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Encaisser au Japon et en Corée. 7 chapitres et un QCM final.
Le manuel opérationnel de la marque étrangère qui veut être payée à Tokyo et à Séoul. Trancher la route d'encaissement avant de choisir un prestataire, auditer un interchange japonais publié, brancher PayPay sur le bon canal, câbler le konbini et le paiement différé, spécifier un terminal qui lit FeliCa, calculer une commission coréenne administrée, et fiabiliser un fichier Zengin qui part en katakana demi-chasse.
Trancher la route d'encaissement japonaise et coréenne avant tout choix de prestataire, et savoir ce que chaque route interdit
Auditer un coût d'acceptation japonais à partir des taux d'interchange publiés, et chiffrer la perte due à une transaction non qualifiée
Câbler PayPay, le konbini et le paiement différé sur le bon canal, avec les bons délais et le bon porteur de risque
Spécifier un terminal de proximité qui lit FeliCa au Japon et parle à un VAN en Corée
Chapitre 1. Trancher la route d'encaissement.
Le prestataire ne se choisit pas en premier, car deux décisions le précèdent. La première désigne l'entité qui facturera l'acheteur japonais ou coréen. La seconde arrête les moyens de paiement que cette entité doit porter. Ces deux décisions éliminent la moitié des prestataires avant le premier rendez-vous, et une marque étrangère se heurte alors à une asymétrie que rien ne compense. Au Japon, la carte s'ouvre depuis l'étranger et le reste demande un partenaire local, alors qu'en Corée aucune transaction domestique ne se traite sans contrat sur place.
L'ordre dans lequel les décisions se prennent
Question 1
Vendez-vous en ligne, en magasin, ou les deux ?
Le magasin impose du matériel homologué au Japon et un contrat VAN en Corée. Aucun de ces deux chantiers ne se traite depuis un tableau de bord de PSP international.
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Question 2
Facturez-vous depuis une entité locale ?
Sans entité japonaise, PayPay, le règlement konbini et le paiement différé se contractent difficilement en direct. Sans entité coréenne, la question à poser au PG est celle du contractant éligible, avant celle du taux.
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Question 3
Vos acheteurs sont-ils résidents ou visiteurs ?
Une clientèle de visiteurs se sert des cartes internationales et des passerelles QR. Une clientèle résidente attend PayPay et le konbini au Japon, Naver Pay et Kakao Pay en Corée.
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Question 4
Quelle devise voulez-vous recevoir ?
Le yen se règle sans difficulté hors du Japon. Le won ne se négocie pas librement hors de Corée : le reversement transfrontalier se cadre avec le prestataire dès la négociation.
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Décision
Figer la route, puis démarcher
Chaque route a son marché de prestataires. Un acquéreur excellent sur la carte japonaise peut être incapable de porter le konbini, et un PG coréen peut refuser un contractant sans entité locale.
Route
Ce qu'elle couvre au Japon
Ce qu'elle couvre en Corée
Ce qu'elle ne couvre pas
PSP international, sans entité locale
Cartes Visa, Mastercard, JCB en e-commerce, avec EMV 3-D Secure
Cartes étrangères présentées sur votre site ; aucune transaction domestique
PayPay en direct, konbini, paiement différé, FeliCa en magasin, cartes coréennes domestiques
Entité locale + prestataires domestiques
Toute la matrice : carte, PayPay, konbini, différé, monnaies électroniques FeliCa
Contrat PG en ligne, contrat VAN en proximité, portefeuilles 간편지급
Rien de bloquant côté paiement ; le délai de constitution et les obligations locales deviennent le sujet
Place de marché locale
Encaissement porté par la plateforme, reversement net de commission
Encaissement porté par la plateforme, souvent adossé à Naver Pay
La relation client, la donnée de paiement, la maîtrise du taux et le tokenisé réutilisable
Trois routes d'encaissement, et ce que chacune laisse hors de portée
Le vocabulaire coréen se retient d'emblée. Un marchand en ligne n'est pas le commerçant affilié de la société de cartes, mais le sous-commerçant (하위가맹점) de son PG, qui porte lui-même l'affiliation, et cette position n'est pas un détail juridique. La Financial Services Commission recense 1,938 million de sous-commerçants de PG sur 2,082 millions, soit 93,1 %, et leur applique le même barème de commission qu'aux commerçants directs (FSC, communiqué du 12 février 2026). Votre taux dépend donc de votre chiffre d'affaires coréen, pas de votre pouvoir de négociation.
