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🇦🇹 Les paiements en Autriche

Payment Services Austria comme opérateur unique, eps-Überweisung et sa bascule, Bluecode, l'obligation de caisse enregistreuse à dispositif de signature et la place des espèces dans le débat constitutionnel

Un marché de caisse, de billets et de cartes de débit

La Zahlungsmittelstudie de l'Oesterreichische Nationalbank mesure la répartition des moyens de paiement en Autriche, à partir d'un journal de paiement tenu par les ménages interrogés. L'édition publiée le 23 juin 2026 porte sur l'année 2025. Elle établit que 91 % des achats des ménages se règlent sur place, à la caisse. Les espèces y portent 55 % des transactions et 45 % du chiffre d'affaires, contre 63 % et 48 % trois ans plus tôt. Le recul porte donc davantage sur le nombre d'opérations que sur leur valeur. L'écart qui subsiste entre ces deux parts tient au montant des achats réglés en billets, inférieur au montant moyen d'une opération. La même étude relève que la moitié des paiements du pays sont désormais sans espèces, ce qui situe en 2025 le franchissement de ce seuil.

55 % / 45 %
part des espèces au point de vente en 2025, en nombre puis en valeur (63 % et 48 % en 2022)
OeNB, Zahlungsmittelstudie 2025, OeNB Report 2026/14, 23 juin 2026
91 %
des achats des ménages autrichiens sont réalisés sur place, au point de vente
OeNB, Zahlungsmittelstudie 2025, OeNB Report 2026/14, 23 juin 2026
69 %
des paiements de moins de 10 € restent réglés en espèces
OeNB, Zahlungsmittelstudie 2025, OeNB Report 2026/14, 23 juin 2026
≈ 9 200
transactions au point de vente consignées dans le journal de paiement, auxquelles s'ajoutent 921 opérations sur internet
OeNB, Zahlungsmittelstudie 2025, OeNB Report 2026/14, 23 juin 2026

La part des espèces varie d'abord selon le montant de l'achat. Au-dessous de dix euros, 69 % des paiements restent en billets et en pièces. À partir de cent euros, la part des espèces tombe à 43 % et la carte passe devant, à 48 %. L'âge du payeur constitue le second facteur de variation, mesuré quant à lui sur l'ensemble des montants. Chez les 16-29 ans, les espèces portent 38 % des paiements au point de vente et les cartes 52 %, une opération sur dix partant déjà d'un téléphone ou d'une montre. Chez les 66 ans et plus, la proportion s'inverse, à 76 % en espèces.

Le commerce en ligne touche une majorité de la population autrichienne, tout en restant minoritaire dans le nombre d'achats. 67 % des personnes interrogées achètent sur internet, et la moitié d'entre elles le fait au moins une fois par mois. La structure des paiements y diffère de celle du magasin. Les cartes classiques y pèsent 35 % des opérations, premier rang sans majorité. Les portefeuilles et procédés internet comme PayPal, Klarna, Apple Pay ou Google Pay en portent 30 %, le virement électronique 23 % et le prélèvement 8 %. Rapporté aux montants, le classement s'inverse, le virement pesant 62 % de la valeur payée en ligne parce que les gros paniers, logement ou véhicule, se règlent ainsi.

