3DS2, SCA et taux d'acceptation. 7 chapitres et un QCM final.
Maîtriser l'authentification forte de bout en bout : cadre DSP2, mécanique 3DS2 frictionless/challenge, liability shift, toutes les exemptions RTS, gestion des soft declines 65/1A et pilotage du taux d'acceptation.
Situer la SCA dans le cadre juridique DSP2/RTS et connaître son champ d'application exact
Décrire le flux 3DS2 complet (AReq/ARes, CReq/CRes, RReq/RRes) et le rôle de chaque acteur
Comprendre le liability shift et ses limites selon le scénario d'authentification
Connaître toutes les exemptions (TRA, LVP, récurrent, corporate, bénéficiaires de confiance) et les cas hors champ (MIT, MOTO, one-leg)
Chapitre 1. DSP2 et l'authentification forte : le cadre.
La DSP2 (directive UE 2015/2366) a fait de l'authentification forte du client, la SCA (Strong Customer Authentication), une obligation légale qui couvre tout paiement électronique initié par le payeur dans l'Espace économique européen. Les modalités techniques sont fixées par les RTS (règlement délégué UE 2018/389). Ce texte, et non la directive elle-même, définit les facteurs, le dynamic linking et surtout les exemptions qui font l'objet de ce cours. Pour un e-commerçant, la SCA n'est pas qu'une contrainte de conformité. Mal gérée, elle coûte plusieurs points de conversion. Bien gérée, elle devient un avantage concurrentiel mesurable.
Nov. 2015
Adoption de la DSP2
Directive (UE) 2015/2366 remplaçant la DSP1 de 2007.
13 janv. 2018
Entrée en application de la DSP2
Transposition dans les droits nationaux ; les RTS SCA ne sont pas encore applicables.
14 sept. 2019
RTS SCA juridiquement applicables
Règlement délégué (UE) 2018/389. L'EBA autorise une migration progressive pour l'e-commerce.
2020 – mai 2021
Plan de migration français (OSMP)
Montée en charge pilotée par la Banque de France : généralisation du 3DS2 et des soft declines par paliers de montant.
Oct. 2022
Extinction de 3DS1
Visa et Mastercard retirent le support du protocole 3DS 1.0.2. EMV 3DS (3DS2) devient le seul en vigueur.
Juin 2023
Proposition DSP3 / règlement PSR
La Commission propose de basculer l'essentiel des règles SCA dans un règlement directement applicable ; accord politique le 27 novembre 2025, adoption formelle attendue fin 2026.
Les trois facteurs d'authentification
Connaissance, quelque chose que seul le client sait : mot de passe, code secret. Le numéro de carte, la date d'expiration et le CVV n'en font pas partie (données imprimées sur la carte).
Possession, quelque chose que seul le client détient : téléphone enrôlé (app bancaire, SIM), carte elle-même via cryptogramme dynamique, token matériel.
Inhérence, quelque chose que le client est : empreinte digitale, reconnaissance faciale, biométrie comportementale (admise sous conditions par l'EBA).
La SCA exige au moins deux facteurs de catégories différentes, indépendants : la compromission de l'un ne doit pas compromettre l'autre (art. 4(30) DSP2 et art. 9 RTS). Le SMS OTP seul (possession) + rien d'autre n'est pas une SCA ; SMS OTP + mot de passe en est une, mais l'EBA la juge fragile (SIM swap).
🔑
Dynamic linking (art. 5 RTS)
Pour les paiements à distance, le code d'authentification doit être dynamiquement lié au montant et au bénéficiaire affichés au payeur. Toute modification de l'un ou l'autre invalide le code, ce qui rend l'authentification 3DS2 non rejouable sur une autre transaction. Impossible, donc, d'authentifier un montant puis d'en autoriser un autre plus élevé, hors tolérances métiers type autorisation incrémentale correctement flaguée.
