Une infrastructure, un opérateur, une banque centrale
L'infrastructure de paiement égyptienne désigne l'ensemble des systèmes qui compensent et règlent les ordres échangés entre les banques du pays. Une seule entreprise exploite presque toute l'infrastructure de place, l'Egyptian Banks Company (EBC), sous l'égide de la Central Bank of Egypt (CBE). Elle opère le scheme carte Meeza, le rail instantané IPN dont l'application grand public s'appelle InstaPay, la chambre de compensation EG-ACH et le commutateur GAB national sous la marque d'acceptation « 123 ». Le règlement final intervient dans le RTGS de la CBE, en livres égyptiennes, et l'opérateur de place tient les quatre maillons qui le précèdent. Une même entité technique exploite donc quatre rails sur cinq. Le cinquième est celui de la banque centrale.
L'État égyptien intervient sur ce marché à deux titres, comme régulateur et comme payeur. Salaires publics, pensions et subventions sont versés sur cartes Meeza, ce qui a constitué une base porteurs en six ans sans qu'aucun commerçant ait eu à convaincre un client d'ouvrir un compte. La détention d'un instrument de paiement a progressé plus vite que sa fréquence d'emploi. L'espèce reste le moyen de paiement du quotidien, et le contre-remboursement structure encore le e-commerce. Le marché égyptien associe une infrastructure numérique dense et une pratique d'achat restée largement fiduciaire.
| Fonction | Système | Exploitant | Depuis |
|---|---|---|---|
| Règlement de gros montant | RTGS en livres égyptiennes | Central Bank of Egypt | – |
| Compensation de masse | EG-ACH, crédits et débits interbancaires ; salaires, fournisseurs, versements publics, pensions | Egyptian Banks Company, mandatée par la CBE | Étendu au multidevises (dollar et euro) en avril 2022 |
| Virement instantané | IPN (Instant Payment Network), application grand public InstaPay | Egyptian Banks Company pour la CBE | 2022 |
| Scheme carte domestique | Meeza, cartes prépayées et cartes de débit | Egyptian Banks Company | 2019 (réseau Meeza Digital dès 2018) |
| Commutation GAB | National Switch, marque d'acceptation « 123 » | Egyptian Banks Company pour la CBE | Antérieur à Meeza |
| Collecte physique et facturier | Fawry, Aman et les réseaux d'agents | Opérateurs privés agréés | Fawry 2008, Aman 2016 |
Meeza : un scheme carte bâti par la commande publique
Meeza est le scheme carte national égyptien, développé et exploité par l'Egyptian Banks Company sous l'égide de la CBE. La carte est lancée en 2019, sur un socle technique qui la précède. Le réseau Meeza Digital, ouvert en 2018, porte les portefeuilles mobiles et le QR d'acceptation, dont l'usage a été étendu aux administrations en décembre 2019. Deux produits carte coexistent, une carte prépayée et une carte de débit, adossées à des comptes bancaires ou à des comptes d'inclusion financière, ces derniers ouvrant l'instrument à des titulaires que la bancarisation classique n'atteignait pas.
La croissance du parc procède d'une décision publique plutôt que d'une adoption spontanée par les porteurs. La banque centrale a fait de Meeza le canal de versement des salaires publics, des pensions et des subventions, et le parc a atteint plus de 43,5 millions de cartes en juin 2025 (Central Bank of Egypt, 2025). D'autres États de la région ont déployé leur scheme domestique par le même canal étatique. Un commerçant qui n'accepte pas Meeza exclut la partie la plus large de la base porteurs. Sont concernés en premier lieu les ménages qui ne détiennent aucune carte internationale et dont le salaire ou la pension arrive sur cet instrument.