Situation de paiementEn nombre d'opérationsEn valeur
Point de vente, espèces55 %45 %
Point de vente, achats de moins de 10 €69 % en espècesnon publié
Point de vente, achats de 100 € et plus43 % en espèces, 48 % en cartesnon publié
Point de vente, 16-29 ans, paiements électroniques61 %non publié
En ligne, cartes classiques35 %non publié
En ligne, portefeuilles et procédés internet30 %non publié
En ligne, virement électronique23 %62 %
En ligne, prélèvement8 %non publié
Autriche 2025, ce que le journal de paiement de l'OeNB mesure vraiment. Source : OeNB, Zahlungsmittelstudie 2025, OeNB Report 2026/14, 23 juin 2026. Les cases vides sont des grandeurs que l'étude ne publie pas.
⚠️
Les parts d'espèces ne se comparent pas d'un pays à l'autre
Trois enquêtes de banques centrales portent sur l'Europe germanophone, et elles ne mesurent pas la même chose. L'OeNB donne 55 % des transactions au point de vente en 2025. La Deutsche Bundesbank en donne 45 % pour les paiements du quotidien en Allemagne la même année, dans son étude Zahlungsverhalten in Deutschland 2025. La Banque nationale suisse retient 30 % pour le présentiel suisse, dans sa Zahlungsmittelumfrage 2024. L'étude SPACE de la Banque centrale européenne place quant à elle la zone euro à 52 % en nombre et 39 % en valeur pour 2024, contre 59 % en nombre deux ans plus tôt. Les échantillons, les périodes de collecte et le périmètre des situations retenues diffèrent d'une enquête à l'autre. Le classement des trois pays résiste à ces écarts, alors que la comparaison de deux chiffres pris isolément mêle l'écart d'usage et l'écart de méthode.

Le parc de cartes autrichien se compose en majorité de cartes de débit. PSA recense environ 11 millions de cartes de débit en circulation et publie 3,45 milliards de transactions par an, tous services confondus. Neuf paiements par carte sur dix se font sans contact à la caisse. Le crédit reste minoritaire. La catégorie porte d'ailleurs un nom qui décrit mal son contenu. Le parc dit de crédit se compose pour l'essentiel de cartes à débit différé, remboursées en une fois à date fixe. La différence tient au mode de remboursement, le débit différé soldant l'intégralité du solde à échéance quand le crédit renouvelable, ou revolving, laisse un encours courir d'un mois sur l'autre.

ℹ️
Ce que l'étude ne dit pas
Le journal de paiement de l'OeNB ne publie pas de panier moyen par instrument. Les grandeurs mesurées sont des seuils de comportement, la barre des dix euros et celle des cent euros. Le seul montant moyen publié concerne l'encaisse détenue, à 80 € par personne et environ 100 € dans les zones rurales. Un modèle de coût d'acceptation construit sur un panier moyen autrichien repose donc sur une hypothèse propre à son auteur, et non sur une donnée de l'étude.

La carte : sortie de Maestro et opérateur unique

PSA Payment Services Austria GmbH est la société de place des paiements de détail autrichiens. Détenue par les banques du pays, elle exploite la marque Bankomat, le réseau de distributeurs, la compensation de détail, le prélèvement ems et le pay-by-bank eps. Cette concentration réduit à quelques lignes la cartographie des interlocuteurs d'un commerçant ou d'un acquéreur entrant sur le marché. Elle fait aussi reposer la disponibilité des paiements du pays sur un opérateur unique, dont la modernisation devient un sujet de place. L'accord annoncé le 13 janvier 2026 avec Worldline porte sur le passage de PSA à une plateforme de nouvelle génération.

11 M
cartes Bankomat® en circulation
PSA Payment Services Austria, psa.at, relevé 2026
6 474
Bankomaten® exploités par PSA
PSA Payment Services Austria, psa.at, relevé 2026
244 M
transactions e-commerce traitées par PSA sur un an, tous services confondus
PSA Payment Services Austria, psa.at, relevé 2026

Bankomat est une marque de place, portée par les cartes de débit autrichiennes et par les distributeurs, sans réseau d'autorisation propre. Là où girocard ou Bancontact acheminent l'opération sur un réseau qui leur appartient, la Bankomatkarte emprunte de longue date celui de Mastercard, sous la marque Maestro d'abord, sous Debit Mastercard ensuite. Le mot Bankomat désigne d'ailleurs la carte autant que le distributeur. Quand Mastercard a arrêté l'émission de nouvelles cartes Maestro en Europe le 1er juillet 2023, les banques autrichiennes ont changé de produit à l'intérieur du même réseau. Aucune marque domestique n'était co-badgée avec Maestro, si bien que la bascule n'a retiré au pays aucune option de routage. La marque Bankomat, indépendante du produit émis, a subsisté. Les banques avaient d'ailleurs pris de l'avance sur l'échéance. Le groupe Raiffeisen a commencé sa bascule vers la Debit Mastercard en avril 2021 et annonçait à l'été l'échange d'environ 3,3 millions de cartes.

