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🇵🇭 Les paiements aux Philippines

InstaPay et PESONet, les deux chambres de compensation nées du NRPS, la norme QR Ph et ses 2,5 millions d'identifiants marchands, GCash et Maya face au régime EMI, 35,6 milliards de dollars de remises migrantes par an, le cash des sari-sari, et les licences BSP (dont la licence d'acquisition marchand créée en 2024) qu'il faut détenir pour encaisser

Le BSP, le NRPS et une gouvernance à trois étages

La gouvernance du paiement de détail philippin sépare la régulation, l'écriture des règles de compensation et l'exploitation technique des systèmes. Chacune de ces fonctions relève d'un acteur distinct. La régulation, l'agrément et la surveillance appartiennent au Bangko Sentral ng Pilipinas (BSP), la banque centrale. Les règles des chambres de compensation sont écrites par une association de place où siègent les participants, la Philippine Payments Management, Inc. (PPMI). L'exploitation revient à des tiers, qui font tourner les switchs, ces plateformes acheminant les messages entre participants. BancNet opère celui d'InstaPay et la Philippine Clearing House Corporation (PCHC) celui de PESONet, sans que la banque centrale exploite elle-même l'une ou l'autre infrastructure.

Cette architecture est née du Circular n° 980 du BSP, texte adopté par la résolution n° 1855 du Monetary Board du 2 novembre 2017 et instituant le National Retail Payment System (NRPS). Deux principes le structurent. Le premier est l'autorégulation du secteur, confiée à un payment system management body, rôle que la PPMI s'est vu reconnaître par un protocole d'accord signé avec le BSP le 12 janvier 2018. Le second sépare le scheme de son exploitation. Une chambre de compensation automatisée (ACH) fixe les règles et la conception, tandis qu'un clearing switch operator (CSO) exécute les messages. Une chambre de compensation se ramène donc à un corps de règles et à une conception fonctionnelle, l'exploitant portant seul l'infrastructure technique qui les met en œuvre.

Le socle légal est le Republic Act No. 11127, National Payment Systems Act, signé le 30 octobre 2018 et entré en vigueur le 2 décembre 2018. Il confère au BSP un pouvoir de surveillance sur les systèmes de paiement, subordonne leur exploitation à son accord préalable, et oblige tout operator of payment system (OPS) à s'enregistrer. Le texte crée aussi la catégorie des designated payment systems, ceux que le BSP juge porteurs de risque systémique et soumet à des exigences renforcées. L'exploitation d'un service de paiement aux Philippines met donc en présence trois interlocuteurs distincts. Le BSP délivre l'enregistrement et exerce la surveillance, la PPMI écrit les règles de chaque chambre de compensation, et le clearing switch operator exécute techniquement les messages.

SystèmeNatureQui l'exploiteDepuis
PhilPaSS puis PhilPaSSplusRèglement brut en temps réel (RTGS), refondu sur ISO 20022Bangko Sentral ng Pilipinas, en propre2002
PESONetACH de crédit en lots, règlement le jour même, conçu comme substitut du chèqueACH sous règles PPMI, compensation par la PCHC2017
InstaPayACH de virement instantané 24×7, plafonné à 50 000 PHP par opérationACH sous règles PPMI, switch de compensation opéré par BancNet2018
QR PhNorme QR nationale alignée EMVCo, posée sur le rail InstaPayPPMI sous le Circular n° 1055 du BSP2019
Bills Pay Ph, EGov PayFacilités de paiement de factures et de créances publiques adossées aux ACHPPMI avec les facturiers et les administrations2019-2020
Chèque (compensation d'images)Toujours le premier instrument en valeur devant PESONetPhilippine Clearing House CorporationAntérieur au NRPS
Les rails philippins, leur nature et leur exploitant (BSP, pages Payments and Settlements ; registre des systèmes, consulté en août 2026)
2 nov. 2017
Circular n° 980 : le NRPS
Le Monetary Board adopte le cadre National Retail Payment System : autorégulation par un payment system management body, séparation ACH / clearing switch operator.
30 oct. 2018
Republic Act No. 11127
Le National Payment Systems Act donne une base légale à la surveillance du BSP et impose l'enregistrement des operators of payment systems. Effectif le 2 décembre 2018.
2019
Circular n° 1055 : QR Ph
Tous les prestataires participants, banques comme émetteurs de monnaie électronique, doivent adopter la norme QR nationale. Les QR propriétaires perdent leur raison d'être.
12 oct. 2021
Lancement complet de QR Ph P2M
Après un pilote ouvert le 30 avril 2021, le paiement marchand par QR interopérable s'ouvre à tous les participants InstaPay volontaires.
19 juil. 2024
Circular n° 1198 : l'acquisition devient une licence
Le BSP encadre les Merchant Payment Acceptance Activities. Effectif le 8 août 2024, quinze jours après publication.
20 juil. 2024
Republic Act No. 12010 (AFASA)
L'Anti-Financial Account Scamming Act pénalise le prêt de compte, la mule financière et l'ingénierie sociale. Ses règles d'application arrivent par les circulaires 1213, 1214 et 1215 de 2025.
juin-juil. 2026
Circular n° 1238 : le prix des virements
Le BSP impose une tarification étayée par les coûts réels et affranchit les petits marchands de frais de réception. Le Memorandum M-2026-025 du 17 juin 2026 lève en parallèle le moratoire sur les tarifs InstaPay et PESONet.
🔑
Qui décide de quoi
La compétence dépend de la nature du différend. Un différend portant sur les règles d'une ACH relève de la PPMI, où siègent les participants, quand un différend d'exploitation se traite avec le CSO. Le BSP intervient sur l'agrément, la surveillance et le prix, trois leviers qui laissent hors de son champ la conception d'un service et les incidents d'exploitation. Cette répartition explique que les évolutions fonctionnelles du marché (Request-to-Pay, prélèvement, séparation des QR) soient toujours annoncées conjointement par le BSP et la PPMI, et jamais par le régulateur seul.

