Le marché en chiffres, et ce que les moyennes cachent
Le paiement de détail mexicain repose sur trois instruments que les statistiques publiques suivent séparément, la carte, le virement interbancaire et l'espèce. En 2025, Banco de México a recensé 11,26 milliards de paiements par carte, en hausse de 14 % sur un an, dont 72 % au débit. Le SPEI a traité la même année plus de sept milliards de virements, en progression de 36,8 % (Banco de México, 2026). La banque centrale attend qu'il dépasse la carte en nombre d'opérations avant la fin de 2026, ce qui suppose une nette accélération : aux rythmes de 2025, le SPEI resterait sous 10 milliards d'opérations en 2026, contre près de 12,8 milliards pour la carte. La carte et le virement progressent donc en même temps, sans que la croissance de l'un se fasse aux dépens de l'autre. Ils couvrent des achats et des montants différents. Le volume qu'ils gagnent est repris à l'espèce.
L'Encuesta Nacional de Inclusión Financiera, ou ENIF, est l'enquête par laquelle l'INEGI et la CNBV mesurent la détention et l'usage des produits financiers au Mexique. Son édition 2024 porte sur la population de 18 à 70 ans. Elle mesure 76,5 % de détenteurs d'au moins un produit financier formel et 63,0 % de détenteurs d'un compte d'épargne. Le crédit formel ne touche que 37,3 % de cette population. L'assurance en couvre 22,9 %. La détention progresse donc par le compte davantage que par le crédit. La part des titulaires de compte qui pilotent leur argent depuis une application mobile passe de 54,3 % à 69,1 % entre 2021 et 2024. Sur la même période, l'usage du distributeur pour ces opérations perd 16,8 points. Le canal numérique se diffuse ainsi plus vite parmi les personnes déjà bancarisées que le compte lui-même dans l'ensemble de la population.
| Indicateur | 2021 | 2024 |
|---|---|---|
| Au moins un produit financier formel | 67,8 % | 76,5 % |
| Application mobile pour consulter ou bouger son compte | 54,3 % | 69,1 % |
| Distributeur automatique pour la même opération | 37,2 % | 20,4 % |
| Connaissance de CoDi | 34,0 % | 38,0 % |
| Usage de CoDi, parmi ceux qui le connaissent | 8,3 % | 12,8 % |
| Connaissance de DiMo | non mesuré | 18,5 % |
| Usage de DiMo, parmi ceux qui le connaissent | non mesuré | 6,8 % |
| Achat ou investissement en crypto-actifs | non mesuré | 2,1 % |
Le commerce de détail en ligne est le canal sur lequel ces trois instruments se retrouvent, et il a changé d'échelle entre 2024 et 2025. L'AMVO chiffre les ventes de détail en ligne à 941 milliards de pesos en 2025, en croissance de 19,2 %. Leur pénétration atteint 17,7 % des ventes de détail du pays. Le nombre d'acheteurs en ligne passe de 67,2 millions en 2024 à 77,2 millions en 2025. Dix millions d'acheteurs s'ajoutent en un an. Dans un pays où le crédit formel ne touche que 37,3 % des adultes, cette croissance arrive par le débit, par le virement et par le comptoir en espèces. Un tunnel de paiement qui n'ouvre pas ces trois chemins reçoit donc un trafic qu'il ne transforme pas en encaissement.
Prosa et E-Global, le passage obligé de toute transaction carte
Toute opération carte interbancaire mexicaine transite par l'une des deux chambres de compensation pour paiements par carte, Prosa ou E-Global. Prosa, née en 1968, est détenue par Banorte, Santander México, Scotiabank México, HSBC México, Invex et Banjército. E-Global appartient à BBVA México et à Citibanamex. Chacune assure la commutation des autorisations puis la compensation des positions entre émetteurs et acquéreurs, sous les règles que Banco de México applique aux chambres de compensation pour paiements par carte. Un acquéreur qui entre sur ce marché se raccorde à l'une des deux chambres, souvent aux deux. Aucun autre chemin ne mène aux émetteurs mexicains. Les deux chambres ne se remplacent pas l'une l'autre, et aucune ne sert de solution de secours.
