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🇿🇦 Les paiements en Afrique du Sud

PayShap et son décollage tardif, SAMOS et la compensation PayInc, le debit order et son détournement, l'interchange fixé par la banque centrale, un cash qui coûte 90 milliards de rands par an, et une inclusion à 96 % qui ne se traduit pas en usage

Le cadre : une banque centrale qui exploite autant qu'elle régule

La South African Reserve Bank (SARB) est la banque centrale sud-africaine. Elle édicte les règles du système de paiement, exploite le RTGS domestique, opère le RTGS régional pour seize pays et détient depuis 2025 la moitié de la chambre de compensation de détail. Peu de banques centrales cumulent ces quatre fonctions. Un opérateur qui cherche l'autorité compétente sur une question d'encaissement sud-africaine rencontre donc toujours la même institution, qu'il s'agisse d'obtenir un agrément, d'accéder au règlement ou de contester une règle de compensation.

Le fondement légal du système national de paiement tient dans deux lois. Le South African Reserve Bank Act 90 of 1989, en son article 10(1)(c)(i), charge la banque centrale d'établir et de conduire des systèmes de compensation et de règlement. Le National Payment System Act 78 of 1998 a été publié au Government Gazette 19402 du 28 octobre 1998. Il confie à la banque centrale la gestion, l'administration, la régulation et la supervision du système national de paiement, désigné par le sigle NPS (SARB, NPS Vision 2030+ Consultation Paper, février 2026). Ces deux textes fondent à eux seuls la compétence de la SARB en matière de paiement, et toute exigence sud-africaine dans ce domaine s'y rattache.

RailExploitantDepuisCe qu'il porte
SAMOS (South African Multiple Option Settlement)South African Reserve Bank–Le RTGS domestique. Tout se dénoue là, en monnaie de banque centrale : le gros montant en temps réel, et les positions nettes que les chambres de compensation lui présentent
PayInc (ex-BankservAfrica)SARB (50 %) / banques commerciales (50 %)1972La compensation de détail : EFT crédit et débit, cartes, RTC, PayShap, DebiCheck. Désignée National Payments Utility par la SARB
RTC (Real-Time Clearing)PayInc2006Le crédit quasi immédiat historique. Resté cher, donc de fait réservé aux montants élevés
PayShapPayInc2023Le virement instantané en ISO 20022, avec adressage par alias (ShapID). Le rail de détail sur lequel tout le pays parie
DebiCheck et Registered MandatePayInc, sous les règles de la Payments Association of South AfricaRM depuis le 12 mai 2025Le prélèvement à mandat authentifié, et son flux de repli à mandat enregistré
SADC-RTGS (ex-SIRESS)South African Reserve Bank2013Le règlement brut régional, libellé en rand, pour seize États d'Afrique australe
TCIB (Transactions Cleared on an Immediate Basis)PayInc2021Le pendant « détail instantané » du SADC-RTGS : crédit push transfrontalier de faible montant
Les rails sud-africains et leurs exploitants
🔑
BankservAfrica s'appelle PayInc, et la banque centrale en détient la moitié
PayInc est la chambre de compensation de détail sud-africaine, fondée en 1972 et renommée PayInc en août 2025. Elle est devenue à cette occasion une coentreprise à parts égales entre la SARB (50 %) et les banques commerciales (50 %). La Competition Commission a autorisé l'opération en 2025. Le programme de modernisation de la SARB la désigne comme National Payments Utility, responsable de la compensation quotidienne et propriétaire-gestionnaire des schemes (SARB, Payments Ecosystem Modernisation, Industry Dialogue, 2026). Toute documentation antérieure à ce renommage la désigne sous son nom précédent, BankservAfrica. L'identification de l'opérateur cité dans un document sud-africain suppose donc d'en connaître la date de publication.
153,7 Tn ZAR
réglés dans SAMOS en 2024, contre 150,1 Tn ZAR en 2023
SARB, National Payment System Regulatory and Oversight Report, 2024/25
16,0 M
opérations réglées dans SAMOS en 2024, contre 13,9 M en 2023
SARB, National Payment System Regulatory and Oversight Report, 2024/25
88 % / 12 %
partage de la valeur SAMOS entre gros montant temps réel et obligations de détail présentées par les chambres
SARB, National Payment System Regulatory and Oversight Report, 2024/25

L'autorégulation forme le troisième niveau du dispositif, aux côtés de la loi et de la banque centrale. Ce niveau est en cours de démantèlement. La Payments Association of South Africa (PASA), reconnue payment system management body (PSMB) par la SARB, édicte les règles des chambres de compensation, admet les participants et prononce les sanctions. Le futur NPS Bill supprime le modèle PSMB. La SARB a constitué un PSMB Transitional Committee chargé de répartir les fonctions de la PASA. Elles reviendront à la banque centrale elle-même, aux opérateurs de chambres, à un organisme professionnel et à d'autres structures (SARB, National Payment System Regulatory and Oversight Report, 2024/25). Un contrat qui désigne nommément la PASA comme autorité de règles ne pointera donc plus nécessairement vers le bon interlocuteur une fois ces fonctions transférées.