⚠️
Un contrat d'acquisition international ne produit aucune transaction domestique coréenne
Une carte coréenne portant le logo Visa ou Mastercard n'emprunte pas les rails de ces réseaux pour un achat en Corée. L'autorisation part vers la société de cartes émettrice, par la couche VAN en proximité ou par le PG en ligne, le logo international ne servant qu'aux achats faits hors de Corée. Un acquéreur étranger qui promet de traiter du domestique coréen sur son contrat existant décrit un marché qui n'existe pas. La vérification consiste à demander le nom du PG ou du VAN qui portera l'affiliation.
Qui est le contractant éligible chez ce prestataire : société locale, succursale, ou entité étrangère acceptée sous conditions
Quel volet du parcours il porte réellement : autorisation, remise, reversement, litiges, remboursement partiel
Quels moyens de paiement figurent au contrat, et lesquels demandent une souscription séparée chez un tiers
Quel délai de reversement et quelle devise de règlement, avec le mode de conversion appliqué
Quelle portabilité des jetons de carte et des mandats en cas de changement de prestataire
Quel engagement de service en cas d'indisponibilité d'un rail national, sujet traité au chapitre 7
🎯 Question éclair
Une marque européenne signe avec son acquéreur habituel et annonce accepter les cartes coréennes en Corée. Que va-t-il se passer ?
Chapitre 2. Le socle carte japonais : JCB, qualification et coût réel.
La carte reste le premier instrument japonais, avec 82,7 % du paiement scriptural en 2025, soit 134 600 Md JPY sur 162 700 (METI, publication du 31 mars 2026). Un catalogue d'acceptation qui ignore JCB se prive donc d'une part de la clientèle. JCB Co., Ltd. revendique plus de 175 millions de porteurs et environ 71 millions de commerçants dans 195 pays et territoires (JCB, 2025). Son acceptation hors d'Asie passe largement par l'alliance de réciprocité avec Discover Global Network, et une carte JCB présentée aux États-Unis circule en pratique sur le réseau Discover.
Les marques que votre matrice d'acceptation japonaise doit couvrirJCJCBVisaMastercardQUQUICPayIDiD
Catégorie
Classic
Gold
Platinum / Commercial / Rewards
Infinite
General / Other, la catégorie par défaut
2,28
2,38
2,58
2,88
Non-Qualified, transaction non qualifiée
2,68
2,78
2,98
3,28
Large Retail & Hotels
1,85
1,95
2,15
2,45
Wallet Funding
1,65
1,75
1,95
2,25
Airlines
1,10
1,20
1,40
1,70
Recurring / Everyday Small / Small Ticket
0,90
1,00
1,20
1,20
Utility et Gov't/Public Service
0,60
0,70
0,90
0,90
Tokenized Transit Wallet
0,50
0,50
0,50
0,50
B2B Platform Program
0,50
0,50
0,50
0,50
Interchange domestique japonais publié par Visa pour les cartes de crédit, en pourcentage du montant (Visa, « Visa Domestic Credit Interchange Rates », visa.co.jp, consultée en 2026)
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Quarante points de base séparent une transaction qualifiée d'une transaction bâclée
L'écart entre General / Other et Non-Qualified est de 0,40 point sur toute la gamme de produits. La catégorie non qualifiée sanctionne une transaction qui ne remplit pas les critères de délai, d'autorisation ou de complétude des données. Cette catégorie s'applique par défaut dès qu'une intégration est mal paramétrée, et non à titre de pénalité exceptionnelle. Sur un panier moyen de 12 000 JPY et 300 000 transactions par an, l'écart représente 14,4 millions de yens. Le suivi de la part qualifiée se met en place au démarrage, pas après le premier relevé annuel.
Cet audit est possible depuis peu. La Japan Fair Trade Commission a annoncé le 30 novembre 2022 la publication, par Visa, Mastercard et UnionPay, de leurs taux standard d'interchange japonais. L'annonce faisait suite à son rapport d'avril 2022, qui recommandait cette publication pour ouvrir la négociation côté commerçant. Un responsable paiement dispose donc du plancher de son coût, la commission qu'il paie se décomposant en trois blocs : l'interchange publié, les frais de réseau, la marge de son prestataire. Toute ligne de relevé qui ne se rattache à aucun des trois se conteste.