InstaPay et PESONet : deux ACH, deux métiers

Le NRPS a donné naissance à deux chambres de compensation dotées chacune, dès leur conception, d'un domaine d'emploi distinct. InstaPay traite l'instantané de faible montant, disponible 24 heures sur 24 et plafonné par l'ACH à 50 000 PHP par opération, chaque établissement restant libre d'appliquer une limite plus basse. PESONet, explicitement conçu comme un substitut électronique du chèque, traite les lots à règlement le jour même, sans plafond réglementaire de ce type, et vise les paiements d'entreprise, la paie, les décaissements publics. Le chèque continue de circuler à côté de ces deux rails. Il devance encore PESONet en valeur.

750,8 M
transactions InstaPay en mai 2026, pour 1,5 billion de PHP, soit +108,8 % en volume sur un an
BSP, PPDD Payments Bulletin, données de mai 2026
10,6 M
transactions PESONet en mai 2026, pour 1,3 billion de PHP (+11,6 % en volume sur un an)
BSP, PPDD Payments Bulletin, données de mai 2026
21,1 billions
de PHP payés par chèque de janvier à mai 2026, contre 6,6 billions par PESONet
BSP, PPDD Payments Bulletin, données de mai 2026
94
participants InstaPay, dont 28 émetteurs de monnaie électronique non bancaires et 6 banques numériques
BancNet, liste des participants InstaPay au 24 juillet 2026

Les deux chambres croissent à des rythmes différents. InstaPay a plus que doublé en un an, quand PESONet progresse d'environ un dixième. En cumul de janvier à mai 2026, InstaPay affiche 3,4 milliards de transactions contre 52,5 millions pour PESONet, soit un rapport de volume de l'ordre de 65 pour 1. En valeur, la hiérarchie s'inverse presque, les deux systèmes portant 6,6 billions de PHP chacun sur la même période selon le bulletin du BSP. Le ticket moyen d'une opération InstaPay est donc très inférieur à celui d'une opération PESONet, puisque les deux rails déplacent la même valeur cumulée avec des volumes dans ce rapport. Un volume agrégé ne renseigne pas sur ce ticket moyen. Le dimensionnement d'une infrastructure se fait donc rail par rail.

CritèreInstaPayPESONetChèque
Disponibilité24×7, crédit en quelques secondesJours ouvrés, trois cycles de règlement quotidiens depuis juillet 2024Jours ouvrés, compensation d'images
Plafond par opération50 000 PHPPas de plafond de ce typeAucun
Cas d'usage dominantP2P, paiement marchand par QR, alimentation de portefeuillePaie, fournisseurs, décaissements publics, collecte d'entrepriseB2B de montant élevé, garanties, immobilier
Frais constatésde 0,00 à 35,00 PHPde 0,00 à 616,54 PHPVariable, hors périmètre des ACH
Participants94 établissements124 établissements supervisés99 établissements
Ce qui cassePlafond atteint sur un panier moyen élevé ; rejet si l'alias ou le compte destinataire est ferméDécalage d'un cycle si la remise manque la fenêtre ; retour J+1 sur compte invalideDélai, provision, et un stock de chèques postdatés encore utilisé comme sûreté
Choisir son rail aux Philippines (BSP, cadre NRPS et PPDD Payments Bulletin, données de mai 2026)

Le Circular n° 1238 encadre depuis 2026 la façon dont les établissements supervisés fixent le prix des virements électroniques. Il exige une tarification appuyée sur une analyse des coûts réellement engagés. L'écart admis entre un virement interne et un virement interbancaire se limite au coût de commutation, c'est-à-dire au coût de l'acheminement du message hors de l'établissement. Le BSP a publiquement démenti avoir imposé la gratuité, la règle portant sur le mécanisme de fixation et non sur un tarif. Le marché a pourtant basculé vite. Au 31 mai 2026, vingt établissements affichaient zéro peso sur PESONet et quatre sur InstaPay, avant la vague d'annonces de juillet.

⚠️
Ne pas confondre gratuité affichée et gratuité contractuelle
Plusieurs des exonérations recensées par le BSP au 31 mai 2026 sont conditionnelles ou réservées aux clients particuliers, et ne valent donc pas pour toute la clientèle d'un même établissement. Land Bank of the Philippines, HSBC et Union Bank of the Philippines figurent dans ce cas sur PESONet ; Bank of the Philippine Islands et Security Bank sont dans la même situation sur InstaPay. Un encaissement d'entreprise ne bénéficie donc pas automatiquement du tarif communiqué au grand public. Le BSP tient à jour la liste officielle des frais et des exonérations, seul document opposable à un partenaire, à l'exclusion de sa page marketing.