Cette histoire, celle d'une marque de place adossée à un réseau international, produit trois conséquences opérationnelles. La première est l'absence d'arbitrage de marque au point de vente autrichien, faute de rail local vers lequel router une opération. Le débat allemand sur le routage d'une carte co-badgée girocard n'a donc pas d'objet à Vienne. La deuxième est apparue à l'usage. La Debit Mastercard et la Visa Debit sont acceptées en ligne, là où la Maestro ne l'était pas. Le débit autrichien est ainsi entré en e-commerce. La troisième porte sur le paramétrage des marchands, un commerçant resté sur ses règles 3-D Secure de 2021 encaissant aujourd'hui du débit en e-commerce qu'il n'avait pas prévu de traiter.

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La banque centrale nomme elle-même la dépendance
L'OeNB écrit, dans son étude de juin 2026, que deux tiers des paiements électroniques européens passent par des prestataires américains. Elle ajoute que 13 des 21 pays de la zone euro dépendent presque entièrement de systèmes de paiement non européens dans le commerce, et elle range explicitement l'Autriche dans ce groupe. Le constat décrit l'état du parc installé. Faute de rail domestique, chaque paiement par carte au point de vente autrichien est une opération Mastercard ou Visa. La marge de manœuvre du pays sur ce flux se limite au choix de l'acquéreur et à la négociation commerciale.

Le cadre tarifaire de la carte relève du droit de l'Union. Le règlement (UE) 2015/751 plafonne l'interchange à 0,2 % pour une carte de débit de consommateur et à 0,3 % pour une carte de crédit ou à débit différé, sur les opérations domestiques et intra-EEE. Les cartes autrichiennes à débit différé relèvent du second plafond et non du premier, ce qui déplace vers le haut le coût moyen d'un portefeuille de clientèle aisée. Les cartes commerciales sortent du règlement, sans plafond ni interdiction de surtarification. Un portefeuille B2B se tarifie donc à part. L'article 62 de la DSP2 interdit depuis le 13 janvier 2018 de facturer un supplément au consommateur qui paie avec une carte couverte par ces plafonds. La transposition autrichienne porte le nom de Zahlungsdienstegesetz 2018.

ActeurRôleCe qu'il faut vérifier
PSA Payment Services Austria GmbHMarque Bankomat, réseau de distributeurs, compensation PSA CSM, prélèvement ems, epsSociété détenue par les banques autrichiennes. Point de dépendance unique pour la place, et interlocuteur de la migration de plateforme engagée avec Worldline.
ÉmetteursErste Group et Sparkassen, groupe Raiffeisen, UniCredit Bank Austria, BAWAG, VolksbankenLe produit émis est une Debit Mastercard ou une Visa Debit. La marque Bankomat ne dit rien du rail emprunté par l'autorisation.
card complete Service Bank AGÉmission et traitement de cartes de crédit sur le marché autrichien, y compris les cartes Diners ClubÉmetteur historique du crédit en Autriche. Vérifier le périmètre exact du contrat, l'émission et l'acceptation ne se négociant pas ensemble.
Acquéreurs et prestatairesNexi, Worldline, PAYONE, Global Payments, Hobex et autresLe contrat se juge sur l'interchange++ et sur les frais de scheme. Un taux mélangé masque précisément les postes négociables.
Qui fait quoi dans la chaîne carte autrichienne. Les prestataires d'acceptation sont recensés par la Wirtschaftskammer Österreich sur son portail commerce.
  • Exiger un barème en interchange++. Les plafonds du règlement (UE) 2015/751 ne couvrent ni les frais de scheme ni la marge acquéreur ; sans décomposition, la négociation porte sur un chiffre qui ne se vérifie pas.
  • Segmenter par type de carte. Débit consommateur à 0,2 %, débit différé et crédit à 0,3 %, cartes commerciales hors plafond et hors interdiction de surtarification.
  • Ne pas prévoir de surcharge consommateur. Elle est interdite depuis le 13 janvier 2018 sur les cartes couvertes par les plafonds, en application de l'article 62 de la DSP2.
  • Activer le sans contact partout. Neuf paiements par carte sur dix se font sans contact à la caisse autrichienne (OeNB, données 2024) ; un parcours qui impose l'insertion crée une friction sur la quasi-totalité des opérations.
  • Revoir le paramétrage e-commerce du débit. Depuis la migration vers Debit Mastercard et Visa Debit, les cartes de débit autrichiennes se présentent en vente à distance, avec les règles d'authentification qui vont avec.