Décomposer un coût d'acceptation japonais avant de négocier
Hypothese : panier 12 000 JPY, carte Visa Gold, e-commerce, categorie General/Other
Interchange publie (Gold, General/Other) 2,38 % -> 285,6 JPY
Frais de reseau a demander au prestataire
Marge du prestataire a demander au prestataire
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Commission facturee X % -> a rapprocher
Meme panier, transaction basculee en Non-Qualified (Gold)
Interchange publie 2,78 % -> 333,6 JPY
Surcout par transaction 0,40 pt -> 48,0 JPY
Sur 300 000 transactions par an -> 14 400 000 JPY
Controle a automatiser : part des transactions qualifiees, par mois et par produit.
Une derive de cette part precede toujours une derive de la commission moyenne.
⚠️
EMV 3-D Secure n'est plus une option en e-commerce japonais
La クレジットカード・セキュリティガイドライン, publiée par la クレジット取引セキュリティ対策協議会, dont le secrétariat est tenu par la 日本クレジット協会, demande aux commerçants en ligne de déployer EMV 3-D Secure, avec une échéance fixée à fin mars 2025. La version en vigueur est la 6.1, accompagnée d'un guide de déploiement dédié. Le cadre légal est le 割賦販売法, révisé en 2018, qui impose aux commerçants affiliés de ne pas conserver les données de carte ou d'être conformes à PCI DSS. Un marchand qui ouvre le Japon aujourd'hui livre avec 3-D Secure ou ne livre pas.
🎯 Question éclair
Votre relevé japonais montre une commission moyenne en hausse alors que le mix de cartes n'a pas bougé. Quelle piste vérifier en premier ?
Chapitre 3. Le code-barres japonais : brancher PayPay au bon prix.
La guerre japonaise du code-barres est finie. Le paiement par code pesait 16 600 Md JPY en 2025, contre 200 Md JPY en 2018 (METI, 31 mars 2026). PayPay, lancé fin 2018 par PayPay Corporation, revendique 70 millions d'utilisateurs enregistrés au 15 juillet 2025. La question posée à un marchand n'est donc plus de savoir s'il accepte le code, mais quel canal il retient parmi les trois qui existent, dont les prix diffèrent de plus d'un point.
Canal
Taux appliqué
Condition
Quand le retenir
PayPay, plan de base
1,98 %
Aucune souscription supplémentaire
Démarrage, volume modeste, test de marché
PayPay, avec le plan payant PayPayマイストア ライトプラン
1,60 %
Le plan doit couvrir tous les points de vente rattachés au commerçant
Volume établi, une fois l'abonnement amorti par l'écart de 0,38 point
Alipay+ via le même contrat
1,98 %
Aucune condition de plan
Clientèle de visiteurs venue d'Asie, sans intégration supplémentaire
JPQR via PayPay
2,95 %
Code unifié affichant plusieurs prestataires
Point de vente qui veut un seul code au comptoir, en acceptant le surcoût
Taux de commission PayPay selon le canal, hors taxe (PayPay, aide aux commerçants, « 決済システム利用料率を知りたい », paypay.ne.jp, consultée en 2026)
La norme JPQR a été définie en 2019 par la Payments Japan Association (キャッシュレス推進協議会), sous l'impulsion du METI, pour éviter au commerçant d'afficher dix codes. Son extension JPQR Global, lancée le 5 juillet 2025 sur le site de l'Expo 2025 Osaka-Kansai, interconnecte JPQR à des normes étrangères : KHQR cambodgien d'abord, puis QRIS indonésien à partir du 17 août 2025. Un visiteur d'Asie du Sud-Est peut désormais payer avec son portefeuille domestique. L'arbitrage reste économique. Le code unifié se paie 2,95 % chez PayPay, contre 1,98 % en direct.
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Le code-barres coûte moins cher que la carte, et l'écart est japonais
Le plancher du coût carte japonais est l'interchange, à 2,28 % en catégorie générale sur une Classic et jusqu'à 2,88 % sur une Infinite. La commission facturée s'ajoute à ce plancher. PayPay en direct coûte 1,98 % hors taxe, tout compris. L'écart n'est pas marginal, et il explique une part de la vitesse d'adoption du code chez les commerçants japonais. Il ne dispense pas d'accepter la carte, qui reste 82,7 % du scriptural, mais il commande la façon de présenter les moyens de paiement au moment du choix.
