Un marché de caisse, de billets et de cartes de débit
La Zahlungsmittelstudie de l'Oesterreichische Nationalbank mesure la répartition des moyens de paiement en Autriche, à partir d'un journal de paiement tenu par les ménages interrogés. L'édition publiée le 23 juin 2026 porte sur l'année 2025. Elle établit que 91 % des achats des ménages se règlent sur place, à la caisse. Les espèces y portent 55 % des transactions et 45 % du chiffre d'affaires, contre 63 % et 48 % trois ans plus tôt. Le recul porte donc davantage sur le nombre d'opérations que sur leur valeur. L'écart qui subsiste entre ces deux parts tient au montant des achats réglés en billets, inférieur au montant moyen d'une opération. La même étude relève que la moitié des paiements du pays sont désormais sans espèces, ce qui situe en 2025 le franchissement de ce seuil.
La part des espèces varie d'abord selon le montant de l'achat. Au-dessous de dix euros, 69 % des paiements restent en billets et en pièces. À partir de cent euros, la part des espèces tombe à 43 % et la carte passe devant, à 48 %. L'âge du payeur constitue le second facteur de variation, mesuré quant à lui sur l'ensemble des montants. Chez les 16-29 ans, les espèces portent 38 % des paiements au point de vente et les cartes 52 %, une opération sur dix partant déjà d'un téléphone ou d'une montre. Chez les 66 ans et plus, la proportion s'inverse, à 76 % en espèces.
Le commerce en ligne touche une majorité de la population autrichienne, tout en restant minoritaire dans le nombre d'achats. 67 % des personnes interrogées achètent sur internet, et la moitié d'entre elles le fait au moins une fois par mois. La structure des paiements y diffère de celle du magasin. Les cartes classiques y pèsent 35 % des opérations, premier rang sans majorité. Les portefeuilles et procédés internet comme PayPal, Klarna, Apple Pay ou Google Pay en portent 30 %, le virement électronique 23 % et le prélèvement 8 %. Rapporté aux montants, le classement s'inverse, le virement pesant 62 % de la valeur payée en ligne parce que les gros paniers, logement ou véhicule, se règlent ainsi.
| Situation de paiement | En nombre d'opérations | En valeur |
|---|---|---|
| Point de vente, espèces | 55 % | 45 % |
| Point de vente, achats de moins de 10 € | 69 % en espèces | non publié |
| Point de vente, achats de 100 € et plus | 43 % en espèces, 48 % en cartes | non publié |
| Point de vente, 16-29 ans, paiements électroniques | 61 % | non publié |
| En ligne, cartes classiques | 35 % | non publié |
| En ligne, portefeuilles et procédés internet | 30 % | non publié |
| En ligne, virement électronique | 23 % | 62 % |
| En ligne, prélèvement | 8 % | non publié |
Le parc de cartes autrichien se compose en majorité de cartes de débit. PSA recense environ 11 millions de cartes de débit en circulation et publie 3,45 milliards de transactions par an, tous services confondus. Neuf paiements par carte sur dix se font sans contact à la caisse. Le crédit reste minoritaire. La catégorie porte d'ailleurs un nom qui décrit mal son contenu. Le parc dit de crédit se compose pour l'essentiel de cartes à débit différé, remboursées en une fois à date fixe. La différence tient au mode de remboursement, le débit différé soldant l'intégralité du solde à échéance quand le crédit renouvelable, ou revolving, laisse un encours courir d'un mois sur l'autre.
La carte : sortie de Maestro et opérateur unique
PSA Payment Services Austria GmbH est la société de place des paiements de détail autrichiens. Détenue par les banques du pays, elle exploite la marque Bankomat, le réseau de distributeurs, la compensation de détail, le prélèvement ems et le pay-by-bank eps. Cette concentration réduit à quelques lignes la cartographie des interlocuteurs d'un commerçant ou d'un acquéreur entrant sur le marché. Elle fait aussi reposer la disponibilité des paiements du pays sur un opérateur unique, dont la modernisation devient un sujet de place. L'accord annoncé le 13 janvier 2026 avec Worldline porte sur le passage de PSA à une plateforme de nouvelle génération.