| Meeza | Visa / Mastercard émises en Égypte | |
|---|---|---|
| Portée | Domestique. La carte n'est pas acceptée hors d'Égypte | Domestique et internationale |
| Base porteurs | Plus de 43,5 M de cartes à juin 2025 (CBE), largement alimentée par les versements publics | Concentrée sur la clientèle bancarisée urbaine et les segments à revenus supérieurs |
| Commutation | Domestique, par le National Switch de l'EBC | Autorisation routée vers les réseaux internationaux |
| Cas d'usage porteur | Salaires, pensions, subventions, achats de proximité, e-commerce domestique, QR | Achats domestiques et transfrontaliers, voyage, abonnements internationaux |
| Effet pour le marchand | Indispensable pour couvrir la base porteurs de masse | Indispensable pour la clientèle qui achète hors d'Égypte, et pour les touristes |
| Limite à connaître | Aucune acceptation à l'étranger : inutile pour un marchand qui facture depuis une entité non égyptienne | Le porteur se heurte aux plafonds de dépense en devises fixés par sa banque |
L'acceptation carte se développe par deux voies distinctes. La première est l'équipement matériel des points de vente. Le parc de terminaux dépasse 1,3 million d'unités et le réseau de guichets automatiques approche 26 000 machines, selon les chiffres de place relayés en 2025 et 2026 par la presse spécialisée égyptienne. La seconde voie coûte moins cher au commerçant, puisque la CBE a autorisé l'acceptation sans terminal dédié. Le soft POS et la tokenisation, traités plus bas, en relèvent.
InstaPay et l'IPN : le rail instantané et ses plafonds
L'Instant Payment Network (IPN) est le rail de virement instantané égyptien, exploité par l'Egyptian Banks Company pour la CBE et ouvert en 2022. Les particuliers accèdent à l'IPN par InstaPay, son application grand public. L'adressage ne passe pas par le numéro de compte. Le payeur saisit un alias, l'IPA (Instant Payment Address) ou le numéro de téléphone du bénéficiaire, ou lit un QR. Le bénéficiaire n'a donc pas à communiquer son numéro de compte au payeur. À juin 2025, la CBE recense plus de 16 millions d'utilisateurs et plus de 1,1 milliard de transactions pour 2 400 milliards EGP. Ces volumes ont été atteints en trois ans, soit l'adoption la plus rapide d'Afrique du Nord.
| Paramètre | Valeur | Source et date |
|---|---|---|
| Plafond par opération | 70 000 EGP | Central Bank of Egypt, relayé par le State Information Service, 2025 |
| Plafond journalier | 120 000 EGP | Central Bank of Egypt, relayé par le State Information Service, 2025 |
| Plafond mensuel | 400 000 EGP | Central Bank of Egypt, relayé par le State Information Service, 2025 |
| Assiette des plafonds | Par compte bancaire lié à l'application ; les plafonds ne se cumulent pas d'un compte à l'autre | Central Bank of Egypt, 2025 |
| Frais de transfert | 0,1 % du montant, minimum 0,50 EGP, maximum 20 EGP, depuis avril 2025 | Presse économique égyptienne, mars 2025 |
| Consultations de solde | 10 interrogations ou mini-relevés gratuits par mois, puis 0,50 EGP l'unité | Presse économique égyptienne, 2025 |
La tarification d'InstaPay a changé de régime en 2025. Le rail a d'abord été gratuit pour les particuliers, la CBE prorogeant l'exemption par décrets successifs dont le dernier, publié le 30 décembre 2024, valait pour une période de trois mois renouvelable. La gratuité a pris fin en avril 2025, remplacée par une commission de 0,1 %, plancher 0,50 EGP, plafond 20 EGP. Le plafond de 20 EGP détermine le coût d'un encaissement de montant élevé, puisqu'au-delà de 20 000 EGP la commission devient fixe et son poids en pourcentage décroît à mesure que le panier grossit. La commission d'acquisition carte reste proportionnelle au montant, de sorte que son poids relatif ne diminue pas avec la taille du panier.
Vodafone Cash, Etisalat Cash et le modèle adossé aux banques
Le portefeuille mobile égyptien est un compte de paiement tenu par une banque et distribué sous la marque d'un opérateur télécom. La CBE encadre ces services depuis ses règles sur les services de paiement mobile, dont la deuxième version a été approuvée en novembre 2016. Le portefeuille est émis par une banque. L'opérateur télécom apporte le canal, la marque et le réseau de distribution. Le même texte a imposé l'interopérabilité entre schémas, avec un délai de six mois pour la mettre en œuvre. Un utilisateur peut donc payer le détenteur d'un autre portefeuille, quelle que soit la marque télécom qui figure sur chacun des deux.