Code présenté par le commerçant : l'acheteur scanne l'affichette et saisit le montant. Coût matériel nul, contrôle du montant à faire par le caissier
Code présenté par l'acheteur : le point de vente scanne l'écran du téléphone. Montant maîtrisé, lecteur ou caisse compatible nécessaire
Paiement en ligne : redirection ou application, avec retour d'état asynchrone à traiter comme un webhook classique
Remboursement : à opérer dans l'outil du portefeuille, avec une fenêtre et des règles propres qu'il faut lire avant la première vente
Réconciliation : le reversement du portefeuille arrive séparément de celui de l'acquéreur carte, avec son propre calendrier
⚠️
Une matrice d'acceptation japonaise se périme vite
LINE Pay Japon a fermé le 30 avril 2025, ses soldes ayant été transférés vers PayPay au premier trimestre, et l'arrêt de ゆうちょPay est annoncé pour décembre 2026. Avant eux, Origami Pay a disparu en 2020 et 7pay a été ouvert le 1er juillet 2019 puis fermé le 30 septembre 2019, après compromission massive de comptes. Une page de paiement japonaise qui affiche encore ces logos fait à l'acheteur une promesse fausse. La revue de la matrice se planifie deux fois par an, au même titre qu'une revue de dépendances logicielles.
🎯 Question éclair
Un point de vente japonais veut n'afficher qu'un seul code au comptoir et passe par JPQR chez PayPay. Que paie-t-il de plus qu'en direct sur le plan de base ?
Chapitre 4. Konbini et paiement différé : encaisser l'acheteur non carté.
La supérette japonaise est un point d'encaissement d'espèces de plein exercice. Le コンビニ収納代行 désigne le paiement en magasin d'une facture munie d'un code-barres ou d'un numéro de règlement. L'acheteur commande en ligne, puis paie à la caisse d'un 7-Eleven, d'un FamilyMart ou d'un Lawson. Ce rail sert deux populations que la carte ne couvre pas, la première n'en détenant aucune, la seconde refusant d'en saisir une sur un site inconnu. Un e-commerçant qui ouvre le Japon sans ce moyen de paiement se prive des deux.
Le parcours konbini, de la commande à l'expédition
Acheteur
Choisit « paiement en supérette » au moment de valider
Aucune donnée de carte n'est saisie. Le panier reste en attente de règlement.
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Marchand
Demande l'émission d'un bulletin au prestataire
Le prestataire renvoie un code-barres ou un numéro de règlement, une date limite et l'enseigne où payer.
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Marchand
Réserve le stock et arme une expiration
Le stock est immobilisé sans encaissement. La durée de réservation se cale sur la date limite du bulletin, jamais au-delà.
➜
Acheteur
Paie en magasin, en espèces
Chez 7-Eleven, seuls les espèces et nanaco sont acceptés pour ce service (Seven-Eleven Japan, sej.co.jp, consulté en 2026).
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Prestataire
Notifie le règlement au marchand
La notification est asynchrone, comme un webhook : signature à vérifier, identifiant à dédupliquer, réponse rapide à renvoyer.
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Marchand
Expédie après encaissement
Le konbini est un rail de prépaiement. Expédier avant la notification transforme une vente en créance non garantie.
⚠️
Le konbini est un rail d'espèces, et cela se dit à l'acheteur
Chez 7-Eleven, le paiement d'une facture ne s'effectue qu'en espèces ou avec nanaco. L'enseigne exclut explicitement les monnaies électroniques de transport, Rakuten Edy, iD, QUICPay, les cartes de crédit et de débit, les paiements par code-barres, les QUO Card et les chèques-cadeaux (Seven-Eleven Japan, page « 各種代金のお支払い », sej.co.jp, consultée en 2026). Une page de commande qui laisse croire que le bulletin se règle par carte au comptoir produit un abandon en magasin. Le libellé doit annoncer les espèces.
