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🇷🇸 Les paiements dans les Balkans

IPS NBS et son QR en Serbie, l'euro en Croatie puis en Bulgarie, IRIS imposé par le fisc grec, le ramburs roumain, DinaCard, TIPS Clone et l'entrée par étapes dans le SEPA

Le terrain : onze marchés, cinq régimes monétaires

L'Europe du Sud-Est réunit onze marchés de paiement répartis entre cinq régimes monétaires. Le terme « Balkans » désigne un ensemble géographique et historique, sans correspondance avec une infrastructure de paiement commune. La Grèce et la Slovénie sont dans l'euro de longue date, la Croatie l'a adopté le 1er janvier 2023 et la Bulgarie le 1er janvier 2026. Le Monténégro et le Kosovo emploient l'euro unilatéralement, sans siège au Conseil des gouverneurs et sans accès direct aux facilités de l'Eurosystème. La Serbie, la Roumanie, la Bosnie-Herzégovine, la Macédoine du Nord et l'Albanie gardent leur monnaie nationale. Un établissement qui encaisse dans plusieurs de ces pays additionne donc des devises, des rails de règlement et des calendriers réglementaires qui ne coïncident pas. Les règles européennes ne produisent leurs effets de plein droit que dans les États membres de l'Union. Les autres pays accèdent aux mêmes schémas par adhésion contractuelle.

MarchéMonnaieAutorité monétaireRail instantané domestiqueCarte domestiqueSEPA
GrèceEuroBanque de GrèceIRIS (DIAS, 2018)–État membre de l'UE
SlovénieEuro (2007)Banka SlovenijeFlik (Bankart, 2019)– (Bankart, processeur de place)État membre de l'UE
CroatieEuro (1er janvier 2023)Hrvatska narodna banka (HNB)EuroNKSInst (Fina, 2020)–État membre de l'UE
BulgarieEuro (1er janvier 2026)Banque nationale de Bulgarie (BNB)blink sur BISERA (BORICA, 2022)Bcard (BORICA, 2016)État membre de l'UE
RoumanieLeu (RON)Banca Națională a României (BNR)Plăți instant (TRANSFOND, 2019), surcouche RoPay (2025)–État membre, hors zone euro
SerbieDinar (RSD)Narodna banka Srbije (NBS)IPS NBS (22 octobre 2018)DinaCard (NBS, 2003)Périmètre SEPA depuis mai 2025 ; SCT opérationnel le 5 mai 2026
Bosnie-HerzégovineMark convertible (BAM)Centralna banka Bosne i Hercegovine (CBBH)TIPS Clone (20 juillet 2026)–Candidature déposée en août 2026
MonténégroEuro (unilatéral)Centralna banka Crne Gore (CBCG)TIPS Clone (20 juillet 2026)–Périmètre SEPA depuis novembre 2024
Macédoine du NordDenar (MKD)Banque nationale de la République de Macédoine du NordKIBS (licence du 17 septembre 2025)– (CaSys règle les cartes domestiques)Périmètre SEPA depuis mars 2025
AlbanieLek (ALL)Banka e ShqipërisëAttendu via TIPS Clone (novembre 2026)–Périmètre SEPA depuis novembre 2024
KosovoEuro (unilatéral)Banka Qendrore e Republikës së Kosovës (BQK)Attendu via TIPS Clone (novembre 2026)–Pré-candidature déposée en octobre 2024
Les onze marchés d'Europe du Sud-Est : monnaie, autorité, rail instantané, statut SEPA (août 2026)
48 %
part des espèces dans le nombre de paiements au point de vente en Grèce en 2024 ; les cartes y font 43 %
BCE, étude SPACE 2024
45 %
même mesure en Croatie en 2024 ; les cartes y font 47 % et dépassent l'espèce
BCE, étude SPACE 2024
64 %
même mesure en Slovénie en 2024, l'un des taux les plus élevés de la zone euro ; les cartes y font 28 %
BCE, étude SPACE 2024
52 %
moyenne de la zone euro en 2024, contre 59 % en 2022
BCE, étude SPACE 2024
🔑
Deux blocs, deux problèmes opposés
Le premier bloc réunit les États membres de l'Union : Grèce, Slovénie, Croatie, Bulgarie, Roumanie. Le droit européen y produit ses effets directement, avec les échéances du règlement (UE) 2024/886 sur les virements instantanés. Le second bloc rassemble les pays candidats, où l'accès aux rails euro se négocie schéma par schéma auprès de l'European Payments Council. Un prestataire de services de paiement établi dans le premier bloc suit des dates d'application fixées par un texte européen. Un prestataire établi dans le second dépend de l'admission de son pays au périmètre géographique des schémas. Son inscription au registre des participants vient ensuite.