QR Ph : une norme, deux codes, 2,5 millions d'identifiants marchands

QR Ph est la norme nationale de code QR de paiement des Philippines, et son format suit la spécification EMVCo. Le Circular n° 1055 de 2019 l'impose à tous les prestataires participants, banques et émetteurs de monnaie électronique compris. Avant ce texte, chaque prestataire diffusait son propre code, et l'acceptation dépendait donc du prestataire choisi par le marchand. Le rail sous-jacent est InstaPay, ce qui rend le code interopérable par construction et dispense le client d'avoir un compte chez le prestataire du marchand. Depuis ce texte, les codes propriétaires n'ont plus de fondement réglementaire.

Deux usages ont été ouverts successivement. QR Ph P2P est arrivé en novembre 2019 pour les transferts entre particuliers. QR Ph P2M a été piloté le 30 avril 2021 puis pleinement lancé le 12 octobre 2021, dans une configuration qui dispense le petit commerçant d'acquérir un terminal. Le marchand imprime le code que son prestataire lui génère, l'affiche et encaisse, son investissement matériel se réduisant à un support imprimé. La PPMI a ensuite séparé visuellement les deux flux pour mettre fin à la confusion d'usage. L'InstaPay QR, portant le logo InstaPay, sert au P2P ; le QR Ph rouge-bleu-jaune, au paiement marchand.

456,1 M
paiements QR Ph P2M en mai 2026, pour 214,6 milliards de PHP, soit +147 % en volume et en valeur sur un an
BSP, PPDD Payments Bulletin, données de mai 2026
2 561 381
identifiants marchands (MID) enregistrés au 31 mai 2026, et pas des marchands uniques, le BSP le précise lui-même
BSP, PPDD Payments Bulletin, données de mai 2026
81 %
des comptes de transaction du système financier sont détenus chez un participant QR Ph P2M
BSP, pénétration des comptes, situation à fin mars 2025
+750
collectivités locales engagées dans le programme Paleng-QR Ph Plus (marchés publics et tricycles)
Philippine Information Agency, situation au 31 octobre 2025
ℹ️
Le compteur de MID surestime le parc marchand
Un identifiant marchand, ou MID, désigne le numéro attribué par un acquéreur à un point d'acceptation qu'il enrôle. Le BSP accompagne son chiffre de 2,56 millions d'identifiants d'un avertissement explicite. Un acquéreur peut émettre plusieurs MID pour un même marchand, et un marchand peut travailler avec plusieurs acquéreurs. Le nombre de commerces réellement équipés est donc inférieur au nombre d'identifiants, dans une proportion que les séries publiées ne permettent pas d'établir. Un plan d'acquisition dimensionné sur ce compteur surestime en conséquence la couverture déjà acquise et sous-estime le travail d'enrôlement restant.
NormePays et opérateurRail sous-jacentCe qui la distingue
QR Ph (2019)Philippines, PPMI sous mandat du BSPInstaPayDeux codes visuellement distincts pour le P2P et le P2M ; adossée à un rail plafonné à 50 000 PHP
QRIS (2019)Indonésie, Bank Indonesia avec l'ASPIRails de compensation indonésiensNorme imposée par mandat de la banque centrale pour mettre fin à la guerre des portefeuilles ; l'exemple le plus cité de standardisation autoritaire
Thai QR Payment (2018)Thaïlande, Bank of Thailand et National ITMXPromptPaySocle de la quasi-totalité des liaisons QR transfrontalières thaïlandaises, industrialisées avant celles de tous ses voisins
DuitNow QR (2019)Malaisie, PayNetDuitNow (Real-time Retail Payments Platform)Acceptation obligatoire du même code par les banques et les portefeuilles ; PayNet est majoritairement détenu par Bank Negara Malaysia
PayNow (2017)Singapour, Association of Banks in Singapore, exploité par BCSFASTCouche d'adressage par alias posée sur un rail distinct : à Singapour, l'infrastructure et la marque ne se confondent pas
QR Ph dans son voisinage régional : quatre normes nationales, quatre choix d'architecture

Deux facilités adossées aux chambres de compensation complètent la norme QR Ph. Bills Pay Ph ouvre le paiement de factures interopérable, qui rend un facturier joignable depuis n'importe quel établissement participant, et compte 1 978 facturiers enregistrés au 31 mai 2026, pour 1 894 entités uniques. Le volume reste modeste. Il s'établit à 909 516 opérations en mai 2026, après avoir plus que triplé en un an. La première catégorie de facturiers, de loin, est le remboursement de carte de crédit. EGov Pay couvre les créances publiques et référence 1 677 facturiers publics, pour seulement 20 052 opérations en mai 2026. Les deux facilités référencent un nombre comparable de facturiers, alors que le volume traité par EGov Pay représente une fraction de celui de Bills Pay Ph. Le paiement des particuliers vers l'État reste ainsi le grand angle mort de la digitalisation philippine.

Encaisser aux Philippines : licences, frais, chaîne d'acceptation

Depuis le Circular n° 1198 du 19 juillet 2024, entré en vigueur le 8 août 2024, l'acquisition marchande est une activité licenciée. Le texte définit les Merchant Payment Acceptance Activities : fournir à un commerçant le moyen d'accepter un instrument de paiement, collecter et transmettre les données, assurer les services associés. Toute entité qui exerce ces activités doit obtenir une licence d'acquisition marchand auprès du BSP, qu'elle soit déjà enregistrée comme OPS ou non. Une société qui obtient cette licence sans être OPS n'a pas à s'enregistrer séparément. L'enregistrement ne s'ajoute pas à la licence.

