Le socle institutionnel : RBI, NPCI, PRB
La National Payments Corporation of India (NPCI) est la société qui exploite l'infrastructure de paiement de détail indienne. Elle a été constituée le 21 décembre 2008 comme section 25 company, statut de société à but non lucratif devenu section 8 du Companies Act 2013. Elle est née d'une initiative conjointe de la Reserve Bank of India (RBI) et de l'Indian Banks' Association, sous l'empire du Payment and Settlement Systems Act, 2007. Elle comptait au départ 10 banques promotrices. Son actionnariat compte aujourd'hui 67 entités, banques publiques, privées, étrangères, coopératives, banques régionales rurales, small finance banks, payments banks et opérateurs de systèmes de paiement. L'Inde est le seul grand marché où l'infrastructure de paiement de détail est portée par une société unique à but non lucratif, sans consortium bancaire commercial ni schemes privés en concurrence.
UPI, IMPS, RuPay, NACH, AePS, Bharat Connect, FASTag et le switch ATM national relèvent tous du même opérateur. Un acteur étranger n'a donc pas à négocier scheme par scheme comme en Europe ou aux États-Unis. Le cadre applicable se compose des circulaires opérationnelles de la NPCI et, au-dessus d'elles, de la réglementation de la RBI. Cette réglementation a changé de gouvernance en 2025. Les Payments Regulatory Board Regulations, 2025, entrées en vigueur le 9 mai 2025, ont remplacé le Board for Regulation and Supervision of Payment and Settlement Systems (BPSS) par un Payments Regulatory Board (PRB). Ce board compte six membres, trois représentants de la RBI, dont le Gouverneur qui préside, et trois nommés par le gouvernement central. La réglementation des paiements relève désormais d'un organe où siègent des membres extérieurs à la banque centrale, alors que le BPSS était un comité interne à la RBI.
₹1,00,000 s'écrit pour cent mille roupies et ₹1,00,00,000 pour un crore. Un lakh crore vaut 10¹² roupies, soit mille milliards. La confusion entre ₹5 lakh et ₹5 crore dans un paramétrage de plafond est l'erreur d'intégration la plus banale et la plus coûteuse sur ce marché. Deux ordres de grandeur servent de repère, ₹1 lakh crore ≈ 12 Md USD et ₹1 crore ≈ 120 000 USD, aux taux de change de 2026.1 lakh = 100 000 = 1e5 ecrit ₹1,00,000
1 crore = 10 000 000 = 1e7 ecrit ₹1,00,00,000
1 lakh crore = 1 000 000 000 000 = 1e12 ecrit ₹1,00,000 crore
Exemples reels :
UPI, juillet 2026 : ₹29,88 lakh crore = 2,988e14 ₹ (~360 Md USD)
RTGS, annee 2025 : ₹2 206 lakh crore = 2,206e17 ₹ (regl. de gros)
Plafond UPI P2P : ₹1 lakh / jour = 1e5 ₹ (~1 200 USD)| Acteur | Rôle | Ce qu'il faut en retenir |
|---|---|---|
| Reserve Bank of India (RBI) | Banque centrale, régulateur des systèmes de paiement, opérateur de RTGS, NEFT et du Cheque Truncation System | Elle régule et exploite. Les circulaires du Department of Payment and Settlement Systems (DPSS) font loi |
| Payments Regulatory Board (PRB) | Board statutaire créé par les PRB Regulations, 2025 (en vigueur le 9 mai 2025) | Remplace le BPSS ; six membres, trois RBI dont le Gouverneur, trois nommés par l'État central |
| NPCI | Opérateur de UPI, IMPS, RuPay, NACH, AePS, NETC/FASTag, NFS | Société sans but lucratif détenue par 67 entités. Ses circulaires opérationnelles ont valeur contractuelle pour les participants |
| NPCI International Payments Ltd (NIPL) | Filiale d'export : acceptation de RuPay et d'UPI hors d'Inde, vente de la pile logicielle à des pays tiers | Interlocuteur obligatoire pour toute acceptation UPI à l'étranger |
| NPCI Bharat BillPay Ltd (NBBL) | Filiale exploitant Bharat Connect (ex-Bharat Bill Payment System) | Le rail de facturation interopérable : un facturier se raccorde une fois, il devient payable depuis toutes les apps |
| UIDAI | Autorité de l'identité Aadhaar (Aadhaar Act, 2016) | Fournit l'authentification biométrique et l'e-KYC dont dépendent l'AePS, l'APBS et l'onboarding bancaire |
UPI : l'architecture du rail
Unified Payments Interface (UPI), opéré par la NPCI depuis 2016 sous mandat RBI, est un rail de virement instantané de compte à compte. L'adressage se fait par proxy plutôt que par numéro de compte et code IFSC, ce proxy prenant la forme d'une Virtual Payment Address écrite nom@banque, d'un numéro de mobile, d'un QR ou d'un identifiant marchand. Les fonds ne quittent jamais les comptes bancaires. Le parcours standard ne fait intervenir ni monnaie électronique, ni float, ni détenteur de fonds intermédiaire. Le règlement final s'opère en monnaie centrale via le RTGS de la RBI, ouvert 24×7 depuis décembre 2020.
