Chapitre 1. Décomposer le refus avant de le réduire.
Un taux de refus global ne dit pas quoi corriger, puisqu'il additionne des causes sans rapport entre elles. Un filtre interne trop serré, un client qui abandonne son authentification, un émetteur étranger méfiant, une carte périmée dormant dans un coffre, et chacune ouvre un chantier différent, avec un propriétaire différent. Le premier travail découpe le chiffre. Le second évalue ce que chaque morceau vaut en ventes.
La maille minimale : six axes, pas un de moins
| Axe | Pourquoi il sépare des populations différentes | Ce qu'il révèle quand on le croise |
|---|---|---|
| Pays d'émission de la carte | Un émetteur note d'abord la distance entre lui et le marchand. Le pays du marchand n'y change rien. | Un corridor précis qui décroche : le levier est alors l'acquisition locale ou le jeton de réseau. |
| Produit carte | Débit, crédit, prépayée et carte commerciale n'ont ni les mêmes plafonds ni les mêmes règles d'usage. | Un refus massif sur prépayées ou cartes commerciales signale une restriction d'usage, pas un problème de risque. |
| Canal et méthode | Une saisie de carte, un portefeuille, un jeton stocké et un prélèvement ne suivent pas le même chemin. | Un canal isolé qui chute pointe une régression technique, souvent datable à l'heure près. |
| CIT ou MIT | Une opération initiée par le client et une opération initiée par le marchand sont jugées différemment. | Un chaînage mal marqué produit des refus que ni la fraude ni l'émetteur n'expliquent. |
| Tranche de montant | Les plafonds, les exemptions et les seuils de score se déclenchent par palier. | Une falaise à un montant rond trahit un réglage, chez le marchand ou chez l'émetteur. |
| Rang de la tentative | La première tentative et la cinquième ne mesurent pas la même chose. | Le taux au premier essai est le seul comparable dans le temps et entre marchés. |
Une mesure s'interprète par comparaison avec une période de référence, si bien qu'il faut figer quatre semaines de données avant toute modification. Conservez le code brut de chaque tentative, sans traduction, parce que les libellés des prestataires changent sans préavis et qu'une correspondance écrite contre un libellé casse en silence. La comparaison avant-après se fera sur le taux au premier essai, à mix constant.
Chapitre 2. Qualifier un code : dur, conditionnel, ou mal rangé.
Le vocabulaire courant oppose refus doux et refus durs, mais cette opposition est une abstraction de marchand, et les réseaux ne parlent pas ainsi. Visa classe ses codes de réponse en quatre catégories et attache une règle de réémission à chacune. Mastercard ajoute au code de réponse un Merchant Advice Code, adressé au marchand plutôt qu'à l'acquéreur. Le prestataire superpose enfin son propre libellé, souvent traduit, parfois appauvri. Trois vocabulaires pour un même événement.
Les quatre questions qui qualifient n'importe quel refus
- Qui a refusé ? Le filtre du marchand, le prestataire, l'acquéreur ou l'émetteur. Un refus qui n'a jamais atteint l'émetteur ne se corrige pas chez l'émetteur.
- Le même essai peut-il aboutir plus tard ? C'est la seule définition utile du refus conditionnel : rien à changer, sauf le moment.
- Que faudrait-il changer pour que ça passe ? Une donnée, une authentification, une coordonnée de carte, un instrument entier. La réponse nomme le chantier.
- Qui détient ce changement ? Le marchand, le porteur, l'émetteur. Un chantier sans propriétaire ne se fera pas.
- Combien de reprises le réseau autorise-t-il ? Le plafond n'est pas une recommandation : il est facturé et surveillé.