| Prosa | E-Global | |
|---|---|---|
| Actionnariat | Banorte, Santander México, Scotiabank México, HSBC México, Invex, Banjército | BBVA México, Citibanamex |
| Depuis | 1968 | Issue du regroupement des traitements de BBVA et Banamex |
| Rôle | Commutation et compensation des paiements carte ; exploite aussi la marque d'acceptation Carnet | Commutation et compensation des paiements carte |
| Ce que cela change pour un acquéreur | Certification technique, conditions de participation enregistrées, calendrier de compensation propre | Même contrainte, avec des délais et des interlocuteurs distincts |
| Point de vigilance | Le commutateur est aussi titulaire d'une marque de paiement, situation examinée par l'autorité de concurrence | Actionnariat concentré sur deux des plus gros émetteurs du pays |
La Cofece, autorité mexicaine de concurrence à cette date, a examiné le marché du traitement des paiements par carte et publié ses conclusions. Le 14 septembre 2023, elle a déclaré l'absence de conditions de concurrence effective sur ce marché. Elle y a identifié trois barrières à l'entrée. Elle qualifie ce marché de très concentré autour de ces deux chambres. En décembre 2023, elle a émis des recommandations à Banco de México et à la CNBV. Elle a aussi demandé à Prosa comme à E-Global un programme de conformité au droit de la concurrence, avec un responsable désigné. Son constat opérationnel visait le coût d'acceptation supporté par les petites entreprises, qu'elle rattache directement à cette structure de marché.
Pour un émetteur, la conséquence porte sur le routage et sur la dépendance. Le choix de la chambre détermine qui voit ses autorisations, quel calendrier de compensation s'applique, et quel prestataire il faudra certifier à chaque évolution de produit. Pour un acquéreur, la même dépendance se double d'un enjeu de continuité. Une indisponibilité du commutateur retire l'accès à une partie du parc émetteur. Aucun contournement commercial n'existe. Les acteurs qui opèrent sur plusieurs marchés latino-américains n'y retrouvent pas la possibilité de router une autorisation vers un réseau concurrent. La négociation porte alors sur le contrat d'acquisition, seule variable réellement ouverte, tandis que le chemin technique reste imposé par la structure du marché.
- Demander à quelle chambre l'acquéreur est raccordé, et si le raccordement couvre les deux. Une couverture partielle se traduit par des taux d'autorisation inégaux selon l'émetteur du porteur.
- Ne pas confondre la chambre et le réseau. Prosa commute et compense, Carnet est une marque d'acceptation qu'elle exploite ; Visa et Mastercard restent les titulaires de marque de la majorité du parc.
- Vérifier le calendrier de règlement de chaque chambre avant de modéliser la trésorerie, parce qu'il ne se déduit pas du contrat de scheme.
- Traiter l'indisponibilité du commutateur comme un risque de continuité, à couvrir par un moyen de paiement alternatif dans le tunnel plutôt que par un second acquéreur.
Le prix de l'acceptation, publié par la banque centrale
Le prix de l'acceptation d'une carte au Mexique se décompose en deux commissions que le droit et la banque centrale tiennent distinctes. La tasa de descuento est la commission que l'acquéreur facture au commerçant, négociée de gré à gré. La cuota de intercambio est le versement de l'acquéreur à l'émetteur sur chaque opération interbancaire, et elle pose un plancher à la première. Banco de México publie les deux barèmes. Le commerçant mexicain connaît donc la part de sa commission qui rémunère l'émetteur, information dont ne dispose pas son homologue de bien des pays. Le fondement en est l'article 4 Bis 3 de la Ley para la Transparencia y Ordenamiento de los Servicios Financieros. Sa mise en œuvre passe par les Disposiciones de carácter general aplicables a las Redes de Medios de Disposición. La CNBV et Banco de México les ont publiées ensemble au Diario Oficial le 11 mars 2014.
Le barème actuel dérive d'une réforme conduite en 2005, qui a changé la variable servant à établir les taux. Avant 2005, les cuotas se fixaient sur le volume de ventes du commerce. Le procédé pénalisait les petits établissements et décourageait l'acceptation. À la demande de Banco de México, l'Asociación de Bancos de México a basculé en 2005 vers un barème par giro comercial, donc par secteur d'activité. Le débit y est passé sous le crédit. Un plafond absolu de 13,50 pesos par opération a été posé sur le débit dans le même mouvement, en 2005. Il n'a pas bougé depuis. En juin 2013, une nouvelle négociation a abaissé le crédit et ouvert des giros à 0 %, pour des secteurs que les autorités voulaient encourager.