L'architecture d'UPI sépare l'application que l'utilisateur manipule de la banque qui tient son compte. Une Third-Party Application Provider (TPAP), telle que PhonePe, Google Pay, Paytm ou BHIM, fournit l'interface sans être émetteur ni teneur de comptes. Elle s'appuie sur une PSP bank sponsor, seule participante directe au rail. Un marchand qui « intègre UPI » se raccorde donc à un agrégateur ou à une banque, et jamais à la NPCI en direct. Cette séparation détermine qui porte la licence, qui porte les fonds et qui porte la responsabilité KYC. Un dossier d'intégration indien commence par l'identification de ces trois rôles.
| Cas d'usage | Plafond | Base |
|---|---|---|
| P2P (particulier à particulier) | ₹1 lakh par jour | Plafond NPCI de référence, inchangé |
| P2M catégories vérifiées (assurance, marchés de capitaux, voyage, recouvrements, Government e-Marketplace) | ₹5 lakh par transaction, ₹10 lakh cumulés par 24 h | Circulaire NPCI du 28 août 2025, effective au 15 septembre 2025 |
| Éducation, santé, impôts, IPO et catégories assimilées | jusqu'à ₹5 lakh par transaction | Relèvements catégoriels successifs RBI/NPCI |
| UPI Lite (porte-monnaie embarqué, sans PIN) | ₹1 000 par transaction, solde maximal ₹5 000 | NPCI, 2025 (hors du décompte du plafond principal) |
| UPI 123PAY (téléphone sans smartphone, IVR) | ₹10 000 par transaction | Relèvement annoncé par la RBI en décembre 2024 |
| Nouvel identifiant UPI ou compte fraîchement lié | ₹5 000 pendant les 24 premières heures | Mesure anti-fraude standard du rail |
Encaisser en Inde : agrégateurs, licences, escrow
L'encaissement d'un paiement indien passe par une chaîne d'intermédiaires dont aucun marchand étranger ne peut s'affranchir. La chaîne réelle emprunte le trajet marchand → agrégateur de paiement (PA) ou banque acquéreuse → PSP bank → NPCI → banque du payeur. L'agrégateur de paiement y porte la charge juridique. Son statut a été entièrement refondu par les Reserve Bank of India (Regulation of Payment Aggregators) Directions, 2025, publiées le 15 septembre 2025, qui remplacent le régime issu des lignes directrices de 2020. L'activité d'agrégation y est scindée en trois catégories, chacune soumise à une autorisation distincte.
| Catégorie | Périmètre | Point d'attention |
|---|---|---|
| PA-O | Agrégation de paiements en ligne (e-commerce, applications) | Le régime historique de 2020, désormais codifié dans les Directions |
| PA-P | Agrégation en présentiel : le terminal d'acceptation et l'instrument sont physiquement en proximité | Nouveauté majeure, l'acquisition en magasin par un non-banquier entre dans le champ d'autorisation |
| PA-CB | Agrégation de paiements transfrontaliers pour des opérations de compte courant | Comptes dédiés Inward Collection Account (InCA) et Outward Collection Account (OCA), distincts de l'escrow domestique |
- Fonds propres : ₹15 crore au dépôt de la demande, ₹25 crore au terme du troisième exercice, à maintenir ensuite.
- Cantonnement : les fonds marchands transitent par un *compte escrow ouvert auprès d'une Scheduled Commercial Bank en Inde* ; les fonds propres de l'agrégateur n'y ont pas leur place.