| Code | Ce que l'émetteur dit vraiment | Reprise | Ce qui doit changer, et par qui |
|---|---|---|---|
05 (Do not honor) | Refus discrétionnaire, non motivé. Le fourre-tout de la vente à distance. | Catégorie 4 : reprise permise, rendement faible | Enrichir la donnée envoyée, tokeniser, authentifier le segment (marchand) |
51 (provision insuffisante) | Refus temporaire, sans jugement sur le marchand ni sur la carte. | Catégorie 2 : reprise différée | Attendre un crédit sur le compte : seul le calendrier agit (le porteur) |
54 (carte expirée) | La coordonnée stockée est périmée. Le compte, lui, existe toujours. | Catégorie 3 : après correction seulement | Rafraîchir la coordonnée par jeton de réseau ou service de mise à jour (marchand) |
14 (numéro de compte inexistant) | Le numéro présenté ne correspond à aucun compte. Souvent un test de cartes en rafale. | Catégorie 3 : jamais sur le même numéro | Obtenir un autre moyen de paiement, et limiter les tentatives en amont (marchand et client) |
41 / 43 (carte perdue ou volée) | Décision ferme. L'émetteur a bloqué l'instrument. | Catégorie 1 : aucune reprise | Arrêter, ne pas livrer, verser le cas à la revue de fraude (marchand) |
57 (opération non permise au porteur) | Le produit carte n'autorise pas cet usage : canal, pays, catégorie de commerce. | Catégorie 1 : aucune reprise | Proposer un autre instrument sur ce segment (marchand) |
61 (plafond de montant dépassé) | Le montant dépasse une limite du porteur, pas un jugement de risque. | Catégorie 2 : reprise permise | Fractionner, différer, ou faire relever le plafond (porteur et marchand) |
65 (Mastercard) · 1A (Visa, CB) | Ce n'est pas un refus. L'émetteur exige une authentification. | Une reprise, immédiate, avec 3-D Secure | Rejouer l'opération en challenge (marchand) |
91 (émetteur injoignable) | Panne ou saturation côté émetteur ou lien réseau. | Catégorie 2 : reprise technique courte | Temporiser puis rejouer, avec limitation du débit (prestataire) |
N7 (contrôle du cryptogramme échoué) | La donnée de vérification transmise ne correspond pas. | Catégorie 3 : après correction | Vérifier la collecte et la transmission du champ (marchand) |
05, que la plupart des systèmes classent en refus doux et rejouent en boucle. Il relève de la catégorie 4, donc du plafond commun de quinze réémissions sur trente jours, et son rendement en reprise est faible. Le corriger demande de changer la donnée envoyée, pas de réessayer.Chez Mastercard, le refus arrive déjà trié
Mastercard regroupe ses refus de vente à distance en trois familles : 79 cycle de vie, 82 politique, 83 sécurité. Le Merchant Advice Code dit ensuite quoi faire. 01 signale que des informations de compte à jour existent. Sur un refus 79 ou 82, il oriente vers le service de mise à jour des coordonnées, tandis que sur un 83 il renvoie vers une reprise en EMV 3-D Secure. 02 autorise une reprise ultérieure, 03 l'interdit et 21 clôt le paiement, là où les codes 24 à 30 donnent un délai précis, d'une heure à dix jours.
{
"tentative_id": "att_2026_08_07_0001",
"commande_id": "CMD-2026-8842",
"rang_tentative": 2,
"carte_ref": "pan_ref_9f2b", // reference stable de la carte, jamais le PAN
"pays_emission": "BR",
"produit_carte": "credit",
"instrument": "network_token", // pan | psp_token | network_token | wallet
"initiateur": "MIT_recurring", // CIT | MIT_recurring | MIT_industry
"montant_mineur": 4990,
"devise": "BRL",
"authentification": "3ds_frictionless",
"code_reseau_brut": "51", // JAMAIS le libelle du prestataire
"merchant_advice_code": "02",
"categorie_visa": 2,
"psp": "psp_a",
"acquereur": "acq_br_1",
"horodatage": "2026-08-07T09:14:22Z"
}54 accompagné d'un Merchant Advice Code 01. Quelle est la bonne séquence ?Chapitre 3. Reprendre sans se faire facturer.
Une reprise est une dépense engagée pour récupérer une vente refusée. Chaque tentative coûte des frais d'autorisation, consomme un compteur surveillé par les réseaux, et dégrade la réputation du numéro de marchand quand elle se répète. La politique de reprise se rédige donc comme un budget : un nombre d'essais, un déclencheur, une condition d'arrêt.
Ce que les réseaux comptent, et comment ils comptent
- Le compteur se tient par carte et par marchand, tous prestataires confondus. Répartir ses reprises entre deux prestataires ne divise rien.
- Visa autorise quinze réémissions au plus sur trente jours pour les catégories 2, 3 et 4, et aucune en catégorie 1 (Visa Rules, article AI10325 du 3 septembre 2020, en vigueur au 17 avril 2021).