eps-Überweisung, le QR et la bascule vers Wero

eps-Überweisung est le paiement par virement en ligne des banques autrichiennes, lancé en 2005 et exploité par PSA avec STUZZA. Le parcours repose sur une redirection. Le marchand renvoie l'acheteur vers l'accès e-banking de sa propre banque, l'acheteur y autorise un virement déjà rempli, et le serveur bancaire renvoie une confirmation au marchand. L'ordre ainsi accepté devient irrévocable. La confirmation établit, avant toute expédition, que le paiement est acquis au commerçant. Environ vingt-cinq établissements participent au service. La liste comprend notamment Raiffeisen, Bank Austria, BAWAG P.S.K., Erste Bank, les Sparkassen et le groupe Volksbank.

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L'irrévocabilité déplace le risque, elle ne le supprime pas
L'encaissement par eps n'ouvre pas la voie à la rétrofacturation carte, puisqu'un virement SEPA exécuté ne se rappelle pas à la demande du payeur. Le risque du marchand se déplace vers l'amont, sur les paniers abandonnés entre la redirection et la confirmation. Le remboursement change aussi de nature. Il suppose l'émission d'un virement sortant vers l'IBAN du client, là où la carte permet d'annuler une autorisation. L'ouverture du moyen de paiement suppose donc, pour une boutique exposée à des retours fréquents, un flux sortant déjà industrialisé, faute de quoi la charge se reporte sur le service après-vente.

Les volumes d'opérations eps ne sont pas publiés. Le site eps-ueberweisung.at annonce plus de 11 000 boutiques en ligne participantes, sans jamais donner de nombre d'opérations. PSA publie de son côté 244 millions de transactions e-commerce traitées sur un an, tous services confondus, sans isoler eps. Une prévision de conversion appuyée sur ces deux nombres rapprocherait donc des périmètres différents. Deux éléments se vérifient, la liste nominative des établissements participants et le tableau de disponibilité que PSA publie service par service.

Deux familles de code QR coexistent sur ce marché, et elles fonctionnent en sens inverse l'une de l'autre. Le QR européen normalisé par l'European Payments Council, référencé EPC069-12, encode les coordonnées du bénéficiaire, le montant et la référence, pour qu'une application bancaire préremplisse un virement SEPA. Le payeur scanne, vérifie, valide. Avec Bluecode, l'application du payeur affiche un code-barres ou un QR à usage unique que la caisse vient scanner, l'opération étant ensuite adossée au compte bancaire. Le premier mécanisme sert au règlement d'une facture et le second à l'encaissement en caisse. Aucun lien automatique n'associe les deux dispositifs.