Bankomat est une marque de place, portée par les cartes de débit autrichiennes et par les distributeurs, sans réseau d'autorisation propre. Là où girocard ou Bancontact acheminent l'opération sur un réseau qui leur appartient, la Bankomatkarte emprunte de longue date celui de Mastercard, sous la marque Maestro d'abord, sous Debit Mastercard ensuite. Le mot Bankomat désigne d'ailleurs la carte autant que le distributeur. Quand Mastercard a arrêté l'émission de nouvelles cartes Maestro en Europe le 1er juillet 2023, les banques autrichiennes ont changé de produit à l'intérieur du même réseau. Aucune marque domestique n'était co-badgée avec Maestro, si bien que la bascule n'a retiré au pays aucune option de routage. La marque Bankomat, indépendante du produit émis, a subsisté. Les banques avaient d'ailleurs pris de l'avance sur l'échéance. Le groupe Raiffeisen a commencé sa bascule vers la Debit Mastercard en avril 2021 et annonçait à l'été l'échange d'environ 3,3 millions de cartes.
Cette histoire, celle d'une marque de place adossée à un réseau international, produit trois conséquences opérationnelles. La première est l'absence d'arbitrage de marque au point de vente autrichien, faute de rail local vers lequel router une opération. Le débat allemand sur le routage d'une carte co-badgée girocard n'a donc pas d'objet à Vienne. La deuxième est apparue à l'usage. La Debit Mastercard et la Visa Debit sont acceptées en ligne, là où la Maestro ne l'était pas. Le débit autrichien est ainsi entré en e-commerce. La troisième porte sur le paramétrage des marchands, un commerçant resté sur ses règles 3-D Secure de 2021 encaissant aujourd'hui du débit en e-commerce qu'il n'avait pas prévu de traiter.
Le cadre tarifaire de la carte relève du droit de l'Union. Le règlement (UE) 2015/751 plafonne l'interchange à 0,2 % pour une carte de débit de consommateur et à 0,3 % pour une carte de crédit ou à débit différé, sur les opérations domestiques et intra-EEE. Les cartes autrichiennes à débit différé relèvent du second plafond et non du premier, ce qui déplace vers le haut le coût moyen d'un portefeuille de clientèle aisée. Les cartes commerciales sortent du règlement, sans plafond ni interdiction de surtarification. Un portefeuille B2B se tarifie donc à part. L'article 62 de la DSP2 interdit depuis le 13 janvier 2018 de facturer un supplément au consommateur qui paie avec une carte couverte par ces plafonds. La transposition autrichienne porte le nom de Zahlungsdienstegesetz 2018.
| Acteur | Rôle | Ce qu'il faut vérifier |
|---|---|---|
| PSA Payment Services Austria GmbH | Marque Bankomat, réseau de distributeurs, compensation PSA CSM, prélèvement ems, eps | Société détenue par les banques autrichiennes. Point de dépendance unique pour la place, et interlocuteur de la migration de plateforme engagée avec Worldline. |
| Émetteurs | Erste Group et Sparkassen, groupe Raiffeisen, UniCredit Bank Austria, BAWAG, Volksbanken | Le produit émis est une Debit Mastercard ou une Visa Debit. La marque Bankomat ne dit rien du rail emprunté par l'autorisation. |
| card complete Service Bank AG | Émission et traitement de cartes de crédit sur le marché autrichien, y compris les cartes Diners Club | Émetteur historique du crédit en Autriche. Vérifier le périmètre exact du contrat, l'émission et l'acceptation ne se négociant pas ensemble. |
| Acquéreurs et prestataires | Nexi, Worldline, PAYONE, Global Payments, Hobex et autres | Le contrat se juge sur l'interchange++ et sur les frais de scheme. Un taux mélangé masque précisément les postes négociables. |
- Exiger un barème en interchange++. Les plafonds du règlement (UE) 2015/751 ne couvrent ni les frais de scheme ni la marge acquéreur ; sans décomposition, la négociation porte sur un chiffre qui ne se vérifie pas.
