MCC : le code catégorie commerçant
Le MCC (Merchant Category Code, ISO 18245) est un code à 4 chiffres, attribué par l'acquéreur, qui classe l'activité du commerçant. Il circule dans chaque autorisation (DE18) et dans chaque présentation en compensation. Il commande des traitements de nature très diverse : grilles d'interchange, éligibilité à des programmes, plafonds stand-in, restrictions d'usage (cartes affaires, cartes jeunes), cashback des porteurs, obligations déclaratives, voire blocages réglementaires (jeux d'argent, crypto).
| MCC | Catégorie | Particularités |
|---|---|---|
| 5411 | Supermarchés, épiceries | Interchange souvent réduit (programmes grande distribution) |
| 5812 / 5814 | Restaurants / restauration rapide | Distinction utile pour les cartes titres-restaurant |
| 5541 / 5542 | Stations-service / automates carburant (AFD) | 5542 : préauth plafond + capture partielle obligatoire |
| 5912 | Pharmacies | Programmes santé, restrictions cartes prépayées possibles |
| 4111 / 4131 | Transports urbains / autocars | Transit EMV : agrégation de trajets, no-CVM spécifique |
| 4511 / 3000-3299 | Compagnies aériennes (générique / codes propres) | Chaque grande compagnie a son MCC dédié |
| 7011 / 3501-3999 | Hôtels (générique / chaînes) | Préauth longue durée, incrémentales, no-show |
| 6011 | Retraits DAB | Hors périmètre interchange commerçant |
| 6051 / 6540 | Quasi-cash, crypto-actifs / rechargement wallet | Souvent traités comme avance d'espèces : frais et blocages émetteur |
| 7995 | Jeux d'argent et paris | Interdictions fréquentes, codes réponse 57 massifs |
| 4814 | Télécoms | Fort taux de récurrence (abonnements) |
| 5999 | Commerce de détail divers | MCC « fourre-tout », scruté par les acquéreurs |
- Le MCC est attribué par contrat d'acceptation : un commerçant multi-activités peut avoir plusieurs contrats/MID avec des MCC différents.
- Les émetteurs s'appuient sur le MCC pour le contrôle parental, les cartes affaires (catégories autorisées) et les programmes de cashback.
- En reporting, croiser MCC et taux d'acceptation révèle des poches de refus spécifiques (ex. MCC 6051 sur-refusé par certains émetteurs).
BIN / IIN : identifier l'émetteur
Les premiers chiffres du PAN forment l'IIN (Issuer Identification Number, ISO/IEC 7812), usuellement appelé BIN. Historiquement sur 6 chiffres, la norme est passée à 8 chiffres en avril 2022 pour faire face à la pénurie. Le premier chiffre (MII) indique la famille : 4 = Visa, 5 (et 2221-2720) = Mastercard, 3 = Amex/Diners/JCB, 6 = Discover/UnionPay... Le BIN pilote le routage, c'est-à-dire le choix de l'émetteur vers lequel envoyer l'autorisation. Il alimente aussi les tables BIN utilisées par les PSP pour détecter pays d'émission, type de carte (débit/crédit, consommateur/commercial) et marques co-badgées.
| Préfixe | Marque | Longueur PAN |
|---|---|---|
| 4xxxxx | Visa | 16 (parfois 13/19) |
| 51-55, 2221-2720 | Mastercard | 16 |
| 34, 37 | American Express | 15 |
| 6011, 644-649, 65 | Discover | 16-19 |
| 35 (3528-3589) | JCB | 16-19 |
| 62 | UnionPay | 16-19 |
| – | CB | Pas de plage propre : cartes co-badgées sur plages Visa/Mastercard ; l'appartenance CB se lit dans les tables BIN |
PAN : 4 9 7 0 1 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 0
|_____________| IIN/BIN 8 chiffres : 49701012
| MII : 4 = Visa
|___________| identifiant de compte individuel
| cle de Luhn (controle modulo 10)
Verification de Luhn (droite -> gauche) :
doubler un chiffre sur deux, soustraire 9 si > 9,
sommer le tout : total % 10 == 0 => PAN structurellement valide.
