Une transaction CB de bout en bout. 6 chapitres et un QCM final.
Suivez une transaction carte pas à pas : du checkout à l'autorisation (ISO 8583, codes réponse), capture et remise, compensation et règlement. Puis la décomposition des commissions, l'arbitrage CB vs Visa/Mastercard sur carte co-badgée, le relevé monétique, la réconciliation et la gestion des incidents.
🇫🇷
Décomposer le trajet complet d'une transaction CB, du checkout au crédit du compte du commerçant
Lire un message d'autorisation ISO 8583 et interpréter les principaux codes réponse (DE39)
Distinguer précisément autorisation, capture, remise, compensation et règlement
Décomposer la commission commerçant (interchange, frais de scheme, marge acquéreur) et arbitrer le routage CB vs Visa/Mastercard sur carte co-badgée
Chapitre 1. Du checkout à la demande d'autorisation.
Tout commence au checkout. En proximité, le porteur présente sa carte au TPE ; en ligne, il saisit ses données sur une page de paiement. Dans les deux cas, la mécanique aboutit au même objet, un message d'autorisation normalisé. Celui-ci traverse PSP, acquéreur et scheme pour atteindre la banque émettrice, aller-retour compris, en moins de deux secondes.
Du panier à l'émetteur (e-commerce)
Porteur
valide le panier et saisit sa carte
Champs hébergés par le PSP (iframe) : les données carte ne touchent jamais le serveur du marchand, d'où un périmètre PCI DSS réduit
➜
PSP / gateway
tokenise le PAN et déclenche 3-D Secure si nécessaire
EMV 3DS : parcours frictionless (données de risque) ou challenge (validation dans l'app bancaire)
➜
PSP
construit la demande d'autorisation
Message de type 0100 au format ISO 8583, enrichi du résultat d'authentification
➜
Acquéreur
contrôle le contrat commerçant et transmet au réseau
Pour une carte CB en France : réseau d'autorisation CB (e-rsb)
➜
Scheme
route la demande vers l'émetteur
Routage d'après le BIN (les 6 à 8 premiers chiffres du PAN)
➜
Émetteur
répond : accord (00) ou refus
La réponse redescend dans le champ DE39 du message 0110
La norme ISO 8583 structure ces échanges depuis les années 1980, chaque message portant un MTI (Message Type Indicator, 4 chiffres) qui indique sa nature. Suit une série de data elements (DE) : numéro de carte, montant, devise, identifiants du terminal et du commerçant, données cryptographiques EMV, entre autres. En France, le dialogue entre le point d'acceptation et l'acquéreur suit le protocole CB2A, dérivé d'ISO 8583. À l'international, cette norme reste la lingua franca des autorisations, même si ISO 20022 gagne les échanges interbancaires.
Message d'autorisation ISO 8583, champs principaux annotés
MTI 0100 Demande d'autorisation (du point d'acceptation vers l'emetteur)
DE2 497010XXXXXX3742 PAN tronque -- carte CB co-badgee (BIN 497010)
DE3 000000 Code traitement : achat de biens ou services
DE4 000000004250 Montant : 42,50 EUR (12 chiffres, sans separateur)
DE7 0709143205 Date/heure de transmission (MMJJhhmmss)
DE11 002417 STAN : numero de trace unique du message
DE22 051 Mode de saisie : puce EMV, PIN verifiable
DE41 TPE00042 Identifiant du terminal
DE42 0451278900017 Identifiant du commercant (contrat acquereur)
DE49 978 Devise ISO 4217 : 978 = euro
DE55 9F2608A1B2C3D4E5F6A7... Donnees EMV : cryptogramme ARQC, TVR, AIP
Reponse 0110 associee (l'emetteur renvoie notamment) :
DE38 A1B2C3 Code d'autorisation delivre par l'emetteur
DE39 00 Code reponse : 00 = transaction approuvee
MTI
Nature du message
Usage typique
0100
Demande d'autorisation
Réservation des fonds, sans mouvement financier
0110
Réponse d'autorisation
Accord (00) ou refus, code d'autorisation en DE38
0200
Demande financière
Autorisation et débit portés par un même message (retraits DAB notamment)
0400
Annulation / reversal
Annule une autorisation : timeout, abandon du porteur, erreur
0420
Avis d'annulation
Reversal notifié en mode « advice », rejoué jusqu'à acquittement
0800
Message réseau
Echo test, sign-on/sign-off, gestion de clés
Les MTI à connaître
ℹ️
Pourquoi la tokenisation change la donne PCI
Le PSP remplace le PAN par un token dès la collecte. Le système d'information du marchand sort alors du périmètre de certification PCI DSS le plus lourd, avec un questionnaire SAQ A au lieu de SAQ D. La même brique autorise les paiements en un clic et les abonnements, sans jamais stocker de numéro de carte en clair.