Serbie : une banque centrale qui exploite toute la chaîne

La Narodna banka Srbije est à la fois l'autorité de supervision et l'opérateur des infrastructures de paiement serbes. Elle exploite directement le RTGS, la compensation de détail, le rail instantané, le scheme carte national et un rail de compensation en devises avec deux pays voisins. Quatre systèmes de paiement et un scheme carte relèvent ainsi d'un opérateur unique. Ailleurs en Europe, ces fonctions se répartissent entre un GIE bancaire, un processeur privé et une chambre de compensation. Les tarifs, les plafonds et les règles d'accès sont publiés par la banque centrale elle-même. La négociation avec un acquéreur serbe porte donc sur sa seule marge de service.

  • RTGS NBS, règlement brut en temps réel du dinar. Tout virement supérieur à 300 000 RSD doit y passer, de 9 h à 18 h les jours ouvrés. C'est la couche de finalité de tout le dispositif.
  • Kliring NBS, compensation multilatérale des virements jusqu'à 300 000 RSD, avec quatre cycles de netting par jour (10 h 30, 12 h 30, 14 h 30 et 17 h), déversés ensuite dans le RTGS.
  • IPS NBS, instantané depuis le 22 octobre 2018, 24/7/365, plafond de 300 000 RSD par ordre, rejet automatique si la provision manque au moment de l'exécution.
  • DinaCard, scheme carte national depuis 2003, opéré par la NBS, co-badgeable avec UnionPay International et Discover.
  • Međunarodni kliring u devizama, compensation en euros entre participants serbes, bosniens et monténégrins, adossée à des accords bilatéraux entre banques centrales.

Le seuil de 300 000 RSD commande le routage d'un virement serbe entre les trois systèmes. Au-dessus, le passage par le RTGS est obligatoire et les horaires d'ouverture de la banque centrale s'imposent. En dessous, l'émetteur de l'ordre choisit entre la compensation différée par cycles et le rail instantané, disponible 24/7. Le fractionnement d'un règlement en plusieurs ordres inférieurs au seuil rend les fonds disponibles hors des heures du RTGS. Il multiplie en contrepartie les écritures rattachées à une même facture. La traçabilité comptable du règlement s'en trouve réduite. Ce paramètre intervient dans la configuration d'un moteur de paiement fournisseurs, d'un échéancier de paie ou d'un reversement de place de marché.

50,7 M
paiements IPS NBS au premier semestre 2025, pour 628,7 Md RSD, soit +24,8 % en volume et +37,1 % en valeur sur un an
NBS, 2025
12,4 M
cartes de paiement émises en Serbie à la fin du premier trimestre 2025 (+6,3 %, soit 736 000 de plus), pour 7,8 M d'utilisateurs
NBS, T1 2025
> 150 000
terminaux de point de vente acceptant DinaCard en Serbie
NBS
> 1 350
boutiques en ligne serbes acceptant DinaCard
NBS
✅
Depuis le 5 mai 2026, la Serbie encaisse en SEPA
Le conseil de l'European Payments Council a admis la Serbie dans le périmètre géographique des schémas SCT, SCT Inst et SDD le 23 mai 2025. Les établissements serbes ont pu adhérer à partir de novembre 2025. La NBS et 18 banques commerciales ont été inscrites au registre des participants le 10 avril 2026. Le secteur est opérationnellement prêt pour le virement SEPA depuis le 5 mai 2026 (NBS, 2026). Un virement en euros à destination de la Serbie ne transite donc plus par une banque correspondante, dont l'intervention ajoutait des frais et un délai. Les grilles tarifaires établies avant cette date sur l'hypothèse d'un correspondant décrivent donc des conditions qui ne correspondent plus au traitement effectif.

Le QR serbe : IPS pokaži, IPS skeniraj, et un interchange de 0,2 %

La NBS a posé sur IPS un standard de QR marchand en 2020, décliné en deux modes symétriques. IPS pokaži, « IPS montre », désigne le mode dans lequel le commerçant présente le code, sur un écran de caisse, un autocollant ou une facture imprimée. IPS skeniraj, « IPS scanne », désigne le mode inverse, où le client affiche son code et où le commerçant le lit. Le second mode convient aux files d'attente et aux terminaux mobiles. Le premier ne demande aucun matériel. Un micro-commerçant serbe peut ainsi encaisser un virement instantané avec un autocollant plastifié et un compte bancaire, sans terminal, sans contrat d'acquisition carte et sans parc matériel à maintenir.