Règlement konbini (収納代行)
Paiement différé (後払い)
Quand le marchand est payé
Après le passage en caisse de l'acheteur
Après la livraison, par le prestataire qui a garanti la vente
Quand la marchandise part
Après notification du règlement
Avant tout paiement de l'acheteur
Qui porte l'impayé
Personne : sans règlement, la commande expire
Le prestataire, qui achète la créance et gère le recouvrement
Acteurs de référence
Les trois grandes enseignes de supérettes, via un prestataire d'émission de bulletins
NP後払い (Net Protections, depuis 2002) et Paidy (2014, filiale de PayPal depuis 2021)
Comment l'acheteur règle
En espèces ou nanaco à la caisse
Souvent en supérette, donc en espèces, sur la facture reçue ensuite
Effet sur la conversion
Diminue l'abandon lié à la saisie de carte
Supprime toute friction au moment de l'achat
Konbini et paiement différé : deux mécanismes que l'on confond souvent
Trois réglages décident du résultat. La durée de réservation du stock se cale sur la date limite du bulletin, sans marge de confort. La relance part à mi-parcours, avec le numéro de règlement rappelé en clair. La réconciliation traite les cas limites, un acheteur pouvant payer deux bulletins pour la même commande, ou payer après expiration. Un remboursement automatique se prévoit dès la conception. Le paiement différé change ce raisonnement, le prestataire garantissant la vente et prenant la charge du recouvrement.
🎯 Question éclair
Une commande japonaise est réglée par bulletin konbini. À quel moment expédier ?
Chapitre 5. En magasin : FeliCa au Japon, VAN en Corée.
Un terminal importé d'Europe ou d'Amérique du Nord ne fonctionne dans aucun des deux pays. Les raisons diffèrent. Au Japon, le sans contact dominant repose sur FeliCa, technologie Sony normalisée JIS X 6319-4 et connue sous le nom de NFC-F, quand les cartes EMV sans contact utilisent les types A et B. FeliCa transmet à 212 ou 424 kbit/s, débit imposé par les portiques de métro. En Corée, le blocage est contractuel, le terminal ne parlant jamais en direct à l'émetteur, mais passant par un VAN.
Japon
Corée du Sud
Radio à supporter
NFC types A, B et F (le type F est indispensable), plus la lecture de codes-barres
EMV sans contact types A et B, après le retrait du MST de Samsung Pay des nouveaux modèles
T-money (Korea Smart Card Co., Ltd., 2004) et Cashbee, exploité par 이동의즐거움 sous la marque 이즐
Sans contact post-payé
iD (NTT Docomo, 2005) et QUICPay (JCB, 2005), adossés à une carte de crédit, sur rail FeliCa
Aucun équivalent : la carte de crédit elle-même est déjà post-payée et universellement acceptée
Intermédiaire obligatoire
Commutation par CAFIS (NTT Data, 1984) ou CARDNET (1995)
Un VAN : Nice Information & Telecom, KIS Information, KICC, Smartro (actifs depuis 1990)
Ce qui bloque un déploiement
Lecteur non homologué FeliCa : ni Suica, ni iD, ni QUICPay ne seront lus
Absence de contrat VAN : le terminal est inerte, quel que soit son niveau de certification EMV
Refus le plus fréquent en caisse
Solde insuffisant sur une monnaie électronique prépayée, à rattraper par un rechargement en caisse
Dépassement du plafond de l'émetteur ou de la ligne d'échelonnement demandée par le porteur
Ce que le point de vente doit savoir lire, marché par marché
⚠️
La question à poser avant de commander un parc de terminaux japonais
Un lecteur EMV sans contact standard ne lit ni Suica, ni iD, ni QUICPay, ce qui impose un lecteur homologué FeliCa, premier poste de coût matériel d'une ouverture japonaise. Côté acheteur, la contrainte a disparu. Apple a intégré FeliCa aux iPhone destinés au marché japonais à partir de l'iPhone 7, en 2016, puis à l'ensemble de la gamme mondiale à partir de l'iPhone 8 et du X. Le parc de téléphones est donc prêt, quand le parc de terminaux ne l'est pas et se commande avec un délai.
Le prépayé japonais garde une position que rien ne remplace, alors même que son volume recule dans les statistiques du METI 2025, à 6 000 Md JPY, soit 3,7 % du paiement scriptural. Il reste le seul instrument accepté aux portiques de transport, où le temps de transaction est une contrainte physique. Suica compte 112 millions de cartes émises, dont 33 millions de comptes Mobile Suica (JR East, 2025). Un commerce de proximité qui coupe Suica coupe le trajet domicile-travail. Le calcul ne se fait pas au volume, mais au flux de clientèle.