Chapitre 2. L'autorisation et les codes réponse.
À réception du 0100, l'émetteur enchaîne une batterie de contrôles en quelques centaines de millisecondes : carte connue et non expirée, absence d'opposition, solde ou encours disponible, plafonds de paiement et de retrait. Puis la cohérence du cryptogramme EMV, dont l'ARQC est recalculé avec les clés de la carte, et la conformité SCA, authentification requise ou exemption invocable. Vient enfin le scoring de fraude en temps réel : géolocalisation, vélocité, habitudes du porteur. Le verdict tient dans deux caractères, ceux du champ DE39.
Code
Signification
Famille
Réaction recommandée
00
Transaction approuvée
Succès
Capturer, livrer, archiver le code d'autorisation
05
Ne pas honorer
Refus générique (hard)
Pas de retry en boucle ; proposer un autre moyen de paiement
14
Numéro de carte invalide
Erreur de saisie
Faire ressaisir le porteur
41
Carte perdue
Sécurité (hard)
Ne JAMAIS réessayer
43
Carte volée
Sécurité (hard)
Ne JAMAIS réessayer
51
Provision insuffisante
Soft decline
Retry différé (après une échéance de paie par exemple), en nombre limité
54
Carte expirée
Hard (jusqu'à mise à jour)
Demander la nouvelle carte ou utiliser un service d'account updater
57
Transaction non permise au porteur
Hard
Autre moyen de paiement (carte non ouverte au e-commerce, etc.)
59
Suspicion de fraude
Sécurité (hard)
Ne pas réessayer ; revue manuelle éventuelle
61
Plafond de paiement dépassé
Soft decline
Réessayer après déplafonnement par le porteur auprès de sa banque
91
Émetteur indisponible
Technique (soft)
Retry rapproché ; le stand-in du scheme peut répondre à sa place
96
Dysfonctionnement système
Technique
Retry avec temporisation croissante (backoff)
Codes réponse usuels (DE39) et bonne réaction côté accepteur
🔑
Soft decline vs hard decline
Un soft decline (51, 61, 91…) traduit une situation temporaire, où un retry intelligent, espacé et plafonné, récupère une part significative du chiffre d'affaires. Un hard decline (41, 43, 59, 05 répété) est définitif. Le rejouer est inutile, dégrade votre réputation de marchand auprès des émetteurs et coûte de l'argent, puisque les schemes facturent les retries excessifs. Chez Visa, plus de 15 tentatives sur 30 jours sur une même carte exposent à des pénalités.
Deux mécanismes de robustesse méritent d'être connus. Avec le stand-in processing, si l'émetteur reste muet, le scheme peut répondre à sa place selon des règles convenues, plafonds et listes d'opposition répliquées ; la transaction lui est ensuite notifiée. Avec la temporisation, chaque maillon (TPE, PSP, scheme) applique un timeout. Passé ce délai sans réponse, la transaction est réputée non aboutie et un reversal est émis pour libérer les fonds éventuellement réservés (nous y revenons au chapitre incidents).
< 2 s
durée totale d'un aller-retour d'autorisation, réseau compris
≈ 300 ms
temps de décision typique côté émetteur, scoring inclus
15 / 30 j
plafond de tentatives Visa sur une même carte avant pénalités de retry
règles Visa
Chapitre 3. Capture et remise.
L'autorisation réserve les fonds ; la capture (ou validation) est l'acte par lequel le commerçant demande effectivement le débit. En proximité, autorisation et capture sont quasi simultanées, alors qu'en e-commerce les règles schemes imposent de ne capturer qu'à l'expédition de la marchandise. D'où des captures différées, partielles (envoi en plusieurs colis) ou incrémentales (hôtellerie, location de véhicules).