- Diligence client : due diligence des marchands selon la Master Direction on KYC, 2016, consultation du registre central, contrôles de fond et surveillance des transactions ultérieures.
- Reporting : statistiques de transaction mensuelles à la RBI, attestation trimestrielle d'auditeur sur le fonctionnement de l'escrow, certificat annuel de fonds propres et rapport d'audit de cybersécurité.
- Calendrier de bascule : dépôt de la demande au plus tard le 31 décembre 2025 ; à défaut, cessation de l'activité d'agrégation au 28 février 2026.
Le pay-in/pay-out émergent désigne le service par lequel un prestataire encaisse dans les moyens de paiement d'un pays donné, puis reverse au marchand dans une devise forte. Un marchand global qui préfère ne pas constituer d'entité indienne emprunte habituellement cette voie. Un prestataire comme dLocal encaisse en moyens de paiement locaux, UPI, cartes RuPay et net banking, et rapatrie en devise forte. Ce métier relève d'une grille tarifaire et de contraintes de change propres, distinctes de celles que porte un contrat acquéreur.
La MDR nulle et l'économie de l'acceptation
La MDR (merchant discount rate) désigne la commission que le commerçant verse à sa chaîne d'acceptation sur chaque paiement encaissé. L'Inde est le seul grand marché à avoir mis la commission commerçant à zéro par la loi sur son rail national et sur son scheme domestique de débit. Depuis le 1er janvier 2020, en application de la section 269SU de l'Income-tax Act 1961, la MDR est réglementairement nulle sur les cartes de débit RuPay et sur BHIM-UPI. La loi interdit de facturer cette commission, au lieu de la plafonner ou d'en laisser le niveau au marché. L'effet porte sur la structure de l'émission. L'émission de débit RuPay n'a plus de modèle économique côté émetteur. Elle n'existe que par la contrainte réglementaire et l'incitation publique, exactement l'inverse du modèle Visa/Mastercard, où l'émetteur se rémunère sur l'interchange prélevé sur la commission commerçant.
| Instrument | Coût pour le commerçant | Qui perçoit |
|---|---|---|
| UPI de compte à compte (le cas standard) | Nul jusqu’à ₹2 000, puis 0,40 % au-delà à partir du 15 octobre 2026 | Jusqu’à ₹2 000, personne. Au-delà : émetteur 40 %, acquéreur 30 %, application UPI 20 %, banque de l’application 10 % |
| Carte de débit RuPay | Nul, MDR réglementaire à zéro | Personne. L'interchange est supprimé par la loi |
| Cartes de débit Visa / Mastercard | MDR négocié | Émetteur, réseau, acquéreur (régime distorsif par rapport à RuPay) |
| Wallet (PPI) présenté sur UPI | Interchange de 1,1 % au-delà de ₹2 000, nul en deçà | Émetteur du wallet, depuis le 1er avril 2023 (circulaire NPCI) |
| Carte de crédit RuPay liée à UPI | Interchange applicable au-delà de ₹2 000, nul en deçà ; barème fixé par la NPCI | Émetteur, réseau, acquéreur. C'est le seul crédit scannable en QR |
| Cartes de crédit Visa / Mastercard | MDR négocié, régime de droit commun | Chaîne carte classique |
Le rail ne facturant rien au commerçant, son coût est financé en dehors de la transaction. L'État s'en charge par un programme d'incitation reconduit chaque exercice, qui compense les banques et les acquéreurs sur les transactions BHIM-UPI de faible montant. La soutenabilité de ce montage constitue le principal sujet de débat du marché indien des paiements. En mars-avril 2026, la commission parlementaire permanente des Finances a recommandé de rétablir une MDR pour les grands commerçants, jugeant que son absence rend l'écosystème financièrement intenable. Les pistes évoquées visent les marchands au-dessus d'un seuil de chiffre d'affaires et les transactions au-dessus de ₹2 000, et laissent les petits commerçants et les consommateurs à l'écart. Le ministère des Finances avait alors démenti tout projet arrêté. La NPCI a tranché le 15 septembre 2026, avec une commission applicable au 15 octobre 2026.