- Segmenter par type de carte. Débit consommateur à 0,2 %, débit différé et crédit à 0,3 %, cartes commerciales hors plafond et hors interdiction de surtarification.
- Ne pas prévoir de surcharge consommateur. Elle est interdite depuis le 13 janvier 2018 sur les cartes couvertes par les plafonds, en application de l'article 62 de la DSP2.
- Activer le sans contact partout. Neuf paiements par carte sur dix se font sans contact à la caisse autrichienne (OeNB, données 2024) ; un parcours qui impose l'insertion crée une friction sur la quasi-totalité des opérations.
- Revoir le paramétrage e-commerce du débit. Depuis la migration vers Debit Mastercard et Visa Debit, les cartes de débit autrichiennes se présentent en vente à distance, avec les règles d'authentification qui vont avec.
eps-Überweisung, le QR et la bascule vers Wero
eps-Überweisung est le paiement par virement en ligne des banques autrichiennes, lancé en 2005 et exploité par PSA avec STUZZA. Le parcours repose sur une redirection. Le marchand renvoie l'acheteur vers l'accès e-banking de sa propre banque, l'acheteur y autorise un virement déjà rempli, et le serveur bancaire renvoie une confirmation au marchand. L'ordre ainsi accepté devient irrévocable. La confirmation établit, avant toute expédition, que le paiement est acquis au commerçant. Environ vingt-cinq établissements participent au service. La liste comprend notamment Raiffeisen, Bank Austria, BAWAG P.S.K., Erste Bank, les Sparkassen et le groupe Volksbank.
Les volumes d'opérations eps ne sont pas publiés. Le site eps-ueberweisung.at annonce plus de 11 000 boutiques en ligne participantes, sans jamais donner de nombre d'opérations. PSA publie de son côté 244 millions de transactions e-commerce traitées sur un an, tous services confondus, sans isoler eps. Une prévision de conversion appuyée sur ces deux nombres rapprocherait donc des périmètres différents. Deux éléments se vérifient, la liste nominative des établissements participants et le tableau de disponibilité que PSA publie service par service.
Deux familles de code QR coexistent sur ce marché, et elles fonctionnent en sens inverse l'une de l'autre. Le QR européen normalisé par l'European Payments Council, référencé EPC069-12, encode les coordonnées du bénéficiaire, le montant et la référence, pour qu'une application bancaire préremplisse un virement SEPA. Le payeur scanne, vérifie, valide. Avec Bluecode, l'application du payeur affiche un code-barres ou un QR à usage unique que la caisse vient scanner, l'opération étant ensuite adossée au compte bancaire. Le premier mécanisme sert au règlement d'une facture et le second à l'encaissement en caisse. Aucun lien automatique n'associe les deux dispositifs.
Bluecode est exploité par Blue Code International AG, société autrichienne, et se distribue en Autriche comme en Allemagne à l'intérieur des applications bancaires plutôt que comme une application autonome. Le service est interopérable hors d'Europe, un partenariat avec Ant International ouvrant les paiements en application depuis le réseau d'applications Bluecode vers les commerçants Alipay. Aucune source indépendante ne publie sa part de marché autrichienne, et l'OeNB ne l'isole pas dans son journal de paiement. Les volumes attribués à ce service ne reposent donc sur aucune mesure indépendante.
Le virement instantané SEPA procède en Autriche d'une obligation européenne. La réception est obligatoire depuis le 9 janvier 2025, l'émission depuis le 9 octobre 2025. Le règlement (UE) 2024/886 interdit tout surcoût par rapport au virement classique et impose la vérification du bénéficiaire. PSA a ouvert son service de compensation instantanée en juin 2025 et figure auprès de l'European Payments Council comme mécanisme de routage et de vérification pour le VoP. L'usage progresse plus lentement que le calendrier réglementaire. L'OeNB relève que 80 % des Autrichiens connaissent le terme, quand près des deux tiers déclarent n'avoir pas utilisé l'instrument en 2025.