Un paiement IPS au point de vente, mode IPS pokaži
Acquéreur du commerçant
Génère le QR conforme à la spécification NBS
Le code porte l'IBAN du bénéficiaire, le montant, la devise et la référence, le format étant normé par la banque centrale, pas par le prestataire
Commerçant
Présente le code au client
Écran de caisse, terminal, autocollant statique ou facture papier selon le cas d'usage
Client
Scanne avec son application bancaire et confirme
L'application préremplit le bénéficiaire et le montant ; aucune saisie d'IBAN, aucune carte présentée
IPS NBS
Exécute le virement en quelques secondes
24/7/365, plafond de 300 000 RSD, rejet immédiat si la provision manque
Commerçant
Reçoit les fonds sur son compte, définitivement
Pas de capture différée, pas de cycle de compensation, pas de chargeback : le virement est irrévocable
PosteMontantÀ la charge de
Ordre de virement instantané4 RSD par ordreLe prestataire du payeur
Demande de paiement au point de vente, transaction < 600 RSD1 RSDL'acquéreur du commerçant
Demande de paiement au point de vente, transaction ≥ 600 RSD2 RSDL'acquéreur du commerçant
Commission d'interchange multilatérale au point de vente0,2 % du montantL'acquéreur, versée à l'émetteur
Tarification NBS du rail instantané serbe (barème publié par la banque centrale)
⚠️
Le QR serbe n'est pas gratuit, et c'est ce qui le rend comparable à la carte
Le rail instantané serbe est tarifé au point de vente. Beaucoup de rails QR publics se présentent ailleurs comme des alternatives sans coût pour le commerçant. IPS porte une commission d'interchange multilatérale de 0,2 %, payée par l'acquéreur à l'émetteur, exactement comme sur une carte de débit consommateur dans l'Espace économique européen. La banque centrale y ajoute une redevance fixe de 1 ou 2 RSD par demande au point de vente. L'écart de coût entre IPS et la carte tient donc à la marge de l'acquéreur et à l'absence de frais de scheme international, non à un interchange nul. La comparaison des deux instruments suppose que les deux décompositions soient obtenues poste par poste.

L'offre d'instantané au point de vente relève en Serbie d'une obligation réglementaire. Depuis le 1er avril 2019, tout prestataire serbe qui émet ou accepte des cartes pour des paiements domestiques au point de vente doit aussi proposer l'instrument équivalent pour les demandes de paiement instantané (NBS). L'obligation porte sur le prestataire, non sur le commerçant. Ce dernier reste libre d'accepter l'instrument ou de s'en abstenir. Le modèle serbe se distingue sur ce point du dispositif grec décrit plus loin. Le cadre juridique serbe a été rapproché de la DSP2. La loi modifiant la loi serbe sur les services de paiement, adoptée le 31 juillet 2024, s'applique depuis le 6 mai 2025 (Karanović & Partners, 2025).

Croatie : ce que l'euro a éteint, ce qu'il a laissé debout

L'adoption de l'euro par la Croatie, au 1er janvier 2023, a modifié l'infrastructure de paiement du pays au-delà de l'unité de compte. Elle a éteint des systèmes entiers. Le RTGS national HSVP, en service depuis 1999, a cessé au profit de TARGET. Le taux de conversion irrévocable a été fixé à 1 EUR = 7,53450 HRK. Les pièces en kuna ont pu être échangées jusqu'au 31 décembre 2025 ; les billets restent échangeables sans limite de durée auprès de la HNB. Le changement a donc porté sur les rails de règlement, les montants affichés ayant été convertis au taux irrévocable. Toute documentation croate antérieure à 2023 décrit une infrastructure qui n'existe plus.

2001
Création du NKS
Le Nacionalni klirinški sustav, système de compensation de détail, est confié à la Financijska agencija (Fina), une agence publique et non une chambre bancaire. Cette particularité de gouvernance survit à l'euro.
12 février 2020
Agrément du rail instantané
La HNB agrée NKSInst, l'instantané croate opéré par Fina, aligné sur le schéma SCT Inst et son exécution en dix secondes maximum.
29 octobre 2020
Mise en exploitation
NKSInst entre en service, en kuna.
1er janvier 2023
Passage à l'euro
La Croatie devient le 20e membre de la zone euro. HSVP est éteint au profit de TARGET, et NKSInst devient EuroNKSInst.
24 juin 2023
Raccordement à TIPS
EuroNKSInst est intégré à TARGET Instant Payment Settlement. L'instantané croate se règle désormais en monnaie de banque centrale sur la plateforme de l'Eurosystème.
31 décembre 2025
Fin de l'échange des pièces
Dernière date pour échanger les pièces en kuna auprès de la HNB ; les billets restent échangeables sans terme.

Le passage à l'euro a laissé intacte la couche d'usage, c'est-à-dire les applications par lesquelles les paiements sont initiés. La Croatie n'a pas de scheme carte domestique, mais deux applications y sont connues de tous les commerçants. KEKS Pay, lancée en 2018 par Erste&Steiermärkische Bank, est ouverte aux clients de toutes les banques. Elle prend en charge le virement P2P par numéro de téléphone, le QR marchand et le partage d'addition. Aircash, établissement de monnaie électronique fondé à Zagreb en 2015, a débordé son marché d'origine pour devenir une super-application régionale. Le service couvre les factures, les billets de bus et de ferry, le stationnement, les vignettes, les péages et les cartes cadeaux, avec une carte Mastercard associée. Aircash figure parmi les rares acteurs de la zone dont l'activité dépasse les frontières nationales.