Attention : Luhn valide la FORME, pas l'existence du compte
(le code reponse 14 "carte invalide" reste possible).ARN, RRN, STAN : tracer une transaction
Une même transaction porte plusieurs identifiants distincts, qui varient selon l'étape du traitement et selon l'acteur qui les produit. Chacun a une portée propre, certains ne valant que le temps d'une session d'autorisation, d'autres subsistant jusqu'à l'arbitrage d'un litige. Leur distinction conditionne la réconciliation et la gestion des litiges. Une référence citée à la place d'une autre ne trouve aucune correspondance chez le destinataire.
| Identifiant | Format | Généré par | Sert à |
|---|---|---|---|
| STAN (DE11) | 6 chiffres, cycle par terminal/session | Terminal ou hôte acquéreur | Apparier demande/réponse/reversal dans la session d'autorisation |
| RRN (DE37) | 12 caractères (souvent AJJJ + heure + STAN) | Acquéreur/switch | Référence de recherche commune autorisation ↔ compensation |
| Code d'autorisation (DE38) | 6 caractères alphanumériques | Émetteur (ou stand-in) | Preuve de l'autorisation ; figure sur le ticket |
| ARN | 23 chiffres | Acquéreur, à la présentation en compensation | LA référence de bout en bout : règlement, chargebacks, arbitrage |
| TID (DE41) / MID (DE42) | 8 / 15 caractères | Acquéreur (contrat) | Identifier le terminal et le contrat commerçant |
| Transaction ID scheme | Selon réseau (ex. Banknet ref + date) | Scheme | Références internes réseau, tokenisation, MIT (transactions initiées par le commerçant) |
ARN : 2 433261 6192 00000123456 7
| format : 2 = presentation acquereur
|____| BIN acquereur (6 chiffres)
|__| date julienne AJJJ : 6192
= annee ...6, 192e jour = 11/07/2026
|_________| numero de sequence / film locator
| cle de controle (Luhn)
Usage : c'est l'ARN que l'emetteur et l'acquereur citent dans
un chargeback ou une demande de justificatif. Sans ARN, pas
d'arbitrage possible aupres du scheme.ECI : l'indicateur d'authentification e-commerce
L'ECI (Electronic Commerce Indicator) qualifie le niveau d'authentification d'une transaction à distance : 3-D Secure complet, tentative, ou aucune authentification. Il détermine le transfert de responsabilité (liability shift). Sur une transaction correctement authentifiée, la fraude « carte volée/usurpée » pèse sur l'émetteur, pas sur le commerçant. Chaque scheme emploie sa propre échelle de valeurs, si bien qu'une même situation d'authentification porte un code différent chez Visa et chez Mastercard.
| Situation | Visa / CB | Mastercard | Responsabilité fraude |
|---|---|---|---|
| Authentification 3DS réussie (frictionless ou challenge) | 05 | 02 | Émetteur (liability shift acquis) |
| Tentative : porteur/émetteur non participant, ACS indisponible (attempt) | 06 | 01 | Émetteur (selon règles schemes) |
| Pas d'authentification (ou 3DS échoué, transaction poursuivie) | 07 | 00 | Commerçant |
| Exemption SCA demandée par l'acquéreur (TRA, faible montant...) | 07 + indicateur d'exemption | 00/06 + indicateur | Commerçant (l'exemption ne transfère pas la responsabilité) |
| MIT / transaction hors périmètre SCA (MOTO, one-leg-out) | 07 + flags MIT | 00 + flags MIT | Commerçant, sauf cas particuliers |
Transaction codes : le langage de la compensation
En compensation, chaque enregistrement porte un code de transaction qui indique sa nature. Chez Visa (format Base II), ce sont les TC, là où chez Mastercard (IPM) la combinaison MTI + function code joue le même rôle. Ces codes structurent l'ensemble des fichiers de compensation et des rapports acquéreur, dont la lecture suppose donc de les identifier.