Bluecode est exploité par Blue Code International AG, société autrichienne, et se distribue en Autriche comme en Allemagne à l'intérieur des applications bancaires plutôt que comme une application autonome. Le service est interopérable hors d'Europe, un partenariat avec Ant International ouvrant les paiements en application depuis le réseau d'applications Bluecode vers les commerçants Alipay. Aucune source indépendante ne publie sa part de marché autrichienne, et l'OeNB ne l'isole pas dans son journal de paiement. Les volumes attribués à ce service ne reposent donc sur aucune mesure indépendante.

Le virement instantané SEPA procède en Autriche d'une obligation européenne. La réception est obligatoire depuis le 9 janvier 2025, l'émission depuis le 9 octobre 2025. Le règlement (UE) 2024/886 interdit tout surcoût par rapport au virement classique et impose la vérification du bénéficiaire. PSA a ouvert son service de compensation instantanée en juin 2025 et figure auprès de l'European Payments Council comme mécanisme de routage et de vérification pour le VoP. L'usage progresse plus lentement que le calendrier réglementaire. L'OeNB relève que 80 % des Autrichiens connaissent le terme, quand près des deux tiers déclarent n'avoir pas utilisé l'instrument en 2025.

PSA prépare depuis le 23 janvier 2026 le service d'émission de Wero pour les banques d'Autriche et d'Allemagne, avec intégration technique, conformité, gestion de la fraude, traitement des réclamations et exploitation courante. Erste Bank Oesterreich est entrée au capital de l'European Payments Initiative le 22 juin 2026, aux côtés de la Raiffeisen Bank International. Trois Raiffeisenlandesbanken (Niederösterreich-Wien, Oberösterreich, Steiermark) doivent les rejoindre, sous réserve de l'accord de leurs conseils de surveillance. Le calendrier reste ouvert. Aucune date de lancement autrichien n'a été communiquée, et aucune date d'arrêt d'eps non plus. Un plan de moyens de paiement établi pour 2027 conserve donc eps et instruit Wero en parallèle.

2005
Lancement d'eps-Überweisung
Standard autrichien de paiement en ligne par virement, porté par les banques avec STUZZA et exploité par PSA.
avril 2021
Bascule Maestro vers Debit Mastercard chez Raiffeisen
Le groupe annonce à l'été 2021 l'échange d'environ 3,3 millions de cartes Bankomat.
1er juillet 2023
Fin de l'émission de nouvelles cartes Maestro en Europe
L'Autriche change de produit à l'intérieur du réseau Mastercard, sans perdre de rail domestique puisqu'elle n'en avait pas.
9 janvier 2025
Réception du virement instantané obligatoire
Règlement (UE) 2024/886, applicable à tous les prestataires de la zone euro.
juin 2025
Ouverture de la compensation instantanée de PSA
Le service de clearing de place traite les virements instantanés SEPA en plus des virements et prélèvements.
9 octobre 2025
Émission obligatoire et vérification du bénéficiaire
Même règlement, sans surcoût par rapport au virement classique. PSA est reconnue mécanisme de routage et de vérification par l'European Payments Council.
13 janvier 2026
Accord PSA et Worldline
Migration de l'infrastructure de PSA vers une plateforme de paiement de nouvelle génération.
23 janvier 2026
PSA prépare l'émission de Wero
Service d'issuing pour les banques autrichiennes et allemandes, de l'intégration technique jusqu'à l'exploitation.
22 juin 2026
Banques autrichiennes au capital de l'EPI
Erste Bank Oesterreich et Raiffeisen Bank International ; trois Raiffeisenlandesbanken doivent suivre, sous réserve de l'accord de leurs conseils de surveillance.

