonnements et services publics, en valeur courante |
| Chèques | 5,2 % | 2,7 % | Toujours vivant côté entreprises, souvent postdaté et escompté |
| Cartes de paiement | 2,7 % | 73,5 % | Le détail, en très petits tickets, terrain de l'acquisition |
| Retraits d'espèces | 1,3 % | 4 % | Retrait moyen de 1 242 ₪ en 2022 ; l'espèce reste tenace en montant unitaire |
Le chèque reste un instrument de montant élevé, en usage du côté des entreprises. En 2022, l'ensemble des chèques israéliens représentait environ 816 Md ₪, pour une valeur moyenne de 11 044 ₪ (Banque d'Israël, 2024). Le chèque postdaté remplit une fonction de crédit fournisseur et se transmet à l'escompte, selon le mécanisme de la traite. Sa dématérialisation progresse rapidement, 46 % des chèques ayant été déposés par application mobile en 2022, contre 6 % en 2018.
Shva : un switch, et un seul
Shva (Automated Bank Services Ltd.) est le switch national israélien, l'opérateur qui commute les transactions par carte entre les terminaux des marchands, les passerelles, les acquéreurs et les émetteurs. Il assure le règlement quotidien entre ces participants. Il exploite en parallèle le réseau de commutation des distributeurs. Aucun autre opérateur n'assure cette fonction sur le territoire israélien, alors que d'autres marchés répartissent la commutation entre plusieurs réseaux concurrents. Toute transaction par carte israélienne emprunte donc le même point de passage.
Le volume commuté se compte en milliards d'opérations. En 2022, le switch de Shva a traité 2,03 milliards de transactions débitrices pour 433,4 Md ₪, auxquelles s'ajoutent 20,6 millions de crédits et annulations (Banque d'Israël, 2024). Sur le versant automates, 44,7 millions de retraits interbancaires pour 45,6 Md ₪ ont emprunté le même opérateur la même année. La disponibilité publiée atteint 100 % en 2023, pour le système de cartes comme pour celui des distributeurs.
Shva n'est plus contrôlée par les banques qui l'utilisent. La loi Strum de 2017 a interdit aux banques le contrôle d'un opérateur de système d'interface, ainsi que la détention de 10 % d'un type de moyen de contrôle. Shva a donc été introduite en bourse. Les participations des banques sont passées sous 50 %. Le Gouverneur a annulé sa licence de société de services communs fin mai 2022 (Banque d'Israël, 2024). Un chantier parallèle sépare Shva de Masav, à la demande formulée par l'Autorité de la concurrence en octobre 2019.
Le tashlumim : la carte israélienne est un instrument de crédit
La carte dominante en Israël est la carte à débit différé. Le porteur achète pendant le mois et l'émetteur agrège les opérations. Le compte est débité en une seule fois. Sur cette base s'est construit le tashlumim, le fractionnement d'un achat en mensualités. Il est proposé par défaut à la caisse et sur presque toutes les pages de paiement israéliennes, le porteur choisissant son nombre d'échéances au moment de payer. Une offre marchande dépourvue de tashlumim se place en retrait des usages du commerce de détail israélien.
Le financement du tashlumim relève de deux montages que la Banque d'Israël distingue explicitement. Dans le premier, le crédit est à la charge du marchand, qui accorde lui-même le délai, de quelques jours à quelques mois, et en supporte le coût de trésorerie. Dans le second, le crédit est à la charge du client, à qui la société de cartes prête sur plusieurs mois, parfois au-delà d'un an, via ses programmes de crédit (Banque d'Israël, 2024). Les deux montages s'affichent au porteur de la même façon, sans produire le même effet sur le compte du commerçant.
| Type de carte | Débit du porteur | Crédit du marchand | Remarque opérationnelle |
|---|---|---|---|
| Débit différé (le standard) | Une fois par mois, échéances comprises | Aux dates convenues avec l'acquéreur | Adossée à une ligne de crédit accordée par l'émetteur ; inaccessible à qui n'en a pas |
| Débit immédiat | À l'exécution de l'opération | Sous trois jours ouvrés | Directive n° 470 (6/2015) : émetteur vers acquéreur sous deux jours ouvrés, acquéreur vers marchand sous trois |
| Prépayée | Au chargement | Sous trois jours ouvrés | Substitut d'espèces, utilisable sans compte bancaire et par des mineurs |
| Revolving | Plafond mensuel choisi, solde reporté | Aux dates convenues | Le report porte intérêt ; c'est le seul des quatre où le crédit est explicitement onéreux |
Le tashlumim produit deux effets sur la chaîne d'encaissement d'un marchand international. Le prix affiché doit pouvoir se décomposer en échéances, la passerelle transmettant leur nombre dans le message d'autorisation, tandis que le système de commande ne doit reconnaître qu'un seul encaissement. Le second effet porte sur le remboursement, l'annulation d'une vente échelonnée n'éteignant pas mécaniquement les échéances restantes chez l'émetteur. Le service client du marchand doit savoir l'expliquer au porteur. La réconciliation comptable s'effectue sur le montant total de la vente, et non sur l'échéance individuelle.