- Au-delà, la réémission est facturée : 0,10 $ en domestique et 0,05 $ de plus en transfrontalier dans la grille relevée chez Qualpay, 2022.
- Les réseaux qualifient de tentatives excessives dix refus en vingt-quatre heures ou vingt refus sur trente jours sur la même carte (TD Merchant Solutions, novembre 2025).
- Rejouer après un Merchant Advice Code
03ou21déclenche un frais dédié. La grille TD Merchant Solutions de novembre 2025 le porte à 0,78 $ par réémission au 1er février 2026. - Le reclassement des codes bouge :
39,52et53sont passés de la catégorie 4 à la catégorie 2 et le codeZ5a été créé en catégorie 2 le 13 avril 2024 (Visa, Merchant Business News Digest).
| Famille | Déclencheur de la reprise | Essais maximum | Condition d'arrêt |
|---|---|---|---|
Provision insuffisante (51) | Calendrier, pas horloge : lendemain, puis jour de versement des salaires du marché visé | 3 à 4 sur trente jours | Passage du code en catégorie 1, ou avis 03 |
Coordonnée périmée (54, avis 01) | Après retour du service de mise à jour ou remappage du jeton | 1 | Aucune information à jour disponible : solliciter le client |
Authentification exigée (65, 1A) | Immédiat, dans la même session, en challenge 3-D Secure | 1 | Échec ou abandon du challenge : la vente se rejoue par un autre canal |
Incident technique (91, 96) | Temporisation exponentielle, quelques minutes | 2, avec limitation de débit globale | Incident émetteur déclaré : la file attend, elle ne martèle pas |
Refus discrétionnaire (05) | Seulement si une donnée a changé : jeton, authentification, adresse | 1 | Aucune donnée nouvelle à présenter |
Décision ferme (41, 43, 57, avis 03 ou 21) | Aucun | 0 | Immédiate : le moyen de paiement sort du parc |
# Une reprise ne se declenche que si son esperance depasse son cout.
# marge : marge brute recuperee si la reprise aboutit
# p_succes : taux de reussite OBSERVE de cette famille, sur vos donnees
# cout_essai : frais d'autorisation + frais de reemission au-dela du plafond
# essais_faits : compteur tenu PAR CARTE et PAR MARCHAND, tous prestataires
def reprise_autorisee(avis_mastercard, categorie_visa, essais_faits,
essais_24h, plafond_famille):
if avis_mastercard in ("03", "21"):
return False # arret ferme, quel que soit le calendrier
if categorie_visa == 1:
return False # aucune reemission permise
if essais_24h >= 10 or essais_faits >= 20:
return False # zone de tentatives excessives
return essais_faits < plafond_famille
def reprise_rentable(marge, p_succes, cout_essai):
return marge * p_succes > cout_essai
# Illustration de lecture, pas une mesure de marche :
# une marge de 12 unites, un taux de reussite observe de 18 % et un cout
# d'essai de 0,3 unite donnent 12 * 0,18 = 2,16 > 0,3. La reprise se justifie.
# A 2 % de reussite, elle ne se justifie plus : 0,24 contre 0,3.Le taux de réussite par famille se mesure, il ne se suppose pas. Chaque reprise s'enregistre avec le code d'origine, le rang, le délai écoulé et le résultat. Au bout d'un mois, la table de calendrier se recalibre sur ces chiffres. Les familles qui ne rapportent rien disparaissent du plan de relance, alors que celles qui rapportent gagnent un essai supplémentaire, dans la limite du plafond réseau.
51. Que fait le système ?Chapitre 4. Jetons de réseau : effet mesuré, pas effet promis.
Un jeton de réseau change ce que l'émetteur voit, parce que le numéro présenté a été délivré par le service de tokenisation du réseau, après vérification du porteur à l'enrôlement. Chaque opération porte un cryptogramme propre. Le jeton est cantonné à un domaine d'usage, donc inutilisable ailleurs s'il fuite. L'émetteur note une transaction dont l'origine est prouvée, si bien que le score de risque s'assouplit et que le taux d'autorisation monte. Le cadre technique est publié par EMVCo, dont la version 2.4 du référentiel de tokenisation date du 9 juillet 2026.