Contexte
Capture typique
Validité de l'autorisation
Proximité (TPE)
Immédiate
Sans objet : capture dans la remise du jour
E-commerce standard
À l'expédition (J à J+2)
≈ 7 jours en règle générale
Hôtellerie, location
À la restitution / au check-out
Jusqu'à ≈ 30 jours (pré-autorisation), avec ré-autorisations possibles
Click and collect
Au retrait
≈ 7 jours ; ré-autoriser si dépassement
Fenêtres de capture usuelles
Vient ensuite la télécollecte, quand en fin de journée, typiquement entre 22 h et 5 h, le TPE appelle l'acquéreur et lui transmet le lot des transactions capturées, autrement dit la remise. En e-commerce, le PSP constitue et transmet lui-même les fichiers de capture. La remise est l'unité comptable de base, que l'on retrouve sur le relevé monétique, le commerçant étant crédité lot par lot.
Fichier de remise (télécollecte), représentation simplifiée inspirée CB2A
FICHIER DE REMISE -- lot 20260709-001
EN-TETE TPE TPE00042 commercant 0451278900017
devise EUR date remise 2026-07-09 heure 22:04
DETAIL 01 PAN 497010XXXXXX3742 montant 42,50 auto A1B2C3 ref 002417
DETAIL 02 PAN 513120XXXXXX8821 montant 129,00 auto F7G8H9 ref 002431
DETAIL 03 PAN 497010XXXXXX0055 montant 8,90 auto K2L3M4 ref 002440 sans contact
TOTAL 3 transactions 180,40 EUR
PIED controle d'integrite OK -- lot accepte par l'acquereur
Chaque ligne DETAIL reprend le code d'autorisation (DE38) et la reference
de trace (STAN) obtenus lors de l'autorisation : c'est ce chainage
autorisation -> capture qui permet la reconciliation de bout en bout.
Capturer au plus près de l'autorisation : une capture tardive au-delà de la fenêtre de validité dégrade le taux d'acceptation et peut être re-tarifée par le scheme (late presentment).
Capture partielle plutôt que ré-autorisation sauvage : ne re-autorisez que si la fenêtre est dépassée ou si le montant augmente.
Annuler les autorisations devenues inutiles (commande annulée) par un reversal explicite : cela libère immédiatement le plafond du porteur.
Tracer le triplet montant autorisé / montant capturé / référence d'autorisation : c'est la clé de voûte de la réconciliation.
⚠️
L'autorisation fantôme, plaie du service client
Une autorisation jamais capturée ni annulée laisse les fonds réservés chez le porteur jusqu'à expiration, soit 7 jours en général et jusqu'à 30 en pré-autorisation hôtelière. Le client voit son plafond amputé « pour rien » et appelle sa banque, qui renvoie vers le commerçant. Le réflexe professionnel est simple. Tout abandon de commande doit déclencher un reversal explicite, jamais un simple oubli.
Chapitre 4. Compensation et règlement.
Deux notions à ne jamais confondre. La compensation (clearing) est un traitement d'information : rapprocher les remises, calculer qui doit combien à qui, en général en positions nettes multilatérales, chaque banque n'ayant plus qu'un solde unique vis-à-vis du système. Le règlement (settlement) est le transfert effectif des fonds, en monnaie de banque centrale ; il éteint définitivement les dettes entre banques.
De la remise au crédit du commerçant (CB domestique)
Acquéreur
présente en compensation les remises de la veille
Fichiers de compensation échangés entre banques via le système de détail
➜
CORE(FR) de STET
calcule les positions nettes multilatérales
Environ 30 milliards d'opérations par an, tous instruments de détail confondus
➜
Banque de France / T2
règle les soldes nets en monnaie de banque centrale
Règlement définitif et irrévocable (directive Finalité)
➜
Émetteur
débite le compte du porteur
Immédiatement, ou en fin de mois pour les cartes à débit différé
➜
Acquéreur
crédite le compte du commerçant, net de commissions
J+1 usuel ; le détail figure sur le relevé monétique
Pour les transactions Visa ou Mastercard hors périmètre domestique, la compensation passe par les systèmes propres des schemes : fichiers de clearing Base II chez Visa, IPM/GCMS chez Mastercard. Le scheme organise le règlement multidevise sur les comptes de règlement des banques membres. Les délais s'allongent. Les fonds arrivent chez l'acquéreur en J+1 à J+3, et des frais de change s'ajoutent le cas échéant.