🏛️
Fina, opérateur public de la compensation
Le NKS et EuroNKSInst sont exploités par une agence de l'État croate. Un acquéreur qui négocie l'accès à la compensation croate ne traite donc pas avec un consortium bancaire. Le point d'entrée, les délais et la logique tarifaire sont ceux d'un opérateur public.
📱
KEKS Pay
Environ 600 000 utilisateurs actifs en 2026 selon des estimations de source secondaire, à manier comme telles. La clientèle de 18 à 35 ans s'attend à la trouver, y compris chez des marchands d'envergure nationale.
🌍
Aircash
Émetteur de monnaie électronique croate à rayonnement régional. Utile pour un marchand qui vend dans plusieurs pays des Balkans avec un seul contrat de méthode locale, sans multiplier les intégrations nationales.
💶
Ce que l'euro a changé pour un marchand
Fin du risque de change intra-européen, fin du rail domestique séparé, accès direct à TIPS. En contrepartie, la Croatie est entrée dans le champ complet des obligations européennes, dont les échéances du règlement sur les virements instantanés.
ℹ️
L'espèce résiste, mais la carte est déjà passée devant
La Croatie est l'un des rares marchés d'Europe du Sud-Est où la carte dépasse l'espèce au point de vente en nombre d'opérations, avec 47 % contre 45 % en 2024. La moyenne de la zone euro reste à 39 % pour les cartes et 52 % pour l'espèce (BCE, étude SPACE 2024). Le tourisme explique une part de cet écart et rend l'acceptation croate saisonnière. Les besoins en terminaux, en support et en trésorerie se calculent alors sur le volume du pic estival. La moyenne annuelle sous-estime la charge de juillet.

Grèce : IRIS, ou l'acceptation de l'instantané imposée par le fisc

IRIS est le rail instantané grec par alias, opéré par DIAS Interbanking Systems depuis 2018 et adossé au schéma SCT Inst. La Grèce a fait de l'acceptation de l'instantané une obligation fiscale, sanctionnée et applicable à toutes les entreprises. Aucun autre État européen n'a rendu cette acceptation obligatoire. Le paiement y est traité comme un instrument de collecte fiscale plus que comme un service financier concurrentiel. Chaque transaction acceptée par IRIS est rattachée à la caisse enregistreuse, donc à la déclaration de recettes. La diffusion du service tient à cette contrainte réglementaire, et non à l'attractivité de l'expérience proposée au client.

122,1 M
paiements instantanés traités par DIAS en 2025, soit +72,8 % sur un an
DIAS, statistiques 2025
111,4 M
transactions IRIS P2P en 2025, en hausse de 90 % sur un an
DIAS, statistiques 2025
583 445
professionnels et indépendants enregistrés sur IRIS P2Pro fin 2025 ; leurs volumes ont progressé de 197 % sur un an
DIAS, statistiques 2025
≈ 1,2 M
terminaux de point de vente et 70 000 boutiques en ligne couverts par IRIS Commerce, dont les volumes progressent de 70,8 % sur un an
DIAS, statistiques 2025
4,3 M
utilisateurs enregistrés fin 2025, dont 836 000 nouveaux sur l'année
DIAS, statistiques 2025
540,4 M
transactions traitées par l'ensemble du système DIAS en 2025 (+15,7 %), pour 544,4 Md EUR
DIAS, statistiques 2025
2018
Lancement d'IRIS
DIAS met en service le paiement instantané par alias téléphonique, sur les rails SCT Inst.
1er mars 2024
Interconnexion TPE–caisse enregistreuse
Les terminaux de paiement et les systèmes de caisse doivent fonctionner comme un ensemble unique. Les procédures devaient être achevées au 29 février 2024 (AADE).
1er novembre 2025
Acceptation d'IRIS obligatoire
L'obligation d'accepter les paiements instantanés s'étend à toutes les entreprises, commerces physiques et boutiques en ligne compris.
1er décembre 2025
Application effective au commerce de détail
Les entreprises non raccordées s'exposent aux sanctions prévues par le dispositif fiscal.
14 décembre 2025
Pic de charge
DIAS enregistre un record de 235 transactions instantanées par seconde.
30 juin 2026
IRIS devient transfrontalier
Ouverture des transferts P2P vers les autres réseaux de l'alliance EuroPA, par simple numéro de téléphone, sans saisie d'IBAN.
⚠️
Les sanctions grecques ne sont pas symboliques
Une entreprise non raccordée à IRIS encourt 10 000 EUR d'amende si elle tient une comptabilité simplifiée, et 20 000 EUR si elle tient une comptabilité en partie double. Une réduction de moitié s'applique dans les localités de moins de 500 habitants et sur les îles de moins de 3 100 habitants (AADE). L'intégration porte sur la couche logicielle et laisse les terminaux en place. Un marchand étranger qui ouvre une entité grecque relève du même régime. Le raccordement constitue une obligation de conformité fiscale, au même titre que la facturation électronique. Il ne relève pas du choix commercial des moyens de paiement acceptés.