Situation
Statut
Commentaire
Paiement e-commerce, émetteur et acquéreur dans l'EEE
Soumis à SCA
Sauf exemption RTS acceptée par l'émetteur
Paiement de proximité contact (PIN)
Soumis, déjà conforme
Carte + PIN = possession + connaissance
Sans contact en proximité
Exemption art. 11
≤ 50 €, compteurs 150 € cumulés ou 5 opérations
MIT (transaction initiée par le commerçant)
Hors champ
Pas d'action du payeur ; la transaction initiale de mandat, elle, exige la SCA
MOTO (commande par courrier/téléphone)
Hors champ
Considéré comme non électronique au sens des RTS
One-leg-out (émetteur ou acquéreur hors EEE)
Hors champ
SCA en « best effort » seulement
Carte prépayée anonyme
Hors champ
Pas de client identifiable à authentifier
Champ d'application de la SCA pour les paiements carte
0,16 %
taux de fraude sur les paiements carte à distance en France (2023)
OSMP, rapport 2024
0,01 %
en France, taux de fraude en paiement de proximité, 16 fois moins
OSMP, rapport 2024
≈ 2/3
en France, part de la vente à distance dans le montant de la fraude carte, pour environ un quart des flux
OSMP
Chapitre 2. Le flux 3DS2 : frictionless et challenge.
EMV 3DS fait dialoguer trois domaines. Le 3DS Server siège côté acquéreur/PSP (domaine commerçant), le Directory Server (DS) est opéré par le scheme (domaine d'interopérabilité), l'ACS, Access Control Server, se tient côté émetteur (domaine émetteur). Toute la valeur du protocole tient dans un message, l'AReq (Authentication Request), qui transporte une centaine de champs de contexte. L'ACS y score le risque avant de décider s'il impose un challenge au porteur.
Déroulé complet d'une authentification 3DS2
Client
Valide sa commande
Le PSP collecte les données navigateur (méthode 3DS / device fingerprint) ou SDK
Comparatif des deux issues d'une authentification 3DS2
Extrait d'AReq (EMV 3DS 2.2) annoté
{
"messageType": "AReq",
"messageVersion": "2.2.0",
"threeDSRequestorAuthenticationInd": "01", // 01 = paiement ; 02 = recharge ; 04 = ajout de carte
"threeDSRequestorChallengeInd": "01", // 01 = pas de preference ; 05 = demande d'exemption TRA (v2.2)
"acctNumber": "4970100000004321", // PAN ou network token
"purchaseAmount": "14250", // 142,50 EUR (exposant 2)
"purchaseCurrency": "978",
"browserIP": "92.184.105.17",
"browserUserAgent": "Mozilla/5.0 ...",
"browserTZ": "-120", // fuseau horaire du device en minutes
"deviceChannel": "02", // 01 = SDK app, 02 = navigateur, 03 = 3RI
"acctInfo": {
"chAccAgeInd": "05", // compte client > 60 jours : signal issuer-friendly
"nbPurchaseAccount": "11", // achats sur 6 mois
"suspiciousAccActivity": "01" // pas d'activite suspecte observee
},
"merchantRiskIndicator": {
"shipIndicator": "01", // livraison a l'adresse de facturation
"deliveryTimeframe": "03", // expedition sous 24 h (overnight)
"reorderItemsInd": "02" // re-commande d'un article deja achete
}
}
⚠️
Authentification n'est pas autorisation
3DS2 et l'autorisation sont deux étapes distinctes. Un transStatus « Y » peut parfaitement être suivi d'un refus d'autorisation (solde insuffisant, plafond, scoring émetteur). Inversement, oublier de transmettre l'ECI et le CAVV/AAV dans le message d'autorisation fait perdre le bénéfice de l'authentification, la transaction étant alors traitée comme non authentifiée, avec la liability et parfois le refus qui vont avec.
Chapitre 3. Données device et scoring de risque.
Là où 3DS1 transportait une dizaine de champs, EMV 3DS en véhicule plus d'une centaine (jusqu'à ~130 via SDK mobile). Ces champs sont le carburant du frictionless. Plus l'ACS reçoit de signaux exploitables, plus son moteur de risque peut authentifier sans challenge. Un intégrateur qui n'envoie que les champs obligatoires condamne mécaniquement ses clients au challenge, ou au refus.