PayShap : trois ans de plat, puis la bascule

PayShap est le système de virement instantané sud-africain, lancé en mars 2023, fondé sur la norme ISO 20022 et opéré par PayInc. Son adressage repose sur le ShapID, un alias construit à partir du numéro de téléphone et de la banque du bénéficiaire, de la forme 072xxxxxxx@banque. Le numéro de compte reste accepté comme identifiant. Les fonds parviennent au bénéficiaire en quelques secondes, à toute heure du jour et de la nuit.

L'adoption est restée faible pendant trois ans, pour une raison tarifaire. Les banques ont facturé chaque opération PayShap, alors que l'EFT était gratuit et que les espèces restaient omniprésentes. Un rail instantané payant se trouvait donc en concurrence avec deux moyens de paiement sans coût apparent pour l'utilisateur. La SARB a inscrit la sous-adoption du fast payment system parmi les problèmes que son programme de modernisation doit traiter (SARB, Payments Ecosystem Modernisation, 2026). Les volumes ont changé d'ordre de grandeur au cours des cinq premiers mois de 2026.

905 M
transactions PayShap cumulées à fin mai 2026, contre 461 M à fin décembre 2025
ClearingPost / PayInc, 2026
≈ 89 M/mois
cadence sur les cinq premiers mois de 2026, contre ≈ 14 M/mois sur les 33 mois précédents
ClearingPost / PayInc, 2026 (calcul sur les cumuls publiés)
403 Md ZAR
de valeur cumulée à fin décembre 2025, pour un ticket moyen d'environ 874 ZAR
ClearingPost / PayInc, 2026
6 M
utilisateurs enregistrés, pour 12 banques participantes
ClearingPost / PayInc, 2026
Mars 2023
Lancement
PayShap ouvre avec les grandes banques. Plafond initial de 3 000 ZAR par opération, pensé pour le petit montant.
Mars 2024
PayShap Request et lutte anti-fraude
Le Request-to-Pay arrive. Le bénéficiaire sollicite le paiement, le payeur valide dans son application. Un système d'intelligence fraude est lancé la même année (SARB, NPS Regulatory and Oversight Report, 2024/25).
Août 2024
Le plafond passe à 50 000 ZAR
Le relèvement du plafond interbancaire fait sortir PayShap du seul cas d'usage P2P (BankservAfrica, 2024 ; Absa, page PayShap, 2026).
Mars 2025
Dix banques, 251 millions d'opérations
La SARB recense 4,6 millions de ShapID, plus de 200 millions de paiements et plus de 175 Md ZAR réglés depuis l'origine, et estime le volume cumulé à 251 millions d'opérations à fin mars 2025. Dix banques participent, quatre autres sont attendues dans l'année.
Juin 2026
Le milliard d'opérations
PayShap franchit le milliard de transactions cumulées et dépasse les 60 millions par mois (PayInc, juin 2026).
2026
Pivot marchand
Après trois ans centrés sur le P2P, l'opérateur réoriente formellement PayShap vers le paiement marchand et le commerce en ligne, en reconnaissant que la tarification et l'ergonomie bancaire ont freiné l'adoption (PayInc, 2026).
⚠️
La tarification varie d'une banque à l'autre, et c'est le sujet
Le scheme PayShap ne fixe aucun tarif. Chaque banque détermine librement ce qu'elle facture à son client pour une opération. GoTyme Bank ne facture rien, quel que soit le montant, quand les autres grandes banques facturent entre 1 et 10 ZAR par opération. Discovery Bank applique jusqu'à 0,5 % du montant, plafonné à 35 ZAR, tandis que Standard Bank a ramené sa tarification à 2 ZAR forfaitaires jusqu'au plafond de 3 000 ZAR (TechCabal, juillet 2026 ; TechCentral, 2026). Le coût d'un paiement marchand dépend donc de la banque de l'acheteur, et non de celle du commerçant. Deux clients réglant le même panier chez le même commerçant peuvent ainsi payer l'un zéro et l'autre plusieurs rands. Le commerçant ne peut ni afficher ce coût dans son parcours ni l'uniformiser, de sorte que sa conversion dépend d'un paramètre qu'il ne fixe pas.
Un encaissement marchand par PayShap Request
Marchand
Émet une demande de paiement
Via son PSP : montant, référence, et le ShapID ou le compte du payeur
PayInc
Route la demande vers la banque du payeur
Résolution de l'alias, message ISO 20022, contrôles de scheme
Payeur
Valide dans son application bancaire
Il voit le bénéficiaire et le montant. Il accepte ou refuse, et le refus est une issue normale, à traiter côté marchand
Banque du payeur
Débite et envoie le crédit push
Vérification de provision, contrôles anti-fraude, puis émission irrévocable
Banque du bénéficiaire
Crédite en quelques secondes
Les fonds sont disponibles immédiatement ; le règlement interbancaire suit dans SAMOS
ℹ️
Un crédit push ne se rappelle pas
PayShap fonctionne comme un push irrévocable, sans mécanisme de rétrofacturation équivalent à celui de la carte. Un remboursement suppose une opération inverse, émise à l'initiative du bénéficiaire des fonds. Une victime d'ingénierie sociale qui a validé elle-même le paiement dans son application ne dispose d'aucun recours par le rail. L'opération est régulière du point de vue du système. La prévention intervient avant la validation, par la clarté du libellé bénéficiaire affiché au payeur et par les contrôles anti-fraude de la banque émettrice.