La CBE publie un agrégat national des portefeuilles mobiles, indépendant de la marque sous laquelle ils sont distribués. Elle recense 55,5 millions de portefeuilles mobiles tous émetteurs à juin 2025, pour 1,4 milliard de transactions et plus de 1 800 milliards EGP. Ce parc est concentré sur un émetteur. Vodafone Cash rassemblerait environ 55 % des portefeuilles, 78 % des transactions et 81 % de la valeur au deuxième trimestre 2025, selon des données de marché relayées par la presse spécialisée. Ces chiffres n'ont pas le statut d'une statistique de banque centrale, et se citent avec la réserve qui s'attache à une source de presse. Ils donnent l'ordre de grandeur d'une domination réelle, dont dépend le choix du premier portefeuille raccordé dans un plan d'acceptation.
| Bénéficiaire | Plafond journalier | Plafond mensuel |
|---|---|---|
| Particuliers | 60 000 EGP (contre 30 000 EGP auparavant) | 200 000 EGP (contre 100 000 EGP) |
| Micro-entreprises titulaires d'une licence | 80 000 EGP (contre 40 000 EGP) | 400 000 EGP (contre 200 000 EGP) |
| Micro-entreprises sans licence, travailleurs indépendants | 60 000 EGP (contre 30 000 EGP) | 200 000 EGP (contre 100 000 EGP) |
Le cash-in, le contre-remboursement et l'économie réelle du e-commerce
Le comportement de paiement des acheteurs égyptiens diverge de l'équipement technique disponible. Une étude de Crowd Analyzer portant sur 2024-2025, relayée par Ahram Online, relève que 90 % des consommateurs égyptiens déclarent préférer le paiement à la livraison. La mesure porte sur une préférence déclarée et non sur une part de marché, distinction qui interdit d'en tirer directement un taux de contre-remboursement. La proportion reste assez élevée pour commander l'organisation logistique et financière d'un e-commerçant plus sûrement que le catalogue des rails disponibles. Deux canaux répondent à cette préférence, la collecte en espèces chez un agent avant l'expédition et le contre-remboursement au moment de la livraison. Leur coût et leur risque diffèrent.
La collecte en espèces chez un agent désigne un encaissement effectué avant expédition, dans un réseau de points de vente physiques raccordés à un agrégateur. Un client commande en ligne, obtient un code de référence, et va payer en espèces chez un commerçant de quartier raccordé à ce réseau. Le marchand reçoit de la monnaie scripturale. La commande n'est expédiée qu'après encaissement effectif du paiement. Le modèle Fawry, dupliqué depuis par Aman, transforme un client non bancarisé en client prépayé, sans exposer le vendeur au risque de non-paiement.
| Canal | Coût pour le marchand | Délai d'encaissement | Risque principal |
|---|---|---|---|
| Carte Meeza / internationale | Commission d'acquisition, négociée avec le PSP ou la banque | Quelques jours ouvrés selon le contrat | Rétrofacturation et fraude, ratios scheme à surveiller |
| InstaPay | 0,1 %, plafonné à 20 EGP, donc coût fixe au-delà de 20 000 EGP | Immédiat, fonds finaux | Aucune rétrofacturation ; les plafonds provoquent des échecs silencieux |
| Portefeuille mobile | Commission d'acceptation propre à l'émetteur | Selon le contrat d'acceptation | Plafonds journaliers et mensuels, et concentration sur un émetteur dominant |
| Cash-in par code de référence | Commission de l'agrégateur, en pourcentage ou forfaitaire selon le facturier | Reversement périodique après paiement effectif | Abandon du panier avant paiement, expiration du code |
| Contre-remboursement | Frais de collecte du transporteur, en sus du prix de livraison | Livraison, puis reversement du transporteur : plusieurs semaines de délai moyen d'encaissement | Refus à la porte, coût du transport aller-retour, et risque de crédit sur le transporteur qui détient les espèces |
Acquisition, acceptation et obligations fiscales à l'encaissement
Le marché égyptien de l'acquisition s'est structuré autour de quelques acteurs, tous agréés localement. Fawry domine la collecte et le facturier. Paymob exerce sous licence Payments Facilitator de la CBE, obtenue dès 2018, et couvre l'acceptation en ligne et en magasin. Geidea et PayTabs, venus du Golfe, visent la même clientèle. Côté banques, National Bank of Egypt, Banque Misr, CIB et QNB Alahli concentrent les contrats d'acquisition et les émissions de cartes.