Depuis le 30 juin 2026, IRIS accepte les transferts au-delà des frontières grecques. DIAS a raccordé le service à EuroPA, l'alliance qui relie les solutions nationales de virement de compte à compte. Le réseau réunit Bizum en Espagne, MB Way au Portugal et Bancomat Pay en Italie ; Vipps MobilePay l'a rejoint en mai 2025, et BLIK a signé une lettre d'intention. La première phase couvre le seul virement entre particuliers, par numéro de téléphone, sur les rails SCT Inst. Elle porte sur cinq pays et environ 57,3 millions de personnes à l'ouverture (DIAS, 2026). L'extension aux paiements marchands, en ligne et en magasin, est annoncée pour 2027. Un encaissement transfrontalier par IRIS ne devient donc possible qu'à partir de cette seconde phase.

🏦
DIAS Interbanking Systems
L'opérateur de la compensation interbancaire grecque et d'IRIS. Le point de passage est unique. Aucun encaissement instantané en Grèce ne se conçoit sans ses schémas et ses spécifications.
💳
Viva.com (Viva Wallet)
Acquéreur grec fondé à Athènes, devenu la première licorne du pays. J.P. Morgan a acquis 48,5 % de son capital pour 800 M EUR, opération finalisée fin 2022 (J.P. Morgan). Acceptation carte sur application, avances de trésorerie, paiement de factures.
🔌
Cardlink, repris par Worldline
Premier fournisseur de services réseau du marché grec. Worldline en a acquis 92,5 % après une annonce du 28 mai 2021 ; Cardlink servait alors jusqu'à 243 000 commerçants et traitait 500 millions de transactions par an (Worldline, 2021).
🧾
Le lien caisse–paiement
En Grèce, la chaîne d'encaissement est soudée à la chaîne fiscale. Choisir un prestataire, c'est choisir une conformité AADE. Un PSP non intégré au dispositif national ne peut pas être déployé tel quel sur ce marché.

Roumanie et Bulgarie : le ramburs d'un côté, l'euro de l'autre

La Roumanie et la Bulgarie sont deux États membres de l'Union entrés tard dans la monétique. La part des espèces y compte parmi les plus élevées de l'Union. Leurs trajectoires ont divergé le 1er janvier 2026, jour où la Bulgarie est devenue le 21e membre de la zone euro. La Roumanie maintient deux rails parallèles, l'un en leu, l'autre en euro. Toute l'infrastructure roumaine est opérée par TRANSFOND S.A., société détenue par la Banca Națională a României et les banques commerciales. Elle exploite trois systèmes : ReGIS (RTGS en leu, 2005), SENT (compensation de masse en RON et en EUR, 2005) et Plăți instant (instantané en leu depuis 2019, moins de dix secondes, 24/7/365). Au-dessus de ces systèmes, RoPay ajoute depuis 2025 une couche d'initiation nationale. Cette couche accepte le QR, le lien profond, le NFC et le numéro de téléphone comme substitut d'IBAN.

Le ramburs désigne en Roumanie le paiement en espèces à la livraison, qui reste le mode dominant du commerce en ligne. Cette pratique pèse sur l'encaissement en ligne roumain davantage que l'infrastructure de virement décrite plus haut. L'association professionnelle ARMO situe entre 60 et 65 % la part des commandes réglées de cette façon en 2025. Les estimations varient fortement selon la méthode et le périmètre, et aucune ne descend à un niveau comparable au reste de l'Union. Les effets du ramburs sont d'abord logistiques. Un refus de la commande au seuil de la porte devient une ligne de coût de transport, et les retours se paient deux fois. Le besoin en fonds de roulement se calcule alors sur des encaissements qui n'ont pas encore eu lieu.

