Référence🧭 Panoramas mondiauxAvancé⏱ 22 min de lecture

📱 Vendre dans les magasins d'applications

Achat intégré obligatoire, commissions de 15 % et 30 %, Apple et Google marchands de référence, remboursements décidés par le magasin, abonnements pilotés hors du système du développeur, reversement agrégé, et ce que le DMA et les injonctions anti-steering rouvrent

Qui vend quoi, et ce qui déclenche l'achat intégré

L'achat intégré désigne le mécanisme d'encaissement exploité par le magasin d'applications lui-même, que celui-ci impose pour une partie seulement de ce qu'une application vend. La ligne de partage tient à la nature de ce que le client reçoit, et au lieu où il le consomme. Elle ne dépend ni du montant, ni du pays, ni du modèle économique. Un contenu numérique livré dans l'application relève de l'achat intégré. Un bien physique ou un service rendu hors de l'application relève des moyens de paiement ordinaires, et les deux magasins interdisent dans ce cas d'employer leur propre système. La règle joue donc dans les deux sens. Elle impose l'encaissement du magasin d'un côté de la frontière, et elle l'exclut de l'autre.

Apple écrit cette partition aux points 3.1.1 et 3.1.3(e) de ses App Store Review Guidelines. Ces points réservent l'achat intégré aux biens et services numériques, et exigent un autre moyen de paiement dès que le bien ou le service est consommé hors de l'application. Google Play énonce la même règle dans sa politique de paiements, où Google Play Billing s'impose pour les achats de contenus et de fonctionnalités numériques et se trouve exclu pour les biens physiques. Les deux textes sont publics, versionnés, et modifiés plusieurs fois par an. Une lecture datant de 2022 ne correspond donc plus au texte en vigueur. La vérification porte sur la version publiée au moment où l'architecture d'encaissement est arrêtée.

Ce que le client achèteInstrument imposéCe qui décide
Abonnement à un service consommé dans l'applicationAchat intégré obligatoireLe service est rendu par l'application elle-même
Monnaie de jeu, vies, niveaux, objets virtuelsAchat intégré obligatoireBien numérique consommé dans l'application
Déblocage d'une fonctionnalité logicielleAchat intégré obligatoireLe déblocage porte sur le binaire distribué par le magasin
Livraison de repas, course en voiture avec chauffeur, nuit d'hôtelEncaissement propre au marchand, achat intégré interditLe service est exécuté dans le monde physique
Billetterie d'un événement, place de spectacleEncaissement propre au marchandPrestation consommée hors de l'application
Consultation individuelle en temps réel, cours particulier, téléconsultationEncaissement propre au marchand admis par AppleLe point 3.1.3(d) vise l'expérience un à un ; un cours diffusé à plusieurs retombe dans l'achat intégré
Accès à un contenu déjà acheté ailleurs (presse, musique, vidéo, livres)Aucun encaissement dans l'applicationRégime des reader apps, point 3.1.3(a)
Abonnement d'entreprise souscrit hors application par un service achatsAucun encaissement dans l'applicationServices d'entreprise, point 3.1.3(c)
Don à une association reconnueHors achat intégré chez les deux magasinsRégime spécifique aux dons caritatifs
Achat d'espace publicitaire par un annonceur professionnelEncaissement propre au marchandOutil de gestion publicitaire, sans consommation par l'utilisateur final
Où passe la frontière, catégorie par catégorie. Sources : Apple, App Store Review Guidelines, points 3.1.1 et 3.1.3 ; Google, Play Console Help, politique de paiements. Consultées en 2026.
🔑
Le critère qui commande l'architecture, avant la première ligne de code
Le critère de qualification porte sur le lieu où le client consomme ce qu'il a payé, plutôt que sur l'identité de celui qui encaisse. Un service de coaching sportif qui diffuse des vidéos dans son application vend un contenu numérique, et relève à ce titre de l'achat intégré. Le même service, lorsqu'il vend une séance individuelle avec un coach en visioconférence, entre dans le régime des expériences un à un et encaisse par ses propres moyens. Un catalogue qui mêle les deux exige deux chaînes d'encaissement complètes, deux référentiels de prix et deux comptabilités de revenus. Le contenu du catalogue commande donc l'architecture d'encaissement. Une architecture arrêtée avant lui se reconstruit ensuite, au prix de plusieurs trimestres.

Trois régimes intermédiaires déplacent cette frontière sans la supprimer. Les reader apps du point 3.1.3(a) couvrent la presse, les livres, l'audio, la musique et la vidéo, et peuvent donner accès à un contenu acheté ailleurs sans jamais le vendre dans l'application. Les services multiplateformes du point 3.1.3(b) autorisent la consommation, sur iOS, d'un contenu acquis sur un autre support. Les applications gratuites autonomes du point 3.1.3(f) sont le compagnon gratuit d'un outil web payant souscrit ailleurs, à la condition qu'aucun achat ni appel à l'achat n'y figure. Aucun de ces trois régimes n'ouvre la vente à l'utilisateur dans l'application. Chacun autorise l'usage, dans l'application, de ce qui a été payé ailleurs, et cette tolérance est régulièrement lue comme une autorisation d'y vendre.