La réforme en cours demeure à l'état de projet réglementaire. Le texte mis en consultation le 27 octobre 2025 par la CNBV et Banco de México propose de plafonner la cuota de intercambio à 0,6 % en crédit et à 0,3 % en débit. Les maxima publiés s'établissent aujourd'hui à 1,91 % et à 1,15 %. L'ABM a accepté le principe en novembre 2025, en demandant une trajectoire graduelle. La gouverneure de Banco de México indiquait en juin 2026 qu'une version enrichie des commentaires restait attendue. Le seul texte entré en vigueur à ce jour est sectoriel. La Disposición 10ª Bis a été publiée au Diario Oficial le 27 avril 2026, en édition du soir. Elle ouvre aux stations-service un régime d'enregistrement allégé, dispensé du préavis de trente jours et de la justification préalable. L'enregistrement vaut six mois à compter de la mise en œuvre notifiée à Banco de México, et le texte est abrogé de plein droit le 31 octobre 2026.
Visa et Mastercard portent la plus grande part du parc, mais le marché conserve une marque d'acceptation domestique. Carnet est exploitée par Prosa et n'opère qu'au Mexique. La marque revendique plus de 82 institutions financières et non financières raccordées à son réseau, dont Banorte, BanBajío, Inbursa, Invex, Banco Azteca, Afirme, Banregio et HSBC. Son intérêt tient au coût d'acceptation plus qu'à la notoriété. Le porteur mexicain identifie rarement la marque. American Express complète le tableau sur un modèle tripartite, avec ses propres conditions. Le raisonnement de la CNA sur la disparition possible de Carnet indique la fonction que les autorités prêtent à cette marque. Elles y voient un instrument de pression tarifaire, dont la disparition retirerait au marché une option à bas coût.
Les meses sin intereses, un crédit gratuit payé par le commerçant
Les meses sin intereses désignent un fractionnement du paiement porté par le rail carte. L'émetteur avance le montant au porteur et l'étale sur trois, six, neuf ou douze mensualités à taux zéro, parfois davantage. Le prêteur est donc l'émetteur de la carte. Le risque de non-remboursement demeure chez lui. Le commerçant est réglé, puis se voit prélever une commission de différé qui s'ajoute à sa tasa de descuento habituelle. Un fractionnement vendu par un tiers financeur suit une autre répartition, dans laquelle le prêteur achète la créance et facture au commerçant une commission d'apport. Le prêteur étant ici l'émetteur, la promotion reste sur le rail carte de bout en bout. Elle se pilote donc chez l'acquéreur du commerçant, et non dans un contrat de financement distinct.
L'encours logé en meses sin intereses se répartit très inégalement selon les porteurs, et la moyenne d'ensemble en rend mal compte. À juin 2025, Banco de México comptait 26,52 millions de cartes dans son portefeuille comparable, dont 12,71 millions avaient pris une promotion à meses sin intereses. Sur l'ensemble, 27,2 % de l'encours était contracté sans intérêts, 23,6 % sous promotion à taux préférentiel et 49,2 % sans aucune promotion. La clientèle qui paie effectivement des intérêts, dite no-totalera, n'y loge que 12,7 % de son encours. Le dispositif est donc employé surtout par la clientèle qui n'emprunte jamais. Pour le commerçant, il agit comme un argument de conversion à l'achat. Son effet d'inclusion financière reste faible.
| Durée | Cartes des banques participantes | Cartes BBVA Bancomer |
|---|---|---|
| 3 mensualités | 4 % | 4 % |
| 6 mensualités | 7 % | 7 % |
| 9 mensualités | 9 % | 10 % |
| 12 mensualités | 12 % | 13 % |
| Montant minimum d'achat | 500 pesos | 500 pesos |
Le Buen Fin est l'opération commerciale annuelle du commerce de détail mexicain, et les relevés qui en sont tirés situent le fractionnement parmi les autres promotions. Lors du Buen Fin 2025, la Concanaco Servytur relevait dans ses résultats préliminaires que 31 % des commerces avaient proposé des meses sin intereses et 56 % des remises directes. Dans le même temps, 79 % des achats se réglaient par carte. La remise directe est donc plus répandue que le fractionnement, y compris au moment de l'année où celui-ci est le plus mis en avant. Le coût du dispositif se compare au chiffre d'affaires incrémental qu'il produit. Douze mensualités facturées douze points de commission de différé prélèvent une marge que la vente doit reconstituer. Cette compensation vient soit d'un panier moyen plus élevé d'autant, soit d'une vente qui n'aurait pas eu lieu.