SujetRoumanieBulgarie depuis le 1er janvier 2026
Devise d'encaissementRON, avec un rail EUR distinct (SENT EUR, SEPA)EUR seul, plus aucun rail national en lev
RTGSReGIS (TRANSFOND, 2005)TARGET-BNB, en remplacement de RINGS
InstantanéPlăți instant en RON, plus SCT Inst pour l'euroSCT Inst via TIPS et BISERA ; blink en couche de service
Surcouche d'initiationRoPay : QR, lien profond, NFC, alias téléphoniqueblink P2P par numéro de mobile ; pas d'équivalent RoPay généralisé
Scheme carte domestiqueAucun, Visa et Mastercard seulsBcard (BORICA, 2016), à vérifier dans tout contrat d'acquisition locale
EspècesContre-remboursement massif en commerce en ligneGuichets EasyPay pour les factures et taxes, réseau physique dense
Acquisition en ligneNETOPIA Payments (mobilPay), PayU, euPlătescBORICA, ePay.bg
Échéances du règlement 2024/886Réception le 9 janvier 2027, émission le 9 juillet 2027Régime zone euro : déjà applicable
Roumanie et Bulgarie : ce qu'un encaisseur doit paramétrer différemment (2026)
60 à 65 %
part des commandes de commerce en ligne roumaines réglées au comptant à la livraison en 2025
ARMO, cité par The Paypers, 2025
22,4 M
cartes actives en Roumanie en juin 2024
Banca Națională a României
> 25 %
part des transactions en ligne par carte en Roumanie passant par NETOPIA Payments, pour plus de 25 000 marchands servis
NETOPIA, 2026
38,3 M
virements instantanés blink en Bulgarie en 2025 (+69 % en volume), pour 35,3 Md EUR (+87 % en valeur), distribués par 9 banques et PSP
BORICA, 2026
22,6 M
paiements instantanés en lev via BISERA6 en 2024, pour 36,9 Md BGN, soit 20,36 % de l'ensemble des virements en lev, dernière année pleine avant l'euro
BORICA, 2025
1,95583
taux de conversion irrévocable du lev bulgare contre un euro
Banque nationale de Bulgarie
⚠️
Bulgarie : la bascule a supprimé des systèmes, pas seulement une monnaie
La Banque nationale de Bulgarie a invalidé la licence d'opérateur de BISERA6 au 1er janvier 2026. Les paiements de clientèle et les virements budgétaires en lev ont migré vers SEPA et vers BISERA en euro ; le RTGS national RINGS a laissé place à TARGET-BNB. L'euro est la seule monnaie ayant cours légal depuis le 1er février 2026, après un mois de double circulation. Des identifiants de règlement historiques disparaissent avec ces systèmes. Un fichier de règlement adressé à BISERA6 ou à RINGS n'a donc plus de destinataire : les chaînes d'encaissement, les référentiels de BIC et les mappings construits avant 2026 sur les rails en lev désignent des systèmes fermés. Les instantanés en euro, eux, fonctionnaient déjà via TIPS depuis décembre 2024.

Balkans occidentaux : TIPS Clone et l'entrée par étapes dans le SEPA

Les Balkans occidentaux réunissent cinq marchés situés hors de l'Union : Serbie, Bosnie-Herzégovine, Monténégro, Macédoine du Nord et Albanie, auxquels s'ajoute le Kosovo. Aucun n'a la taille suffisante pour amortir seul une infrastructure instantanée moderne, et aucun n'atteint le volume domestique d'un État membre de dimension moyenne. Le dispositif retenu a été régional. Les banques centrales des Balkans occidentaux ont signé à Rome, le 10 janvier 2025, un accord de création d'un système de paiement instantané transfrontalier. L'accord fixe un engagement de mise en service sous dix-huit mois. La plateforme, développée par la Banca d'Italia avec l'appui de la BCE et de l'Eurosystème, reprend la technologie de TARGET Instant Payment Settlement. Elle porte le nom de TIPS Clone.

Novembre 2024
Albanie et Monténégro entrent dans le périmètre SEPA
Premiers pays de l'élargissement admis dans le périmètre géographique des schémas de l'European Payments Council.
10 janvier 2025
Accord de Rome
Les banques centrales d'Albanie, de Bosnie-Herzégovine, du Kosovo, de Macédoine du Nord et du Monténégro s'engagent à bâtir un système d'instantané régional sous dix-huit mois.
Mars 2025
Macédoine du Nord et Moldavie
Deux nouvelles entrées dans le périmètre géographique SEPA ; l'adhésion des établissements devient possible à partir d'avril 2025.
23 mai 2025
La Serbie admise aux trois schémas
Le conseil de l'EPC ouvre à la Serbie les schémas SCT, SCT Inst et SDD, avec une date de préparation opérationnelle au plus tôt en mai 2026.
5-7 octobre 2025
Mise en œuvre effective
L'Albanie, la Moldavie, le Monténégro et la Macédoine du Nord atteignent la préparation opérationnelle SEPA.
16 octobre 2025
Confirmation par la Commission européenne
40 banques des quatre pays ont rejoint les schémas SEPA, premiers partenaires de l'élargissement à y parvenir.
10 avril / 5 mai 2026
La Serbie devient opérationnelle
La NBS et 18 banques commerciales sont inscrites au registre des participants, puis le secteur devient opérationnel pour le virement SEPA.
20 juillet 2026
TIPS Clone entre en service
La Bosnie-Herzégovine et le Monténégro sont les deux premiers raccordés. En Bosnie, Intesa Sanpaolo Bank BiH, Raiffeisen Bank BiH et Sparkasse Bank BiH ouvrent le service.
Novembre 2026
Seconde fenêtre de raccordement
Albanie, Kosovo et Macédoine du Nord sont attendus, ce qui porterait sur la plateforme l'ensemble des participants à l'initiative.
Août 2026
La Bosnie-Herzégovine dépose sa candidature SEPA
Le dossier est soumis à l'examen de l'European Payments Council.