Le régime des reader apps procède d'un engagement pris devant une autorité nationale de concurrence, plutôt que d'une décision commerciale d'Apple. La Japan Fair Trade Commission a clos une enquête sur l'App Store en septembre 2021. Apple s'était engagée à autoriser ces applications à inclure un lien vers un site externe de création et de gestion de compte. L'engagement a été appliqué mondialement à partir de 2022, sous la forme de l'External Link Account Entitlement. Une règle négociée avec le régulateur japonais s'applique donc aux développeurs de tous les pays.

⚠️
La sanction n'est pas une amende
La sanction d'un manquement à la politique de paiements porte sur la distribution de l'application, et non sur le prix de la transaction. Le magasin rejette la mise à jour, retire l'application, et peut résilier le compte développeur, sans qu'aucune pénalité contractuelle n'intervienne. Epic Games en a fait l'expérience le 13 août 2020. Apple et Google ont retiré Fortnite de leurs magasins le jour où l'éditeur y a introduit un mécanisme de paiement direct. Le contentieux ouvert ce jour-là n'était pas clos six ans plus tard. Un éditeur dont le chiffre d'affaires provient d'une application distribuée par un magasin perd cette recette entière le jour du retrait, sans disposer d'un canal de substitution immédiat. Ce déséquilibre entre les deux parties explique l'essentiel des rapports de force décrits dans la suite du dossier.

La commission et ses paliers

La commission du magasin désigne la part du prix de vente que le magasin conserve sur chaque achat intégré. Son taux de référence s'élève à 30 % chez Apple comme chez Google, et presque aucun développeur ne le supporte au plein tarif sur toute la durée. Quatre mécanismes le ramènent à 15 %, parfois plus bas, selon la taille du développeur, l'ancienneté de l'abonné, le secteur d'activité et le territoire de distribution. Ces mécanismes ne se cumulent pas librement, et chacun porte ses propres conditions d'entrée et de sortie. Un modèle de revenus qui retient un taux unique s'écarte de plusieurs points du taux réellement appliqué.

30 %
taux de commission de référence sur les achats intégrés, Apple et Google
Apple, barème de commission App Store ; Google, Play Console Help, service fees, 2026
15 %
taux réduit du programme petites entreprises, sous 1 M$ de revenus nets par année civile
Apple, App Store Small Business Program, en vigueur depuis le 1er janvier 2021
1 M$
seuil annuel du taux réduit chez Google, appliqué sur la première tranche de revenus de chaque année
Google, service fees, en vigueur depuis le 1er juillet 2021
0,50 €
frais de technologie Apple par première installation annuelle au-delà d'un million, sous les conditions alternatives de l'Union, avant sa bascule vers une commission sur les revenus
Apple, conditions alternatives pour l'Union européenne, janvier 2024 ; remplacement par la Core Technology Commission annoncé au 1er janvier 2026
SituationApple App StoreGoogle Play
Achat unitaire, développeur au-dessus du seuil30 %30 %
Achat unitaire, développeur sous le seuil15 % sous 1 M$ de revenus nets l'année civile précédente, sur inscription15 % sur la première tranche de 1 M$ de revenus de l'année, appliqué au compte
Abonnement, première année30 %15 %
Abonnement, à partir de la deuxième année15 % après un an de service payé accumulé par l'abonné15 %, sans palier d'ancienneté
Programmes sectorielsVideo Partner Program et News Partner Program à 15 %Play Media Experience Program, taux réduits pour certains services de médias
Facturation alternative proposée à côté de celle du magasinConditions propres à chaque territoire ouvertUser choice billing, réduction de 4 points du taux applicable
Le même euro encaissé, selon le magasin et la situation du développeur. Sources : Apple, App Store Small Business Program et documentation abonnements ; Google, Play Console Help, service fees et user choice billing. Consultées en 2026.

L'écart le plus lourd de conséquences porte sur la première année d'abonnement. Google applique 15 % dès le premier prélèvement depuis le 1er janvier 2022, quand Apple maintient 30 % pendant douze mois de service payé avant de basculer à 15 %. Beaucoup d'abonnements mensuels s'interrompent avant d'atteindre douze mois. Sur ces produits, la totalité du chiffre d'affaires iOS supporte le taux plein, alors que le même produit vendu sur Android supporte le taux réduit. Le compte d'exploitation d'une même application diffère donc de quinze points entre les deux systèmes, à prix affiché identique.

⚠️
Le compteur d'ancienneté se remet à zéro
Le taux de 15 % d'Apple s'applique en fonction de la continuité du service payé par l'abonné, et non de son ancienneté au sens commercial. Une interruption prolongée réinitialise l'accumulation, et l'abonné qui revient repart pour douze mois à 30 %. Apple documente ce délai de réinitialisation, dont la valeur courante doit être vérifiée avant tout calcul de valeur vie client. Une campagne de reconquête qui ramène d'anciens abonnés après une longue interruption produit donc un revenu net inférieur à ce que le fichier de facturation laisse attendre. Le taux effectivement retenu sur chaque transaction figure dans le rapport financier du magasin, et non dans le modèle de revenus qui l'anticipe.