RTC et EFT : la pile de crédit que PayShap n'a pas remplacée

Trois rails de crédit coexistent en Afrique du Sud. PayShap s'est ajouté aux deux systèmes préexistants sans en supprimer aucun. L'EFT crédit est le virement de masse historique, compensé par lots, bon marché et lent. Le RTC offre le crédit quasi immédiat depuis 2006, mais son prix l'a cantonné aux montants élevés, tandis que PayShap occupe le petit montant instantané. L'EFT crédit reste de très loin le premier porteur de valeur des trois.

1,13 Md
opérations d'EFT crédit en 2024, contre 406,9 millions en 2010
SARB, National Payment System Regulatory and Oversight Report, 2024/25
≈ 12,9 Tn ZAR
de valeur EFT crédit à mars 2025, contre 4,82 Tn ZAR en 2010
SARB, National Payment System Regulatory and Oversight Report, 2024/25
90 %
des valeurs de détail portées par l'EFT crédit en 2022
SARB, Digital Payments Roadmap, avril 2024 (données PAYIR)
6,4 Md
opérations de détail en 2022, contre 5,4 Md en 2021 (hors retraits d'espèces)
SARB, Digital Payments Roadmap, avril 2024 (données PAYIR)
CritèreEFT créditRTCPayShap
VitesseCompensation par lots, crédit différéQuasi immédiatQuelques secondes, 24 h/24
Coût pour le donneur d'ordreLe plus basÉlevé, son handicap historiqueDe gratuit à 10 ZAR selon la banque du payeur
Montant typiqueSalaires, fournisseurs, gros volumesMontants élevés, urgencePetit montant ; plafond interbancaire de 50 000 ZAR
AdressageNuméro de compte et code de brancheNuméro de compteShapID (alias) ou numéro de compte
Norme de messageFormats historiques par lotsFormats historiquesISO 20022
Usage marchandRare en encaissement, courant en décaissementMarginalCible déclarée depuis 2026
Choisir son rail de crédit en Afrique du Sud

Le chèque a été retiré du système de paiement sud-africain avec effet au 31 décembre 2020. La décision a été prise conjointement par la SARB, la Financial Sector Conduct Authority, la PASA et la Banking Association South Africa (SARB, Digital Payments Roadmap, avril 2024). Les motifs invoqués tiennent aux délais de traitement, à la fraude, au coût, à l'acceptation restreinte et à l'usage déclinant. L'Afrique du Sud a ainsi supprimé un instrument que plusieurs marchés développés conservent encore en circulation.

⚠️
Instant EFT : un contournement, pas un rail
L'« instant EFT » désigne un encaissement en ligne dans lequel le client est redirigé vers sa banque en ligne et y émet lui-même le virement. Le prestataire constate ensuite ce virement. Une large part de l'e-commerce sud-africain fonctionne sur ce principe. Ozow en est l'acteur le plus connu, avec plus de 6 millions d'utilisateurs enregistrés (Ozow, 2026). Son statut réglementaire est celui de System Operator et de Third Party Payment Provider enregistré auprès de la PASA. Ozow n'est donc ni une banque ni un scheme. Certaines de ces solutions reposaient sur la collecte des identifiants de banque en ligne du payeur, le screen scraping, que la SARB encadre depuis la Directive 2 of 2024.

Le debit order, son détournement, et la réponse DebiCheck

Le debit order est le prélèvement sud-africain, par lequel un créancier demande à la banque du payeur de débiter son compte. Il porte les assurances, le crédit à la consommation, les abonnements et les frais scolaires. Il a aussi porté, pendant des années, une industrie de la collecte abusive. Le mandat n'était alors enregistré nulle part auprès de la banque du payeur. Celle-ci ne disposait d'aucune référence pour vérifier qu'une collecte présentée correspondait à un engagement réel. Un collecteur pouvait présenter les montants et les fréquences de son choix, sans avoir à produire de mandat opposable.

Une course à l'heure de présentation s'est greffée sur ce dispositif. Les early debit orders étaient présentés avant tous les autres flux, dès le jour de paie, pour capter le solde en premier. Le nombre de contestations a fortement augmenté. Les banques remboursaient, les collecteurs représentaient la collecte au cycle suivant, et le payeur cessait de maîtriser l'ordre dans lequel son compte était débité. DebiCheck a été introduit en réponse, le payeur authentifiant le mandat auprès de sa propre banque au moment de la signature du contrat. En l'absence de mandat authentifié, le payeur conserve la faculté de contester la collecte. Le créancier ne peut alors opposer la preuve d'un accord.