TIPS Clone repose sur un double règlement : il traite les paiements dans deux monnaies et sous deux formes de monnaie. La plateforme règle en monnaies nationales, en monnaie de banque centrale, et en euro, en monnaie de banque commerciale. Un pays qui conserve le denar ou le mark convertible peut donc offrir l'instantané domestique sans renoncer à sa souveraineté monétaire. Le raccordement prépare en même temps l'interopérabilité avec la zone euro. L'Union a alloué 2 millions d'euros au développement du projet et au financement de sa maintenance la première année (CBBH, 2026). Le montage revient, pour une banque centrale de la zone euro, à exporter son infrastructure sans exporter sa monnaie.

MarchéInstantané domestiqueSEPAPoint de vigilance opérationnel
SerbieIPS NBS depuis 2018, avec QR norméSCT opérationnel depuis le 5 mai 2026Marché le plus outillé de la zone ; DinaCard reste obligatoire à l'acceptation
MonténégroTIPS Clone depuis le 20 juillet 2026Périmètre SEPA depuis novembre 2024Euro unilatéral : pas d'accès direct aux facilités de l'Eurosystème
Bosnie-HerzégovineTIPS Clone depuis le 20 juillet 2026Candidature déposée en août 2026Structure institutionnelle fragmentée ; déploiement bancaire progressif
Macédoine du NordLicence KIBS du 17 septembre 2025 ; TIPS Clone attendu en novembre 2026Périmètre SEPA depuis mars 2025CaSys est un processeur-acquéreur, pas un scheme carte : ne pas confondre
AlbanieTIPS Clone attendu en novembre 2026Périmètre SEPA depuis novembre 2024AIPS (RTGS lek, 2004), AECH pour la masse, AIPS EURO pour l'euro domestique
KosovoTIPS Clone attendu en novembre 2026Pré-candidature déposée en octobre 2024Euro unilatéral ; l'adhésion SEPA conditionne l'économie des remises de la diaspora
Où en est chaque marché hors Union, en août 2026
jusqu'à 500 M EUR
économies attendues pour les particuliers et les entreprises des quatre premiers pays de l'élargissement entrés dans les schémas SEPA
Commission européenne, 16 octobre 2025
26,3 M EUR
économies annuelles estimées pour le Kosovo sur les seules remises de la diaspora en cas d'adhésion SEPA, sur la base de 1,3 Md EUR reçus en 2023 dont 1,1 Md depuis des pays SEPA
German Economic Team, données 2023
29,1 M EUR
économies annuelles estimées pour le Kosovo sur les paiements de commerce extérieur avec les pays SEPA, sur une base de 7,4 Md EUR d'échanges en 2023
German Economic Team, données 2023
2 M EUR
financement européen du développement de TIPS Clone et de sa maintenance la première année
CBBH, 2026
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Adhésion au SEPA n'est pas appartenance à l'Union
Un établissement serbe, albanais ou monténégrin qui a adhéré aux schémas de l'EPC exécute des virements en euros aux mêmes conditions techniques qu'un établissement de la zone euro. Il n'est pas pour autant soumis au règlement (UE) 2024/886, ni aux mécanismes de recours du droit de l'Union. L'adhésion est contractuelle. Elle repose sur les rulebooks de l'EPC et sur la transposition nationale du cadre applicable. La contestation d'une opération, comme la recherche d'un régulateur compétent, relève donc du droit du pays où le prestataire est établi. Un contrat transfrontalier rédigé sur l'hypothèse d'un régime européen unique désigne alors des voies de recours indisponibles.

Encaisser dans la zone : ce qui casse, ce que ça coûte

Quatre erreurs de configuration reviennent chez les marchands qui abordent la région avec un paramétrage unique. La première consiste à traiter la zone comme un marché homogène, sur la foi de sa compacité géographique. La deuxième revient à raisonner en carte, alors que trois pays ont déployé le virement instantané au point de vente avant que l'acceptation carte ne soit universelle. La troisième tient à l'omission des schemes domestiques, invisibles depuis l'étranger et pourtant présents dans le portefeuille du client. La quatrième est comptable. Elle suppose un cycle de crédit unique, alors que l'instantané règle en quelques secondes quand la compensation carte reste sur des cycles nationaux.