Étape
CB domestique
Visa/Mastercard transfrontière
Autorisation
J, temps réel (< 2 s)
J, temps réel (< 2 s)
Remise / clearing
J soir → J+1 via STET CORE(FR)
J soir → J+1/J+2 via Base II ou IPM
Règlement interbancaire
J+1, monnaie centrale (T2)
J+1 à J+3, comptes de règlement du scheme
Crédit du commerçant
J+1 usuel
J+2 à J+3, change éventuel en sus
Chronologie comparée d'une transaction de 42,50 €
ℹ️
Pourquoi la monnaie de banque centrale ?
Régler en monnaie centrale, sur les comptes des banques à la Banque de France et dans le système T2 de l'Eurosystème, élimine le risque de crédit sur la banque qui paie. La monnaie centrale ne peut pas faire défaut. La directive Finalité (98/26/CE) garantit l'irrévocabilité des règlements même en cas de faillite d'un participant, et forme le socle juridique de la confiance interbancaire.
Chapitre 5. Interchange, commissions et carte co-badgée.
La commission de service commerçant (MSC) que prélève l'acquéreur n'est pas un bloc opaque. Elle empile trois étages. L'interchange, reversé à la banque émettrice ; les frais de scheme, reversés au réseau (CB, Visa ou Mastercard) ; la marge acquéreur, qui rémunère le service, le risque et la technique. La tarification est dite interchange++ quand ces trois étages sont facturés séparément et de façon transparente. Ce mode s'impose chez les commerçants d'une certaine taille, alors que les petits contrats restent au forfait blended.
Composante
Bénéficiaire
Taux indicatif
Montant sur 50 €
Interchange
Banque émettrice
0,20 % (plafond IFR)
0,10 €
Frais de scheme
Réseau (CB, Visa, MC)
0,02 % à 0,15 %
0,01 € à 0,08 €
Marge acquéreur
Acquéreur / PSP
0,10 % à 0,30 %
0,05 € à 0,15 €
Total MSC
–
≈ 0,3 % à 0,7 %
≈ 0,16 € à 0,33 €
Décomposition de la MSC pour un paiement de 50 €, carte de débit consommateur, proximité (ordres de grandeur)
Le règlement européen IFR (2015/751) plafonne l'interchange des cartes de particuliers : 0,2 % sur le débit, 0,3 % sur le crédit. Les cartes commerciales (business, corporate) échappent aux plafonds. Leur interchange peut dépasser 1,5 %, ce qui explique que certains commerçants les surveillent de près. L'IFR a aussi séparé schemes et processeurs, et consacré la liberté de routage sur les cartes co-badgées.
Le cas français par excellence : la carte co-badgée CB/Visa ou CB/Mastercard
La quasi-totalité des cartes bancaires françaises (~95 %) portent deux marques : CB (scheme domestique) et Visa ou Mastercard (marque internationale). Sur une même transaction domestique, le commerçant peut donc router vers CB ou vers la marque internationale. L'article 8 de l'IFR organise le partage des rôles. Le commerçant peut installer un choix prioritaire (pré-sélection) sur son terminal ou sa page de paiement ; le porteur garde le dernier mot s'il exprime une préférence. En pratique, l'immense majorité des porteurs ne touche à rien, de sorte que la pré-sélection du commerçant l'emporte et que son paramétrage devient un levier de coût direct.
Poste
Routage CB
Routage Visa/Mastercard
Interchange
0,10 € (0,20 %, plafond IFR)
0,10 € (0,20 %, plafond IFR)
Frais de scheme
Faibles : structure GIE mutualisée (≈ 0,01-0,03 €)
Plus élevés et en hausse (≈ 0,05-0,15 €, grilles complexes)
Routage CB vs Visa/Mastercard sur une transaction domestique de 50 €, débit consommateur (estimations de place ; les barèmes réels sont contractuels et confidentiels)
⚠️
Les scheme fees, poste qui grossit en silence
Contrairement à l'interchange, les frais de scheme ne sont pas plafonnés. L'étude Brattle commandée par EuroCommerce chiffre leur hausse à environ +33 % entre 2018 et 2022 pour les schemes internationaux. En cause, une inflation de lignes tarifaires (frais d'autorisation, de reporting, d'inadéquation de données…). Vérifiez le routage effectif de vos transactions co-badgées sur le relevé, car un paramétrage TPE ou PSP par défaut sur la marque internationale peut coûter cher sans aucun service supplémentaire.