La réforme du marché des cartes
Trois sociétés émettent et acquièrent l'essentiel des cartes israéliennes, Isracard Ltd., Max IT Finance Ltd. et Israel Credit Cards Ltd. (CAL). Elles portent cinq marques. Visa, Mastercard, American Express et Diners y côtoient Isracard, marque locale (Banque d'Israël, 2024). Elles appartenaient toutes les trois à des banques. La réforme du marché des cartes a défait ce lien, société par société.
Le détachement procède de la loi du 31 janvier 2017, Increasing Competition and Reducing Concentration in the Banking Market in Israel (Legislative Amendments) Law, 5777-2017, dite loi Strum. Elle interdit aux banques dont les actifs dépassent 20 % du total bancaire israélien d'émettre des cartes ou d'acquérir des transactions. Le texte applique les conclusions d'un comité institué en juin 2015 par le ministre des Finances Moshe Kachlon et la Gouverneure Karnit Flug, et présidé par l'avocat Dror Strum, ancien Antitrust Commissioner.
La cession de CAL constitue la dernière étape de ce détachement. Le conseil de Discount Bank a approuvé le 19 septembre 2025 la vente de l'intégralité de sa participation au groupe Union Harel, pour une contrepartie totale plafonnée à 4 Md ₪. La part de Discount atteint jusqu'à 2,87 Md ₪, dont 2,69 Md ₪ fermes et environ 180 M ₪ conditionnés à la performance, et le groupe détiendra environ 72 % de CAL. First International Bank of Israel dispose d'une option pour céder sa propre participation au même acquéreur, au prorata (communiqué Discount Bank, 2025). Les approbations réglementaires conditionnent la clôture.
Le second levier de la réforme porte sur le prix. La commission croisée désigne l'interchange israélien, dont le taux est fixé par la Banque d'Israël et non négocié entre schemes. Le barème publié conduit la commission du débit différé de 0,7 % à 0,5 %, en trois étapes. Elle passe à 0,6 % au 1er janvier 2019, à 0,55 % au 1er janvier 2021 et à 0,5 % au 1er janvier 2024. Le débit immédiat, entré au barème à 0,3 %, suit une trajectoire dont le terme est fixé à 0,25 % (Banque d'Israël). L'économie annoncée pour les entreprises se comptait en centaines de millions de shekels par an.
| Transaction | Taux | Base | Lecture pour un commerçant |
|---|---|---|---|
| Débit différé | 0,7 % → 0,5 % | Trois étapes, terme au 1er janvier 2024 | Le cas général : ce taux pèse sur presque tout l'encaissement de détail |
| Débit immédiat | 0,3 % → 0,25 % | Trajectoire fixée par la Banque d'Israël | Le régulateur rend le débit immédiat structurellement moins cher que le différé |
| Écart entre les deux | 0,25 point à terme | – | Un mix orienté débit immédiat réduit le coût d'acceptation, mais le parc de cartes ne suit pas encore |
Zahav, Masav et le virement instantané
Zahav, le RTGS israélien exploité par la Banque d'Israël, porte le règlement définitif de toutes les positions du pays. Cela inclut les systèmes de Shva et de Masav, la chambre des chèques et les chambres de compensation de la bourse de Tel-Aviv. En 2022, il a réglé 1,906 million d'opérations pour 353 175 Md ₪. Le système comptait 20 participants de règlement en août 2023, pour une disponibilité de 99,905 % en 2023 (Banque d'Israël, 2024).
Zahav se distingue par l'ouverture de son accès aux particuliers et aux petites entreprises. Depuis février 2015, les règles bancaires sur les commissions plafonnent le virement jusqu'à 1 million de shekels au tarif d'une opération au guichet, soit 6 ₪. Les volumes en portent la trace, les opérations de clientèle ayant progressé d'environ 82 % entre 2018 et 2022. Un virement final et irrévocable coûte donc 6 ₪ à un client israélien, quel que soit son montant sous ce plafond.