PSA prépare depuis le 23 janvier 2026 le service d'émission de Wero pour les banques d'Autriche et d'Allemagne, avec intégration technique, conformité, gestion de la fraude, traitement des réclamations et exploitation courante. Erste Bank Oesterreich est entrée au capital de l'European Payments Initiative le 22 juin 2026, aux côtés de la Raiffeisen Bank International. Trois Raiffeisenlandesbanken (Niederösterreich-Wien, Oberösterreich, Steiermark) doivent les rejoindre, sous réserve de l'accord de leurs conseils de surveillance. Le calendrier reste ouvert. Aucune date de lancement autrichien n'a été communiquée, et aucune date d'arrêt d'eps non plus. Un plan de moyens de paiement établi pour 2027 conserve donc eps et instruit Wero en parallèle.
L'obligation de caisse enregistreuse et son dispositif de signature
La Registrierkassenpflicht est l'obligation d'enregistrer les Barumsätze dans une caisse enregistreuse électronique, au sens fiscal que le droit autrichien donne à ce terme. Une entreprise y est soumise dès que son chiffre d'affaires annuel par établissement dépasse 15 000 € et que ses Barumsätze dépassent 7 500 € sur l'année. Les deux seuils sont cumulatifs. L'obligation prend effet au début du quatrième mois suivant la fin de la période de déclaration au cours de laquelle les seuils ont été franchis. Le texte de base est le § 131b de la Bundesabgabenordnung, complété par la Registrierkassensicherheitsverordnung pour la partie technique.
Le dispositif technique de sécurité est pleinement applicable depuis le 1er avril 2017. Chaque opération est signée par une Signaturerstellungseinheit, l'unité de création de signature rattachée au contribuable. Le ticket porte un code lisible par machine, en pratique un QR, qui contient la valeur de signature. Chaque ticket reprend la signature du précédent, ce qui enchaîne les opérations d'une caisse les unes aux autres. La suppression d'une vente rompt cette chaîne et laisse une discontinuité vérifiable. Le protocole d'enregistrement des données, le Datenerfassungsprotokoll, conserve la suite complète et est produit lors d'un contrôle.
Trois tickets obligatoires ponctuent ensuite l'exploitation de la caisse, et leur omission constitue le manquement le plus courant. Le Startbeleg est émis à la mise en service pour un montant nul, puis vérifié dans la semaine avec l'application Belegcheck du ministère des Finances. Cette vérification confirme que le dispositif fonctionne et ouvre la chaîne de signatures. Le Monatsbeleg clôt chaque mois. Le Jahresbeleg clôt l'exercice et doit être vérifié au plus tard le 15 février de l'année suivante. La caisse et l'unité de signature s'enregistrent par FinanzOnline, où une panne de plus de 48 heures se déclare dans la semaine.
- Enregistrer la caisse et l'unité de signature dans FinanzOnline avant la mise en service, sous l'identifiant du contribuable.
- Émettre le Startbeleg à montant nul, puis le vérifier avec l'application Belegcheck du ministère des Finances dans la semaine qui suit.
- Produire le Monatsbeleg à chaque fin de mois, et sauvegarder le Datenerfassungsprotokoll sur un support externe.
- Produire puis vérifier le Jahresbeleg après la dernière opération de l'exercice, au plus tard le 15 février de l'année suivante.
- Déclarer toute panne de plus de 48 heures de la caisse ou de l'unité de signature dans FinanzOnline, dans la semaine, et documenter les ventes intervenues pendant l'interruption.
L'obligation de remettre un ticket est posée au § 132a de la même loi, et elle ne dépend d'aucun seuil de chiffre d'affaires. Toute Barzahlung donne lieu à un ticket remis au payeur, un ticket électronique étant admis s'il devient accessible immédiatement après le paiement. Le client doit le prendre et l'emporter hors du local commercial, aucune sanction ne s'appliquant à lui s'il s'en abstient. L'entreprise satisfait pour sa part à son obligation en le mettant à disposition. Le manquement du commerçant reste une Finanzordnungswidrigkeit punie d'une amende pouvant atteindre 5 000 €, au titre du § 51 du Finanzstrafgesetz.