Données navigateur (deviceChannel 02) : IP, user-agent, langue, fuseau horaire, résolution d'écran, profondeur de couleur, support Java/JS, collectées via la « 3DS Method » (iframe cachée de l'ACS) avant l'AReq.
Données SDK (deviceChannel 01, apps mobiles) : identifiants device, version OS, paramètres système, indicateurs d'intégrité, nettement plus riches et plus fiables que le navigateur.
Merchant risk indicators : type de livraison, adresse de livraison vs facturation, délai de livraison, carte cadeau, précommande, re-commande.
Historique du compte client (acctInfo) : ancienneté du compte, nombre d'achats sur 6 mois, tentatives d'ajout de carte sur 24 h, activité suspecte constatée, ancienneté de l'adresse de livraison.
Données optionnelles émetteur-spécifiques : champs 3RI, données de travel & hospitality (EMV 3DS 2.2/2.3) pour les secteurs à autorisations différées.
Bloc acctInfo bien rempli : le levier frictionless le plus sous-estimé
{
"acctInfo": {
"chAccAgeInd": "05", // compte cree il y a plus de 60 jours
"chAccChangeInd": "04", // derniere modification > 60 jours
"chAccPwChangeInd": "05", // dernier changement de mot de passe > 60 jours
"nbPurchaseAccount": "11", // 11 achats sur les 6 derniers mois
"provisionAttemptsDay": "0", // 0 tentative d'ajout de carte sur 24 h
"txnActivityDay": "1", // 1 transaction sur 24 h
"txnActivityYear": "14", // 14 transactions sur 12 mois
"shipAddressUsageInd": "04", // adresse de livraison utilisee depuis > 60 jours
"shipNameIndicator": "01", // nom de livraison = nom du titulaire du compte
"suspiciousAccActivity": "01" // aucune activite suspecte
}
}
Canal
deviceChannel
Collecte de données
Usage typique
Navigateur (BRW)
02
3DS Method + en-têtes HTTP (~10 champs device)
E-commerce web classique
SDK application (APP)
01
SDK certifié EMVCo, données device étendues
Apps mobiles marchandes
3RI (Requestor Initiated)
03
Pas de porteur présent ; données de la transaction initiale
Ajout de carte, vérification COF, MIT nécessitant un cryptogramme
Les trois canaux EMV 3DS
🔑
La qualité des données pilote le frictionless
Les ACS pénalisent les AReq pauvres ou incohérents (IP manquante, acctInfo vide, montants aberrants). Les émetteurs les plus avancés publient des grilles de « data quality ». Un même marchand peut gagner 10 à 20 points de frictionless simplement en remplissant correctement acctInfo et merchantRiskIndicator. Sa fraude réelle, elle, ne bouge pas.
Versions du protocole : 2.1, 2.2, 2.3
2.1.0 (2017) : socle EMV 3DS. Pas de champ dédié aux exemptions. Elles passent par des bricolages dans threeDSRequestorChallengeInd.
2.2.0 (déc. 2018) : version de référence en Europe. Ajoute les indicateurs d'exemption natifs, l'authentification découplée (decoupled authentication), le 3RI étendu et les indicateurs whitelist (bénéficiaires de confiance).
2.3.1 (2021-2022) : device binding, support WebAuthn/passkeys (préparation de la SPC), meilleure gestion app-to-app, canal navigateur enrichi. Déploiement encore progressif chez les ACS.
Chapitre 4. Liability shift : qui paie la fraude ?
Le liability shift transfère la responsabilité financière de la fraude (chargebacks pour motif fraude) du commerçant vers l'émetteur. Deux situations l'ouvrent, quand la transaction a été authentifiée ou quand l'émetteur a eu l'occasion de l'authentifier. Authentifier coûte de la conversion et protège des impayés fraude. Cette tension est l'incitation économique centrale de 3DS, ce qui fait de toute stratégie d'exemption un arbitrage explicite entre conversion et exposition à la fraude.