L'obligation de caisse enregistreuse et son dispositif de signature

La Registrierkassenpflicht est l'obligation d'enregistrer les Barumsätze dans une caisse enregistreuse électronique, au sens fiscal que le droit autrichien donne à ce terme. Une entreprise y est soumise dès que son chiffre d'affaires annuel par établissement dépasse 15 000 € et que ses Barumsätze dépassent 7 500 € sur l'année. Les deux seuils sont cumulatifs. L'obligation prend effet au début du quatrième mois suivant la fin de la période de déclaration au cours de laquelle les seuils ont été franchis. Le texte de base est le § 131b de la Bundesabgabenordnung, complété par la Registrierkassensicherheitsverordnung pour la partie technique.

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Un paiement par carte est un Barumsatz
Le Barumsatz désigne une catégorie fiscale plus large que le seul chiffre d'affaires réglé en espèces. Le § 131b Abs 1 Z 3 de la Bundesabgabenordnung y range la Barzahlung au sens strict. Il y ajoute le paiement par Bankomatkarte ou par carte de crédit, ainsi que les formes de paiement électronique comparables. Les chèques de banque et les bons émis par l'entreprise puis repris en paiement entrent dans la même catégorie. Seul le virement en reste dehors. Un commerçant qui n'accepte plus les espèces franchit donc le seuil de 7 500 € exactement comme les autres. Faute d'avoir retenu cette définition, il ne dispose au contrôle ni de caisse enregistrée ni de chaîne de signatures à produire.

Le dispositif technique de sécurité est pleinement applicable depuis le 1er avril 2017. Chaque opération est signée par une Signaturerstellungseinheit, l'unité de création de signature rattachée au contribuable. Le ticket porte un code lisible par machine, en pratique un QR, qui contient la valeur de signature. Chaque ticket reprend la signature du précédent, ce qui enchaîne les opérations d'une caisse les unes aux autres. La suppression d'une vente rompt cette chaîne et laisse une discontinuité vérifiable. Le protocole d'enregistrement des données, le Datenerfassungsprotokoll, conserve la suite complète et est produit lors d'un contrôle.

Trois tickets obligatoires ponctuent ensuite l'exploitation de la caisse, et leur omission constitue le manquement le plus courant. Le Startbeleg est émis à la mise en service pour un montant nul, puis vérifié dans la semaine avec l'application Belegcheck du ministère des Finances. Cette vérification confirme que le dispositif fonctionne et ouvre la chaîne de signatures. Le Monatsbeleg clôt chaque mois. Le Jahresbeleg clôt l'exercice et doit être vérifié au plus tard le 15 février de l'année suivante. La caisse et l'unité de signature s'enregistrent par FinanzOnline, où une panne de plus de 48 heures se déclare dans la semaine.

  • Enregistrer la caisse et l'unité de signature dans FinanzOnline avant la mise en service, sous l'identifiant du contribuable.
  • Émettre le Startbeleg à montant nul, puis le vérifier avec l'application Belegcheck du ministère des Finances dans la semaine qui suit.
  • Produire le Monatsbeleg à chaque fin de mois, et sauvegarder le Datenerfassungsprotokoll sur un support externe.
  • Produire puis vérifier le Jahresbeleg après la dernière opération de l'exercice, au plus tard le 15 février de l'année suivante.
  • Déclarer toute panne de plus de 48 heures de la caisse ou de l'unité de signature dans FinanzOnline, dans la semaine, et documenter les ventes intervenues pendant l'interruption.

L'obligation de remettre un ticket est posée au § 132a de la même loi, et elle ne dépend d'aucun seuil de chiffre d'affaires. Toute Barzahlung donne lieu à un ticket remis au payeur, un ticket électronique étant admis s'il devient accessible immédiatement après le paiement. Le client doit le prendre et l'emporter hors du local commercial, aucune sanction ne s'appliquant à lui s'il s'en abstient. L'entreprise satisfait pour sa part à son obligation en le mettant à disposition. Le manquement du commerçant reste une Finanzordnungswidrigkeit punie d'une amende pouvant atteindre 5 000 €, au titre du § 51 du Finanzstrafgesetz.