| Marché | Uplift mesuré | Ce que l'écart dit du marché |
|---|---|---|
| Australie | 7,03 % | Gestion du cycle de vie des jetons largement adoptée par les émetteurs et les marchands : l'écart avec le numéro clair est maximal. |
| États-Unis | 4,74 % | Parc de cartes très renouvelé et forte proportion de coordonnées stockées : le jeton évite la mort de la carte en portefeuille. |
| Bahreïn | 3,70 % | Marché où l'acceptation des flux étrangers pèse lourd dans la note de risque de l'émetteur. |
| Brésil | 3,23 % | Marché carte dense, en concurrence avec Pix. Chaque point d'autorisation se dispute sur le canal carte. |
| Royaume-Uni | 2,80 % | Base d'autorisation déjà haute : le gain relatif est plus faible, ce qui n'en fait pas un gain négligeable. |
| Moyenne annoncée | 2 à 7 % | L'intervalle, pas la moyenne, est l'information utile. Le résultat dépend du mix d'émetteurs et du type de flux. |
Trois chantiers, un seul indicateur de suivi
- Devenir demandeur de jetons, directement ou par son prestataire. L'identifiant de demandeur conditionne le domaine d'usage et la portabilité future.
- Migrer le coffre existant : les numéros déjà stockés se convertissent en jetons sans re-saisie du client. C'est la partie qui rapporte le plus vite, et celle qu'on oublie.
- Suivre la couverture : part du parc de coordonnées effectivement tokenisée, par marché et par émetteur. Un uplift moyen n'a aucun sens tant que la couverture stagne à 40 %.
- Traiter les cas non tokenisables : émetteurs non participants, schemes domestiques sans service de tokenisation. Ce solde relève du chapitre suivant, celui de la mise à jour des coordonnées.
Sur certains marchés, la question ne se pose plus. La Reserve Bank of India impose la tokenisation des coordonnées stockées depuis le 1er octobre 2022, si bien qu'un marchand qui y conserve un numéro de carte est en infraction. Ailleurs, l'arbitrage reste économique. Les schemes domestiques compliquent le tableau, puisque Elo au Brésil, RuPay en Inde, Verve au Nigeria, Meeza en Égypte, mada en Arabie saoudite ou TROY en Turquie ne suivent pas le calendrier des réseaux internationaux. La couverture se mesure scheme par scheme, jamais globalement.
Chapitre 5. Rafraîchir les coordonnées : la procédure, pas l'outil.
Un parc de cartes enregistrées se dégrade tout seul, entre expirations, réémissions après perte, changements de gamme et clôtures de comptes. Chaque événement transforme une échéance en refus, puis un refus en résiliation involontaire. Les services de mise à jour des réseaux synchronisent le coffre du prestataire avec les référentiels des émetteurs. Le service existe depuis longtemps, alors que la procédure qui l'exploite manque le plus souvent.
| Dispositif | Cadence | Ce qu'il renvoie | Ce qu'il ne fait pas |
|---|---|---|---|
| Visa Account Updater | Soumission par lots, périodicité choisie par le marchand | Nouveau numéro, nouvelle date d'expiration, compte clos, ou consigne de contacter le porteur | Il ne couvre que les émetteurs participants, et ne dit rien des cartes hors réseau Visa |
| Mastercard Automatic Billing Updater | Même principe, sur le périmètre Mastercard | Mêmes classes de réponse, avec les regroupements 79 et 82 en amont | Il ne remplace pas la lecture du Merchant Advice Code 01 en temps réel |
| Mise à jour à l'autorisation | Synchrone, dans la réponse elle-même | L'information de mise à jour revient avec le refus, sans requête séparée | Elle suppose que le refus survienne : elle ne prévient pas, elle répare |
| Cycle de vie du jeton de réseau | Notifications du service de tokenisation, en continu | Remappage automatique vers le nouveau numéro, sans action du marchand | Il ne couvre pas les cartes non tokenisées, ni les schemes sans service de jetons |
La procédure hebdomadaire, en cinq gestes
- Extraire le parc des coordonnées actives, en excluant les comptes déjà clos et les cartes tokenisées, dont le remappage est automatique.
- Soumettre le lot au service de mise à jour, réseau par réseau. Le coût se facture souvent à la correspondance trouvée.
- Appliquer les réponses dans le coffre avant toute échéance : une correction posée après le prélèvement ne sert à rien.
