Référence🇪🇺 Le paiement en EuropeIntermédiaire⏱ 26 min de lecture

🌊 Les paiements dans l'outre-mer français

Cinq départements en euro et dans SEPA, trois collectivités du Pacifique en franc CFP hors Union, l'IEDOM filiale de la Banque de France et l'IEOM établissement public, le système COPS qui bascule au 30 septembre 2026, l'octroi de mer qui taxe aussi le port, et une logistique du dernier kilomètre qui décide de ce qu'un marchand peut réellement vendre

Deux régimes derrière un même drapeau

Les territoires ultramarins de la République française relèvent de deux régimes distincts au regard du droit de l'Union européenne. Le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne les répartit en deux familles, les régions ultrapériphériques et les pays et territoires d'outre-mer. La frontière entre ces deux familles commande la monnaie, la fiscalité, les rails de paiement et le droit applicable. Un même drapeau couvre pourtant l'ensemble, de Basse-Terre à Nouméa. Une offre commerciale annoncée pour « la France » sans distinction entre ces territoires applique une grille de taxes inadaptée à une partie d'entre eux. Elle produit aussi des ordres de paiement rejetés, les collectivités du Pacifique restant hors du périmètre des schémas SEPA.

L'Union compte neuf régions ultrapériphériques au titre de l'article 349 du traité. Cinq sont des départements et régions français d'outre-mer, la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique, La Réunion et Mayotte, auxquels s'ajoute la collectivité de Saint-Martin. Les Canaries, les Açores et Madère complètent la liste (IEDOM, Rapport annuel économique La Réunion 2024). Le droit de l'Union s'y applique par principe. Les dérogations reconnues tiennent à l'insularité, à l'éloignement et à la faible superficie, et elles autorisent notamment un régime fiscal propre.

Les pays et territoires d'outre-mer forment l'autre famille. La Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française et Wallis-et-Futuna en relèvent, ainsi que Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint-Barthélemy et les Terres australes et antarctiques françaises. Ces collectivités sont hors de l'Union européenne. Le droit européen n'y produit pas d'effet direct. Le droit français lui-même n'y entre que par mention expresse, selon le principe de spécialité législative dont le livre VII du code monétaire et financier organise l'application aux collectivités du Pacifique.

TerritoireStatut vis-à-vis de l'UnionMonnaiePréfixe IBANPérimètre SEPAInstitut opérateur
Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, MayotteRégion ultrapériphériqueEuroFROuiIEDOM
Saint-Martin (partie française)Région ultrapériphériqueEuroFROuiIEDOM
Saint-BarthélemyPTOMEuroFROuiIEDOM
Saint-Pierre-et-MiquelonPTOMEuroFROuiIEDOM
Terres australes et antarctiques françaisesPTOMEuroFRAbsentes de la liste EPCIEDOM
Nouvelle-CalédoniePTOMFranc CFP (XPF)FRNonIEOM
Polynésie françaisePTOMFranc CFP (XPF)FRNonIEOM
Wallis-et-FutunaPTOMFranc CFP (XPF)FRNonIEOM
Statut, monnaie et rails par territoire. Sources : article 349 du TFUE et IEDOM (statuts) ; European Payments Council, EPC409-09, liste des pays et territoires SEPA (périmètre des schémas et codes de pays BIC) ; registre IBAN de la norme ISO 13616 (préfixes IBAN) ; IEDOM et IEOM (instituts).
⚠️
Trois questions distinctes, et une seule réponse ne suffit jamais
L'appartenance à l'Union, l'usage de l'euro et l'inscription dans le périmètre géographique des schémas SEPA sont trois qualifications indépendantes. Les territoires ultramarins les présentent dans des combinaisons variées. Saint-Barthélemy et Saint-Pierre-et-Miquelon sont des PTOM, donc hors de l'Union, alors qu'ils utilisent l'euro et figurent dans la liste des pays et territoires SEPA de l'European Payments Council. Mayotte y avait été admise comme collectivité extérieure à l'Union avant de devenir région ultrapériphérique le 1er janvier 2014 (EPC409-09). Le statut européen d'un territoire ne détermine donc pas le rail par lequel transitent ses paiements, et la connaissance de ce rail ne renseigne pas davantage sur le statut.