Le programme petites entreprises d'Apple s'obtient sur inscription du développeur, et ne s'applique pas automatiquement au compte éligible. L'éligibilité se calcule sur les revenus nets de l'année civile précédente, et le franchissement du million en cours d'année fait basculer au taux plein pour le reste de l'exercice. Le seuil s'apprécie au niveau du développeur, toutes applications confondues, et les comptes associés d'un même groupe s'agrègent. Un éditeur qui répartit son catalogue entre plusieurs entités pour rester sous le seuil s'expose à un redressement contractuel et à la perte du programme.

Les conditions alternatives publiées par Apple pour l'Union européenne en janvier 2024 ont introduit une structure de coût entièrement différente. Elles s'appliquent aux applications distribuées dans l'Union depuis le 6 mars 2024. Le développeur qui les accepte paie une commission de 17 %, ramenée à 10 % s'il relève du programme petites entreprises. S'y ajoutent 3 % lorsqu'il continue d'utiliser le système de paiement de l'App Store, puis un frais de technologie de 0,50 € par première installation annuelle au-delà d'un million sur douze mois. Apple a ajouté des exonérations en mai 2024 pour les petits développeurs et les organismes sans but lucratif. Elle a révisé l'ensemble en 2025, en introduisant des frais d'acquisition initiale et des frais de services de magasin à plusieurs niveaux. Elle a ensuite annoncé le remplacement du frais par installation par une commission assise sur les revenus au 1er janvier 2026. Le barème a changé plusieurs fois depuis 2024. Un tableau recopié à une date donnée cesse donc de décrire les conditions applicables, et la valeur en vigueur figure sur la page que publie Apple.

🔑
Un frais par installation n'est pas un frais par vente
Le frais de technologie désigne un montant dû à raison des premières installations annuelles de l'application, indépendamment de toute vente. Apple l'a introduit dans l'Union en 2024, où il s'écarte de la logique tarifaire retenue partout ailleurs dans le paiement. Une commission de 30 % ne produit aucune charge tant qu'aucune vente n'intervient, alors qu'un frais de 0,50 € par première installation annuelle se déclenche sur un téléchargement gratuit, sans contrepartie de chiffre d'affaires. Un jeu financé par la publicité, une application de service public, un outil distribué à quelques millions d'utilisateurs sans monétisation directe supportent ainsi une charge proportionnelle à leur audience. Apple a annoncé le remplacement de ce frais par une commission assise sur les revenus au 1er janvier 2026. L'arbitrage entre conditions standard et conditions alternatives dépend du rapport entre le nombre d'installations et le revenu par installation, autant que du barème en vigueur le jour du calcul. La comparaison des seuls taux de commission laisse donc de côté la part du coût qui suit le volume de téléchargements.

Le magasin comme marchand de référence

Le marchand de référence est la partie qui vend juridiquement au client final, émet le reçu et supporte les obligations attachées à cette vente. Dans un achat intégré, ce rôle revient au magasin, qui achète le contenu au développeur puis le revend à l'utilisateur final en son nom propre. Cette qualification découle d'une règle fiscale écrite, dont la portée dépasse largement le sujet de la TVA. Elle détermine qui émet la facture, qui décide d'un remboursement, qui répond au client, et qui détient les données de la relation. Le développeur n'exerce aucune de ces quatre fonctions.

🔑
L'article 9 bis, et pourquoi la présomption ne se renverse pas
L'article 9 bis du règlement d'exécution (UE) n° 282/2011 a été inséré par le règlement (UE) n° 1042/2013, et s'applique depuis le 1er janvier 2015. Il présume que l'assujetti qui intervient dans la fourniture de services électroniques par l'intermédiaire d'un portail, telle une plateforme de téléchargement d'applications, agit en son nom propre mais pour le compte du prestataire. La présomption se renverse si le prestataire est expressément désigné comme le fournisseur et que les documents contractuels le reflètent. Elle ne se renverse jamais lorsque l'intermédiaire autorise la facturation au client, autorise la livraison, ou fixe les conditions générales de la fourniture. Un magasin d'applications remplit ces trois conditions. La qualification résulte donc du texte lui-même, et une stipulation contractuelle contraire reste sans effet sur elle.

La conséquence pratique se lit sur la facture. Le client reçoit un reçu émis par l'entité du magasin, avec la TVA du pays de consommation, et le nom du développeur n'y figure qu'à titre descriptif. Le développeur, lui, réalise une prestation au profit de cette entité, généralement établie hors de son propre pays. Pour les clients de l'Union, Apple contracte par Apple Distribution International Ltd, société irlandaise, si bien que la prestation du développeur européen relève du régime des opérations entre assujettis, avec autoliquidation par le preneur. Un développeur français ne facture donc pas de TVA française sur ses revenus App Store européens. Le consommateur français en a pourtant acquitté une sur son achat, collectée et reversée par le magasin.