Le critère de rattachement territorial détermine quelles entités relèvent du texte, et il est formulé de façon large. Un OPS est réputé exercer aux Philippines dès lors que l'OPS, le marchand, ou les deux s'y trouvent. Un agrégateur étranger qui encaisse pour des commerçants philippins entre donc dans le champ, sans que son absence d'établissement local le dispense de la licence. Le texte exige ensuite un dispositif complet de maîtrise des risques : règlement, exploitation, systèmes d'information, lutte contre le blanchiment, protection de l'utilisateur final.

StatutCe qu'il autoriseBase
OPS, operator of payment systemExploiter un système de paiement ; enregistrement obligatoire auprès du BSPRepublic Act No. 11127 (2018)
Licence d'acquisition marchandRecruter des marchands, leur fournir l'acceptation, collecter et router leurs paiementsCircular n° 1198 (2024)
EMI-bank / EMI-NBFIÉmettre de la monnaie électronique, selon que l'émetteur est ou non une banqueRégime EMI du BSP ; moratoire sur les EMI non bancaires levé au 16 décembre 2024
Banque numériqueAgrément bancaire de plein exercice sans réseau d'agences ; six titulaires, plafond fixé à dixRégime des digital banks du BSP
Clearing switch operatorExploiter la commutation de compensation d'une ACHCadre NRPS ; un projet de circulaire sur l'efficience des CSO est annoncé par le BSP
Les statuts à distinguer avant de monter un dossier (BSP, circulaires citées ; Republic Act No. 11127)
Le chemin d'un paiement QR Ph P2M, du scan au compte du marchand
Client
Ouvre l'application de sa banque ou de son portefeuille et scanne le code du marchand
Aucune application QR Ph autonome n'existe : le BSP l'écrit noir sur blanc dans sa FAQ. Le client ne paie aucun frais pour l'usage de la facilité
Prestataire du payeur
Décode le QR EMVCo, affiche le bénéficiaire et le montant, exige la validation
Le marchand n'a jamais communiqué son numéro de compte : le code porte l'adressage, ce qui supprime les erreurs de saisie
InstaPay via BancNet
Commute l'ordre vers le prestataire du marchand et le compense
Contrainte structurelle : le plafond de 50 000 PHP par opération s'applique. Un panier au-dessus doit passer par un autre instrument
Prestataire du marchand
Crédite le compte et notifie l'encaissement
Le BSP autorise les banques et EMI à facturer au marchand une commission « raisonnable » ; le Circular n° 1238 en exonère les petits marchands
Règlement interbancaire
Les positions nettes des ACH sont réglées dans PhilPaSSplus
Le RTGS du BSP porte le règlement final en monnaie centrale ; Project Agila a précisément testé la continuité quand PhilPaSSplus est indisponible
  • Le plafond InstaPay est une contrainte de conception, pas un détail. Un e-commerçant à panier moyen élevé ne peut pas s'appuyer sur QR Ph seul ; il lui faut la carte, PESONet ou un fractionnement, avec les conséquences de réconciliation que cela implique.
  • Le coût réel côté marchand n'est pas dans les textes. Le BSP fixe qu'aucun frais n'est dû par le client et que la commission marchand doit rester raisonnable ; il n'a pas publié de barème. La négociation reste bilatérale avec l'acquéreur.
  • Les frais de virement dépendent du couple émetteur-récepteur. InstaPay va de 0,00 à 35,00 PHP et PESONet de 0,00 à 616,54 PHP selon l'établissement, d'après le relevé du BSP de mai 2026 : un décaissement de masse doit modéliser ce coût banque par banque.
  • La réconciliation se fait sur trois sources. Le journal de l'acquéreur, l'avis de crédit sur le compte, et le rapprochement des MID : dès qu'un marchand travaille avec plusieurs acquéreurs, un référentiel MID interne devient nécessaire pour ne pas dédoubler les ventes.
  • Le chèque survit dans le B2B. Avec 21,1 billions de PHP de janvier à mai 2026 contre 6,6 billions pour PESONet, un encaissement d'entreprise doit prévoir sa gestion, y compris le stock de chèques postdatés utilisés comme garantie de crédit.
✅
L'onboarding du micro-marchand a été délibérément abaissé
Le dispositif de 2026 autorise l'enrôlement des micro-marchands à faible risque (sari-sari, vendeurs ambulants, conducteurs de tricycle) sur la seule présentation d'une pièce d'identité nationale valide, sans permis d'exploitation, sans déclaration fiscale, sans immatriculation. L'allègement répond à un objectif de politique publique, la conversion en paiement numérique du dernier kilomètre du cash. Le BSP accepte un contrôle d'entrée allégé et le compense par le contrôle en aval prévu par l'AFASA, de sorte que l'exigence de vérification change de moment sans être levée.