RuPay, le co-badgeage et le déclin du débit
RuPay, lancé par la NPCI en 2012, est le scheme carte domestique indien. Plus de 760 millions de cartes RuPay tous produits confondus avaient été émises selon la NPCI en 2024. Le parc indien comptait 1 005,2 millions de cartes de débit et 111,2 millions de cartes de crédit en circulation en juin 2025 (RBI, Payment System Report). L'évolution des usages y compte davantage que celle du parc émis. Le débit s'effondre. Le volume des transactions par carte de débit est passé de 408 crore à 133 crore entre 2021 et 2025, soit un recul annuel moyen de 24,4 % (RBI, Payment Systems Report 2026). Le crédit, lui, progresse de 27 % par an. Ce recul du débit tient à la substitution par UPI, qui rend le même service de paiement de compte à compte sans commission pour le commerçant et sans instrument physique à présenter.
RuPay Credit Card on UPI désigne le dispositif par lequel une carte de crédit RuPay se rattache à un identifiant UPI et se règle par scan d'un QR commerçant, l'authentification passant par le code UPI. Le commerçant encaisse du crédit sur un QR, sans terminal. Le dispositif est délimité de façon restrictive, puisque le retrait chez le commerçant, les transferts P2P et les paiements de carte à carte en sont exclus, et que les plafonds UPI standard s'y appliquent. Aucun équivalent Visa ou Mastercard n'existe sur ce rail. Cette exclusivité fonctionnelle explique la percée de RuPay sur le crédit, estimée autour de 16 à 18 % de part de marché en 2025 par des sources secondaires non recoupées.
| Circulaire RBI sur le choix du réseau (Inde) | Article 8 de l'IFR (Union européenne) | |
|---|---|---|
| Objet régulé | Le contrat entre l'émetteur et le réseau | Le support : la carte porte deux applications |
| Ce qui est interdit | Les accords d'exclusivité émetteur-réseau | L'empêchement de co-badger et le blocage du choix au point de vente |
| Ce que choisit le client | Un réseau, à l'émission et au renouvellement | L'application à utiliser, transaction par transaction |
| Application | Depuis le 6 septembre 2024, après un projet de circulaire du 5 juillet 2023 | Depuis l'entrée en application du règlement interchange |
| Effet sur le routage | Pas de routage dynamique : le réseau est fixé à l'émission | Routage possible au point de vente selon le choix exprimé |
- National Common Mobility Card (NCMC), depuis 2019 : carte transport ouverte et interopérable entre réseaux urbains, adossée à RuPay avec un porte-monnaie hors ligne, soit le modèle open loop transit indien, observé par plusieurs pays de la zone.
- NETC / FASTag, depuis 2016 : péage RFID interopérable, obligatoire sur les autoroutes nationales, adossé à des instruments prépayés. Rail fermé mais massif, il a servi de terrain d'apprentissage à la RBI sur la régulation des PPI.
- National Financial Switch (NFS), transféré de l'IDRBT à la NPCI en 2009 : le switch ATM interbancaire national. Invisible dans les analyses, il porte pourtant l'interopérabilité de tout le parc de distributeurs.
- e-RUPI, depuis 2021 : bon d'achat numérique à usage affecté, distribué par SMS ou QR, sans compte ni application côté bénéficiaire, précurseur conceptuel de la programmabilité testée aujourd'hui sur la monnaie numérique de banque centrale.
Aadhaar, AePS et les rails d'inclusion
Aadhaar est l'identifiant à 12 chiffres délivré par l'UIDAI, l'autorité indienne de l'identité, assorti d'une authentification biométrique et démographique en ligne. Il constitue la couche d'identité sur laquelle repose le paiement indien, et dont les marchés occidentaux ne disposent pas. Il alimente l'e-KYC bancaire ainsi que la seeding des comptes, l'opération qui rattache un compte bancaire à un numéro Aadhaar pour l'exécution des transferts sociaux. Il porte enfin deux rails de paiement à part entière, AePS pour l'encaissement de proximité et APBS pour les versements de masse.
L'Aadhaar Enabled Payment System (AePS), opéré par la NPCI depuis 2011, autorise un retrait, un dépôt, une consultation de solde ou un paiement par empreinte digitale chez un correspondant bancaire, sans carte ni téléphone. Ce rail porte l'inclusion rurale du pays, l'authentification biométrique dispensant l'usager de détenir un instrument de paiement. Il donne également lieu à des fraudes documentées, sous la forme d'usurpations d'identité, de captations de données biométriques et de détournements par des opérateurs de point de service.