AttributVente directe sur le webAchat intégré
Vendeur au contratLe marchandLe magasin, pour son propre compte
Émetteur du reçu clientLe marchandLe magasin
Collecte et reversement de la TVALe marchand, immatriculé ou en guichet uniqueLe magasin, selon la liste de territoires qu'il publie
Décision de remboursementLe marchandLe magasin, sans accord préalable du développeur
Contestation carte du porteurContre le marchand, avec droit de représentationContre le magasin ; le développeur n'est pas partie
Moyen de paiement visible du clientChoisi par le marchandChoisi par le magasin, y compris opérateur télécom et carte cadeau
Identité du clientConnue du marchandInconnue du développeur, sauf compte applicatif créé séparément
Libellé sur le relevé bancaireCelui du marchandCelui du magasin
Répartition des rôles dans un achat intégré, comparée à une vente directe sur le web. Le développeur perd successivement chaque attribut du vendeur.

Le remboursement d'un achat intégré est décidé par le magasin, sans accord préalable du développeur. Sur l'App Store, le client dépose sa demande auprès d'Apple, qui l'instruit et la tranche seule, puis répercute le montant sur les revenus du développeur du mois concerné. Apple a organisé un canal d'information autour de cette décision. Le développeur reçoit une notification de type CONSUMPTION_REQUEST, à laquelle il dispose de douze heures pour répondre en transmettant des données de consommation. Une notification de type REFUND ou REFUND_DECLINED suit, selon l'issue. Ces données pèsent sur la décision sans la déterminer, et l'absence de réponse dans le délai laisse Apple statuer sur les seuls éléments dont elle dispose, ce qui ne joue pas en faveur du développeur.

Google Play organise la même chose différemment. Une demande déposée dans les quarante-huit heures suivant l'achat est instruite par Google, sans intervention du développeur, alors qu'au-delà de ce délai l'utilisateur est renvoyé vers l'éditeur, qui peut rembourser depuis la Play Console. Le développeur détecte les annulations par l'API des achats annulés, qui restitue les achats devenus caducs et distingue l'origine de l'annulation. Un remboursement et une rétrofacturation produisent le même effet sur le solde reversé, alors qu'ils n'ont ni la même signification commerciale ni le même traitement comptable. L'usage consiste donc à les séparer dès l'ingestion des données, à partir de l'origine d'annulation que restitue cette API.

⚠️
Il n'y a pas de contestation carte, et pas de défense possible
Le porteur qui conteste un débit s'adresse à son émetteur, dont la contrepartie est le magasin. Le développeur n'est partie ni au contrat d'acceptation, ni au litige, ni à la procédure de représentation prévue par les règles de scheme. Faute d'être admis à la procédure, il n'a aucune preuve à produire, aucun délai à tenir et aucun arbitrage à demander. Sa perte se matérialise sous forme d'une retenue sur un reversement ultérieur, sans motif détaillé et sans recours. Les tableaux de bord d'impayés construits pour un encaissement direct ne s'appliquent pas ici, et les seuils de taux de contestation suivis par les schemes non plus, puisque le marchand mesuré est le magasin.

L'absence de données client se répercute sur toute la chaîne aval. Le développeur ne reçoit ni nom, ni adresse électronique, ni adresse de facturation, ni pays de résidence certifié. Les deux magasins offrent un seul point d'accroche technique, sous la forme d'un identifiant opaque que le développeur transmet lui-même au moment de l'achat, appelé appAccountToken chez Apple et obfuscatedExternalAccountId chez Google. Ce champ, renseigné à chaque transaction, est le seul moyen de relier plus tard un achat à un compte applicatif. Les achats passés sans lui ne peuvent plus être rattachés à un compte par la suite.

L'abonnement piloté par le magasin

L'abonnement vendu par achat intégré est un contrat récurrent dont le magasin assure la facturation, le renouvellement et l'extinction. Cette prise en charge retire au marchand les leviers qui composent l'exploitation d'un modèle récurrent. La date de renouvellement, la relance après échec, la période de grâce, la suspension, le changement de formule, la hausse de prix et la résiliation sont tous décidés par la plateforme. Le développeur apprend ce qui s'est passé par une notification serveur, souvent après coup. Son système de facturation enregistre des événements décidés ailleurs, alors qu'un système d'encaissement direct les déclenche lui-même.

Le renouvellement suit un cycle que le magasin fixe seul. Quand le prélèvement échoue, Apple relance pendant une fenêtre qu'elle documente jusqu'à soixante jours. L'échec est signalé au développeur par une notification DID_FAIL_TO_RENEW, assortie le cas échéant du sous-type GRACE_PERIOD qui indique que l'accès reste ouvert. Google Play distingue de son côté une période de grâce, configurable, et une suspension de compte dont il calcule désormais la durée par défaut en retranchant cette période de grâce d'une enveloppe de récupération de soixante jours. Pendant cette suspension, l'abonnement existe sans donner accès au service, et la reprise après régularisation se traduit par une notification SUBSCRIPTION_RECOVERED. Le développeur doit donc reproduire ces états dans son propre système, alors qu'aucun d'entre eux ne dépend de lui.