GCash, Maya et le régime des émetteurs de monnaie électronique

Deux portefeuilles électroniques concentrent l'usage quotidien du paiement numérique aux Philippines. GCash est exploité par G-Xchange, Inc., filiale de Globe Fintech Innovations (Mynt), coentreprise entre Globe Telecom, Ayala Corporation et Ant Group. Il revendiquait 81 millions d'utilisateurs actifs et 2,5 millions de marchands et vendeurs en janvier 2025. Maya, ex-PayMaya, tient deux entités distinctes, Maya Philippines, Inc., pour les paiements, et Maya Bank, Inc., pour la banque numérique. Les deux sont supervisées par le BSP, mais sous deux régimes distincts, celui des émetteurs de monnaie électronique et celui des banques.

⚠️
Un solde de portefeuille n'est pas un dépôt
G-Xchange, Inc. est un émetteur de monnaie électronique, pas une banque. Les soldes détenus dans GCash ne sont pas couverts par l'assurance des dépôts philippine. Maya, à l'inverse, loge ses dépôts dans une banque numérique agréée, statut qui les place sous le régime bancaire de droit commun. Un opérateur qui route des fonds de clients ou de tiers vers un portefeuille philippin doit inscrire cette distinction dans son analyse de risque et, le cas échéant, dans l'information contractuelle donnée au bénéficiaire.
326,2 M
comptes de monnaie électronique enregistrés fin 2025, contre 197 millions fin 2024 (+66 %)
BSP, PPDD Payments Bulletin, indicateurs EPFS
73
émetteurs de monnaie électronique agréés : 29 EMI-banques et 44 EMI non bancaires
BSP, PPDD Payments Bulletin, données 2025
94,1 M
cartes de débit ou de retrait en circulation fin 2025, contre 15 millions de cartes de crédit
BSP, PPDD Payments Bulletin, indicateurs EPFS
95 053
points agents enregistrés en 2023, en hausse de 13 % sur un an
BSP, PPDD Payments Bulletin

Le chiffre de 326 millions de comptes de monnaie électronique dénombre des comptes ouverts, et non une population bancarisée, dans un pays d'un peu plus de 110 millions d'habitants. Il inclut beaucoup de doublons et de comptes dormants. Le BSP le signale à propos de ses propres séries. La baisse observée sur d'autres indicateurs tient à la désactivation systématique des comptes non vérifiés par les établissements. L'usage effectif se mesure par les enquêtes d'inclusion, qui interrogent des personnes plutôt que des registres, et dont les résultats sont nettement plus bas.

L'accès au statut d'émetteur de monnaie électronique non bancaire a été rouvert après un moratoire sur les nouvelles licences, en vigueur depuis fin 2021 et prolongé une fois. La résolution n° 1400 du Monetary Board l'a levé au 16 décembre 2024. Le moratoire sur les banques numériques est tombé en parallèle, mais le BSP maintient un plafond de dix agréments. Six sont pris par GoTyme Bank, Maya Bank, Overseas Filipino Bank, Tonik Digital Bank, Union Digital Bank et UNObank, ce qui laisse quatre agréments disponibles.

📲
Le portefeuille comme point d'entrée
Les EMI non bancaires sont 28 sur les 94 participants InstaPay, et la liste des premiers émetteurs de janvier à mai 2026 mêle banques et portefeuilles, parmi lesquels BDO, BPI, GoTyme, DCPay, G-Xchange, Maya, PayMongo et MariBank. Le rail public a absorbé les acteurs privés au lieu d'être contourné par eux.
🏦
La banque numérique comme sortie
Maya Bank, GoTyme et Union Digital participent aux ACH au même titre que les banques universelles. Pour un émetteur, la bascule vers l'agrément bancaire ouvre la collecte de dépôts et l'assurance des soldes. Le mouvement relève de la transformation de modèle, non de l'extension de produit.
💳
La carte reste un instrument d'émission
Avec 94,1 millions de cartes de débit contre 15 millions de cartes de crédit fin 2025, la carte philippine sert d'abord au retrait et à l'accès au compte. Le BSP relève une présence croissante de Mastercard dans les émissions de débit comme de crédit.
🧾
Le prépayé lié au portefeuille recule
Les cartes prépayées adossées à un compte de monnaie électronique passent de 84,9 millions en 2024 à 66,2 millions en 2025, soit −22 %. Le plastique intermédiaire perd sa fonction dès que le QR et le virement instantané couvrent le même besoin.

Les remises migrantes : 35,6 milliards de dollars par an

Les remises migrantes désignent les fonds envoyés aux Philippines par les travailleurs philippins établis à l'étranger. Le BSP en publie deux mesures. En 2025, les remises en espèces transitant par les banques ont atteint 35,63 milliards de dollars, en hausse de 3,3 % sur 2024. Les remises personnelles, notion plus large qui inclut les transferts en nature et les envois hors circuit bancaire déclaré, s'établissent à 39,62 milliards. Le partage entre travailleurs terrestres et maritimes est stable, avec 28,49 milliards contre 7,14 milliards. Ces flux pèsent environ 8,3 % du produit intérieur brut sur l'exercice 2024. Les deux séries ne recouvrent pas le même périmètre, et une comparaison qui passe de l'une à l'autre d'un exercice au suivant fait apparaître une variation qui tient au seul changement de mesure.