- Rejouer une seule fois les échéances refusées pour cause de coordonnée périmée, une fois la correction appliquée.
- Solliciter le client quand la réponse dit « compte clos » ou « contacter le porteur ». Aucun outil ne remplace ce message.
Le retour se calcule simplement, en multipliant le nombre de correspondances trouvées par le taux de réussite du rejeu qui suit, puis par la valeur restante d'un abonnement. Comparez au coût du lot. Un service qui coûte plus que ce qu'il sauve se restreint aux segments à forte valeur résiduelle. Cette arithmétique se refait chaque trimestre, parce que la couverture des jetons progresse et que le périmètre utile du service se réduit.
- Hors carte, aucun équivalent n'existe. Un mandat de prélèvement, un e-NACH indien, un PayTo australien ou un Pix Automático brésilien ne se rafraîchissent pas par un service de réseau.
- Le signal de remplacement est le rejet lui-même : compte clôturé, mandat révoqué, provision absente. Chaque motif appelle un traitement distinct côté marchand.
- La révocation d'un mandat se traite comme une résiliation, pas comme un incident technique. Rejouer une échéance sur un mandat révoqué expose à une contestation.
- Le coffre doit connaître l'instrument : une même relation client peut porter une carte tokenisée, un mandat local et un portefeuille, avec trois cycles de vie différents.
Chapitre 6. Authentifier là où ça rapporte.
3-D Secure se paramètre segment par segment, chaque segment recevant sa propre décision d'authentification. Authentifier ajoute une étape et coûte des abandons. Ne pas authentifier expose à des refus que l'émetteur aurait accordés, et laisse la charge de la fraude au marchand. Le bon réglage dépend d'abord du régime du marché, ensuite du profil de la transaction. EMVCo maintient la spécification, dont les versions 2.2.0 à 2.3.1.1 sont en vigueur, tandis qu'un projet de version 2.4.0.0 a été publié le 3 juin 2026.
Trois usages, souvent confondus
| Régime | Ce que le marchand doit décider | Le piège propre au régime |
|---|---|---|
| Obligation avec exemptions, Espace économique européen, règlement délégué (UE) 2018/389 | Quelles exemptions demander, sur quels montants, avec quel taux de fraude de l'exempteur | L'exemption refusée revient en 65 ou 1A. Sans reprise automatique en challenge, cette vente est perdue. |
| Obligation sans exemption équivalente, Inde, facteur d'authentification supplémentaire imposé par la Reserve Bank of India | Comment enrôler un mandat conforme pour le récurrent, puisque l'authentification ne peut pas être contournée | Un modèle d'abonnement conçu ailleurs ne se transpose pas : il faut le rail de mandat local. |
| Décision commerciale, marchés sans obligation d'authentification forte | Sur quels segments authentifier volontairement, en acceptant l'abandon qu'elle provoque | Authentifier partout coûte plus que la fraude évitée. Le seuil se calibre par segment, sur des données réelles. |
- Remplir les champs facultatifs de la demande d'authentification : adresse de facturation, courriel, téléphone, ancienneté du compte client, historique d'achats. Ils font la différence entre un parcours sans friction et un challenge.
- Déclarer honnêtement le canal et l'indicateur de risque marchand : une demande mal renseignée se fait challenger par précaution.
- Mesurer le taux de parcours sans friction par pays d'émission, pas globalement. Un émetteur qui challenge tout est un problème identifiable, et négociable via l'acquéreur.
- Mesurer l'abandon en challenge, séparément du refus d'autorisation. Ce sont deux fuites distinctes, avec deux correctifs distincts.
- Rejouer une seule fois les codes
65et1Aen challenge : ce ne sont pas des refus, mais des injonctions à authentifier.
65 chez Mastercard, 1A chez Visa et CB. Un système qui traite cette réponse comme un refus enregistre une vente perdue, sans aucun signal d'alerte, si bien que le taux d'autorisation baisse d'un demi-point et que personne ne sait pourquoi. Le correctif tient en une règle. Toute réponse de cette famille déclenche une reprise immédiate en challenge, dans la même session, une seule fois. Le taux de reprise de ces codes se suit comme un indicateur à part entière.La politique d'exemption se pilote par le taux de fraude, puisque les RTS de la DSP2 échelonnent l'exemption par analyse de risque selon ce taux, chez le prestataire qui la demande. Un dérapage au-dessus du palier fait tomber le droit d'exempter sur la tranche supérieure. L'effet est mécanique : plus de challenges, plus d'abandons, moins de ventes. Le taux de fraude devient donc un paramètre d'acceptation, pas seulement une mesure de risque.