Ces trois qualifications forment une grille à trois colonnes indépendantes. La première indique quel droit s'applique, la deuxième quelle monnaie a cours légal, la troisième quel rail transporte l'ordre de paiement. Une analyse limitée à une seule de ces colonnes laisse les deux autres indéterminées. La répartition observée autorise une règle de tri approchée, assortie d'une exception. Les trois collectivités du Pacifique sortent de l'euro, de SEPA et de l'Union à la fois, alors que les autres territoires ultramarins habités restent en euro et dans SEPA quel que soit leur statut européen. Les Terres australes et antarctiques françaises, dépourvues de place bancaire, échappent à ce classement.

La monnaie et les rails, euro et SEPA d'un côté, franc CFP de l'autre

Dans les cinq départements d'outre-mer, à Saint-Martin, à Saint-Barthélemy et à Saint-Pierre-et-Miquelon, un virement en euro est un virement SEPA ordinaire. La liste de l'European Payments Council range chacun de ces territoires dans le périmètre géographique des schémas, avec l'euro pour devise et FR pour préfixe IBAN (EPC409-09). Aucune adhésion locale ni aucun schéma domestique ne s'ajoute au dispositif européen. Les formats de message et les règles des schémas sont ceux du reste de la zone SEPA. Un créancier qui prélève déjà en France hexagonale prélève à Fort-de-France au moyen des mêmes fichiers.

🔑
Le code pays du BIC n'est pas celui de l'IBAN
La même liste EPC donne, pour chaque territoire, un code de pays BIC distinct du préfixe IBAN. Un compte réunionnais porte un IBAN commençant par FR et un BIC dont les cinquième et sixième caractères valent RE. Les valeurs équivalentes sont GP pour la Guadeloupe, MQ pour la Martinique, GF pour la Guyane, YT pour Mayotte, BL pour Saint-Barthélemy, MF pour Saint-Martin et PM pour Saint-Pierre-et-Miquelon. Un contrôle antifraude qui déduit le pays du BIC obtient donc « RE », alors que le même compte porte un IBAN français. Les deux dérivations aboutissent à des pays différents pour un compte unique, et une règle de scoring qui compare l'une à l'autre signale une incohérence là où il n'y en a pas.

L'European Payments Council assortit sa liste d'une réserve qui sépare le périmètre des schémas du champ d'application du droit européen. Cette liste précise que la législation adoptée pour l'Espace économique européen, dont le règlement (UE) n° 260/2012, ne s'applique pleinement et directement qu'aux opérations entre établissements situés dans l'Union et dans l'EEE. L'appartenance au périmètre d'un schéma résulte d'une adhésion contractuelle aux règles de l'EPC. L'application d'un règlement européen dépend, elle, du statut du territoire au regard des traités. Saint-Barthélemy et Saint-Pierre-et-Miquelon échangent donc au format SEPA sans être couverts par les mêmes textes que la Guadeloupe, voisine de Saint-Barthélemy.

Le Pacifique fonctionne sur une autre monnaie. Le franc CFP, code ISO XPF, a cours légal en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française et à Wallis-et-Futuna. Créé le 26 décembre 1945, il a été rattaché à l'euro lors du passage à la monnaie unique. L'État français garantit depuis le 1er janvier 1999 la convertibilité de 1 000 XPF pour 8,38 euros (IEOM, Rapport annuel économique Nouvelle-Calédonie 2024). La parité étant fixe, le cours de conversion ne varie pas et aucun risque de change ne pèse sur une créance libellée en XPF. L'opération de conversion subsiste. Une entreprise qui facture en euro et encaisse en franc CFP acquitte une commission à chaque passage d'une monnaie à l'autre.

Les deux places bancaires du Pacifique compensent leurs opérations localement, dans des systèmes qui leur sont propres. En Nouvelle-Calédonie, chèques, virements, prélèvements et titres interbancaires de paiement s'échangent au sein du SIENC, le système interbancaire d'échanges de Nouvelle-Calédonie. Ses statistiques excluent les opérations intrabancaires (IEOM, 2024). La Polynésie française dispose de sa propre plateforme. Ces deux systèmes migrent vers une norme commune, dont l'adoption complète est fixée au 30 septembre 2026.

⚠️
COPS, et la date du 30 septembre 2026
COPS, pour Compensation des Opérations du Pacifique Sud, remplace les formats d'échange actuels de la Nouvelle-Calédonie, de Wallis-et-Futuna et de la Polynésie française. Le dispositif reprend les règles SEPA et la norme ISO 20022 adaptées localement, en devise XPF. Les virements et prélèvements COPS sont disponibles depuis septembre 2024 en Polynésie française et depuis novembre 2024 en Nouvelle-Calédonie. Au 30 septembre 2026, les formats actuels disparaissent des deux places, et le RIB cesse d'être accepté au profit de l'IBAN. Une entreprise dont les fichiers ne sont pas passés à ISO 20022 à cette date voit ses moyens de paiement bloqués (IEOM, présentation COPS, 2025).