35,63 Md $
remises en espèces des Philippins de l'étranger en 2025, +3,3 % sur un an
Bangko Sentral ng Pilipinas, statistiques de remises, février 2026
39,62 Md $
remises personnelles 2025, la mesure la plus large publiée par la banque centrale
Bangko Sentral ng Pilipinas, statistiques de remises, février 2026
≈ 8,3 %
du PIB apporté par les remises personnelles en 2024, et 7,4 % du revenu national brut
Bangko Sentral ng Pilipinas, 2025
6,36 %
coût mondial moyen d'un envoi de 200 dollars au troisième trimestre 2025, référence pour juger un corridor
Banque mondiale, Remittance Prices Worldwide, numéro 54, septembre 2025

La répartition par pays d'origine publiée par le BSP place les États-Unis à 39,7 % en 2025. Suivent Singapour (7,3 %), l'Arabie saoudite (6,6 %), le Japon (5,0 %), le Royaume-Uni et les Émirats arabes unis (4,6 % chacun). Ce classement reflète le circuit d'acheminement des fonds plutôt que la résidence des envoyeurs. Le BSP enregistre la source immédiate des fonds, c'est-à-dire la banque correspondante qui les présente, le plus souvent américaine. La part attribuée aux États-Unis intègre donc des envois réellement partis du Golfe ou d'Asie. Le réseau de collecte et la devise d'émission d'un corridor dépendent du pays de résidence des travailleurs, que cette statistique ne restitue pas.

Le trajet d'une remise du Golfe vers un village philippin
Envoyeur
Se présente en agence de change ou ouvre l'application de l'opérateur
À l'émission, le canal reste largement physique et en espèces : Al Ansari Exchange, LuLu Exchange et leurs concurrents opèrent des réseaux d'agences dédiés aux travailleurs migrants
Opérateur de transfert
Convertit, applique sa commission et son écart de change, initie le transfert
Deux coûts se cumulent : la commission affichée et la marge sur le taux. C'est le second qui creuse la plupart des écarts entre offres
Correspondant / partenaire local
Injecte les fonds dans le circuit philippin
L'entrée peut se faire par une banque, par un réseau d'agences de retrait, ou par un EMI participant à InstaPay, comme I-Remit, LuLu Financial Services (Phils.) ou USSC Money Services
Bénéficiaire
Reçoit sur son portefeuille, sur son compte, ou en espèces au guichet
GCash s'est imposé comme récepteur de fait ; les réseaux de prêteurs sur gages et de messageries (Cebuana Lhuillier, M Lhuillier, Palawan, LBC) restent le point de retrait en zone rurale
Dernier kilomètre
Le bénéficiaire convertit en espèces ou paie directement
Le retrait au guichet reste la norme pour la consommation quotidienne. C'est là que se joue la conversion réelle du numérique, pas à la réception

Le corridor de remise se décompose en trois segments dont le degré de numérisation diffère. La réception est déjà largement numérique et interopérable. Le raccordement à un partenaire InstaPay donne accès à 99 % des comptes de transaction du système, selon la mesure de pénétration du BSP à fin mars 2025. L'émission reste physique et donc coûteuse, la collecte en agence supportant des loyers, du personnel et du transport de fonds, ce qui plafonne la compression du prix quel que soit le soin apporté à la jambe philippine. Le dernier kilomètre, du compte reçu à la dépense, échappe encore au numérique dans une large mesure. La réception est déjà couverte et l'émission reste bornée par ses coûts physiques : la marge d'usage qui reste à conquérir se situe donc au dernier kilomètre, et non sur le segment transfrontalier.

ℹ️
Ce que Nexus changerait, et ce qu'il ne changerait pas
Nexus Global Payments est une société sans but lucratif de droit singapourien, constituée le 26 mars 2025 à partir des travaux du BIS Innovation Hub. Ses fondatrices sont les banques centrales d'Inde, d'Indonésie, de Malaisie, des Philippines, de Singapour et de Thaïlande. Le modèle remplace les accords bilatéraux par une connexion unique, ce qui dispense chaque système national de négocier un corridor à la fois. Il agirait sur le transport interbancaire, donc sur la jambe la moins chère du corridor. La collecte en espèces au Moyen-Orient et le retrait en espèces aux Philippines resteraient à la charge des mêmes réseaux physiques.

Les espèces, le sari-sari et le compte qui manque

Le BSP mesure chaque année la part du numérique dans le paiement de détail. La méthode est reprise du modèle Better Than Cash Alliance, et rapporte les opérations numériques au total des paiements de détail d'un mois type. Le résultat 2024, publié en juillet 2025, donne 57,4 % du volume mensuel de paiements de détail et 59,0 % de la valeur, contre 52,8 % et 55,3 % en 2023. Sur dix ans, la part numérique passe de 1 % en 2013 à 10 % en 2018, puis à 30,3 % en 2021. Plus de quatre paiements de détail sur dix restaient donc réglés en espèces ou sur un instrument papier en 2024.