Chapitre 7. Construire le tableau de bord de refus.
Un tableau de bord de refus répond à trois questions, pas davantage. Combien perd-on, où, et depuis quand. Tout écran qui n'aide pas à répondre encombre, alors que six indicateurs suffisent à piloter le chantier entier, à condition que chacun porte une définition écrite et une maille imposée. Un indicateur sans définition partagée produit deux chiffres différents dans deux réunions.
Six indicateurs, et rien de plus
| Indicateur | Définition exacte | Maille | Ce qu'il déclenche |
|---|---|---|---|
| Taux d'autorisation au premier essai | Approbations sur tentatives de rang 1, hors reprises | Pays d'émission × produit carte | La seule série comparable dans le temps : elle sert de référence à toutes les autres |
| Mix des cinq premiers codes | Part de chaque code dans les refus, en nombre | Marché × canal, en glissant sur sept jours | Une part qui double en vingt-quatre heures ouvre une enquête, même à taux stable |
| Taux de reprise des codes d'authentification | Part des 65 et 1A effectivement rejoués en challenge | Marché × prestataire | Sous 90 %, une règle de reprise manque quelque part dans la chaîne |
| Couverture des jetons de réseau | Part du parc de coordonnées tokenisée | Marché × scheme | Elle conditionne l'interprétation de tout uplift observé |
| Récupération après reprise | Ventes récupérées sur ventes refusées, par famille de code | Famille de refus × rang de tentative | Elle recalibre le calendrier de relance et arrête les familles qui ne rapportent rien |
| Frais de tentative | Frais de réémission et de tentatives excessives, rapportés aux ventes récupérées | Prestataire × réseau | Au-dessus de la valeur récupérée, la politique de reprise se resserre le jour même |
-- 1. Taux d'autorisation AU PREMIER ESSAI : la seule serie comparable
SELECT
pays_emission,
produit_carte,
COUNT(*) AS tentatives,
AVG(CASE WHEN code_reseau_brut = '00' THEN 1.0 ELSE 0 END) AS taux_premier_essai
FROM tentatives
WHERE rang_tentative = 1
AND jour >= CURRENT_DATE - 7
GROUP BY 1, 2
HAVING COUNT(*) >= 200; -- sous 200 essais, le bruit domine le signal
-- 2. Alerte de MIX : un code qui double sa part sur 24 h
WITH hier AS (
SELECT code_reseau_brut,
COUNT(*) * 1.0 / SUM(COUNT(*)) OVER () AS part
FROM tentatives
WHERE code_reseau_brut <> '00' AND jour = CURRENT_DATE - 1
GROUP BY 1
),
reference AS (
SELECT code_reseau_brut,
COUNT(*) * 1.0 / SUM(COUNT(*)) OVER () AS part
FROM tentatives
WHERE code_reseau_brut <> '00'
AND jour BETWEEN CURRENT_DATE - 15 AND CURRENT_DATE - 2
GROUP BY 1
)
SELECT h.code_reseau_brut, r.part AS part_reference, h.part AS part_hier
FROM hier h JOIN reference r USING (code_reseau_brut)
WHERE h.part > 2 * r.part
AND h.part > 0.02; -- on ignore les codes marginaux91 qui explose signale un incident chez un émetteur, tandis qu'un 54 qui monte signale un parc de coordonnées qui vieillit. Un 05 qui gagne cinq points trahit un changement de comportement d'un émetteur ou une régression dans les données envoyées. Le taux mesure le résultat ; le mix désigne le coupable.Un dernier réflexe protège tout le reste. Chaque modification de réglage se déploie sur une fraction du trafic, avec un groupe témoin tiré au sort, et la comparaison porte sur le taux au premier essai, à mix constant. Sans témoin, la saisonnalité, un changement de mix produit et une décision d'émetteur se confondent avec l'effet du réglage. Un chantier de réduction des refus qui ne mesure pas ses propres gains finit par les inventer.
91 passe de 1 % à 9 % des refus en une nuit. Quelle conclusion s'impose ?