Le prélèvement COPS reprend la mécanique du prélèvement SEPA, y compris ses délais de notification et de présentation. Le créancier obtient un identifiant créancier SEPA, que sa banque demande en son nom à la Banque de France, et attribue lui-même une référence unique de mandat de 35 caractères latins au maximum. Les mandats existants restent valables, cette continuité évitant toute nouvelle signature, et les oppositions posées par le débiteur se reportent automatiquement sur le nouveau format. Le créancier reste seul responsable de la conservation des mandats.

  • Notification préalable de 14 jours calendaires avant l'échéance, sauf accord bilatéral sur un autre délai, avec au minimum la date d'échéance et le montant.
  • Présentation à la banque au plus tard 1 jour ouvré bancaire avant l'échéance, et au plus tôt 14 jours calendaires avant, quel que soit le type d'opération.
  • Conservation du mandat pendant toute la relation puis 13 mois après sa cessation, qui est le délai de contestation ; le créancier doit en fournir copie à sa banque en cas de contestation.
  • Caducité au bout de 36 mois sans aucun ordre présenté, à compter de la dernière échéance, même refusée, rejetée, retournée ou remboursée.
  • Information obligatoire du débiteur lors du passage à COPS, portant sur l'ICS, les RUM concernées, le point de contact de modification ou de révocation et celui des réclamations.

Le virement COPS élargit le champ libre par lequel le donneur d'ordre transmet au bénéficiaire la référence qui permettra d'imputer le paiement. Le motif de paiement passe de 31 à 140 caractères, restitué au bénéficiaire dans son intégralité et sans altération. Les canaux de transmission des ordres restent les mêmes, ce qui limite le chantier à la production des fichiers et à la reprise des référentiels de coordonnées bancaires. Le virement instantané ne fait pas partie des trois socles déployés. Il figure dans un quatrième volet exploratoire, avec les demandes de renseignement sur virement et une interconnexion renforcée entre les deux places, sans calendrier arrêté (IEOM, 2024).

SEPA COM PACIFIQUE désigne la procédure qui assure la continuité des échanges en euro entre la zone SEPA et les collectivités du Pacifique, extérieures à cette zone. Elle est en vigueur depuis le 1er février 2014. Les formats interbancaires y sont identiques à ceux du virement et du prélèvement SEPA, sans que ces formats gouvernent la relation entre le client et sa banque. Le dispositif est adossé au code monétaire et financier (CFONB). Un employeur métropolitain vire ainsi un salaire en euro vers un compte polynésien au moyen des messages qu'il produit déjà.

1 000 XPF = 8,38 €
parité fixe du franc CFP garantie par l'État français depuis le 1er janvier 1999
IEOM, Rapport annuel économique Nouvelle-Calédonie 2024
30 sept. 2026
fin des formats d'échange actuels en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie française, bascule complète sur COPS et ISO 20022
IEOM, présentation COPS, 2025
140 caractères
motif de paiement du virement COPS, contre 31 caractères dans le format sortant
IEOM, présentation COPS, 2025
1er février 2014
entrée en vigueur de SEPA COM PACIFIQUE pour les échanges en euro entre la zone SEPA et le Pacifique
CFONB, Le SEPA et les territoires du Pacifique

IEDOM et IEOM, deux instituts, deux statuts, un même métier

Deux instituts exercent les missions de banque centrale outre-mer, sous des statuts juridiques distincts. L'Institut d'émission des départements d'outre-mer est devenu, le 1er janvier 2017, une société par actions simplifiée détenue à 100 % par la Banque de France, en application de l'article 152 de la loi dite Sapin 2 publiée le 10 décembre 2016. Il exerce ses missions au sein de l'Eurosystème, par délégation de la Banque de France, dans les territoires ultramarins dont la monnaie est l'euro (IEDOM, février 2017).

L'Institut d'émission d'outre-mer est resté un établissement public. Créé en 1966 pour exercer le privilège d'émission monétaire, initialement dévolu à la Banque de l'Indochine, il tient le rôle de banque centrale des collectivités françaises du Pacifique. L'article L. 712-5 du code monétaire et financier lui confie de s'assurer, en liaison avec la Banque de France, de la sécurité des moyens de paiement autres que la monnaie fiduciaire et de la pertinence des normes applicables. Ce mandat s'accompagne d'un pouvoir de publicité. Faute de suite donnée à ses recommandations, l'IEOM peut publier au Journal officiel un avis négatif sur un moyen de paiement.