Cas d'usageVolume mensuel totalPart numériqueLecture
Décaissements de l'État (G2X)52,8 millions97,2 %Salaires, marchés publics et aides sociales sont réglés électroniquement : la question est close côté sortant
Paiements des particuliers (P2X)4 060,6 millions72,2 %Le gros du volume du pays, et la source de la croissance récente
Paiements marchands (P2B)3 226,3 millions68,1 %2,20 milliards d'opérations numériques par mois, 66,4 % du volume numérique total, en hausse de 29,1 % sur un an
Transferts entre particuliers (P2P)753,5 millions90,3 %Le cas d'usage le plus digitalisé du secteur privé, tiré par InstaPay
Paiements des entreprises (B2X)1 643,1 millions19,8 %Le grand retard : les règlements fournisseurs restent à 13,7 % de numérique en volume
Particuliers vers l'État (P2G)3,7 millions24,6 %Impôts, taxes locales et frais de service ; les frais perçus par les collectivités sont numérisés à 5 %
Où le cash résiste, par cas d'usage (BSP, rapport 2024 sur l'état des paiements numériques, publié en juillet 2025 ; volumes mensuels)

Le sari-sari est une échoppe de quartier qui vend à l'unité. Ce commerce de proximité concentre la résistance des espèces au paiement numérique. Le BSP le vise explicitement dans sa propre documentation QR Ph, aux côtés des vendeurs de marché (le palengke) et des conducteurs de tricycle. Les estimations sectorielles reprises par la presse économique philippine en 2025 situent le parc autour de 1,3 million d'unités. La statistique publique ne les dénombre pas sous cette forme, et aucun chiffre officiel ne fait consensus. Un dimensionnement précis reste donc hors de portée. Chacun de ces commerces s'équipe individuellement, par l'affichage d'un code imprimé et sans terminal. La conversion progresse donc au rythme des enrôlements réalisés un par un. Le programme Paleng-QR Ph Plus, mené par le BSP avec le Department of the Interior and Local Government, procède sur ce principe, collectivité par collectivité.

La détention d'un compte formel par les adultes philippins a reculé entre 2021 et 2025. L'enquête d'inclusion du BSP publiée en avril 2026 mesure 50 % d'adultes détenteurs d'un compte formel en 2025, contre 56 % en 2021. La ventilation donne 36 % pour les comptes de monnaie électronique et 23 % pour les comptes bancaires. Les deux parts se recouvrent partiellement. Le sondage porte sur 10 836 adultes éligibles, avec un taux de réponse de 81 %. L'accès au niveau du foyer progresse en revanche nettement, autour de 85 %. Un ménage sur six n'a donc aucun membre titulaire d'un compte, et l'écart avec la détention individuelle place la moitié des adultes dans la dépendance du compte d'un tiers.

Le basic deposit account est un compte de dépôt bancaire dont les caractéristiques minimales sont fixées par la réglementation, et non laissées à l'appréciation de l'établissement. Le Circular n° 992, approuvé par la résolution n° 58 du Monetary Board du 11 janvier 2018 et publié le 11 février, l'a créé pour ouvrir un compte aux adultes qui n'en détiennent pas. Le dépôt d'ouverture ne dépasse pas 100 PHP. Aucun solde minimum n'est exigé, aucun frais de dormance n'est perçu, et le taux de réserves obligatoires est nul. Le solde est plafonné à 50 000 PHP, la banque devant basculer le compte en dépôt ordinaire au-delà de ce seuil. L'entrée en relation suit une vigilance simplifiée pour les clients à faible risque, l'identité pouvant être établie par tout document jugé suffisant au sens de la section X803 du manuel de réglementation bancaire. Ce régime abaisse les pièces exigées pour ouvrir un compte, quand l'enrôlement allégé du micro-marchand abaisse celles exigées pour encaisser.

  • Pas de compte : 69 % des non-utilisateurs de paiement numérique invoquent cette raison en premier, selon la question additionnelle de la Consumer Expectations Survey du premier trimestre 2026 relayée par le BSP.
  • Ne pas savoir s'en servir : 65 %. Un obstacle d'usage, pas d'accès, qui ne se lève ni par une licence ni par un rail.
  • Défiance sur la sécurité : 57 %, devant la méconnaissance de l'offre (53 %) et la mauvaise connexion internet (46 %).
  • Frais jugés trop élevés : 37 %. C'est l'argument qui a fondé le Circular n° 1238, et le seul de la liste sur lequel une décision réglementaire agit directement.
  • Côté utilisateurs, les moteurs sont l'e-commerce (55 %), le paiement de factures (48 %) et les virements (46 %) ; les paiements à l'État ne pèsent que 13 %, ce qui va dans le même sens que le faible taux de digitalisation P2G (24,6 %).
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L'identité conditionne le compte
Le PhilSys, système d'identification nationale créé par le Republic Act No. 11055 du 6 août 2018, comptait 94,12 millions d'inscrits cumulés au 15 septembre 2025, pour 54,92 millions de cartes livrées et 47,94 millions d'ePhilID imprimés. Cette base rend praticable l'ouverture de compte à distance et l'enrôlement du micro-marchand sur simple pièce d'identité, dès lors que celle-ci peut être rapprochée du registre national. La portée de ces dispositifs simplifiés dépend donc de l'avancement du PhilSys, puisqu'une pièce d'identité qui ne peut pas être rapprochée du registre national n'ouvre ni le compte à distance ni l'enrôlement allégé.

Les chantiers ouverts : fraude, prélèvement, transfrontalier, jeton

Le Republic Act No. 12010, Anti-Financial Account Scamming Act (AFASA), approuvé le 20 juillet 2024, érige en infractions pénales les abus commis sur les comptes de paiement. Le texte répond à la fraude qui a accompagné la croissance rapide du paiement instantané. Il crée trois familles d'infractions autonomes : la mule financière (prêter, louer ou vendre un compte, ou recruter pour ces usages), l'ingénierie sociale, l'accès non autorisé à un compte. Le champ couvre les comptes de dépôt, de crédit, de portefeuille et de transaction des établissements supervisés par le BSP, sans distinction entre banque et émetteur de monnaie électronique. Les peines prévues pour l'ingénierie sociale vont de dix à douze ans d'emprisonnement, assorties d'amendes de 500 000 à 1 million de PHP.