Le cycle d'un mandat DebiCheck
Créancier
Initie le mandat
Montant maximal, fréquence, date de première collecte, référence contractuelle
PayInc
Route la demande d'authentification
Vers la banque du payeur, qui la présente dans son canal (application, USSD, carte au TPE)
Payeur
Authentifie ou laisse expirer
L'absence de réponse est le point de fuite du dispositif : 38 % des mandats n'aboutissaient pas en 2024
Banque du payeur
Enregistre le mandat
Les collectes ultérieures sont comparées au mandat enregistré : montant, fréquence, créancier
Créancier
Collecte dans la fenêtre du matin
Une collecte conforme au mandat authentifié est difficilement contestable, et c'est tout l'intérêt du flux
58,8 M
mandats DebiCheck initiés en 2024 (43,6 M en 2022, 52,4 M en 2023)
SARB, National Payment System Regulatory and Oversight Report, 2024/25
62 %
taux d'authentification moyen des mandats DebiCheck en 2024 (59 % en 2022, 60 % en 2023)
SARB, National Payment System Regulatory and Oversight Report, 2024/25
200,1 M
collectes DebiCheck et RMS traitées en 2024, contre 167,8 M en 2022
SARB, National Payment System Regulatory and Oversight Report, 2024/25
79 %
taux de réussite des collectes, stable de 2022 à 2024
SARB, National Payment System Regulatory and Oversight Report, 2024/25
⚠️
62 % d'authentification : le chiffre qui décide du modèle
Le taux technique de DebiCheck est de 98 %, quand le taux d'authentification est de 62 % (SARB, 2024/25). L'écart entre les deux provient de l'absence de réponse du payeur à la demande d'authentification, et non d'un défaut de traitement des messages. Près de quatre mandats sur dix n'aboutissent donc pas du premier coup. Un facturier qui bâtit son acquisition sur DebiCheck intègre cette perte à ses prévisions, organise une relance par un autre canal et suit le taux d'authentification canal par canal. Le secteur travaille à faire remonter ce chiffre, qui progresse de deux points par an.
FluxMandatFenêtre de traitementRisque pour le créancier
DebiCheckAuthentifié par le payeur auprès de sa banquePremière fenêtre du matinLe plus faible : la collecte est comparée au mandat enregistré
Registered Mandate (RM)Enregistré, non authentifié par le payeurLe soirIntermédiaire : le mandat existe en base, sans confirmation active du payeur
EFT débit historiqueAucun enregistrement bancaireFin de soiréeLe plus élevé : la banque doit rembourser sans examiner la validité du mandat
Les trois flux de prélèvement, et pourquoi l'ordre de passage compte

Le Registered Mandate Service (RMS) était un dispositif de transition, ouvert aux créanciers dont les payeurs n'avaient pas répondu à la demande DebiCheck. Ses initiations ont reculé de 5 % en 2024, à 9,5 millions, précisément parce que DebiCheck s'authentifie mieux (SARB, 2024/25). Le Registered Mandate (RM) l'a remplacé le 12 mai 2025, comme système de paiement autonome, avec passage de la fenêtre du matin à une fenêtre du soir. Le remplacement n'emporte aucune reprise automatique : un mandat signé sous l'ancien service ne migre pas de lui-même vers le nouveau.

ℹ️
La retenue sur salaire est le prochain front réglementaire
La retenue sur salaire consiste à prélever la créance sur la paie du débiteur, hors du système de paiement. Certains créanciers y recourent quand le debit order échoue. La SARB a publié en juillet 2024 un projet de directive encadrant ces payroll deductions. Le texte énonce quelles retenues sont admissibles, et selon quelles instructions de paiement. Le comité de pilotage réunit la SARB, le National Treasury, le Department of Employment and Labour, le dtic, le National Credit Regulator, le DPSA et la FSCA (SARB, NPS Regulatory and Oversight Report, 2024/25). L'objectif annoncé est d'empêcher l'exploitation des salariés par des collectes logées dans la paie.

Les cartes : le rail dominant, et son coût déterminé par la banque centrale

L'Afrique du Sud est le premier marché africain de la carte. Les achats par carte y représentaient 65 % des volumes de paiement de détail en 2022 (SARB, Digital Payments Roadmap, avril 2024). Aucun scheme domestique n'existe, Visa et Mastercard émettant et acquérant la quasi-totalité du parc. L'accès à ce marché est réservé aux acteurs agréés localement, la Directive 1 of 2020 interdisant l'émission et l'acquisition de cartes domestiques par des émetteurs et acquéreurs étrangers non agréés en droit sud-africain.