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Ne jamais omettre DinaCard en Serbie
Le scheme national est opéré par la banque centrale depuis 2003 et accepté sur plus de 150 000 terminaux. Un contrat d'acquisition serbe qui ne le couvre pas refuse une part significative des porteurs locaux. Le refus se produit en caisse, pas au moment de la négociation.
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Vérifier Bcard en Bulgarie
Bcard, opéré par BORICA depuis 2016, est le scheme carte national. Comme DinaCard, il n'apparaît dans aucune documentation d'acquéreur international. Il se vérifie dans le contrat local, pas dans la grille tarifaire du siège.
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Provisionner le contre-remboursement
En Roumanie, entre 60 et 65 % des commandes en ligne sont réglées à la livraison (ARMO, 2025). Le contre-remboursement peut se numériser sans disparaître. Un encaissement par carte ou par QR sur le terminal du livreur retire la manipulation d'espèces sans entamer la confiance qu'elle porte.
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Traiter la Grèce comme un sujet fiscal
L'acceptation d'IRIS y est obligatoire depuis le 1er novembre 2025, sous peine de 10 000 à 20 000 EUR d'amende selon le régime comptable (AADE). Le choix du prestataire d'encaissement engage la conformité fiscale de l'entité grecque.
Symptôme observéCause réelleContrôle à mettre en place
Refus en caisse sur une carte pourtant valideCarte domestique non couverte par le contrat d'acquisition (DinaCard, Bcard)Exiger la liste exhaustive des marques acceptées, par pays, avant la mise en service
Virement fournisseur bloqué jusqu'au lendemain en SerbieMontant supérieur à 300 000 RSD, donc RTGS obligatoire, ouvert de 9 h à 18 h les jours ouvrésRouter les gros montants avant la fermeture, ou fractionner en connaissance de cause
Fichiers de règlement bulgares rejetés depuis 2026BISERA6 et RINGS arrêtés ; identifiants et rails en lev supprimésAuditer référentiels de BIC, mappings et chaînes construits avant 2026
Amende fiscale sur une entité grecqueAbsence de raccordement à IRIS ou de liaison TPE–caisseVérifier l'intégration logicielle du prestataire au dispositif AADE, pas seulement le matériel
Taux d'abandon élevé en ligne en RoumanieAbsence d'option de paiement à la livraison, ou absence de RoPayMesurer le taux d'abandon par méthode proposée, méthode par méthode
Documentation croate incohérente avec la productionSources antérieures à 2023 décrivant HSVP et la kunaDater toute documentation d'infrastructure croate ; ce qui précède 2023 est périmé
Ce qui casse en production, et le contrôle qui l'évite
  • Devises : cinq régimes coexistent. Une entité unique encaissant en RSD, RON, BAM, MKD, ALL et EUR porte un risque de change qui n'existe pas dans un marché de la zone euro.
  • Instantané : irrévocable, sans chargeback, sans capture différée. C'est un avantage de trésorerie et un inconvénient de gestion des litiges. Le remboursement redevient une opération commerciale, pas un mécanisme de scheme.
  • Interchange : la Serbie applique 0,2 % sur l'instantané au point de vente, payé par l'acquéreur à l'émetteur (NBS). L'idée qu'un rail public serait gratuit par nature ne résiste pas au barème.
  • Alias : IRIS, blink P2P, RoPay, KEKS Pay et Flik reposent tous sur un annuaire national de proxys téléphoniques. Un client qui change d'opérateur ou de banque casse le lien, d'où la nécessité de prévoir la reprise du référentiel bénéficiaire.
  • Acquisition : les points d'entrée sont locaux. NETOPIA Payments en Roumanie, BORICA en Bulgarie, DIAS et Cardlink en Grèce, Fina en Croatie, la NBS en Serbie. Aucun acquéreur international ne couvre l'ensemble en direct.
  • Saisonnalité : sur les littoraux croate, monténégrin, albanais et grec, l'été concentre le volume. Dimensionner le support, les terminaux et la trésorerie sur la moyenne annuelle produit une rupture en juillet.
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La ligne de fracture n'est pas Est-Ouest, elle est monétaire
Deux marchés voisins peuvent avoir des infrastructures presque identiques et des contraintes juridiques opposées, pour la seule raison qu'ils n'utilisent pas la même monnaie. La Croatie et la Serbie partagent une histoire bancaire et une bonne partie de leurs acteurs. La première est dans TARGET et dans le champ complet du droit européen. La seconde adhère aux schémas SEPA par contrat, avec un rail domestique piloté par sa banque centrale. La segmentation d'une offre régionale s'opère donc par régime monétaire et par statut SEPA. Ces deux critères déterminent le coût d'encaissement, le délai de règlement et les voies de recours. Un découpage par proximité géographique regroupe au contraire des marchés dont ces trois paramètres diffèrent.