Les exceptions à l'obligation sont énumérées par la Barumsatzverordnung 2015. Leur portée reste étroite. La règle dite des mains froides vise les ventes réalisées en plein air, hors d'un local fermé. Son plafond de chiffre d'affaires, longtemps fixé à 30 000 € nets par an, a été relevé à 45 000 €. Les refuges de montagne, les cantines associatives et les automates dont l'opération ne dépasse pas 20 € relèvent de régimes propres. Le guide de l'Unternehmensserviceportal range enfin la vente en ligne réglée par virement hors du dispositif, ce qui laisse la caisse enregistrée au commerce physique et aux services rendus sur place.
Les espèces : maillage, usage mesuré et débat constitutionnel
L'approvisionnement des ménages en espèces passe presque entièrement par les distributeurs automatiques. 88 % des personnes interrogées par l'OeNB en 2025 retirent au distributeur, contre 87 % l'année précédente, et le guichet continue de reculer. 35 % retirent au moins une fois par semaine. Le montant le plus fréquemment choisi ne dépasse pas 200 €. Le retrait en caisse de magasin reste anecdotique, à 1 % des personnes interrogées. L'Autriche se distingue ainsi des marchés où le cash-back, retrait obtenu en caisse à l'occasion d'un paiement par carte, complète le maillage des automates. Les Autrichiens portent en moyenne 80 € sur eux, et environ 100 € dans les zones rurales.
L'initiative OeNB-Bankomat conduit la banque centrale à installer elle-même des distributeurs automatiques. Elle vise les communes dépourvues de distributeur et d'agence, à partir de 500 habitants. Deux conditions s'y ajoutent, un automate le plus proche situé à plus de deux kilomètres et une distance raccourcie d'au moins un kilomètre par le nouvel appareil. Un an après le démarrage de juillet 2025, l'OeNB comptait 66 sites en service et plus de 80 000 personnes concernées. L'exploitation est confiée à PSA. À Güttenbach, la distance moyenne au distributeur le plus proche est passée de 4,4 à 0,6 kilomètre.
Le Volksbegehren est une initiative populaire autrichienne, soutenue par les électeurs pendant une semaine d'inscription puis examinée par le Conseil national. Deux Volksbegehren ont porté sur le numéraire, sans donner lieu à un texte. Le premier, « Für uneingeschränkte Bargeldzahlung », ouvert à la signature du 19 au 26 septembre 2022, a réuni 530 938 signatures et demandait une loi constitutionnelle garantissant le paiement en espèces sans restriction. Le Conseil national en a pris acte le 24 mai 2023, après une audition en commission des finances le 9 mai. Le second, « BARGELD-Zahlung: Obergrenze NEIN! », visait spécifiquement l'idée d'un plafond de paiement en espèces. Sa prise d'acte est intervenue le 14 décembre 2023, un amendement sur l'approvisionnement en numéraire et sur une obligation d'acceptation étant rejeté au passage.
Le chancelier Karl Nehammer avait annoncé en août 2023, dans un entretien d'été à l'agence APA, vouloir inscrire un droit au paiement en espèces dans la Constitution. Une loi constitutionnelle autrichienne exige la majorité des deux tiers au Conseil national, donc l'accord d'au moins un parti d'opposition. Les suites parlementaires publiées de ces deux Volksbegehren ne comportent aucune loi constitutionnelle sur le paiement en espèces. Le débat continue de structurer la politique du numéraire sans avoir modifié le droit. Il s'appuie sur un attachement que l'OeNB mesure, 94 % des personnes interrogées déclarant ne pas pouvoir se représenter un monde sans numéraire.
Le secteur de la construction connaît déjà une restriction de cette nature. Depuis le 1er janvier 2016, une prestation de construction payée en espèces au-delà de 500 € entre entreprises n'est pas déductible, en application du § 20 de l'Einkommensteuergesetz. Le fractionnement d'une prestation économiquement unique ne préserve pas la déduction. Le paiement des salaires en espèces est interdit dans le bâtiment, le manquement constituant une Finanzordnungswidrigkeit punie d'une amende pouvant atteindre 5 000 €. La vérification d'un chantier autrichien porte donc sur les relevés bancaires. Le règlement en espèces d'un sous-traitant au-delà de 500 € prive l'entreprise de la déduction de cette charge.