ÉvénementQui décideCe que reçoit le développeur
Souscription initialeL'utilisateur, dans la feuille d'achat du magasinSUBSCRIBED (Apple) · SUBSCRIPTION_PURCHASED (Google)
Renouvellement réussiLe magasin, à sa dateDID_RENEW · SUBSCRIPTION_RENEWED
Échec de prélèvementL'émetteur de la carte, via le magasinDID_FAIL_TO_RENEW · SUBSCRIPTION_IN_GRACE_PERIOD
Relance et nouvelle tentativeLe magasin seulAucune visibilité sur le calendrier des tentatives
Suspension pour impayéLe magasinSUBSCRIPTION_ON_HOLD (Google)
Mise en pause volontaireL'utilisateur, sur Google Play uniquementSUBSCRIPTION_PAUSED
Changement de formuleL'utilisateur, dans l'interface du magasinDID_CHANGE_RENEWAL_PREF · SUBSCRIPTION_PURCHASED
Désactivation du renouvellementL'utilisateurDID_CHANGE_RENEWAL_STATUS · SUBSCRIPTION_CANCELED
Expiration effectiveLe magasin, au terme de la période payéeEXPIRED · SUBSCRIPTION_EXPIRED
Remboursement, révocationLe magasinREFUND, REVOKE · SUBSCRIPTION_REVOKED
Les événements d'un abonnement et l'endroit où ils se produisent. Sources : Apple, App Store Server Notifications V2 ; Google, Real-time developer notifications. Documentation développeur consultée en 2026.
⚠️
La résiliation se décide hors de l'application, et le désabonné reste actif
La résiliation d'un abonnement souscrit dans un magasin s'effectue dans les réglages du système d'exploitation, et non dans l'application. La notification de désactivation du renouvellement arrive au développeur au moment du geste, alors que l'accès au service reste dû jusqu'au terme de la période déjà payée. Deux dates coexistent donc pour un même abonné, celle de la décision et celle de l'extinction, et les confondre fausse le calcul d'attrition comme l'ouverture des droits. Apple ne permet pas au développeur de résilier un abonnement à la place du client. Le droit national exige souvent un parcours de résiliation en ligne, comme l'article L. 215-1-1 du Code de la consommation en France ou le § 312k du BGB en Allemagne. Dans un magasin, cette exigence ne peut être remplie que par un renvoi vers l'écran de résiliation de la plateforme.

Les techniques de recouvrement d'une échéance échouée disparaissent avec le mandat, que le développeur ne détient pas. Il ne rejoue pas l'autorisation, ne choisit pas l'heure de la nouvelle tentative, ne propose pas un autre moyen de paiement et n'envoie pas de lien de mise à jour de carte. Toute la chaîne de relance décrite pour un abonnement encaissé en propre s'exécute chez le magasin, avec ses règles et ses résultats, que le développeur ne mesure pas. Il lui reste la communication dans l'application, pour inviter l'abonné suspendu à corriger son moyen de paiement dans les réglages du système. Le taux de récupération est donc produit par la relance du magasin, et cette communication ne le déplace qu'à la marge.

L'authentification forte du porteur relève elle aussi du magasin. Pour un paiement européen, la contrepartie du porteur est le magasin, qui porte la relation d'acceptation et gère l'exemption applicable aux opérations initiées par le marchand. Le développeur ne voit jamais un défi 3-D Secure, ne paramètre aucun seuil, et ne peut pas invoquer une exemption de faible montant sur une transaction qui n'est pas la sienne. Le taux d'autorisation devient un attribut de la plateforme, comparable d'un développeur à l'autre parce qu'il est produit par le même acteur. Cette uniformité prive le développeur d'un levier d'optimisation dont il dispose lorsqu'il encaisse en propre.

Les leviers commerciaux qui subsistent se limitent à ceux que le magasin a modélisés. Apple et Google proposent des offres d'introduction, des codes promotionnels, des offres de reconquête destinées aux anciens abonnés, et des grilles de prix par territoire. Ces objets s'administrent dans la console du magasin, avec leurs contraintes d'éligibilité, leurs durées autorisées et leurs délais de propagation. Une mécanique tarifaire absente du catalogue ne s'implémente pas, et un test de prix conçu pour une facturation propre se réécrit entièrement avant d'exister dans un magasin.

🔑
Deux vérités pour un même abonné, et une seule fait foi
Le développeur détient un état d'abonnement dans sa propre base, dérivé des notifications qu'il a reçues et traitées. Le magasin détient l'état de référence, interrogeable à la demande par l'API serveur d'Apple ou par l'API Play Developer. Les deux divergent dès qu'une notification est perdue, retardée, rejouée dans le désordre, ou traitée par un service indisponible. L'état local doit donc être traité comme un cache, jamais comme une source, et rafraîchi depuis l'API du magasin à chaque décision d'ouverture de droits. Une réconciliation périodique reste nécessaire, parce qu'un abonné dont les droits sont ouverts à tort ne se signale jamais de lui-même.