🏦
IEDOM
Filiale à 100 % de la Banque de France depuis le 1er janvier 2017. Couvre la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique, Mayotte, La Réunion, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Saint-Pierre-et-Miquelon et les TAAF.
🌏
IEOM
Établissement public créé en 1966, banque centrale de la Nouvelle-Calédonie, de la Polynésie française et de Wallis-et-Futuna. Émet le franc CFP et surveille les moyens de paiement scripturaux au titre de l'article L. 712-5 du code monétaire et financier.
🖨️
Fabrication des signes monétaires
Les billets émis par l'IEOM sont fabriqués par la Banque de France et les pièces par la Monnaie de Paris. La gamme actuelle de billets XPF circule depuis le 20 janvier 2014.
📊
Ce que les deux publient
Rapports annuels économiques par territoire, statistiques monétaires et fiduciaires, observatoires des tarifs bancaires, rapport annuel sur les délais de paiement remis au Parlement et au ministre chargé de l'Économie.

La circulation fiduciaire désigne l'encours de billets et de pièces en circulation sur un territoire. Les instituts d'émission la publient chaque année, coupure par coupure. En Nouvelle-Calédonie, la circulation théorique de billets atteignait 32,6 milliards XPF en 2025, pour 9,1 millions de coupures et un billet moyen de 3 585 XPF, contre 3 680 XPF un an plus tôt. Rapportée à la population, elle s'établissait à 123 064 XPF par habitant, un niveau proche de celui de la Polynésie française, à 122 015 XPF. Le billet de 1 000 XPF portait 44 % des émissions et 46 % des billets en circulation (IEOM, Rapport annuel économique Nouvelle-Calédonie 2025). Cette structure décrit un usage transactionnel de proximité.

⚠️
L'émission nette cumulée ne mesure pas l'usage local
L'émission nette cumulée additionne les billets mis en circulation par l'institut d'émission depuis 2002, diminués de ceux qui lui sont revenus. Rapportée à l'habitant, elle atteint 6 166 euros à La Réunion en 2025, contre 3 535 euros dans l'Hexagone. La série s'échelonne de 3 967 euros en Martinique à 4 421 en Guadeloupe et 6 295 à Saint-Pierre-et-Miquelon, avant de basculer d'un ordre de grandeur avec 20 680 euros en Guyane (IEDOM et Banque de France, 2025). L'écart guyanais ne décrit pas la consommation des ménages. L'IEDOM rappelle que cet indicateur reflète aussi la thésaurisation et la sortie d'une partie des billets hors du territoire. Une estimation du besoin en automates ou en transport de fonds fondée sur cette série confond donc trois phénomènes distincts, la circulation transactionnelle, l'épargne en billets et les flux sortants.

La surveillance de la fraude sur les moyens de paiement scripturaux relève des mêmes instituts, qui en publient les montants et les taux territoire par territoire. En Nouvelle-Calédonie et à Wallis-et-Futuna, la fraude totale a progressé de 57,8 % en 2024, à 373,6 millions XPF, après avoir diminué de moitié l'année précédente. La carte en porte 45,9 %, le chèque 34,8 % et le virement 19,2 %. Le taux de fraude à la carte s'établit à 0,048 %, contre 0,053 % dans l'Hexagone et les DOM, ce qui en fait le moyen de paiement le plus fraudé du territoire, juste devant le chèque à 0,04312 %. Le virement reste le plus sûr, à 0,002 % (IEOM, collecte 2024).

Les deux instituts tiennent aussi les observatoires des tarifs bancaires, institués par la loi n° 2010-1249 du 22 octobre 2010 puis complétés par la loi n° 2012-1270 du 20 novembre 2012 sur la régulation économique outre-mer. Ils collectent deux fois par an, au 1er avril et au 1er octobre, les tarifs pratiqués par tous les établissements des territoires, afin de vérifier la convergence avec l'Hexagone. Les rapports 2025-2026 relèvent qu'à la référence d'avril 2026, 9 des 14 tarifs de l'extrait standard restent plus élevés dans les collectivités de la zone euro que dans l'Hexagone. Cinq de ces écarts dépassent 2 euros (IEDOM, 2026).