Deux décisions de la CBE ont récemment abaissé le coût d'entrée à l'acceptation. La première est la tokenisation des cartes sur applications mobiles, encadrée par un règlement de 2023. Elle a été lancée le 10 décembre 2024 avec Apple Pay, aux côtés de la National Bank of Egypt, de Banque Misr et de CIB. L'extension aux terminaux Android a été annoncée par la CBE en septembre 2025. La seconde est le soft POS. Il transforme un smartphone en terminal d'acceptation sans contact. La banque centrale en a annoncé le lancement officiel le 1er février 2026, après une phase pilote plafonnée à 600 EGP par transaction. La levée de ce plafond étend l'outil aux paniers de montant courant, alors que la phase pilote le réservait aux petites transactions.
Une obligation de déclaration fiscale se greffe sur l'encaissement. L'Egyptian Tax Authority (ETA) impose la facturation électronique aux assujettis à la TVA pour les opérations entre entreprises, et déploie par vagues le reçu électronique pour les ventes aux particuliers. La décision n° 281 de 2025 a étendu le dispositif à de nouveaux contribuables, avec application au 15 septembre 2025. Le système de caisse ou l'ERP doit être raccordé à la plateforme de l'ETA, transmettre le reçu dans la fenêtre autorisée et porter un QR de vérification. Ce raccordement porte sur les mêmes systèmes que le tunnel de paiement, et se conduit dans le même projet.
- Le règlement se fait en livres égyptiennes chez les PSP domestiques : la conversion et son coût s'apprécient au moment du reversement, pas à la vente.
- Le raccordement ETA se planifie avec le tunnel de paiement : reçu électronique, QR de vérification, fenêtre de transmission.
- Le soft POS ouvre l'acceptation sans investissement matériel depuis le 1er février 2026, plafond pilote de 600 EGP levé.
- La tokenisation est disponible depuis décembre 2024 sur iOS, annoncée sur Android en septembre 2025 : le paiement en un geste existe, mais dépend de la banque émettrice.
- Le paiement fractionné relève du crédit régulé : Valu et Sympl sont supervisés comme des acteurs de financement, non comme de simples options de checkout.
Les licences : ce que la CBE exige, ce que la FRA supervise
Le cadre repose sur la loi n° 194 de 2020 relative à la banque centrale et au secteur bancaire. Elle définit le système de paiement et les services de paiement, et soumet ces derniers à une licence accordée par décision du conseil d'administration de la CBE. Elle habilite la banque centrale à édicter les règles de supervision des prestataires. Son article 50 crée le National Payments Council, institué par décret présidentiel, chargé de réduire l'usage des espèces hors du secteur bancaire. Le fondement légal de la supervision date donc de 2020, alors que les règles d'agrément applicables aux prestataires n'ont été publiées qu'en 2025.
La CBE a rendu publiques le 19 juin 2025 ses règles de licence et d'enregistrement des Payment System Operators (PSO) et Payment Service Providers (PSP), adoptées et entrées en vigueur deux jours plus tôt, le 17 juin 2025. Le texte couvre les dépôts et retraits sur comptes de paiement, l'exécution d'opérations et de transferts, l'émission d'instruments de paiement et de canaux d'acceptation électronique. Il couvre aussi l'envoi comme la réception de transferts en livres égyptiennes. Le régime distingue plusieurs catégories de licence selon les services exercés. Le capital minimum suit la catégorie.
| Catégorie | Périmètre | Capital minimum |
|---|---|---|
| Catégorie A | Ensemble des services de paiement couverts par les règles | 30 000 000 EGP |
| Catégorie B | Périmètre restreint de services de paiement | 10 000 000 EGP |
| Information sur les comptes et initiation de paiement | Prestataire de services d'information sur les comptes et/ou d'initiation de paiement | 20 000 000 EGP |
| Garantie financière, toutes catégories | Lettre de garantie bancaire irrévocable, inconditionnelle et à renouvellement automatique, au profit de la CBE, émise par une banque égyptienne agréée | 2 % du capital émis et libéré |
La Financial Regulatory Authority (FRA) supervise les activités financières non bancaires, et intervient donc dès qu'une opération de paiement comporte du crédit. La loi n° 5 de 2022, en vigueur depuis le 9 février 2022, encadre l'usage de la technologie financière dans ce périmètre, qui couvre le financement immobilier, la microfinance, le crédit-bail, l'affacturage et le financement à la consommation. Le décret FRA n° 139 de 2023 en fixe les exigences d'infrastructure, de systèmes d'information et de sécurité, sur un périmètre distinct de celui que contrôle la banque centrale. La FRA gère un bac à sable réglementaire. Elle y délivre aux jeunes entreprises une licence temporaire de deux ans au plus, exonérée de frais.