Sortir du système du magasin

La sortie du système du magasin désigne les dispositifs par lesquels un développeur oriente son client vers un paiement réalisé hors de l'application. Deux mouvements distincts ont ouvert des brèches dans l'obligation d'achat intégré, l'un réglementaire et européen, l'autre judiciaire et américain. Ils ne produisent ni les mêmes droits, ni les mêmes coûts, ni la même géographie. Les confondre conduit à concevoir un parcours de sortie licite sur un marché et interdit sur l'autre. Ces deux mouvements attaquent la même règle, celle qui empêchait un développeur de dire à son client qu'un autre prix existe hors de l'application.

13 août 2020
Retrait de Fortnite
Epic Games introduit un paiement direct dans son application ; Apple et Google la retirent le jour même. Deux procédures s'ouvrent devant le tribunal fédéral du district nord de Californie.
septembre 2021
Engagement d'Apple devant la JFTC
L'autorité japonaise de la concurrence clôt son enquête après qu'Apple s'engage à autoriser les reader apps à inclure un lien de gestion de compte externe, mondialement.
10 septembre 2021
Injonction anti-steering aux États-Unis
La juge Yvonne Gonzalez Rogers écarte la quasi-totalité des griefs antitrust d'Epic. Elle juge les clauses anti-steering contraires au droit californien de la concurrence déloyale, et interdit à Apple d'empêcher les liens vers d'autres moyens d'achat.
2 mai 2023
Entrée en application du règlement (UE) 2022/1925
Le règlement sur les marchés numériques devient applicable. Les six premiers contrôleurs d'accès sont désignés le 6 septembre 2023, l'App Store et Google Play figurant parmi les services visés.
16 janvier 2024
L'injonction américaine devient exécutoire
La Cour suprême refuse d'examiner les pourvois. Apple ouvre alors aux États-Unis un droit de lien externe assorti d'une commission de 27 %, ramenée à 12 % pour les petites entreprises, sur les achats réalisés dans les sept jours suivant le clic.
4 mars 2024
Amende de 1,84 Md€ contre Apple
La Commission européenne sanctionne Apple sur le fondement de l'article 102 du TFUE, pour avoir empêché les applications de diffusion musicale d'informer les utilisateurs d'offres moins chères ailleurs.
6 mars 2024
Obligations du DMA applicables
Apple ouvre dans l'Union les magasins d'applications tiers, la distribution depuis le web et des conditions commerciales alternatives. Google ouvre la facturation alternative dans l'Espace économique européen.
7 octobre 2024
Injonction contre Google
Après le verdict du jury du 11 décembre 2023, le juge James Donato ordonne à Google d'ouvrir Play aux magasins concurrents, de cesser d'imposer sa facturation et d'autoriser les liens sortants.
23 avril 2025
Amende de 500 M€ au titre du DMA
La Commission européenne constate qu'Apple manque à l'obligation de libre communication commerciale de l'article 5, paragraphe 4, et lui enjoint de lever les restrictions qui la limitent.
30 avril 2025
Apple jugée en contempt aux États-Unis
La juge Gonzalez Rogers constate le contournement de son injonction. Elle interdit à Apple toute commission sur les achats réalisés hors application après un lien sortant, et tout écran d'avertissement dissuasif.
31 juillet 2025
La cour d'appel du neuvième circuit confirme l'injonction contre Google
Les obligations d'ouverture deviennent applicables aux États-Unis à l'automne. Epic et Google annoncent en novembre 2025 un accord transactionnel prévoyant des taux réduits, soumis à l'homologation du tribunal.
11 décembre 2025
Le contournement confirmé, le prix renvoyé au juge
Le neuvième circuit confirme la condamnation d'Apple pour contournement de l'injonction, juge trop large l'interdiction de toute commission sur les achats hors application, et renvoie au tribunal la fixation d'un montant adossé aux coûts réels du lien sortant.

Le règlement (UE) 2022/1925 attaque l'obligation d'achat intégré par trois articles distincts. L'article 5, paragraphe 4, autorise l'entreprise utilisatrice à communiquer et promouvoir ses offres auprès des utilisateurs acquis via le service de plateforme, et à conclure des contrats avec eux, gratuitement, sans passer par le contrôleur d'accès. L'article 5, paragraphe 7, interdit au contrôleur d'accès d'imposer l'usage de son service de paiement, y compris les systèmes de paiement pour achats intégrés. L'article 6, paragraphe 4, impose de permettre l'installation et l'usage effectif d'applications et de magasins d'applications tiers. Ces trois obligations sont directement applicables dans l'Union, sans transposition.

⚠️
Ouvrir la porte n'ouvre pas la gratuité
Les textes européens cités obligent le magasin à découpler l'accès à sa distribution de l'usage de son encaissement, sans le priver pour autant de rémunération. Apple et Google ont donc décomposé leur commission en briques facturées séparément, dont certaines subsistent après une sortie du système de paiement. Le développeur qui bascule sur une facturation tierce dans l'Union continue de payer des frais de distribution, parfois des frais par installation, et reprend à sa charge le coût complet de l'acquisition du paiement. Le gain net dépend du panier moyen, du taux de conversion après le clic sortant et du coût réel de l'encaissement de substitution. Il est négatif dans une partie des cas, et le calcul se fait par marché.