Japon, spécification matérielle : NFC-A, NFC-B, NFC-F, lecture de codes-barres, et certification EMV pour la puce
Japon, matrice logicielle : carte de crédit, iD, QUICPay, monnaies électroniques transport, PayPay, chacune avec son reversement propre
Corée, préalable contractuel : le VAN avant le terminal ; sans affiliation, aucun message n'atteint l'émetteur
Corée, obligation légale : le commerçant affilié ne peut ni refuser la carte, ni imposer un montant minimum, ni répercuter la commission (여신전문금융업법)
Les deux marchés : prévoir la formation du personnel de caisse sur les refus, plus fréquents sur prépayé que sur carte
🎯 Question éclair
Une enseigne équipe ses magasins japonais avec des terminaux EMV sans contact certifiés en Europe. Que ne pourra-t-elle pas encaisser ?
Chapitre 6. Corée en ligne : PG, paiement simplifié et commission administrée.
Le paiement simplifié (간편지급) est devenu le rail principal du commerce en ligne coréen. Il représentait un usage quotidien moyen de 1 105,3 Md KRW en 2025, en hausse de 14,6 % sur un an. Il pesait 51,9 % des paiements carte effectués sans présentation de la carte physique (Banque de Corée, publications des 20 et 30 mars 2026). La répartition compte autant que le volume, et les fintechs captaient 54,9 % du montant, contre 23,7 % aux établissements financiers et 21,5 % aux fabricants de téléphones. Un parcours d'achat coréen se conçoit donc autour des portefeuilles, pas autour d'un formulaire de carte.
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Naver Pay (네이버페이)
Naver Financial Corp., 2015. Portefeuille du premier portail et de la première place de marché coréens. Il doit sa force au passage en caisse e-commerce et au programme de points. Un marchand qui vend en ligne en Corée l'arbitre en premier.
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Kakao Pay (카카오페이)
Kakao Pay Corp., 2014, cotée depuis novembre 2021. Le service est adossé à KakaoTalk, la messagerie utilisée par la quasi-totalité des Coréens. Il couvre le paiement en ligne, le code en magasin et le virement, ce qui en fait le complément naturel de Naver Pay.
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Toss (토스)
Viva Republica Inc., 2015. Parti du virement gratuit entre particuliers, le service est devenu une super-app avec Toss Bank et Toss Payments. Il apparaît donc deux fois dans un projet coréen, comme portefeuille à accepter et comme PG candidat.
📱
Samsung Pay
Samsung Electronics, 2015. Il a démocratisé le MST, qui émulait la piste magnétique sur des terminaux sans NFC. Le retrait de cette technologie des nouveaux modèles a fait basculer le parc coréen vers EMV sans contact, ce qui simplifie la spécification d'un terminal aujourd'hui.
Chiffre d'affaires annuel du commerçant
Carte de crédit
Carte de débit
Jusqu'à 300 M KRW
0,40 %
0,15 %
De 300 à 500 M KRW
1,00 %
0,75 %
De 500 M à 1 Md KRW
1,15 %
0,90 %
De 1 à 3 Md KRW
1,45 %
1,15 %
Au-delà de 3 Md KRW
Hors barème préférentiel (taux négocié dans le cadre réglementaire)
Hors barème préférentiel
Barème coréen des commissions commerçant préférentielles, applicable au 14 février 2026 (Financial Services Commission, communiqué du 12 février 2026)
Ce barème couvre presque tout le marché. La FSC l'applique à 3,087 millions de commerçants sur 3,225 millions, soit 95,7 %, et au même titre à 1,938 million de sous-commerçants de PG sur 2,082 millions (FSC, 12 février 2026). Deux conséquences pour un projet étranger. La composante carte de votre coût dépend de votre chiffre d'affaires coréen, et elle change de tranche sans que vous l'ayez négocié. Ce que le PG facture au-delà de cette composante relève du contrat, seul terrain de discussion utile.
Chiffrer l'effet d'un franchissement de tranche coréen
Hypothese : commande 50 000 KRW, paiement par carte de credit
CA coreen annuel 800 M KRW -> tranche 500 M - 1 Md -> 1,15 % -> 575 KRW
CA coreen annuel 1,4 Md KRW -> tranche 1 - 3 Md -> 1,45 % -> 725 KRW
------------------------------------------------------------------------
Ecart par commande -> 150 KRW
Sur 200 000 commandes annuelles, le franchissement de tranche coute 30 000 000 KRW.