| TC | Nature | Sens des fonds |
|---|---|---|
| TC05 | Vente (sales draft) | Émetteur → acquéreur |
| TC06 | Crédit / remboursement (credit voucher) | Acquéreur → émetteur |
| TC07 | Avance d'espèces (cash disbursement) | Émetteur → acquéreur |
| TC15 / 16 / 17 | Chargeback d'un TC05 / TC06 / TC07 | Inverse de l'original |
| TC25 / 26 / 27 | Annulation de présentation (reversal) d'un TC05 / 06 / 07 | Neutralise l'original |
| TC40 | Déclaration de fraude émetteur (fraud advice) | Informationnel, alimente les scores et programmes de monitoring |
| TC10 / TC20 | Collecte de frais / versement de fonds (fee collection / funds disbursement) | Variable |
Mastercard emploie les équivalences IPM suivantes. 1240 avec function code 200 = première présentation, l'équivalent du TC05 Visa. Puis 1240/205 = re-présentation, 1442/450-453 = chargeback et cycles suivants, 1740 = frais divers (fee collection), 1644/603 = demande de justificatif (retrieval request). Les rapports de l'acquéreur agrègent ces enregistrements, dont la restitution au niveau unitaire donne le détail des opérations sous-jacentes.
Lire un ticket et un relevé monétique
Les nomenclatures décrites plus haut apparaissent sur deux documents d'usage courant : le ticket (facturette) imprimé ou dématérialisé, et le relevé monétique mensuel de l'acquéreur. Le premier documente une transaction unitaire. Le second couvre l'ensemble de l'activité d'un mois et la facturation qui s'y rapporte.
CARTE BANCAIRE
CB SANS CONTACT technologie utilisee (contact/sans contact)
LE 11/07/26 A 12:34:56 date et heure de la transaction
BOULANGERIE DUPONT enseigne (DE43)
75011 PARIS
1234567 numero de contrat commercant (MID)
00012345 numero de terminal (TID)
############1234 PAN masque (4 derniers chiffres seulement)
A0000000421010 CB AID : application selectionnee (ici CB)
-> sur carte co-badgee, "VISA DEBIT" ici
signalerait un routage marque internationale
NO AUTO : 123456 code d'autorisation emetteur (DE38)
001234 000012 numero de remise / numero de transaction (STAN)
MONTANT REEL =
12,50 EUR
DEBIT sens de l'operation (DEBIT/CREDIT)
TICKET COMMERCANT exemplaire (commercant / client)
A CONSERVER 13 MOIS duree de conservation recommandee (litiges)- L'AID trahit le routage :
A0000000421010= CB,A0000000031010= Visa,A0000000041010= Mastercard. Sur carte co-badgée, c'est ici que se lit la marque réellement utilisée, et donc le coût (cf. topic interchange). - Le code d'autorisation figure sur le ticket : c'est lui qu'on rapproche du relevé bancaire du porteur en cas de contestation « je ne reconnais pas ce paiement ».
- PAN masqué : un ticket commerçant affichant plus que les 4 derniers chiffres (ou une date d'expiration) signale un terminal non conforme, à remonter immédiatement.
- Sans contact + absence de ligne PIN : transaction no-CVM, contestable plus facilement ; les tickets des transactions PIN mentionnent la vérification.
| Ligne du relevé | Ce que c'est | Contrôle à faire |
|---|---|---|
| Volume et nombre par marque (CB / Visa / MC) | Mix de routage réel | Part CB anormalement basse = fuite de coûts co-badge |
| Commissions par catégorie de carte | MSC détaillée (si unblending demandé) | Cohérence avec la grille contractuelle, dérive des cartes commerciales |
| Frais de scheme refacturés | Lignes réseaux (autorisation, clearing, marque) | Comparer mois par mois : les hausses silencieuses sont fréquentes |
| Impayés / chargebacks | Litiges débités avec frais de dossier | Rapprocher chaque ARN avec le litige correspondant |
| Location TPE, frais fixes, télécollecte | Coûts d'infrastructure | Facturation de terminaux rendus, doublons |