ServiceDCOM zone euroHexagoneÉcart
Tenue de compte (par an), moyenne hexagonale y compris cas de gratuité24,8821,13+3,75
Carte de paiement internationale à débit immédiat (par an)45,5543,33+2,22
Carte de paiement à autorisation systématique (par an)35,4231,37+4,05
Abonnement à la banque à distance (par mois)0,640,03+0,61
Retrait en euro au distributeur d'un autre établissement (1er retrait payant)1,010,96+0,05
Virement SEPA occasionnel externe en agence4,374,79−0,42
Virement SEPA occasionnel externe par Internet0,000,000,00
Prélèvement, mise en place d'un mandat0,000,14−0,14
Tarifs bancaires moyens aux particuliers, en euros, au 1er octobre 2024. Source : IEDOM et Banque de France, repris dans le rapport annuel économique La Réunion 2024. La colonne DCOM zone euro agrège les huit géographies bancarisées de l'IEDOM, les Terres australes étant dépourvues de place bancaire.

L'écart entre les deux colonnes change de signe selon la nature du service tarifé. Les frais fixes de détention, tenue de compte et cotisation carte, sont plus chers outre-mer. Les frais d'opération de virement et de prélèvement y sont égaux ou inférieurs. Le surcoût ultramarin porte donc sur la détention du compte, et non sur les opérations qui y sont passées. Du côté du Pacifique, l'IEOM relève une convergence en cours, la tenue de compte n'ayant progressé que de 0,7 % contre 3,7 % dans l'Hexagone à la référence d'avril 2026.

Le passage d'une zone monétaire à l'autre suppose une opération de change facturée par la banque. La parité étant fixe et garantie, aucune couverture de change n'est nécessaire. Aucun écart de cours n'explique un écart de montant. Les banques facturent une commission de change et les frais du transfert lui-même, selon des barèmes publiés territoire par territoire dans les observatoires. Une entreprise qui centralise sa trésorerie en euro et paie ses fournisseurs calédoniens en XPF supporte donc un coût de commission, et non un aléa de cours.

La fiscalité et la douane, ce qui s'ajoute au prix affiché

Les départements d'outre-mer appartiennent au territoire douanier de l'Union, ce qui écarte tout droit de douane sur une marchandise venue de l'Hexagone. Ils n'appartiennent pas au territoire de la taxe sur la valeur ajoutée. Les deux appartenances se dissocient donc. Une même marchandise franchit une frontière fiscale sans franchir de frontière douanière. La direction générale des douanes et droits indirects les qualifie de territoires d'exportation par rapport à l'Hexagone et aux autres États membres. Une expédition partie de Lyon vers Saint-Denis de La Réunion est donc exonérée au départ comme une exportation, puis taxée à l'arrivée comme une importation.

🔑
Quatre territoires fiscaux, pas un
La Guadeloupe et la Martinique forment un territoire fiscal unique. La Réunion, Mayotte et la Guyane constituent des territoires d'exportation distincts entre eux et par rapport aux Antilles (DGDDI). Un envoi de Pointe-à-Pitre vers Fort-de-France reste interne ; le même envoi vers Cayenne franchit une frontière fiscale. Un paramétrage fiscal qui traite « les DOM » comme une zone unique applique un régime interne à des flux qui relèvent de l'exportation, sur l'ensemble des échanges entre ces quatre territoires.

Les taux diffèrent aussi entre départements. L'article 296 du code général des impôts fixe un taux normal de 8,5 % et un taux réduit de 2,10 % en Guadeloupe, en Martinique et à La Réunion. L'article 294 du même code écarte provisoirement la taxe en Guyane et à Mayotte, où le taux applicable est donc nul. Un site qui affiche des prix toutes taxes comprises applique donc une grille aux trois premiers départements et aucune taxe aux deux autres. La grille applicable dépend du département de destination, déterminé à partir de l'adresse de livraison saisie par l'acheteur.

S'y ajoute l'octroi de mer, taxe propre aux régions ultrapériphériques françaises et sans équivalent dans le reste de l'Union. La décision (UE) 2021/991 du Conseil du 7 juin 2021 autorise la France à appliquer des exonérations ou des réductions au bénéfice des produits fabriqués localement en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique, à Mayotte et à La Réunion. Cette autorisation court jusqu'au 31 décembre 2027. Saint-Martin, pourtant région ultrapériphérique, ne figure pas parmi les territoires visés. Les listes annexées classent les produits en trois parties, A, B et C, dont les écarts de taxation ne peuvent dépasser respectivement 10, 20 et 30 points de pourcentage.