Le BSP en a tiré trois circulaires en 2025, numérotées 1213, 1214 et 1215. Elles organisent la prévention et la détection, la temporisation des transactions suspectes, la traçabilité et le recouvrement des fonds contestés, ainsi qu'une procédure accélérée d'accès aux informations de compte pour les autorités. Les établissements doivent déployer une authentification multifacteur et un système de gestion de la fraude, proportionnés à leur taille et à leur complexité, ces circulaires fixant l'obligation sans imposer de technologie. La conformité d'un établissement suppose donc qu'il puisse geler et tracer rapidement les fonds contestés, quelle que soit la technologie retenue pour le faire.

  • Le prélèvement interopérable. Développé par le secteur sous l'égide de la PPMI, le Direct Debit doit remplacer les Auto Debit Arrangements bilatéraux et le stockage de chèques postdatés utilisé pour les échéances de crédit. Le BSP l'annonçait en test chez les participants candidats, pour un pilote attendu en 2025. C'est la brique manquante du récurrent philippin.
  • Le Request-to-Pay. Premier cas d'usage : le R2P InstaPay Cash-In, qui permet d'alimenter un compte sans se connecter à celui qui fournit les fonds, et donc de proposer l'alimentation de portefeuille sans accord bilatéral entre établissements. Lancement discret le 15 décembre 2023, commercialisation annoncée pour 2025.
  • ISO 20022. Le BSP a constitué une équipe projet d'harmonisation. L'enjeu n'est pas cosmétique : la richesse du message conditionne le traitement des réclamations, la surveillance et l'automatisation du rapprochement.
  • La billettique. L'Automated Fare Collection System du Department of Transportation prévoit le QR Ph aux tourniquets, la carte EMV sans contact et les cartes prépayées d'opérateur type beep, avec un déploiement complet visé pour 2027.
  • Le jeton indexé. Le PHPC, adossé au peso et émis par Betur Inc. / DCPay Philippines Inc. sous la marque Coins.ph, a été testé dans le bac à sable réglementaire du BSP. Clause à lire avant tout usage en production : à la clôture du bac à sable, l'émetteur s'engage à rembourser les PHPC en circulation.

En matière transfrontalière, les Philippines ont retenu une stratégie différente de celle de leurs voisins d'Asie du Sud-Est. La Thaïlande, la Malaisie, l'Indonésie et Singapour ont industrialisé des liaisons QR et P2P bilatérales, corridor par corridor et accord par accord. PromptPay s'est relié à PayNow dès 2021, et DuitNow QR à QRIS. La zone compte une trentaine de corridors recensés. Le BSP, dans son rapport 2024, ne met en avant qu'un seul chantier transfrontalier, Project Nexus, dont les Philippines ont suivi la phase 3 puis la phase 4. L'option multilatérale évite de renégocier un accord par destination, puisque chaque système national ne se raccorde qu'une fois. Elle n'ouvre en revanche aucun corridor tant que la plateforme commune n'est pas en service, là où une liaison bilatérale produit son effet dès sa mise en production.

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Project Agila : un pilote conclu, pas un système
Project Agila est la preuve de concept de monnaie numérique de banque centrale de gros du BSP. En 2024, la banque centrale et les établissements participants ont évalué l'usage de technologies de registre pour les virements interinstitutionnels lorsque PhilPaSSplus est indisponible, scénario de continuité et non de remplacement du règlement en monnaie centrale. Les essais ont porté sur le fonctionnel, la performance, la sécurité et la programmabilité. Le projet s'est conclu sans passage en production et doit nourrir une feuille de route ultérieure. Aucune infrastructure exploitable n'en est issue à ce jour.
QuestionOù se trouve la réponsePourquoi elle est structurante
Ai-je besoin d'une licence d'acquisition marchand ?Circular n° 1198 (2024)Le rattachement joue si l'OPS ou le marchand est aux Philippines : un agrégateur étranger est concerné
Quel plafond s'applique à mon panier ?Règles InstaPay, 50 000 PHP par opérationDétermine si QR Ph peut porter seul l'encaissement ou s'il faut un second instrument
Combien coûte le décaissement vers mes bénéficiaires ?Relevé des frais de transfert publié par le BSPL'écart va de 0,00 à 616,54 PHP sur PESONet selon l'établissement récepteur
Mon dispositif antifraude tient-il l'AFASA ?Circulaires BSP 1213, 1214 et 1215 (2025)Authentification multifacteur, gestion de la fraude, gel et traçage des fonds contestés sont exigibles
Où sont logés les fonds de mes clients ?Statut de l'établissement partenaire (EMI ou banque)Les soldes chez un émetteur de monnaie électronique ne bénéficient pas de l'assurance des dépôts
Comment mes clients prouvent-ils leur identité ?PhilSys (Republic Act No. 11055)Conditionne l'ouverture de compte à distance et l'enrôlement allégé du micro-marchand
Ce qu'un professionnel doit vérifier avant d'opérer aux Philippines