La loi n° 18 de 2019 relative aux moyens de paiement non monétaires régit l'emploi des espèces par le secteur public et par les sociétés qu'il contrôle. Elle a été promulguée le 16 avril 2019. Elle oblige les entités publiques et les sociétés à capitaux majoritairement publics à régler autrement qu'en espèces leurs salaires, honoraires, jetons de présence et cotisations sociales. Elle impose aux administrations et aux services au public d'offrir des moyens de paiement électroniques. Son règlement d'exécution a été publié au Journal officiel le 7 septembre 2020, la période de mise en conformité étant prorogée jusqu'au 7 septembre 2021. L'amende encourue va de 2 % à 10 % du montant réglé en espèces, dans la limite de 1 million EGP.
Le change et le rapatriement : la contrainte qui décide du montage
Le régime de change détermine la possibilité de convertir en devises les recettes encaissées en livres, ainsi que le délai de cette conversion. La livre égyptienne a connu un flottement le 6 mars 2024. La devise est passée d'environ 31 EGP pour un dollar à plus de 50 EGP en séance, et la banque centrale a relevé ses taux de 600 points de base. Le marché parallèle, qui traitait alors entre 60 et 70 EGP, s'est refermé. La décision accompagnait l'élargissement du programme du Fonds monétaire international à 8 milliards de dollars et l'accord d'investissement de Ras El Hekma. L'unification du taux a mis fin à des années de double marché.
Le rapatriement désigne le transfert hors d'Égypte des bénéfices et du capital d'un investisseur étranger. La loi n° 72 de 2017 sur l'investissement reconnaît à l'investisseur le droit de transférer ses bénéfices et le produit d'une liquidation, ainsi que celui de financer son projet depuis l'étranger en devises. Elle interdit les mesures discriminatoires sur le capital investi. L'exercice effectif de ce droit dépend de la disponibilité de devises auprès des banques. Les difficultés d'accès à la devise se sont aggravées en 2022, en 2023 et au premier trimestre 2024, avant de se résorber avec les entrées de capitaux qui ont suivi le flottement. Le droit au transfert n'a jamais été suspendu, alors que le délai de traitement a varié fortement selon les périodes.
- Le compte local est le préalable. L'acquisition domestique suppose une entité égyptienne et un compte bancaire local pour recevoir le reversement.
- La conversion se subit au reversement. Négocier la fréquence de reversement revient à choisir son exposition de change.
- Les transferts des expatriés financent la devise du pays : 41,5 milliards de dollars en 2025 (CBE), devant les autres sources récurrentes. La liquidité en devises du système bancaire en dépend directement.
- Le rapatriement est garanti par la loi n° 72 de 2017, mais son exécution passe par une banque et par la trésorerie en devises de cette banque.
- Meeza ne circule pas hors d'Égypte : un montage transfrontalier ne peut pas s'appuyer sur le scheme domestique, quelle que soit sa base porteurs.
Chronologie récente et feuille de route d'encaissement
Le marché égyptien s'est construit par décisions publiques successives, presque toutes datables. Leur lecture dans l'ordre évite de prendre un dispositif ancien pour une nouveauté, ou l'inverse. La chronologie qui suit distingue trois séquences. Les rails se construisent entre 2016 et 2022, la réglementation monte en charge entre 2022 et 2024, puis l'acceptation s'ouvre et la tarification des rails s'installe à partir de 2025.
- Constituer l'entité et le compte local. L'acquisition domestique et le reversement en livres l'exigent. Le régime de change se traite à ce moment, pas plus tard.
- Vérifier l'agrément de chaque partenaire à la bonne porte. Paiement et acceptation relèvent de la CBE ; fractionnement et crédit relèvent de la FRA.
- Accepter Meeza dès le premier jour. C'est la base porteurs de masse, alimentée par les versements publics.
- Brancher InstaPay et au moins un portefeuille dominant, en codant explicitement les rejets de plafond et le repli proposé au client.
- Ouvrir un canal de cash-in par code de référence (Fawry ou Aman) pour la clientèle non bancarisée, en encaissant avant expédition.
- N'ouvrir le contre-remboursement qu'avec un taux de refus mesuré, un contrat de reversement daté et une réconciliation à trois sources : commandes, bordereaux transporteur, virements reçus.
- Raccorder la caisse ou l'ERP à la plateforme de l'ETA dans le même projet que le tunnel de paiement.