Les exceptions à l'obligation sont énumérées par la Barumsatzverordnung 2015. Leur portée reste étroite. La règle dite des mains froides vise les ventes réalisées en plein air, hors d'un local fermé. Son plafond de chiffre d'affaires, longtemps fixé à 30 000 € nets par an, a été relevé à 45 000 €. Les refuges de montagne, les cantines associatives et les automates dont l'opération ne dépasse pas 20 € relèvent de régimes propres. Le guide de l'Unternehmensserviceportal range enfin la vente en ligne réglée par virement hors du dispositif, ce qui laisse la caisse enregistrée au commerce physique et aux services rendus sur place.

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Deux objets de conformité, pas un seul
Un projet d'encaissement autrichien porte deux objets distincts, le terminal et la caisse. Le terminal relève des règles de scheme, du contrat acquéreur et de la protection des données de carte. La caisse relève du droit fiscal, avec sa signature, sa chaîne de tickets et ses clôtures datées. Un montage où le terminal encaisse sans que la vente entre dans la caisse enregistrée produit un écart entre les deux séries d'opérations, relevé dès le premier contrôle. L'intégration du terminal à la caisse conditionne donc la conformité du ticket remis au client, au-delà du confort d'utilisation.

Les espèces : maillage, usage mesuré et débat constitutionnel

L'approvisionnement des ménages en espèces passe presque entièrement par les distributeurs automatiques. 88 % des personnes interrogées par l'OeNB en 2025 retirent au distributeur, contre 87 % l'année précédente, et le guichet continue de reculer. 35 % retirent au moins une fois par semaine. Le montant le plus fréquemment choisi ne dépasse pas 200 €. Le retrait en caisse de magasin reste anecdotique, à 1 % des personnes interrogées. L'Autriche se distingue ainsi des marchés où le cash-back, retrait obtenu en caisse à l'occasion d'un paiement par carte, complète le maillage des automates. Les Autrichiens portent en moyenne 80 € sur eux, et environ 100 € dans les zones rurales.

L'initiative OeNB-Bankomat conduit la banque centrale à installer elle-même des distributeurs automatiques. Elle vise les communes dépourvues de distributeur et d'agence, à partir de 500 habitants. Deux conditions s'y ajoutent, un automate le plus proche situé à plus de deux kilomètres et une distance raccourcie d'au moins un kilomètre par le nouvel appareil. Un an après le démarrage de juillet 2025, l'OeNB comptait 66 sites en service et plus de 80 000 personnes concernées. L'exploitation est confiée à PSA. À Güttenbach, la distance moyenne au distributeur le plus proche est passée de 4,4 à 0,6 kilomètre.

88 %
des personnes interrogées se procurent des espèces au distributeur en 2025, contre 87 % en 2024
OeNB, Zahlungsmittelstudie 2025, OeNB Report 2026/14, 23 juin 2026
1 %
seulement s'approvisionnent en espèces à la caisse d'un magasin
OeNB, Zahlungsmittelstudie 2025, OeNB Report 2026/14, 23 juin 2026
66
automates installés par l'initiative OeNB-Bankomat un an après son démarrage, pour un objectif de 120 fin 2026
OeNB, communiqué du 6 juillet 2026
530 938
signatures du Volksbegehren « Für uneingeschränkte Bargeldzahlung », semaine d'inscription du 19 au 26 septembre 2022
Résultat de la semaine d'inscription publié par le Bundesministerium für Inneres, repris par l'ORF
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Le refus d'espèces se mesure, dans les deux sens
L'OeNB chiffre les deux versants du refus. 88 % des personnes interrogées ont toujours pu payer en espèces quand elles le souhaitaient en 2025. Environ 10 % se sont vu opposer un refus au moins une fois, le plus souvent dans la restauration et dans les commerces du quotidien. Le phénomène touche aussi le camp inverse, puisque 24 % ont vu un paiement électronique rejeté au moins une fois dans l'année. Le risque de réputation d'une enseigne passée au tout-numérique en Autriche est donc documenté par l'enquête.