L'interchange sud-africain est déterminé par la banque centrale elle-même, au terme de l'Interchange Determination Project ouvert en 2011. Ce mode de fixation diffère du modèle européen. Les schemes y arrêtent les taux, et un règlement les plafonne ensuite. La phase carte a abouti en 2014, sur une méthodologie de coûts, et a substitué douze taux aux trois taux alors en vigueur. Ces taux s'appliquent depuis le 1er janvier 2015 (SARB, Interchange Determination Project, Phase 2, card results, 2014).

Type d'opérationDébitCrédit
Carte présente, conforme EMV0,44 %1,48 %
Vente à distance, conforme 3-D Secure0,43 % à 0,53 %1,57 % à 1,89 %
Retrait d'espèces au point de vente (cash-back at POS)1,11 ZAR par opération–
Interchange déterminé par la SARB, applicable au 1er janvier 2015
0,36 % à 2,45 %
fourchette d'interchange carte selon le type d'opération et de carte
SARB, Digital Payments Roadmap, avril 2024
1,5 % à 3,5 %
commission de traitement carte facturée au commerçant
SARB, Digital Payments Roadmap, avril 2024
8 %
des micro, petites et moyennes entreprises équipées d'un terminal (*speed point*)
FinScope South Africa MSME Survey 2020, cité par la SARB, 2024
0,2 %
des consommateurs ayant payé par QR code en 2022
FinScope, cité par la SARB, Digital Payments Roadmap, avril 2024
⚠️
Le coût d'acceptation est ce qui bloque l'acceptation
La SARB écrit que les commissions élevées dissuadent les petits commerçants d'accepter le paiement numérique, parce qu'elles pèsent directement sur leur marge (Digital Payments Roadmap, avril 2024). Le taux d'équipement donne la mesure du marché : plus de 90 % des commerçants n'ont pas de terminal. La carte domine ainsi la valeur des paiements de détail dans un pays où l'acceptation physique reste un attribut du commerce formel. Le pivot marchand de PayShap et le futur QR interopérable visent à étendre l'acceptation au-delà de ce périmètre.
📱
Deux QR marchands, aucune interopérabilité
SnapScan (FireID Payments, adossé à Standard Bank) revendique plus de 60 000 marchands, Zapper (Wonderwill Ltd) 31 000 entreprises clientes (chiffres opérateurs, 2026). Ce sont deux boucles fermées concurrentes. L'acceptation dépend de l'application, pas d'une norme nationale. L'industrie travaille à un standard QR interopérable, la SARB l'a acté dans son Roadmap.
🛡️
La fraude s'est déplacée en ligne
Les pertes liées à la carte ont progressé de 26,2 % en 2024, à 1,466 Md ZAR, alors que la criminalité financière globale reculait de 18 % à 2,7 Md ZAR. La vente à distance concentre 85,6 % des pertes brutes sur les cartes de crédit émises en Afrique du Sud (SABRIC, Annual Crime Statistics 2024, publié le 28 août 2025).
🏪
L'acquisition est disputée
Le marché de l'acceptation se partage entre banques acquéreuses et prestataires spécialisés. Yoco, Peach Payments, PayFast et Ozow figurent parmi les noms qu'un marchand rencontrera. La bataille se joue sur le petit commerce, précisément là où le taux d'équipement est le plus bas.
🧾
Un BNPL déjà mûr et déjà encadré
PayJustNow (Weaver Fintech), Payflex (2017), MoreTyme (GoTyme Bank) et Mobicred coexistent. La qualification juridique appelle un examen. Chez PayJustNow, un « Pay in 12 » avec intérêts cohabite avec le trois fois sans frais, et les deux ne relèvent pas du même régime au regard du National Credit Act.

Les espèces : massives, coûteuses, et désormais assumées

Les espèces structurent l'économie réelle d'une large part de la population sud-africaine, y compris celle qui reçoit son revenu par voie électronique. La SARB emploie dans son Roadmap la formule cash remains king. Le mécanisme documenté est celui d'un compte de transit. L'argent y arrive, puis en sort immédiatement.

48 %
des adultes retirent la totalité de leur argent dès son versement sur le compte
FinScope 2022, cité par la SARB, Digital Payments Roadmap, avril 2024
34 %
des adultes bancarisés sont des « boîtes aux lettres » : le compte ne sert qu'au retrait
FinScope 2022, cité par la SARB, Digital Payments Roadmap, avril 2024
97 % / 74 %
des MSME encaissent en espèces / paient leurs salariés en espèces
FinScope South Africa MSME Survey 2020, cité par la SARB, 2024
≈ 90 Md ZAR
coût annuel des espèces pour l'économie sud-africaine
SARB, Cost of Cash Study, novembre 2025

Le coût annuel des espèces se répartit presque à parts égales entre deux catégories. Les coûts directs (frais de retrait et de dépôt) pèsent environ 43,5 Md ZAR, soit 49 %. Les coûts indirects atteignent environ 46,1 Md ZAR. Ils recouvrent le temps de trajet et d'attente, la criminalité et les pertes, le coût d'opportunité et la répercussion par les commerçants (SARB, Cost of Cash Study, novembre 2025). Ces coûts frappent d'abord les ménages à bas revenus. L'usage des espèces a donc un prix pour l'utilisateur. Ce prix prend la forme de temps passé, de risque de vol et de marchandises renchéries, plutôt que d'une ligne sur un relevé de compte.