Masav (Banks' Clearing Center) exploite l'ACH israélien, la chambre de compensation des virements et prélèvements de masse. Le système des crédits, débits et transferts a porté 5 298 Md ₪ pour 539,5 millions d'opérations en 2022, les crédits représentant environ 78 % des paiements réglés (Banque d'Israël, 2024). Salaires, pensions et prélèvements d'abonnement y circulent. Un crédit compensé chez Masav peut être rejeté par le bénéficiaire dans les trois jours ouvrés, quand un crédit passé par Zahav est immédiat et définitif. Cette différence de finalité détermine le choix du rail pour un décaissement.
Le virement instantané israélien est exploité par Masav depuis 2020, année où il a porté 1 million d'opérations pour 149 M ₪. En 2022, il portait 5,1 millions d'opérations et 13,2 Md ₪, soit environ 2 % des transactions de Masav. En 2023, il atteignait 6,7 millions d'opérations pour 25,5 Md ₪, en hausse de 31 % en nombre et de 93 % en valeur sur un an. L'émission d'un virement instantané n'est pas proposée par toutes les banques. La réception, en revanche, s'impose à toutes.
Bit, Paybox et les applications de paiement
Le paiement entre particuliers israélien s'est construit dans trois applications bancaires, Bit (Bank Hapoalim), PayBox (Israel Discount Bank) et Pay (Bank Leumi). L'Israel Competition Authority a publié en juillet 2021 l'étude de marché P2P Transfer Apps, qui établissait qu'en 2020, Bit traitait la majorité des opérations de la catégorie, en nombre comme en valeur. Sa position se renforçait. Le rapport recommandait d'envisager une interopérabilité obligatoire entre applications (Knesset, Research and Information Center, octobre 2021).
Les volumes ont fortement augmenté depuis. La valeur transitant par les portefeuilles et applications a plus que doublé en dix-huit mois, selon les données de Shva. Elle passe d'environ 2,4 Md ₪ au premier trimestre 2020 à environ 5,4 Md ₪ au troisième trimestre 2021, tandis que la part de l'ensemble des transactions monte de 2,7 % à plus de 5 %. Sur les portefeuilles au sens strict, la Banque d'Israël mesure une multiplication par plus de treize entre juillet 2021 et juillet 2023. Le volume mensuel passe de 274,6 M ₪ à 3,586 Md ₪, soit 8,71 % des transactions par carte.
Le glissement vers le paiement marchand se lit dans les chiffres. En 2020, la Banque d'Israël mesurait 13,8 Md ₪ transitant par les applications, dont 88 % entre particuliers et 8 % seulement vers des entreprises, pour une opération moyenne de 236 ₪. L'enquête d'octobre 2023 sur Bit et Paybox donne 42 % des fonds en paiements à des entreprises. Ces applications, conçues pour le transfert entre particuliers, sont donc devenues en trois ans un canal d'encaissement commerçant, dont les frais constituent le principal grief exprimé par les commerçants interrogés.
L'ouverture de ces applications procède d'une décision de l'Autorité de la concurrence, dont l'exemption de juin 2020 pose deux règles. Les cinq grandes banques ne peuvent refuser sans motif raisonnable de représenter un prestataire de services de paiement. Aucune ne peut utiliser le rail instantané pour sa propre application avant d'avoir représenté un prestataire non bancaire qui l'utilise réellement. Bit a ensuite été autorisée par la Banque d'Israël à devenir un portefeuille ouvert aux clients d'autres banques.
Licences, superviseurs et accès aux systèmes
L'architecture juridique tient sur quatre textes. La Bank of Israel Law, 5770-2010 confie à la banque centrale, en son article 4, la régulation des systèmes de paiement. La Payment Systems Law, 5768-2008 définit le système de paiement et fixe la finalité, en autorisant le Gouverneur à déclarer un système contrôlé ou contrôlé désigné. L'amendement n° 18 à la Banking (Licensing) Law, 5741-1981, adopté en août 2011, interdit d'acquérir des transactions sans licence délivrée par le Gouverneur. Le régime consommateur, lui, vient de la Payment Services Law, 5779-2019.