0,2 % / 0,3 %
plafonds d'interchange débit / crédit sur cartes de particuliers
règlement (UE) 2015/751 (IFR)
≈ 95 %
des cartes CB sont co-badgées Visa ou Mastercard
GIE CB
+33 %
hausse des frais de scheme des réseaux internationaux entre 2018 et 2022
The Brattle Group pour EuroCommerce, 2023
Chapitre 6. Relevé monétique, réconciliation et incidents.
Le relevé monétique est le document (ou le flux) par lequel l'acquéreur rend compte au commerçant : remises reçues, commissions prélevées, impayés débités, frais fixes. Il constitue la source de vérité côté banque, à confronter systématiquement aux données internes du marchand.
Extrait de relevé monétique annoté
RELEVE MONETIQUE -- periode du 06/07 au 12/07/2026 -- contrat 0451278900017
REMISE 06/07 brut 2 412,80 45 trx <- lot telecollecte du 06/07
REMISE 07/07 brut 1 897,15 38 trx
REMISE 09/07 brut 180,40 3 trx <- notre lot 20260709-001
COMMISSIONS MSC 0,42 % -18,86 <- taux blended applique au brut
IMPAYE chargeback ref 002198 -59,90 <- motif : marchandise non recue
FRAIS FIXES location TPE -12,00
NET REGLE 4 399,59
credite au compte le 13/07, date de valeur 13/07
Verification : 2 412,80 + 1 897,15 + 180,40 = 4 490,35 brut
4 490,35 - 18,86 - 59,90 - 12,00 = 4 399,59 net
La réconciliation à trois voies rapproche trois sources indépendantes. (1) Les commandes ou tickets du système du marchand, caisse ou e-commerce ; (2) les transactions vues par le PSP/acquéreur, autorisations, captures et remises ; (3) les crédits effectifs sur le relevé de compte bancaire, idéalement en format structuré camt.053. Chaque écart a une cause finie : commission prélevée, remboursement émis, chargeback débité, décalage de date de valeur, remise rejetée, retenue de garantie (rolling reserve). Menée chaque jour et automatisée, elle transforme les « écarts inexpliqués » en simple liste d'exceptions à traiter.
Incident
Cause typique
Effet visible
Traitement
Refus d'autorisation
DE39 = 05, 51, 61…
Vente perdue au checkout
Distinguer soft/hard decline ; retry encadré ; proposer un moyen alternatif
Timeout d'autorisation
Réseau ou émetteur muet au-delà du délai
Statut incertain : accepté ? refusé ?
Reversal automatique (0400/0420), rejoué jusqu'à acquittement
Débit fantôme
Reversal perdu après timeout
Porteur débité sans commande livrée
Détection en réconciliation ; remboursement ou représentation
Double remise
Lot télécollecté deux fois
Commerçant crédité deux fois puis débité
Contrôle d'unicité des lots ; correction par l'acquéreur
Impayé / chargeback
Contestation du porteur (fraude, non-livraison)
Débit rétroactif sur le relevé
Représentation avec preuves dans les délais du scheme
Écart de règlement
Commissions, réserves, dates de valeur
Net crédité ≠ brut attendu
Réconciliation à trois voies, ligne à ligne
Incidents courants : diagnostic et traitement
⚠️
Le timeout, cas d'école
Quand la réponse d'autorisation n'arrive pas dans les délais, le point d'acceptation émet un reversal (0400) pour annuler la transaction côté émetteur, car celle-ci a peut-être été acceptée sans que la réponse parvienne. Si ce reversal se perd à son tour, le porteur reste débité d'un achat que le commerçant croit refusé, cas qui porte le nom de débit fantôme. La seule parade systémique combine des reversals en mode advice rejoués jusqu'à acquittement et une réconciliation quotidienne qui fait remonter toute transaction « orpheline ».
Dernier maillon, l'impayé (chargeback) mériterait un cours à lui seul. Retenez ici sa place dans la chaîne, sachant qu'il arrive après le règlement, parfois plusieurs semaines plus tard, et se matérialise par un débit rétroactif sur le relevé monétique. La transaction peut donc être défaite très tard, et la réconciliation ne s'arrête jamais au jour du paiement, suivant chaque transaction jusqu'à extinction de son cycle de vie complet.