🔑
La SARB a changé de doctrine en juin 2026
Dans sa position paper « Towards a Cash Smart Society » de juin 2026, la SARB décrit le cash comme une composante durable d'une économie de paiement hybride, à gérer activement plutôt qu'à laisser décliner. La banque centrale abandonne ainsi l'objectif de substitution qui orientait ses documents antérieurs. Le plan repose sur une utilité nationale du cash, détenue conjointement par les banques, les distributeurs et d'autres parties. S'y ajoutent un cadre pour les DAB en marque blanche, le cash-back en caisse, et des obligations de service universel destinées à éviter les déserts d'espèces. Une stratégie d'encaissement conçue pour l'Afrique du Sud intègre donc les espèces pour la décennie qui vient, au lieu d'en planifier la disparition.

Une évolution de sens contraire ressort des statistiques de retrait. Les opérations au distributeur sont tombées de 509,4 millions en 2023 à 289,4 millions en 2024 (SARB, NPS Regulatory and Oversight Report, 2024/25). La banque centrale y lit un basculement vers le numérique. Le parc de distributeurs se rationalise aussi, ce qui explique la place donnée aux DAB en marque blanche dans la stratégie Cash Smart. La baisse porte sur le nombre d'opérations et non sur le besoin d'espèces. Un même montant peut être obtenu en un retrait plutôt qu'en plusieurs, à mesure que les points d'accès se raréfient.

ℹ️
M-Pesa a échoué en Afrique du Sud, faute d'une population sans compte
Vodacom a lancé M-Pesa en Afrique du Sud en 2010 et fermé le service en juin 2016, avec environ 76 000 utilisateurs actifs pour un objectif initial de 10 millions (Vodacom, 2016). Le modèle kényan s'adressait à une population dépourvue de compte, à laquelle le portefeuille télécom apportait un premier moyen de conserver et de transférer de la valeur. La population sud-africaine disposait déjà d'un compte dans sa grande majorité. L'offre n'y apportait donc ni un accès nouveau ni un réseau d'acceptation plus large que celui de la carte. Un projet qui transpose à l'Afrique du Sud les hypothèses d'adoption observées en Afrique de l'Est se heurte à cette différence de point de départ.

Inclusion : 96 % de comptes, 19 % d'usage hebdomadaire

L'inclusion formelle désigne la détention d'au moins un produit financier réglementé, en assurance, en paiement, en épargne ou en crédit. La population sud-africaine formellement incluse est passée de 91 % en 2021 à 96 % en 2022, et la population bancarisée de 81 % à 82 % (FinScope, cité par la SARB, avril 2024). Peu de pays émergents atteignent ce niveau. Ces taux mesurent toutefois la détention d'un produit et non son emploi. Les deux grandeurs divergent fortement en Afrique du Sud.

96 %
d'adultes formellement inclus (assurance, paiement, épargne, crédit)
FinScope 2022, cité par la SARB, Digital Payments Roadmap, avril 2024
82 %
d'adultes disposant d'au moins un compte bancaire
FinScope 2022, cité par la SARB, Digital Payments Roadmap, avril 2024
> 70 %
des bancarisés n'utilisent leur compte qu'une fois par mois au plus
FinScope, cité par la SARB, Digital Payments Roadmap, avril 2024
19 %
des bancarisés utilisent leur compte chaque semaine
FinScope, cité par la SARB, Digital Payments Roadmap, avril 2024
MotifPart des répondantsCe que cela implique pour un émetteur
Pas assez d'argent50 %Aucune offre de paiement ne corrige un problème de revenu
Préférence pour les espèces28 %Le levier est l'acceptation chez le commerçant, pas la pédagogie
Compte ou carte trop cher6 %La tarification au retrait et au débit est un frein documenté
Évitement des prélèvements et ordres permanents6 %Le passif du debit order abusif pèse encore sur la confiance
Défiance envers la banque2 %Marginal, contrairement à une idée répandue
Non-acceptation par les commerçants0,1 %Déclaré comme négligeable ; le frein perçu est le coût, pas le réseau
Pourquoi les comptes ne servent pas, motifs déclarés

Les prestations sociales occupent une place importante dans les flux de paiement de détail. Le système de grants sud-africain touche plus de 11 millions de personnes et bénéficie à plus de 40 % des ménages. À fin décembre 2021, la South African Social Security Agency (SASSA) recensait 11 550 605 bénéficiaires. 63 % (7 285 934) étaient payés via la South African Post Office, 37 % (environ 4 264 671) sur un compte bancaire commercial (SASSA, Annual Performance Plan 2022-23, cité par la SARB). Le jour de versement des grants concentre le pic de retrait du mois. Cette concentration se retrouve dans l'ensemble des flux de détail.