La Payment Services Law est entrée en vigueur le 14 octobre 2020 et a abrogé la Payment Cards Law, 5746-1986, en s'inspirant de la directive européenne tout en conservant les protections issues du droit local. Le client peut demander le gel d'un moyen de paiement pour une durée n'excédant pas deux semaines, contester une opération et obtenir un crédit conditionnel, y compris sans présence de la carte. Un ordre permanent inutilisé pendant deux ans s'annule seul. Quand plusieurs prestataires participent à une opération défaillante, leur responsabilité est solidaire. Le client peut alors s'adresser à celui de son choix.
Le second étage est arrivé avec la Regulation of Payment Services and Payment Initiation Law, 5783-2023, publiée le 6 juin 2023 et entrée en vigueur le 6 juin 2024. Elle installe le régime de licence des acteurs non bancaires, dont la supervision revient à l'Israel Securities Authority, y compris pour les acquéreurs qui ne sont pas des prestataires prudentiels. Les acquéreurs déjà licenciés par la Banque d'Israël ont eu six mois pour déposer un dossier auprès de l'ISA. Le texte crée aussi l'initiation de paiement, et un amendement à la Wage Protection Law, 5718-1958 autorise le versement d'un salaire sur un compte tenu par une société de paiement.
| Autorité | Périmètre | Textes de référence |
|---|---|---|
| Banque d'Israël, Payment and Settlement Systems Department | Surveillance des systèmes contrôlés, accès des participants, opération de Zahav | Bank of Israel Law 5770-2010 art. 4 ; Payment Systems Law 5768-2008 |
| Banque d'Israël, Banking Supervision | Licence d'acquéreur, banques, sociétés de cartes, commission croisée, directives de conduite | Banking (Licensing) Law 5741-1981 amend. 18 ; Banking (Service to Customer) Law 5741-1981 |
| Israel Securities Authority | Licences des prestataires non bancaires, initiation de paiement, service d'information financière | Regulation of Payment Services and Payment Initiation Law 5783-2023 ; Financial Information Service Law 5782-2021 |
| Capital Market, Insurance and Savings Authority | Prestataires de services sur actifs financiers, unions de dépôt et de crédit raccordées aux systèmes | Accord avec la Banque d'Israël du 28 septembre 2022 |
| Israel Competition Authority | Concentration bancaire, séparation Shva/Masav, exemptions d'entente | Loi Strum 5777-2017 ; décision d'exemption Masav de juin 2020 |
L'ouverture bancaire suit son propre canal. La Financial Information Service Law, 5782-2021, publiée le 4 novembre 2021, oblige les établissements détenant des données de clientèle à les exposer par API, à des prestataires agréés de services d'information financière. Ces prestataires relèvent de l'Israel Securities Authority. Les détenteurs de données restent sous leurs superviseurs respectifs. L'ISA a délivré ses premières licences à des sociétés de technologie financière le 28 septembre 2022. Le périmètre des données couvre soldes, commissions, intérêts, mouvements, découvert, épargne et titres.
Entrer comme acquéreur ou prestataire étranger
Les systèmes contrôlés israéliens sont ouverts aux acteurs étrangers depuis 2023. Le 28 février 2023, la Banque d'Israël en a autorisé l'accès aux titulaires d'une licence de services de paiement délivrée par un pays reconnu. Les règlements du ministre des Finances en fixent la liste, limitée au Royaume-Uni, aux pays de l'Union européenne et aux États-Unis. Le cadre repose sur l'exemption de licence prévue par la réglementation israélienne sur les services d'actifs financiers. Deux voies coexistent.
| Voie | Conditions | Ce qu'elle permet |
|---|---|---|
| Environnement de test | Remplir les conditions de l'exemption de licence | Se raccorder aux systèmes et conduire des expérimentations, sans activité réelle |
| Environnement de production | Au moins deux ans d'activité après l'obtention de la licence d'origine, et une base d'au moins 5 millions de clients, plus conditions additionnelles | Opérer réellement dans les systèmes israéliens sur la base de la licence étrangère |
| Condition commune | Approbation du Gouverneur de la Banque d'Israël | Dernière étape avant le raccordement effectif, quelle que soit la voie retenue |
Un assouplissement supplémentaire est intervenu en novembre 2023, pendant la guerre. Les acquéreurs internationaux licenciés au Royaume-Uni, dans l'Union européenne ou aux États-Unis peuvent engager leur raccordement à l'environnement de test du système de cartes de Shva. Ils le font avant toute activité d'acquisition, et même avant de déposer une demande de licence israélienne. L'objectif affiché était de raccourcir le délai d'entrée. Le raccordement technique et l'instruction du dossier de licence peuvent donc se dérouler en parallèle.