Encaisser au Mexique, et sous quel statut
Le droit mexicain nomme les rôles de la chaîne d'acceptation. Ces noms emportent des conséquences contractuelles. Les Disposiciones de carácter general aplicables a las Redes de Medios de Disposición distinguent l'adquirente, l'agregador, la cámara de compensación, le titular de marca et le processeur. L'agrégateur est celui qui, sous un contrat de prestation conclu avec un acquéreur, offre l'acceptation des paiements par carte à des bénéficiaires de paiement. Il leur fournit le cas échéant le terminal. Il enregistre ses commissions auprès de Banco de México comme un acquéreur, et la CNBV supervise l'ensemble des participants aux réseaux. L'identité du cocontractant du commerçant, acquéreur ou agrégateur, détermine qui détient l'affiliation, qui porte le risque et qui peut modifier le barème appliqué.
| Statut | Ce qu'il autorise | Ce que cela change pour le commerçant |
|---|---|---|
| Adquirente | Affilier des commerces, régler les fonds, participer directement aux réseaux | Relation directe avec la chaîne carte, barème enregistré auprès de Banco de México |
| Agregador | Offrir l'acceptation sous contrat avec un acquéreur, fournir le terminal | Onboarding rapide, affiliation détenue par l'agrégateur, dépendance à son contrat amont |
| IFPE | Émettre, administrer et rembourser des fonds de paiement électronique, accéder au SPEI | Les fonds clients sont cantonnés mais ne bénéficient d'aucune garantie publique |
| Cámara de compensación | Commuter et compenser les paiements par carte | Prosa ou E-Global, sans choix alternatif |
Le statut d'institution de fonds de paiement électronique, ou IFPE, est né de la Ley para Regular las Instituciones de Tecnología Financiera, publiée au Diario Oficial le 9 mars 2018. L'agrément est délivré par la CNBV après avis du comité interinstitutionnel qui réunit la CNBV, Banco de México et le ministère des Finances. Le capital minimum se compte en UDI, unité indexée sur l'inflation, avec un socle de 500 000 UDI porté à 700 000 selon les opérations envisagées. Les fonds de la clientèle doivent être tenus dans des comptes ouverts auprès d'entités financières autorisées et séparés du patrimoine de l'établissement. Celui-ci ne verse aucun intérêt sur les soldes. Le nombre d'IFPE agréées change à chaque autorisation publiée, et seul le Padrón de Entidades Supervisadas de la CNBV fait foi.
L'encaissement compte-à-compte passe par le SPEI et se réconcilie par la CLABE, la clé bancaire standardisée à dix-huit chiffres obligatoire depuis le 1er juin 2004. Le schéma habituel attribue une CLABE virtuelle par commande ou par client. Le rapprochement devient automatique, sans dépendre du libellé saisi par le payeur. Banco de México a durci l'exigence sur l'expérience utilisateur avec la Circular 9/2026, publiée au Diario Oficial le 17 juin 2026. Elle ajoute à la Circular 14/2017 des guides d'expérience pour les virements depuis un appareil mobile. Les participants et participants indirects du SPEI doivent homogénéiser leurs parcours de virement, de DiMo, de CoDi et de QR au plus tard le 14 décembre 2026. L'obligation pèse sur le participant, et non sur l'intégrateur qui se raccorde à lui. Les parcours d'encaissement construits sur l'application d'un participant évoluent donc au calendrier retenu par celui-ci.
Le paiement en espèces au comptoir reste un canal de premier rang, et deux réseaux se le partagent selon des logiques différentes. OXXO Pay, exploité par FEMSA, s'appuie sur le maillage de supérettes du groupe. Paynet, opéré par Openpay au sein du groupe BBVA, revendique plus de 32 000 points de paiement répartis entre Walmart, Bodega Aurrera, 7-Eleven, Farmacias Benavides et Farmacias del Ahorro. Le choix entre les deux réseaux porte sur trois paramètres. Le premier est la couverture des points d'encaissement. Le deuxième est la structure du frais, forfaitaire par référence ou proportionnelle au montant, avec la durée de validité de la référence. Le troisième est le calendrier de reversement au commerçant, qui ne suit pas celui des flux carte.
- Exiger la décomposition de la tasa de descuento et le giro appliqué. Les cuotas de intercambio sont publiques ; un taux mélangé masque exactement la part négociable.
- Modéliser deux horloges d'encaissement. Le SPEI confirme en secondes, le comptoir en heures ou en jours, et un moteur de commande qui n'en connaît qu'une produit des libérations prématurées ou des paniers perdus.
- Réconcilier par référence unique, jamais par couple montant et date, sur tous les rails hors carte.
- Identifier le porteur des fonds à chaque étape. Banque, IFPE ou agrégateur : la réponse détermine la protection des clients finaux et l'exposition de celui qui encaisse.
- Inscrire la CLABE dans le modèle de données avec sa règle de contrôle, plutôt que dans un champ texte libre où elle finira tronquée.