Le Volksbegehren est une initiative populaire autrichienne, soutenue par les électeurs pendant une semaine d'inscription puis examinée par le Conseil national. Deux Volksbegehren ont porté sur le numéraire, sans donner lieu à un texte. Le premier, « Für uneingeschränkte Bargeldzahlung », ouvert à la signature du 19 au 26 septembre 2022, a réuni 530 938 signatures et demandait une loi constitutionnelle garantissant le paiement en espèces sans restriction. Le Conseil national en a pris acte le 24 mai 2023, après une audition en commission des finances le 9 mai. Le second, « BARGELD-Zahlung: Obergrenze NEIN! », visait spécifiquement l'idée d'un plafond de paiement en espèces. Sa prise d'acte est intervenue le 14 décembre 2023, un amendement sur l'approvisionnement en numéraire et sur une obligation d'acceptation étant rejeté au passage.

Le chancelier Karl Nehammer avait annoncé en août 2023, dans un entretien d'été à l'agence APA, vouloir inscrire un droit au paiement en espèces dans la Constitution. Une loi constitutionnelle autrichienne exige la majorité des deux tiers au Conseil national, donc l'accord d'au moins un parti d'opposition. Les suites parlementaires publiées de ces deux Volksbegehren ne comportent aucune loi constitutionnelle sur le paiement en espèces. Le débat continue de structurer la politique du numéraire sans avoir modifié le droit. Il s'appuie sur un attachement que l'OeNB mesure, 94 % des personnes interrogées déclarant ne pas pouvoir se représenter un monde sans numéraire.

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Le plafond qui arrive ne vient pas de Vienne
L'Autriche n'applique aujourd'hui aucun plafond général de paiement en espèces. Le règlement (UE) 2024/1624 en introduit un dans toute l'Union, fixé à 10 000 € pour les paiements de biens et de services dont une partie au moins agit à titre professionnel. Il s'applique à partir du 10 juillet 2027. La limite vise aussi les paiements fractionnés qui apparaissent liés entre eux. Les États membres gardent la faculté de fixer un seuil plus bas. L'échéance s'impose aux commerçants autrichiens qui acceptent de gros règlements en billets, indépendamment du sort de l'initiative constitutionnelle.

Le secteur de la construction connaît déjà une restriction de cette nature. Depuis le 1er janvier 2016, une prestation de construction payée en espèces au-delà de 500 € entre entreprises n'est pas déductible, en application du § 20 de l'Einkommensteuergesetz. Le fractionnement d'une prestation économiquement unique ne préserve pas la déduction. Le paiement des salaires en espèces est interdit dans le bâtiment, le manquement constituant une Finanzordnungswidrigkeit punie d'une amende pouvant atteindre 5 000 €. La vérification d'un chantier autrichien porte donc sur les relevés bancaires. Le règlement en espèces d'un sous-traitant au-delà de 500 € prive l'entreprise de la déduction de cette charge.

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Ce qu'il faut retenir pour opérer sur ce marché
Le marché autrichien se caractérise par un encaissement majoritairement physique, une dominante de cartes de débit et une part d'espèces encore élevée. Aucun rail carte domestique n'existe, de sorte qu'aucun routage local ne se négocie et que chaque paiement carte passe par Mastercard ou par Visa. La vente en ligne dispose avec eps d'une confirmation irrévocable que la carte n'apporte pas, sans que le service publie ses volumes. L'avenir d'eps se joue du côté de Wero, dont aucune date de lancement autrichien n'est arrêtée. La contrainte de conformité la plus lourde se situe dans la caisse, où la signature, la chaîne de tickets et le Jahresbeleg du 15 février engagent l'entreprise. Le numéraire reste enfin un moyen de paiement largement employé, dont l'accès relève d'une politique publique de la banque centrale.