Côté domestique, l'acquisition s'est ouverte en parallèle. Tranzila avait obtenu une licence de règlement en 2017, Cardcom en 2018, avant que la supervision bancaire n'institue une procédure simplifiée, aux exigences de capital nettement réduites. Des licences permanentes d'acquéreur ont été délivrées en 2023 et 2024 à CardCom Settlements Ltd. et Tranzila Ltd.. Une licence temporaire est allée à Upay Finance Ltd. (Banque d'Israël, 2024), et le passage de relais vers l'ISA, en juin 2024, s'est appliqué à ces licenciés.
- Prestataires non bancaires raccordés ou en cours. « Grow » de Meshulam Payment Solutions Ltd., Global Remit Currency Services Ltd., A.T.M.S Matrix Ltd., Neema Shefa Ltd., Rewire ASG (groupe Remitly), GMT Tech Innovation Ltd., V-Check Ltd., Revolut Ltd. et 019 Payment Services Ltd. (Banque d'Israël, 2024).
- Nouvelles banques. Esh Bank a reçu une licence temporaire en décembre 2022 et s'est raccordée à Zahav en novembre 2023 ; Ofek, union de dépôt et de crédit, poursuit son raccordement sous la supervision de la Capital Market Authority.
- Clubs de fidélité en boucle fermée. Depuis le 19 juin 2022, ces acteurs peuvent se raccorder directement au système de cartes de Shva et encaisser sur les terminaux existants, au lieu de déployer leur propre infrastructure.
- Transfert de fonds des travailleurs étrangers. Un segment à part, servi par la Banque postale, les changeurs agréés et des sociétés dédiées ; l'amendement à la Wage Protection Law y ouvre le versement de salaire sur compte de paiement.
Les chantiers ouverts : chèque numérique et shekel numérique
Deux projets structurent l'agenda israélien des paiements pour la décennie en cours. Le premier vise le chèque, dont le volume reste élevé et le traitement coûteux, et pour lequel la Banque d'Israël développe un ordre de débit numérique, présenté comme le remplaçant du chèque papier. Ce nouvel instrument conserve les propriétés économiques du chèque : postdatable, endossable, escomptable. Le coût du support papier se mesure dans les rejets. En 2022, 2,27 millions de chèques ont été retournés, les rejets pour motif technique atteignant 32,1 Md ₪, soit 4,3 % des chèques compensés, et 81 % des retours tenant au support papier lui-même.
L'intérêt économique de cet instrument se répartit entre les deux parties. Un ordre de débit postdaté conserve, pour le client, un crédit sans intérêt qui ne s'impute pas sur sa ligne de crédit. Pour le fournisseur, il préserve l'endossement et l'escompte, deux mécanismes de financement massivement utilisés en Israël, tandis que le rejet pour signature manquante ou date mal écrite disparaît. Sur les chèques postdatés, la Banque d'Israël relève que 99 % sont encaissés à la date portée.
Le second chantier est le shekel numérique. La Banque d'Israël a publié le 3 mars 2025 le Preliminary Design for the Digital Shekel System, ouvert aux commentaires du public jusqu'au 15 mai 2025. Le modèle est à deux niveaux, la banque centrale émettant tandis que des DS-PSP, prestataires de services de paiement en shekel numérique, connectent les utilisateurs finaux. À leurs côtés opèrent des institutions de financement et des prestataires de services additionnels. Les DS-PSP ne détiennent pas les fonds des clients, ce qui justifie une régulation allégée et ouvre le rôle à des acteurs non bancaires.
Un troisième chantier conditionne les deux autres. La migration ISO 20022 des messages de Zahav a démarré en mars 2023 et s'est achevée en juillet 2025, avant l'échéance SWIFT de novembre 2025. Depuis cette échéance, les participants SWIFT sont tenus d'émettre au nouveau format, alors que SWIFT dispense les RTGS de cette bascule. La Banque d'Israël l'a engagée quand même, pour aligner sa place sur les standards que ses correspondants adoptent. Masav et ses participants avaient reçu, dès mars 2021, l'instruction d'adopter ISO 20022 dans son intégralité. L'échéance porte donc aussi sur le format émis par l'établissement étranger lui-même, et pas seulement sur celui de sa contrepartie israélienne.