Il n'est ni negociable, ni evitable : il decoule du chiffre d'affaires realise.
A budgeter separement : la marge du PG, facturee au-dela de la composante carte.
A verifier au contrat : le taux applique aux cartes de debit, plus bas a chaque tranche.
⚠️
Trois interdictions coréennes qui invalident des pratiques courantes ailleurs
Le 여신전문금융업법 interdit au commerçant affilié de refuser le paiement par carte. Il proscrit aussi le montant minimum imposé et la répercussion de la commission sur le porteur. Un parcours d'achat qui affiche « carte acceptée à partir de 10 000 KRW » ou qui ajoute des frais de paiement au panier est irrégulier en Corée. Ces trois interdictions s'appliquent en ligne comme en magasin, et se vérifient sur les pages de tarification, les conditions générales et les libellés de caisse avant l'ouverture, pas après une réclamation.
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La donnée personnelle coréenne se traite au contrat, pas au sprint
La Financial Supervisory Service a infligé en avril 2025 une amende de 15 Md KRW à Kakao Pay. Elle visait le transfert des données de 40 millions d'utilisateurs à Alipay Singapore Holdings sans consentement. Le message adressé au marché est net. La circulation transfrontalière de données de paiement coréennes est surveillée et sanctionnée. Une marque étrangère qui rapatrie des données d'acheteurs coréens vers un entrepôt hors de Corée règle ce point dans le contrat qui la lie à son PG, sur une base de consentement documentée.
🎯 Question éclair
Votre chiffre d'affaires coréen passe de 800 M à 1,4 Md KRW. Que devient votre commission carte de crédit sur une commande de 50 000 KRW ?
Chapitre 7. Recevoir les fonds : Zengin, won et clauses de contrat.
Le virement japonais circule sur le Zengin System (全銀システム), exploité par Zengin-Net depuis 1973 et disponible 24 heures sur 24 depuis 2018. Il traite environ 6,5 millions d'opérations par jour, pour près de 12 000 Md JPY (Zengin-Net, page « Clearing of Funds », consultée en 2026). Une marque étrangère le croise dans les deux sens. Elle y reçoit ses reversements et y émet ses remboursements, ses paies locales et ses règlements fournisseurs, au format Zengin, dont les contraintes font échouer les premières livraisons.
Les quatre contrôles à automatiser avant d'émettre un fichier Zengin
1. ENCODAGE
Le fichier est historiquement en Shift-JIS, pas en UTF-8.
Les enregistrements font 120 OCTETS, pas 120 caracteres.
-> refuser l'envoi si un caractere converti change la longueur en octets.
2. NOM DU BENEFICIAIRE
Katakana demi-chasse (半角カナ) uniquement. Ni kanji, ni alphabet latin.
La transcription doit correspondre a celle enregistree par la banque du beneficiaire.
-> valider le jeu de caracteres AVANT constitution du fichier, pas au rejet.
3. MONTANTS
Le yen n'a pas de sous-unite : tout montant est un entier.
Un moteur qui applique deux decimales produit des montants 100 fois trop faibles.
-> tester explicitement le cas "devise sans decimale" dans la chaine de paiement.
4. COORDONNEES BANCAIRES
Code banque 4 chiffres + code agence 3 chiffres, qui changent a chaque fusion.
-> rafraichir le referentiel, et utiliser la verification de nom de beneficiaire
offerte par le 統合ATMスイッチングサービス (NTT Data) depuis 2005.
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Deux seuils japonais qui changent le rail sans prévenir
Un virement d'un montant supérieur ou égal à 100 millions de yens ne se compense pas dans Zengin. Il part vers BOJ-NET, le système de règlement brut de la Banque du Japon, avec une fenêtre horaire et un coût différents. À l'autre extrémité, Cotra (ことら送金), lancé en 2022, transporte gratuitement les virements entre particuliers jusqu'à 100 000 JPY, adressés par numéro de téléphone ou par courriel. Une trésorerie japonaise qui ignore ces deux bornes découvre le problème un jour de clôture.