L'émetteur a authentifié par analyse de risque : il assume
Exemption TRA/LVP demandée par l'acquéreur et acceptée
Commerçant (via acquéreur)
Pas d'authentification : celui qui demande l'exemption garde le risque
Attempt (transStatus A, ACS indisponible)
Émetteur
Le scheme génère un cryptogramme d'« attempt » ; ECI 06 / 01
MOTO
Commerçant
Hors champ SCA, aucune protection
MIT correctement flaguée et chaînée
Commerçant
Hors champ ; la SCA de la transaction initiale ne couvre pas les MIT suivantes
Transaction non authentifiée hors exemption (ECI 07 / 00)
Commerçant
Exposition maximale + risque de soft decline
Qui porte la fraude selon le scénario
Le véhicule technique du liability shift est le couple ECI + cryptogramme transmis en autorisation. Chez Visa, l'ECI 05 signale une authentification complète, 06 un attempt, 07 une transaction non authentifiée, quand chez Mastercard, 02 vaut pour complète, 01 pour attempt, 00 pour non authentifiée. Un PSP qui dégrade l'ECI (mauvais mapping, perte du CAVV) fait perdre silencieusement la protection au commerçant, un point d'audit classique.
⚠️
Le liability shift ne couvre que la fraude
Il ne bloque que les chargebacks pour motif fraude (Visa 10.4, Mastercard 4837/4849). Les litiges commerciaux (« produit non reçu », « non conforme », « annulation non remboursée ») restent intégralement à la charge du commerçant, 3DS ou pas. La friendly fraud déguisée en litige commercial passe entre les mailles.
ℹ️
L'exemption comme décision économique
Demander une exemption TRA revient à dire : « je préfère gagner ~2 à 5 points de conversion et assumer un taux de fraude que je maîtrise ». Le calcul se fait par segment. Sur un panier moyen de 40 € avec 0,05 % de fraude, l'espérance de perte fraude (2 centimes) reste très inférieure au gain de conversion. Sur des paniers élevés à risque, l'authentification systématique redevient rationnelle.
Chapitre 5. Les exemptions SCA : panorama complet.
Les RTS prévoient des exemptions. La transaction est dans le champ de la SCA mais peut en être dispensée. À ne pas confondre avec les cas hors champ (MIT, MOTO, one-leg, prépayé anonyme), où la SCA ne s'applique tout simplement pas. Règle d'or, l'émetteur reste toujours le décideur final. Une exemption demandée par l'acquéreur peut être refusée, l'émetteur répondant alors par un soft decline pour forcer l'authentification.
Exemption
Article RTS
Conditions
Demandeur
Liability si appliquée
Sans contact proximité
Art. 11
≤ 50 € ; compteurs : 150 € cumulés ou 5 opérations depuis la dernière SCA
Émetteur
Émetteur
Automates transport / parking
Art. 12
Bornes de péage, transport, parking non surveillées
Acquéreur
Commerçant
Bénéficiaires de confiance
Art. 13
Marchand inscrit sur la whitelist tenue par l'émetteur, à la demande du porteur
Émetteur (gestion)
Émetteur
Opérations récurrentes
Art. 14
Série de même montant, même bénéficiaire ; SCA obligatoire sur la première
Taux de fraude du PSP demandeur sous les seuils réglementaires (voir ci-dessous)
Acquéreur ou émetteur
Le demandeur (commerçant si acquéreur)
Exemptions des RTS applicables aux paiements carte, en proximité et à distance
TRA : l'exemption reine et ses seuils
Taux de fraude du PSP (paiements carte à distance)
Montant maximal exemptable
< 0,13 %
100 €
< 0,06 %
250 €
< 0,01 %
500 €
Seuils TRA (annexe des RTS), taux de fraude de référence du PSP demandeur, calculé trimestriellement
Le taux s'apprécie au niveau du PSP demandeur (l'acquéreur pour une exemption acquéreur), toutes transactions à distance confondues, et non au niveau du marchand. Un marchand très propre chez un acquéreur dégradé hérite du plafond de ce dernier. Ce critère pèse dans le choix de l'acquéreur, et reste trop souvent ignoré. Au-delà de 500 €, aucune exemption TRA n'existe. Le challenge devient obligatoire, sauf autre exemption applicable (bénéficiaires de confiance, récurrent) ou cas hors champ.