ÉlémentRègleConséquence sur le prix
Octroi de mer externeDû sur toute importation dans les cinq RUP françaises, quelle que soit l'origine de la marchandiseS'ajoute au prix quelle que soit la provenance, y compris depuis l'Hexagone
Octroi de mer régionalInstitué par la collectivité, même assiette que l'octroi de mer externe ; taux plafonné à 2,5 %, plafond que les cinq territoires atteignent sur le régime généralDeuxième couche de taxation, dont le taux varie selon le produit et le territoire
AssietteValeur en douane majorée des frais de transport, d'assurance et des frais accessoires jusqu'au lieu de destinationLe port est taxé, ce qui renchérit mécaniquement les petits colis lourds
Seuil d'assujettissementLes opérateurs dont le chiffre d'affaires annuel est inférieur à 550 000 euros ne sont ni assujettis ni fondés à déduire la taxeUn producteur local sous le seuil ne facture pas d'octroi de mer et ne récupère rien
TVA8,5 % et 2,10 % en Guadeloupe, Martinique et La Réunion ; non applicable en Guyane et à MayotteGrille de taux distincte de celle de l'Hexagone, par département
LiquidationSur la déclaration en douane, à l'entrée dans le territoire ou à la mise à la consommationLe montant se connaît au dédouanement, pas au moment de la commande
Ce qu'un importateur doit vérifier avant d'afficher un prix. Sources : décision (UE) 2021/991 du Conseil ; loi n° 2004-639 du 2 juillet 2004 modifiée par la loi n° 2015-762 du 29 juin 2015 ; Collectivité territoriale de Guyane ; DGDDI ; articles 294 et 296 du CGI.

La nomenclature de l'octroi de mer est arrêtée produit par produit. L'Autorité de la concurrence relevait, dans son avis n° 19-A-12 du 4 juillet 2019, que le tarif d'octroi de mer adopté pour la Guadeloupe en 2019 dépassait 430 pages, et que la seule rubrique des chaussures comportait 78 lignes différentes. Les taux varient d'un département à l'autre pour un même produit, ce qui oblige à reprendre le classement ligne par ligne pour chaque territoire desservi. Les acteurs interrogés décrivaient ce travail comme dissuasif. Cette complexité explique une partie du retard de l'offre en ligne outre-mer.

4,4 %
part moyenne de l'octroi de mer dans le prix final des produits importés outre-mer
Étude Action publique conseil pour l'AMF et l'ACCD'OM, mars-octobre 2024, présentée le 9 janvier 2025
1,545 Md€
produit de l'octroi de mer en 2023, environ la moitié des recettes des collectivités concernées et jusqu'à 80 % à Mayotte
Étude Action publique conseil pour l'AMF et l'ACCD'OM, janvier 2025
+16 %
niveau général des prix en Guadeloupe par rapport à la France métropolitaine en 2022 (+14 % en Martinique et en Guyane, +9 % à La Réunion)
INSEE, enquête de comparaison spatiale des prix, Insee Première n° 1958
+42 %
écart de prix sur les produits alimentaires en Guadeloupe en 2022 (+40 % Martinique, +39 % Guyane, +37 % La Réunion, +30 % Mayotte)
INSEE, enquête de comparaison spatiale des prix, 2022
⚠️
Le prix affiché n'est pas le prix payé, et la réglementation ne l'impose pas
Aucune règle n'oblige un site marchand à afficher, à proximité du prix, le montant exact de l'octroi de mer ou un prix octroi de mer inclus. L'Autorité de la concurrence l'a constaté en 2019 et a recommandé d'y remédier, par une information visible dans le tunnel d'achat lorsque le client est identifié comme se faisant livrer dans un DROM. Les pratiques divergent donc. Certains sites vendent hors taxes et renvoient aux conditions générales pour prévenir que des taxes seront dues à la livraison, alors que d'autres vendent toutes taxes comprises au taux ultramarin. Dans le premier cas, le client découvre le montant réel au dédouanement, ce qui produit des refus de retrait et des colis abandonnés.

Le débat public sur la fiscalité ultramarine s'est déplacé depuis 2024, avec le chiffrage de la part réelle de l'octroi de mer dans les prix. L'étude conduite pour l'Association des maires de France et l'ACCD'OM conclut que l'octroi de mer ne pèse en moyenne que 4,4 % du prix final des produits importés. Les écarts de prix alimentaires avec l'Hexagone atteignent, eux, 30 à 42 % selon les territoires. L'octroi de mer rend donc compte d'une fraction de l'écart de prix, dont la plus grande part relève d'autres causes. Un projet de loi de lutte contre la vie chère dans les outre-mer a été déposé le 30 juillet 2025. Le Sénat l'a adopté avec modifications le 28 octobre 2025, puis l'a transmis à l'Assemblée nationale. Son sort y restait pendant à la mi-août 2026.