L'ordonnance américaine du 30 avril 2025 est allée plus loin que le DMA sur un point, celui du prix de la sortie. Elle interdisait à Apple de percevoir une commission sur les achats réalisés hors application à la suite d'un lien, et d'entourer ce lien d'écrans dissuasifs, de restrictions de formulation ou de contraintes de placement. La cour d'appel du neuvième circuit a confirmé la condamnation pour contournement le 11 décembre 2025, tout en jugeant trop large l'interdiction de toute commission. Elle a renvoyé au juge de première instance le soin de fixer ce qu'Apple peut facturer sur ces transactions. Le canal américain reste donc sans redevance tant que ce montant n'est pas arrêté, sans garantie qu'il le demeure ensuite. La portée géographique de la décision est en revanche fixée. L'injonction a été rendue en application du droit californien de la concurrence déloyale, et ne produit d'effet qu'aux États-Unis.

D'autres juridictions avancent sur des fondements différents. La Corée du Sud a modifié en septembre 2021 sa loi sur les entreprises de télécommunications, pour interdire aux exploitants de magasins d'applications d'imposer un moyen de paiement déterminé. Le Japon a adopté en juin 2024 une loi sur la promotion de la concurrence pour les logiciels de téléphone mobile. Ses obligations d'ouverture s'appliquent depuis décembre 2025, sous le contrôle de la Japan Fair Trade Commission. Au Royaume-Uni, la Competition and Markets Authority avait établi dès son étude de marché de juin 2022 l'existence d'un duopole effectif. Elle a désigné Apple et Google en 2025 comme détenant un statut de marché stratégique, au titre de la loi de 2024 sur les marchés numériques. Le calendrier des mesures correctrices britanniques s'écrit après cette désignation.

🔑
Ce qu'un lien sortant rend au développeur, et ce qu'il lui réimpose
Quitter l'encaissement du magasin revient à redevenir le vendeur au sens juridique. Le développeur reprend l'émission de la facture, l'immatriculation à la TVA ou l'adhésion au guichet unique, et la collecte de la taxe dans chaque marché servi. Reviennent aussi la relation de contestation avec les schemes, le périmètre de conformité PCI DSS, l'authentification forte du porteur en Europe et la relance sur échéance échouée. Il récupère en échange l'identité de ses clients, la maîtrise du prix, la liberté du parcours de résiliation exigé par les lois nationales, et la possibilité de mesurer ce qu'il vend. La comparaison entre les deux canaux porte donc sur ces charges autant que sur le taux de commission. Ces obligations reviennent toutes ensemble, dès la première transaction encaissée hors du magasin.

Le reversement, et ce qui manque pour le réconcilier

Le reversement désigne le virement par lequel le magasin règle au développeur sa part des ventes d'une période. Il porte sur un agrégat de transactions, et jamais sur une vente prise isolément. Chaque magasin totalise les ventes de la période, en déduit sa commission, les remboursements, les taxes qu'il a collectées et les retenues qu'il opère. Un virement unique suit, par entité juridique et par groupe de devises. Aucune ligne de ce virement ne porte de référence d'achat. La chaîne comptable qui relie une vente à un encaissement bancaire, évidente dans l'acquisition carte classique, est donc rompue par construction.

Apple App StoreGoogle Play
Période de référenceLe mois fiscal Apple, de quatre ou cinq semaines, clos un samediLe mois calendaire
Délai de versementEnviron trente à quarante-cinq jours après la clôture du mois fiscalAutour du 15 du mois suivant, pour les commandes du mois calendaire clos
Seuil minimalPublié par territoire dans App Store Connect ; en deçà, le solde est reportéPublié dans le profil de paiement ; en deçà, le solde est reporté
RegroupementPar région de paiement et par devise, virement uniquePar profil de paiement, virement unique
Documents disponiblesRapports de ventes quotidiens, rapports financiers mensuels par régionRapport de revenus mensuel détaillé par commande, rapports de ventes
Conversion de changeOpérée par Apple, au taux qu'elle applique, sans détail par opérationOpérée par Google, au taux qu'elle applique
Le cycle de reversement des deux magasins. Sources : Apple, App Store Connect, documentation des paiements et rapports financiers ; Google, Play Console Help, rubrique paiements. Consultées en 2026.
⚠️
Le mois fiscal d'Apple n'est pas le mois du contrôleur de gestion
Apple découpe son exercice en périodes de quatre ou cinq semaines qui se terminent un samedi, et ses rapports financiers suivent ce découpage. Un rapprochement mené sur des mois calendaires produit donc un écart systématique, qui se reporte de période en période et grossit en fin de trimestre. Le rapport de ventes quotidien, lui, suit le calendrier ordinaire, et il exprime des unités et un prix de vente, pas le revenu net réellement versé. Croiser les deux séries sans convertir les périodes revient à comparer des grandeurs qui ne recouvrent ni les mêmes jours ni la même définition. Le calendrier fiscal est publié par Apple. Son alignement dans l'entrepôt de données supprime durablement cet écart, que rien ne permet d'expliquer une fois les périodes mélangées.