⚠️
LVP : l'exemption imprévisible
Les compteurs LVP (100 € cumulés ou 5 transactions consécutives sans SCA) sont tenus côté émetteur, tous marchands confondus, sans que le commerçant puisse savoir où en est le compteur. Une transaction à 12 € peut déclencher un challenge « surprise » parce que le porteur a enchaîné des petits achats ailleurs. En pratique, le parcours doit toujours supporter un challenge, même sous 30 €.
MIT et hors champ. Une transaction initiée par le commerçant (abonnement, usage, complément) relève du hors champ, et non d'une exemption, parce que le porteur n'est pas là pour s'authentifier. En contrepartie, la transaction initiale qui établit le mandat (enregistrement de carte, premier prélèvement) doit être authentifiée SCA. Chaque MIT doit ensuite être chaînée à cette initiale via l'identifiant de transaction réseau. Un flag MIT sans chaînage valide sera de plus en plus souvent refusé par les émetteurs.
📊
TRA
Le levier principal jusqu'à 500 €. Exige un acquéreur sous les seuils de fraude et un pilotage continu du taux. Liability commerçant.
🪙
LVP ≤ 30 €
Utile en complément sur les petits paniers, mais les compteurs émetteur restent imprévisibles. Prévoir le fallback challenge.
🔁
MIT (hors champ)
Le socle des abonnements. SCA sur l'initiale, chaînage réseau ensuite. Pas de challenge possible, donc un refus est définitif côté authentification.
📞
MOTO (hors champ)
Commandes téléphone/courrier. Aucune authentification, aucune protection. À réserver aux flux résiduels maîtrisés.
Chapitre 6. Soft declines 65/1A : le refus qui n'en est pas un.
Un soft decline n'est pas un refus de payer, l'émetteur répondant « je veux une authentification avant d'autoriser ». Il survient quand une autorisation arrive sans authentification ni exemption acceptée : tentative d'exemption TRA refusée, MIT mal flaguée, flux non-3DS hérité. Le traiter comme un refus définitif fait perdre la vente. Cette fuite de conversion est l'une des plus coûteuses, et l'une des plus faciles à corriger.
Séquence type : exemption refusée puis récupérée
1) POST /authorize montant 89,00 EUR, ECI 07, flag exemption TRA acquereur
< response_code: 65 Visa -- "Authentication requested" (soft decline)
Mastercard equivalent : code 1A
2) Le PSP declenche automatiquement une authentification 3DS2
AReq -> ARes transStatus "C" -> challenge app bancaire -> RReq "Y"
CAVV genere, ECI passe a 05
3) POST /authorize meme montant, ECI 05 + CAVV
< response_code: 00 Approved
Delai total ajoute : 15 a 45 s (le temps du challenge).
Taux de recuperation observe apres retry authentifie : 70 a 90 %.
Circuit de récupération d'un soft decline
Commerçant/PSP
Autorisation sans 3DS
Exemption demandée ou flux legacy
➜
Émetteur
Répond 65 (Visa) / 1A (Mastercard)
Refus « soft » : authentification exigée
➜
PSP
Relance en 3DS2 dans la même session
Automatique, sans re-saisie carte
➜
Client
Réalise le challenge
App bancaire ou OTP
➜
Émetteur
Autorise la transaction authentifiée
ECI 05/02 + cryptogramme
Réseau
Code
Libellé
Action attendue
Visa
65
Authentication requested (code historique réaffecté pour la zone EEE)
Rejouer avec 3DS2
Mastercard
1A
Authentication required
Rejouer avec 3DS2
CB
1A
Authentification requise (aligné Mastercard ; selon implémentation acquéreur)
Rejouer avec 3DS2
Codes de soft decline par réseau
⚠️
Ne jamais rejouer un soft decline sans authentification
Re-soumettre à l'identique un 65/1A produit un nouveau 65/1A. La manœuvre dégrade le score du marchand chez l'émetteur et alimente les programmes de pénalités schemes sur les retries excessifs. Visa limite à 15 tentatives par 30 jours sur une même transaction, avec facturation au-delà. Seul reste légitime le retry authentifié, immédiat, dans la même session de paiement.