ℹ️
La banque de détail sud-africaine s'est faite par le bas
Capitec dépasse 24 millions de clients actifs (février 2025), en diffusant le compte et la carte à bas coût auprès des ménages modestes. GoTyme Bank, ex-TymeBank, banque numérique agréée (FSP 49140, NCRCP 10774), a prolongé cette approche avec son BNPL MoreTyme, distribué chez plus de 3 000 enseignes partenaires (GoTyme Bank, 2026). L'inclusion sud-africaine s'est construite sur le compte de dépôt et la carte, portés par des banques de détail à bas coût. Elle diffère par là du modèle est-africain, dans lequel le portefeuille adossé à un opérateur télécom a tenu ce rôle.

Le paiement numérique suppose un accès aux données mobiles, dont le prix constitue une contrainte matérielle en Afrique du Sud. En 2022, un gigaoctet coûtait jusqu'à 85 ZAR en Afrique du Sud, contre 1,53 USD en Afrique du Nord et 2,24 USD en Europe occidentale (SARB, Digital Payments Roadmap, avril 2024). La Competition Commission avait déjà établi, dans son Data Services Market Inquiry du 2 décembre 2019, que le mégaoctet coûtait inexplicablement plus cher aux pauvres qu'aux riches. Une application de paiement dont l'usage consomme le forfait data devient inutilisable dès que ce forfait est épuisé. Une partie de la population qu'elle vise s'en trouve écartée.

Le régional : le rand comme monnaie de règlement de l'Afrique australe

Le SADC-RTGS, ex-SIRESS, est le système de règlement brut de l'Afrique australe, exploité par la SARB sur mandat du Committee of Central Bank Governors de la SADC, depuis 2013. Il a réglé en rand, et uniquement en rand, jusqu'à l'entrée du kwanza angolais le 27 juillet 2026. Seize États y participent : Afrique du Sud, Angola, Botswana, Comores, RDC, Eswatini, Lesotho, Madagascar, Malawi, Maurice, Mozambique, Namibie, Seychelles, Tanzanie, Zambie, Zimbabwe (SARB, page SADC-RTGS, 2026). Le rand reste donc la monnaie de règlement de fait du gros montant en Afrique australe. Ce règlement en rand s'impose même aux opérations dont aucune des deux contreparties n'est sud-africaine.

  • 88 participants raccordés au SADC-RTGS au 31 mars 2025, dont 9 sud-africains et 14 zimbabwéens (SARB, NPS Regulatory and Oversight Report, 2024/25).
  • Octobre 2024 : migration des flux de la Common Monetary Area (Afrique du Sud, Eswatini, Lesotho, Namibie) vers le SADC-RTGS. L'exercice avril 2024 – mars 2025 est le meilleur de l'histoire du système.
  • TCIB (Transactions Cleared on an Immediate Basis), opéré par PayInc depuis 2021, en est le pendant de détail : crédit push transfrontalier de faible montant, compensé immédiatement, réglé en différé.
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Le transfrontalier de faible montant dans la CMA a été cassé, puis réparé
Les petits virements entre l'Afrique du Sud et ses voisins de la CMA passaient historiquement par le système de détail domestique. Ce montage ne permettait plus aux banques de se conformer à la recommandation 16 du GAFI, qui porte sur les informations accompagnant les virements. L'arrangement a été démantelé. Les banques ont basculé en urgence sur le SADC-RTGS, un rail de gros montant. La SARB a documenté les conséquences de ce report, qui sont un allongement des délais et un renchérissement pour les clients. En mars 2025, la banque centrale a finalisé une directive imposant de régulariser ces flux via TCIB, le système conçu pour eux (SARB, NPS Regulatory and Oversight Report, 2024/25).

Des amendements à la recommandation 16 du GAFI ont été soumis à consultation en février 2025, avec des échanges de place en mars 2025. Une fois adoptés, ils imposeront de réviser la Directive 1 of 2022, qui transpose ces exigences dans le système national de paiement. Les corridors reliant l'Afrique du Sud au Zimbabwe, au Malawi et au Mozambique sont donc exposés à une évolution prochaine des obligations d'identification. Les flux informels y sont massifs, et TCIB a pour objet de les faire entrer dans le circuit formel.

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Khokha n'est pas une monnaie numérique de détail
Le projet Khokha, ouvert en 2018 avec l'Intergovernmental Fintech Working Group, est un programme de recherche sur une MNBC de gros, autour de la tokenisation de titres et du règlement interbancaire sur registre distribué. La SARB a également participé à des travaux transfrontaliers de type mBridge. Aucun rand numérique de détail n'est décidé. Les travaux menés sous ce nom relèvent de l'expérimentation entre institutions financières, et ne portent sur aucun instrument accessible à un consommateur ou à un commerçant.