Les retenues fiscales par pays constituent la deuxième source d'écart. Les magasins collectent et reversent la TVA ou la taxe sur les ventes dans les territoires où ils agissent comme vendeur. Ils répercutent sur le développeur les taxes sur les services numériques instaurées par plusieurs États, soit en ajustant le prix affiché, soit en réduisant le montant reversé. Certains territoires imposent en plus une retenue à la source, opérée par le magasin avant versement, dont l'exonération ou la réduction conventionnelle suppose la production préalable d'un formulaire fiscal dans le compte de paiement. Un développeur qui n'a pas renseigné ces informations découvre la retenue sur le premier virement, sans la récupérer rétroactivement.

Dans les territoires où le magasin collecte lui-même la taxe, celle-ci est retirée du prix payé avant le calcul de la commission. L'assiette retenue est donc le prix hors taxe, et non le montant réglé par le client. Deux clients ayant payé le même prix affiché ne produisent pas le même revenu net, selon leur pays de résidence. Le prix affiché se choisit lui-même dans une grille de points de prix par territoire, qu'Apple a élargie en 2023 à plusieurs centaines de valeurs par pays. Un tarif harmonisé hors taxes sur tous les marchés est impossible à obtenir dans un magasin, alors qu'il est trivial sur un site marchand. Le pilotage du revenu passe donc par une simulation territoire par territoire. Un taux moyen appliqué à l'ensemble du chiffre d'affaires masque ces écarts.

🔑
Les trois jointures qui manquent, et comment les fabriquer
Une réconciliation complète suppose de relier un achat, un client, une ligne de rapport financier et un virement bancaire. Le magasin ne fournit aucun de ces liens. La première jointure se fabrique au moment de l'achat, par la transmission systématique de l'identifiant de compte opaque prévu par chaque plateforme, seul moyen d'attacher ensuite une transaction à un utilisateur. La deuxième se construit en conservant l'identifiant de transaction du magasin comme clé primaire de la vente, rattaché à l'identifiant d'origine pour les renouvellements d'abonnement. La troisième reste hors d'atteinte, le virement portant sur un agrégat de période. Le rapprochement bancaire s'opère alors au niveau du total, et non ligne à ligne.
  • Ingérer les notifications serveur et les rapports financiers séparément. Les premières donnent l'événement en temps réel et l'identifiant de transaction, les seconds donnent le montant net réellement versé. Aucune des deux sources ne remplace l'autre, et leurs totaux ne coïncident pas sur une même fenêtre calendaire.
  • Comptabiliser en brut, puis en net. Le montant payé par le client, la taxe collectée par le magasin, la commission et les remboursements sont quatre grandeurs distinctes ; un revenu suivi directement en net rend impossible toute analyse de prix ou de remboursement.
  • Rapprocher les remboursements sur la période où le magasin les impute. Un remboursement accordé en mars sur une vente de janvier se déduit du reversement de mars, ce qui rend l'écart inexplicable dans une comptabilité tenue à la date de vente.
  • Traiter les notifications comme non ordonnées et rejouables. Les deux plateformes réémettent, et un traitement non idempotent produit des doubles ouvertures de droits ou des révocations à tort.
  • Documenter l'entité contractante par territoire. L'identité de la société du magasin qui achète les contenus détermine le régime de TVA de la prestation du développeur, et elle diffère selon les zones.
  • Conserver le calendrier fiscal du magasin dans l'entrepôt de données. L'alignement des périodes est la première cause d'écart de rapprochement, et la plus simple à supprimer définitivement.

La mesure du marché souffre de la même opacité que la réconciliation. Ni Apple ni Alphabet ne publient dans leurs états financiers le chiffre d'affaires de l'App Store ou de Google Play pris isolément. L'un l'agrège dans ses services, l'autre dans une ligne qui mêle abonnements, plateformes et appareils. Les volumes de dépense intégrée couramment cités proviennent donc de cabinets d'estimation, et cette source s'est concentrée après l'absorption de data.ai par Sensor Tower en 2024. Apple publie de son côté une étude commandée au cabinet Analysis Group. Celle-ci évaluait à 1 100 milliards de dollars les facturations et ventes réalisées par les développeurs dans l'écosystème App Store en 2022, dont plus de 90 % sans aucune commission. Le périmètre retenu par cette étude sert l'argumentation de son commanditaire. Le chiffre reste exact au regard de la définition employée. Sa lecture suppose de connaître ce que ce périmètre englobe.

✅
Ce qu'il faut retenir avant d'arbitrer un canal
Vendre dans un magasin d'applications revient à céder la relation de paiement contre une distribution. Le développeur y gagne un encaissement mondial immédiat, un taux d'autorisation qu'il n'a pas à construire, et l'absence de charge de conformité sur le paiement. Il y perd la commission, l'identité de ses clients, la décision de remboursement, le pilotage de l'abonnement et la traçabilité comptable à la transaction. Les ouvertures obtenues depuis 2024 dans l'Union et aux États-Unis rendent l'arbitrage possible marché par marché, sans supprimer nulle part le coût de la sortie. La décision se prend sur un revenu net par territoire, calculé après commission, taxe et coût de l'encaissement de substitution, et elle se revérifie à chaque révision de barème.