Encaisser et livrer, l'acceptation, les délais et l'après-vente

L'équipement d'acceptation ultramarin repose sur les mêmes terminaux et les mêmes schémas de carte que dans l'Hexagone. Les volumes et les taux de détention diffèrent. À La Réunion, 156,0 millions de paiements par terminal ont été enregistrés en 2024, pour 6 443 millions d'euros et un ticket moyen de 41,3 euros. Ce ticket recule régulièrement depuis les 46 euros de 2020. Le parc compte 20 067 terminaux, soit 22,1 pour 1 000 habitants. Le taux d'équipement en cartes interbancaires reste inférieur à une carte par habitant, contre 1,16 pour la moyenne nationale (IEDOM, Rapport annuel économique La Réunion 2025).

16 % / 54 %
retraits rapportés aux paiements par carte à La Réunion en 2024, en nombre puis en montant
IEDOM, Rapport annuel économique La Réunion 2025
45 %
part des achats réglés en espèces en Guadeloupe en 2023 ; la carte domine les montants élevés, avec quatre paiements sur cinq au-dessus de 100 €
IEDOM, étude sur les moyens de paiement en Guadeloupe, 2024
moins de 10 %
part des paiements en ligne dans les paiements totaux des Guadeloupéens, contre 20 % en France hexagonale
IEDOM, étude sur les moyens de paiement en Guadeloupe, 2024
4 %
part des Réunionnais détenant un compte dans une banque en ligne, contre 19 % en France hexagonale
IEDOM, étude sur la digitalisation des services bancaires à La Réunion, 2024

Le rapport entre les retraits d'espèces et les paiements par carte sert d'indicateur de la place des espèces dans un territoire. Sa lecture suppose que les deux termes soient mesurés sur la même base. À La Réunion, les retraits ne pèsent plus que 16 % du nombre des paiements par carte, mais encore 54 % de leur montant. L'IEDOM situe la France entière à 6 % du nombre et 17 % des montants, sur une base qui rapporte les retraits à l'ensemble des transactions et non aux seuls paiements. Les deux séries ne se comparent donc pas terme à terme. En Guyane, l'IEDOM relève que les espèces l'emportent pour plus de la moitié des transactions en point de vente et de personne à personne. La carte n'en porte qu'un tiers. Le paiement par téléphone mobile y est plus répandu qu'en France hexagonale. Un point de vente ultramarin manipule donc davantage d'espèces, à chiffre d'affaires comparable, qu'un point de vente hexagonal.

Les statistiques du Pacifique sont libellées en franc CFP et portent sur des populations plus réduites. La Nouvelle-Calédonie comptait 282 065 cartes bancaires fin 2024, en baisse de 3,8 %, soit 1,05 carte par habitant. Le territoire comptait 8 582 terminaux. Les transactions de l'année s'y sont élevées à 38,0 millions, pour 207,7 milliards XPF. Le ticket moyen s'établit à 5 500 XPF, soit environ 46 euros à la parité fixe. Le chèque s'y raréfie, avec 2,7 millions de coupures échangées en 2024, en recul de 33,6 % sur un an. Son montant moyen atteignait 91 400 XPF, niveau qui correspond à un usage résiduel réservé aux montants élevés (IEOM, 2024).

⚠️
Ces séries mesurent les banques locales, pas le marché
L'IEOM précise que ses chiffres de cartes ne couvrent que les établissements installés localement. Les cartes distribuées par des acteurs internationaux, dont Revolut ou N26, et les cartes American Express commercialisées par OFINA en sont exclues. L'IEDOM formule la même réserve à La Réunion pour les comptes Nickel, les banques en ligne et les terminaux dont les transactions ne transitent pas par une banque locale, en citant SumUp. Une estimation de part de marché bâtie sur ces séries est donc structurellement basse, et l'écart n'est pas chiffrable à partir des publications disponibles.

L'obstacle principal du commerce en ligne vers l'outre-mer se situe dans l'acheminement du colis, non dans l'encaissement du paiement. L'Autorité de la concurrence a mesuré, dans son avis du 4 juillet 2019, que sur les dizaines de grandes enseignes de commerce en ligne interrogées, un tiers environ proposait une livraison dans les DROM, alors que toutes desservaient l'Hexagone. Celles qui livrent restreignent souvent leur gamme, en écartant les produits volumineux. La demande existe pourtant. Le chiffre d'affaires ultramarin de ces enseignes représentait en moyenne 2,2 % de leur chiffre d'affaires français, et jusqu'à 6 ou 7 % pour certaines, pour environ 3 % de la population.