Côté versements, le National Automated Clearing House (NACH) de la NPCI porte les transferts sociaux directs par l'intermédiaire de l'Aadhaar Payment Bridge System (APBS). L'adressage y distingue ce rail des autres, puisque le bénéficiaire est identifié par son numéro Aadhaar et non par un numéro de compte. L'État paie ainsi des centaines de millions de personnes sans tenir lui-même de référentiel bancaire à jour, la correspondance entre l'identifiant et le compte étant maintenue par la NPCI. Aucun autre pays n'opère un rail de subventions à cette échelle sur un adressage par identité.
Les paiements récurrents : NACH, e-NACH, UPI AutoPay
Un mandat de paiement récurrent est l'autorisation par laquelle un payeur permet à un créancier de prélever son compte à échéances répétées. En Inde, l'abonnement, l'échéance de crédit (EMI), la prime d'assurance et le plan d'investissement programmé (SIP) reposent sur deux familles de mandats. NACH, opéré par la NPCI, est le rail de compensation de masse pour les prélèvements récurrents et les versements. Sa version dématérialisée, l'e-NACH, enregistre un mandat en ligne via Aadhaar, net banking ou carte de débit, sans papier ni signature manuscrite. UPI AutoPay est l'équivalent sur le rail UPI. Le mandat y est adossé à l'identifiant UPI du payeur et exécuté par le switch.
| e-NACH (rail NACH) | UPI AutoPay (rail UPI) | |
|---|---|---|
| Adressage | Compte bancaire du payeur (numéro + IFSC) | Identifiant UPI (VPA) du payeur |
| Enrôlement | Aadhaar, net banking ou carte de débit (parcours plus long) | Dans l'application UPI, en quelques secondes |
| Exécution | Compensation par lots à règlement net | Débit sur le rail instantané |
| Cas d'usage naturel | Montants élevés, EMI, primes, SIP, salaires et subventions (APBS) | Abonnements grand public, petits montants récurrents |
| Échec de prélèvement | Rejet géré dans le cycle NACH, relance à programmer | Rejet immédiat, relance possible dans la journée |
| Dynamique du marché | Valeur en forte croissance sur NACH Débit (~27 % par an, analyse NPST d'après RBI, 2026) | Croissance portée par l'adoption d'UPI |
Le cadre juridique de ces mandats a été entièrement réécrit le 21 avril 2026. Le Digital Payments – E-mandate Framework, 2026 (circulaire RBI/CO.DPSS.POLC.No.S56/02.14.003/2026-27) abroge et consolide en un texte unique les circulaires accumulées entre 2019 et 2024. Il s'applique de la même façon aux cartes, à UPI et aux instruments prépayés (PPI), pour les transactions récurrentes domestiques et transfrontalières. Il est entré en vigueur immédiatement.
- La première transaction d'un mandat exige toujours une authentification forte (AFA). Aucune exception.
- Au-delà, l'AFA n'est pas requise jusqu'à ₹15 000 par transaction. Au-dessus, elle redevient obligatoire au moment du débit.
- Seuil relevé à ₹1 lakh par transaction pour trois catégories : primes d'assurance, souscriptions de fonds communs de placement, règlements de relevés de carte de crédit.
- Pré-notification obligatoire au moins 24 heures avant chaque débit, portant le nom du bénéficiaire, le montant, la date et l'heure du prélèvement, la référence du mandat et le motif.
- Faculté de refus transaction par transaction et de révocation du mandat, sous validation par authentification forte.
- Interdiction de facturer au client l'usage du service d'e-mandat, et obligation d'une notification post-débit portant les voies de réclamation.
- Dispositif de traitement des litiges et de réclamation à mettre en place par l'entité collectrice.
Tokenisation, authentification, localisation des données
Trois obligations structurent la conformité technique d'un acteur du paiement en Inde, et aucune n'a d'équivalent exact ailleurs. La première est la tokenisation obligatoire des données carte, la deuxième l'authentification à deux facteurs avec facteur dynamique, la troisième la localisation intégrale des données de paiement sur le territoire. Ces trois obligations sont opposables et se cumulent avec la norme PCI DSS, dont elles restent indépendantes.