Ne se négociant pas librement hors de Corée, le won impose une contrainte que le yen n'a pas et rend le reversement transfrontalier plus long à cadrer. La Banque de Corée a engagé la construction d'un système de règlement du won offshore (역외 원화결제시스템), annoncé pour une mise en service en 2027 (Banque de Corée, 지급결제보고서 de l'exercice 2025). Trois autres chantiers figurent au même rapport, dont l'élargissement des horaires de BOK-Wire+, intervenu le 30 mars 2026. Le taux de collatéralisation du règlement net passe de 90 % à 100 %. L'adoption d'ISO 20022 est prévue au deuxième trimestre 2026.
30 novembre 2022
Les taux d'interchange japonais deviennent publics
La Japan Fair Trade Commission annonce la publication, par Visa, Mastercard et UnionPay, de leurs taux standard japonais, à la suite de son rapport d'avril 2022. L'audit d'un relevé devient possible.
Fin mars 2025
Échéance EMV 3-D Secure pour les commerçants e-commerce japonais
L'échéance est portée par la クレジットカード・セキュリティガイドライン de la クレジット取引セキュリティ対策協議会. La version en vigueur est la 6.1.
30 avril 2025
Fermeture de LINE Pay Japon
Les soldes ont été transférés vers PayPay au premier trimestre 2025. Le logo se retire des pages de paiement et des matrices d'acceptation.
5 juillet 2025
Lancement de JPQR Global
La norme est déployée sur le site de l'Expo 2025 Osaka-Kansai, avec interconnexion à KHQR cambodgien, puis à QRIS indonésien à partir du 17 août 2025.
14 février 2026
Nouveau barème coréen des commissions commerçant
Taux préférentiels de 0,40 % à 1,45 % en crédit, 0,15 % à 1,15 % en débit, appliqués aussi aux sous-commerçants de PG (FSC, communiqué du 12 février 2026).
30 mars 2026
Élargissement des horaires de BOK-Wire+
Premier des quatre chantiers du rapport 2025 de la Banque de Corée sur les systèmes de paiement. L'adoption d'ISO 20022 suit au deuxième trimestre 2026.
Décembre 2026
Arrêt annoncé de ゆうちょPay
Portefeuille adossé au compte Japan Post Bank. Son retrait des matrices d'acceptation se planifie avant la date, pas après.
Avril 2027
Fermeture programmée du 電子交換所 japonais
Terme de la disparition des effets et chèques papier au Japon. La même année, la Corée vise la mise en service de son système de règlement du won offshore.
Sujet
Ce qu'on exige au Japon
Ce qu'on exige en Corée
Périmètre d'acceptation
Liste nominative des moyens portés : carte, PayPay, konbini, différé, monnaies électroniques FeliCa
Nature du contrat (PG en ligne, VAN en proximité) et identité du contractant éligible
Coût
Décomposition interchange, frais de réseau, marge ; engagement de suivi de la part qualifiée
Séparation nette entre la composante carte administrée et la marge du prestataire
Reversement
Calendrier par moyen de paiement : le portefeuille et l'acquéreur ne règlent pas au même rythme
Devise de reversement et mécanisme de sortie du won, cadrés avant l'ouverture
Données
Non-conservation des données de carte ou conformité PCI DSS, au titre du 割賦販売法
Base de consentement et localisation des données d'acheteurs, avec responsabilité en cas de transfert hors de Corée
Continuité
Conduite à tenir en cas d'indisponibilité d'un rail national, et moyen de repli documenté
Conduite à tenir en cas d'indisponibilité du VAN ou du PG, qui sont des points de passage uniques
Réversibilité
Portabilité des jetons de carte et export des références de règlement récurrent
Export des affiliations de sous-commerçant et des références de paiement simplifié
Les clauses à faire figurer au contrat, marché par marché
⚠️
Un rail national peut s'arrêter, et la clause de continuité s'écrit avant
Du 10 au 12 octobre 2023, un dysfonctionnement du dispositif de relais du Zengin System a interrompu les virements de plusieurs banques membres. L'incident a donné lieu à une série de communiqués officiels, à un accord de place sur l'indemnisation des clients publié le 18 octobre 2023, et à deux injonctions de rapport de la FSA adressées à Zengin-Net. Un plan de flux de masse japonais ne peut donc pas reposer sur le seul virement Zengin. Le même raisonnement vaut en Corée, où le VAN et le PG sont des points de passage uniques.
🎯 Question éclair
Vous devez régler 150 millions de yens à un fournisseur japonais. Par quel système l'opération passera-t-elle ?