L'instrumentation repose sur trois indicateurs distincts, à suivre séparément. La part de soft declines dans les refus révèle une stratégie d'exemption trop agressive ou des MIT mal flaguées. Le taux de déclenchement du retry authentifié doit tendre vers 100 % des 65/1A. Le taux de récupération final, enfin, est attendu à 70-90 %, en dessous de quoi il faut chercher un problème d'UX de challenge ou un ACS défaillant sur certains BIN.
Chapitre 7. Stratégie d'exemption et optimisation de l'acceptation.
Une stratégie d'exemption ne se réduit pas à une liste de flags. Elle prend la forme d'un arbre de décision par transaction, alimenté par le montant, le segment client, le BIN émetteur et l'historique de réponse des émetteurs. Les meilleurs dispositifs le rendent dynamique, apprenant émetteur par émetteur quelles demandes d'exemption sont acceptées et ajustant le routage en conséquence.
Hors champ d'abord : MIT correctement chaînée ? MOTO ? One-leg ? → autorisation directe avec les bons indicateurs, pas de 3DS.
Wallet authentifiant (Apple Pay/Google Pay avec CDCVM) ? → la SCA est déléguée au device, pas de 3DS marchand.
Montant ≤ 30 € → tenter LVP (en acceptant le risque de challenge-surprise sur compteurs).
Montant ≤ plafond TRA de l'acquéreur et segment sain → demander l'exemption TRA, en autorisation directe ou via le flag 3DS2 (v2.2).
Sinon → 3DS2 complet avec données maximales (acctInfo, merchant risk indicators) pour viser le frictionless.
Dans tous les cas → gestion automatique du soft decline 65/1A avec retry authentifié.
Mesurer : le funnel d'acceptation de bout en bout
KPI
Définition
Cible indicative
Taux de frictionless
ARes « Y » / authentifications tentées
> 60 %
Taux de succès du challenge
Challenges réussis / challenges présentés
> 80 % (app-to-app > 90 %)
Abandon de challenge
Challenges non complétés / présentés
< 10 %
Taux d'autorisation
Autorisations approuvées / demandées
> 90 % sur cartes domestiques
Part de soft declines
65/1A / total des refus
< 10 %, avec récupération > 75 %
Conversion bout-en-bout
Paiements aboutis / tentatives de paiement
Le seul KPI qui agrège tout : à suivre par BIN, montant, segment
KPI d'acceptation : définitions et ordres de grandeur cibles (e-commerce européen)
Données issuer-friendly : acctInfo complet, cohérence adresse/nom, IP non masquée, le levier le moins cher.
Retry intelligent : au-delà du soft decline, requalifier les refus rejouables (05 « do not honor » différé) vs définitifs (14, 41, 43 : ne jamais rejouer).
Routage multi-acquéreur : router chaque BIN vers l'acquéreur qui obtient le meilleur taux d'autorisation et le meilleur plafond TRA ; gains typiques de 1 à 3 points.
Network tokens : taux d'autorisation supérieur de 2 à 3 points en moyenne sur les flux card-on-file (voir le cours Tokenisation).
Delegated authentication / SPC : déléguer la SCA au marchand ou au device (passkeys) pour supprimer le challenge, encore émergent et à suivre.
🔑
Gouvernance : la revue mensuelle par émetteur
Le taux d'acceptation ne s'optimise pas globalement mais BIN par BIN, un même flag d'exemption pouvant être accepté à 95 % chez un émetteur et refusé à 80 % chez un autre. Les marchands les plus performants tiennent une revue mensuelle par émetteur : taux d'exemption acceptée, frictionless, soft declines, fraude. Les émetteurs déviants sont remontés via l'acquéreur.
+1 pt
de taux d'autorisation = +1 % de chiffre d'affaires encaissé, à trafic constant
≈ 2/3
des authentifications 3DS2 européennes aboutissent en frictionless
communications schemes, ordre de grandeur 2024-2025
70-90 %
des soft declines sont récupérables par un retry authentifié automatique