Le rapport annuel 2025-26 de la RBI, publié en mai 2026, recense 10 114 cas de fraude pour ₹48 021 crore déclarés par les banques et institutions financières sur l'exercice. L'exercice précédent en comptait 23 722, pour ₹32 803 crore. Le nombre de cas diminue alors que les montants augmentent nettement, sous l'effet de la régularisation de dossiers anciens. La RBI a indiqué étudier l'introduction délibérée de frictions dans les parcours de paiement, pour contrer la fraude par transaction autorisée, où le payeur valide lui-même un paiement au bénéfice du fraudeur. Elle explore aussi un mécanisme universel de blocage immédiat de tous les débits d'un compte sur l'ensemble des canaux numériques.
- Vérifier avant de contracter : la licence exacte du prestataire (PA-O, PA-P, PA-CB) et sa date d'obtention, sachant que les non-déposants au 31 décembre 2025 devaient cesser au 28 février 2026.
- Vérifier l'implantation : localisation effective des serveurs de traitement et de stockage, et non seulement le siège du fournisseur.
- Vérifier la redondance bancaire : une PSP bank unique est un risque de continuité, la fin de Paytm Payments Bank l'a démontré.
- Vérifier le parcours d'authentification : conformité aux Directions de septembre 2025 depuis le 1er avril 2026, et notamment l'existence d'un facteur dynamique autre que l'OTP par SMS.
- Vérifier les mandats : pré-notification à 24 heures effectivement implémentée, avec faculté de refus, sur le rail choisi.
UPI hors d'Inde : acceptation, liaisons, export de la pile
L'internationalisation du rail indien est conduite par NPCI International Payments Limited (NIPL), filiale d'export de la NPCI. Elle recouvre trois métiers différents, qui n'engagent ni les mêmes contreparties ni les mêmes contrats. Le premier est l'acceptation d'UPI à l'étranger pour les voyageurs indiens. Le deuxième est la liaison entre deux systèmes instantanés nationaux pour les transferts de personne à personne. Le troisième est la vente de la pile logicielle à un pays tiers qui veut son propre rail.
| Modèle | Ce que c'est | Qui l'utilise | Ce qu'il exige d'un acteur local |
|---|---|---|---|
| Acceptation | Un commerçant étranger accepte le QR UPI d'un voyageur indien ; le règlement se fait en monnaie locale | Voyageurs et diaspora indiens | Un accord d'acquisition local avec NIPL et un partenaire domestique (par exemple Lyra en France, ACLEDA Bank au Cambodge) |
| Liaison de systèmes | Deux rails instantanés nationaux s'interconnectent pour les transferts de personne à personne | Corridors de transferts de fonds | Un accord de banque centrale à banque centrale ; la liaison UPI–PayNow entre l'Inde et Singapour en est la référence |
| Export de la pile | NIPL construit ou fournit l'architecture d'un système instantané national à un pays tiers | Banques centrales de pays sans rail instantané | Un contrat d'infrastructure souveraine ; le modèle économique n'est plus l'acceptation mais la licence logicielle |
L'acceptation d'UPI s'étend par accords bilatéraux successifs, conclus avec le Bhoutan, le Népal, le Sri Lanka, Maurice, les Émirats arabes unis, Singapour, le Qatar, Oman et la France. Le Cambodge s'y est ajouté plus récemment, via un partenariat NIPL–ACLEDA Bank en juin 2026. L'ordre de grandeur, une dizaine de pays à la mi-2026, décrit une couverture pour voyageurs indiens, pas un réseau d'acceptation mondial. Un commerçant établi hors d'Inde qui installe le QR UPI s'adresse donc aux seuls porteurs d'un compte indien de passage, et non à la clientèle de son marché domestique.
La monnaie numérique de banque centrale (MNBC) forme le dernier volet du dossier indien. Le pilote e₹ (Digital Rupee) de la RBI a été ouvert en 2022 en groupe fermé, avec 13 banques et 26 villes à l'origine. Il comptait ₹771,7 crore en circulation au 31 mars 2026, en baisse de 24 % sur un an (RBI, rapport annuel 2025-26). Cette contraction mesure la difficulté du pilote. Dans un pays où UPI est gratuit, instantané et universel, la MNBC de détail ne trouve pas de justification économique. Les usages encore explorés sont la programmabilité ciblée, avec des subventions au Gujarat, à Puducherry et à Chandigarh, et l'usage transfrontalier de gros.