Une plateforme étrangère devient collecteur d'impôt mexicain
Le Mexique impose depuis le 1er juin 2020 les services numériques rendus par des résidents à l'étranger sans établissement dans le pays. Le chapitre III BIS de la Ley del Impuesto al Valor Agregado organise ce régime. Une section générale couvre les articles 18-B à 18-I, une seconde les plateformes d'intermédiation, aux articles 18-J à 18-M. Le prestataire étranger n'ouvre pas de succursale. Il ne devient pas résident fiscal. Il s'inscrit au registre des contribuables, facture l'IVA à ses clients mexicains et la reverse au Trésor. Le régime traite donc une entité sans présence physique comme un collecteur. Il assortit cette qualité de sanctions qui n'ont pas d'équivalent en Europe.
- S'inscrire au RFC dans les trente jours suivant la première prestation de services numériques au Mexique, par la démarche 1/PLT du SAT.
- Désigner un représentant légal et un domicile fiscal au Mexique, par un acte notarié, sans que cela crée un établissement permanent.
- Obtenir l'e.firma, la signature électronique nécessaire pour émettre les CFDI que la clientèle peut exiger.
- Facturer l'IVA au taux de 16 % et afficher les prix taxe comprise, avec mention expresse de la taxe.
- Déclarer et payer mensuellement, au plus tard le 17 du mois suivant, et conserver les registres exigés.
Les plateformes d'intermédiation portent une obligation supplémentaire, celle de retenir l'impôt dû par leurs vendeurs. L'article 18-J de la LIVA impose de retenir 50 % de l'IVA facturé sur les opérations réalisées à travers la plateforme, et de le reverser au SAT. Il ne visait que les personnes physiques jusqu'au 1er janvier 2026, date à laquelle la Ley de Ingresos de la Federación a étendu la retenue aux personnes morales. Elle passe à 100 % lorsque le vendeur n'a pas communiqué son RFC. Elle atteint également 100 % quand la plateforme encaisse le prix et l'IVA pour le compte du vendeur et dépose ces fonds sur des comptes bancaires situés à l'étranger. Ce dernier cas est né d'une règle administrative, la 12.2.10 de la Resolución Miscelánea Fiscal pour 2024, applicable au 1er janvier 2025. La réforme de l'article 18-J l'a inscrit dans la loi elle-même au 1er janvier 2026. Le lieu de tenue du compte d'encaissement devient donc un paramètre fiscal, au même titre que le statut du vendeur et que la communication de son RFC.
| Situation du vendeur | Retenue d'IVA | Retenue d'ISR |
|---|---|---|
| Personne physique ayant communiqué son RFC | 50 % de l'IVA facturé | 2,5 % du produit brut encaissé |
| Personne physique sans RFC communiqué | 100 % de l'IVA facturé | 20 % du produit brut encaissé |
| Personne morale ayant communiqué son RFC | 50 % de l'IVA facturé | 2,5 % du produit brut, nouveau en 2026 |
| Encaissement déposé sur un compte à l'étranger | 100 % de l'IVA facturé | Règle générale applicable au vendeur |
Les articles 113-A à 113-D de la LISR organisent la retenue d'impôt sur le revenu opérée par la plateforme sur les revenus encaissés par ses vendeurs. Le régime a changé au 1er janvier 2026, sur son taux comme sur son champ d'application. Le taux applicable à la vente de biens et à la prestation de services est passé de 1 % à 2,5 % du produit brut. La retenue se calcule sans déduction et sans égard au résultat du vendeur. Les personnes morales entrent pour la première fois dans le champ, alors que le dispositif ne visait jusque-là que les personnes physiques. L'absence de RFC porte la retenue à 20 %. Ces taux figurent dans la loi et évoluent avec le paquet fiscal, ce qui les expose à une modification au 1er janvier de chaque exercice.
Ce régime s'articule enfin avec la facturation électronique mexicaine, qui existait bien avant lui. Le CFDI est certifié par le SAT ou par un Proveedor Autorizado de Certificación. Sa version 4.0 est la seule valide depuis la fin de sa coexistence avec la 3.3, le 31 mars 2023. Une plateforme étrangère assujettie émet donc des CFDI de retenue, en plus des factures que sa clientèle peut réclamer. L'inscription au RFC conditionne l'obtention de l'e.firma, sans laquelle aucun CFDI ne peut être émis, et la certification passe ensuite par le SAT ou par un PAC. Le calendrier du 17 court dès la première période déclarative. Aucun de ces éléments ne se met en place dans le mois où le marché s'ouvre.