Opérer en Afrique du Sud : le calendrier réglementaire et les réflexes

L'Afrique du Sud a engagé sa plus lourde refonte de paiement depuis 1998. Trois chantiers y avancent en parallèle. Le NPS Bill réécrit la loi, tandis que le programme PEM (Payments Ecosystem Modernisation) exécute la modernisation technique et institutionnelle et que Vision 2030+ prépare le cycle stratégique suivant. Leurs calendriers se chevauchent, de sorte qu'un projet lancé aujourd'hui verra successivement changer le cadre légal, l'infrastructure de compensation et les priorités de place.

2018
Vision 2025
La SARB publie le National Payment System Framework and Strategy: Vision 2025, qui fixe neuf objectifs de place, 26 stratégies et un plan d'action de 106 actions. Tout ce qui suit en découle.
18 avril 2024
Digital Payments Roadmap
Un plan de 17 actions contre les obstacles à l'adoption du paiement numérique : littératie, connectivité, énergie, coût d'acceptation, infrastructure d'acquisition.
17 mai 2024
Directive cybersécurité
Publiée au Government Gazette n° 50665, entrée en vigueur le 17 août 2024. Elle impose aux institutions de paiement et aux infrastructures de marché un dispositif de cyber-résilience.
15 novembre 2024
Directive 2 of 2024, screen scraping
Government Gazette n° 51556. Les sociétés qui collectent les identifiants de banque en ligne pour émettre un virement au nom du payeur doivent s'enregistrer auprès de la SARB. Mesure intérimaire, en attendant un cadre d'open banking.
Mars 2025
Trois consultations et un projet de loi
Ateliers de place sur le NPS Bill, consultation sur l'interopérabilité (11 mars), consultation sur le cloud et l'hébergement hors frontières, et publication de l'exemption au Banks Act 94 of 1990 ouvrant l'accès direct aux non-banques.
Août 2025
BankservAfrica devient PayInc
Renommage, et entrée de la SARB au capital à hauteur de 50 %. L'opérateur est désigné National Payments Utility.
Février 2026
Consultation Vision 2030+
La SARB soumet à consultation un objectif chapeau, « inclusive growth and development », et douze tendances d'écosystème. Atelier le 9 mars 2026, réponses attendues au 31 mars 2026.
Juin 2026
Towards a Cash Smart Society
La banque centrale assume le maintien du cash et engage la création d'une utilité nationale des espèces.

L'accès direct au système de paiement était jusqu'ici réservé aux établissements titulaires d'une licence bancaire. Le NPS Bill, porté par le National Treasury avec l'appui de la SARB, doit l'ouvrir aux non-banques. En attendant sa promulgation, la banque centrale a préparé une exemption au Banks Act 94 of 1990. Elle sort certaines activités de paiement de la définition du business of a bank, sous un cadre de régulation et de surveillance dédié. L'exemption et son cadre ont été soumis à consultation en mars 2025 (SARB, NPS Regulatory and Oversight Report, 2024/25). Cette exemption ouvre donc, avant l'entrée en vigueur de la loi, la voie d'accès direct la plus rapide pour un prestataire non bancaire.

🔑
Ce que PEM vise, et ce qu'il change pour les prestataires
Le programme PEM poursuit trois objectifs mesurés, qui sont de contribuer à l'inclusion par l'adoption de paiements numériques abordables, d'établir une utilité nationale efficace et d'élargir la participation aux non-banques. Trois cibles illustratives à 2030 sont publiées. La première est un déplacement progressif du cash vers le numérique. La deuxième est l'accès de 100 % de la population active à au moins deux canaux numériques. La troisième est une parité tarifaire où le coût pour le participant ne dépasse pas le coût réel du service (SARB, PEM, Industry Dialogue, 2026 ; cibles présentées comme illustratives). La SARB reconnaît elle-même ne pas contrôler tous les leviers. La réalisation de ces cibles dépend des décisions d'investissement et de tarification prises par les banques et les prestataires.
  • Qualifier son statut avant tout : banque, System Operator, Third Party Payment Provider, ou bénéficiaire de l'exemption Banks Act. C'est ce statut qui détermine l'accès aux chambres, pas la technologie employée.
  • Ne jamais collecter sur l'EFT débit historique. Le remboursement y est de droit, sans examen du mandat. Migrer vers DebiCheck, ou à défaut vers le Registered Mandate.
  • Budgéter 38 % d'échec d'authentification sur les mandats DebiCheck, et instrumenter le taux par canal.
  • Exiger la décomposition de la commission : interchange déterminé par la SARB, frais de scheme, marge acquéreur. Les fourchettes publiques vont de 0,36 % à 2,45 % d'interchange et de 1,5 % à 3,5 % de commission totale.
  • Prévoir le cash dans le parcours, en encaissement comme en remboursement. Près d'un adulte sur deux vide son compte dès le versement.
  • Traiter PayShap comme un rail marchand émergent, pas comme un acquis : le coût perçu dépend de la banque du payeur, et le crédit push ne se rétrofacture pas.
  • Suivre le NPS Bill et la transition PSMB : la PASA n'est pas destinée à rester l'interlocuteur de règles.