OffreZones desserviesDélai indicatif annoncé
Colissimo Eco OMOM1 uniquement18 jours vers la Martinique, la Guadeloupe, La Réunion et Mayotte ; 22 jours vers la Guyane
Colissimo OMOM1 et OM25 à 11 jours
Délais indicatifs de La Poste vers l'outre-mer, hors traitement en douane, relevés en août 2026. Source : La Poste, offres colis vers et depuis l'outre-mer. La zone OM1 couvre les territoires en euro ; la zone OM2 couvre la Polynésie française, la Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna et les Terres australes françaises.

Les frais de port relevés par l'Autorité de la concurrence en 2019 atteignent une fraction élevée du prix du produit. Un site informatique facturait alors 84 euros de livraison vers Mayotte pour un ordinateur de 330 euros environ. Le port représentait plus du quart du prix. Un vendeur de pièces automobiles facturait 165 euros vers les DROM, contre 9,90 euros vers l'Hexagone et la gratuité au-delà de 120 euros de panier. S'y ajoutent des honoraires de dédouanement facturés par les transitaires, situés entre 8 et 15 euros et le plus souvent répercutés sur le client. Ces tarifs sont fixés par destination et non par valeur de commande, et le seuil de gratuité consenti dans l'Hexagone ne s'étend pas aux DROM. Le port pèse donc d'autant plus lourd dans le prix payé que l'article commandé est bon marché.

🔑
Une déclaration par destinataire final, et non par palette
Le prestataire de transport doit remplir un formulaire douanier par importateur, autrement dit par client final destinataire du colis. Pour une palette de 25 colis groupés à destination de 25 clients distincts, il produit 25 déclarations. Le code des douanes de l'Union admet une déclaration unique pour des marchandises taxées différemment à destination d'un même consommateur, pas pour plusieurs consommateurs. L'Autorité de la concurrence en a tiré sa recommandation n° 14, une formalité unique pour des colis groupés soumis aux mêmes impositions. Le groupage réduit donc le coût du transport sans réduire le nombre de déclarations, dont le traitement reste proportionnel au nombre de clients.

Le renvoi d'un produit acheté à distance relève de deux régimes juridiques distincts, qui n'imputent pas les frais de la même façon. Le droit de rétractation ouvre au consommateur quatorze jours pour se rétracter, puis quatorze jours pour renvoyer le produit, le vendeur devant rembourser dans les quatorze jours suivant la réception du retour. Les frais de renvoi restent à la charge du consommateur, sauf décision commerciale contraire. La garantie légale de conformité répartit ces frais autrement. Sa mise en œuvre ne doit occasionner aucun frais au consommateur, ce que l'Autorité de la concurrence a constaté n'être pas toujours respecté outre-mer.

  • Prévoir un flux de retour taxé. Un produit renvoyé vers l'Hexagone puis réexpédié génère de nouveaux frais de port et de dédouanement ; une importation dite temporaire, au moyen du formulaire dédié, évite de payer deux fois la TVA et l'octroi de mer sur ces allers-retours.
  • Récupérer l'octroi de mer sur un produit non consommé sur place. Le consommateur peut obtenir le remboursement des taxes acquittées si le produit repart vers l'Hexagone, formalité généralement accomplie par le transporteur.
  • Décider entre affichage hors taxes et affichage local. Vendre hors taxes reporte la facture sur le client au dédouanement ; vendre toutes taxes comprises au taux ultramarin suppose une grille par département et un moteur qui distingue Guyane et Mayotte des trois autres.
  • Ouvrir un retrait local. Le click and collect et les points relais réduisent le dernier kilomètre, mais restreignent la gamme au stock local et restent peu déployés dans les DROM d'après les acteurs interrogés en 2019.
  • Ne pas compter sur le règlement géoblocage. Il exclut les situations purement internes à un État membre, ce qui laisse un doute réel sur son applicabilité entre un consommateur d'un DROM et un site hexagonal.
⚠️
Le blocage géographique, une protection dont l'applicabilité n'est pas acquise
Le règlement (UE) 2018/302 interdit de bloquer l'accès à un site, de rediriger sans consentement, d'appliquer des conditions d'accès différentes selon la résidence et de discriminer selon le moyen de paiement. Il exclut de son champ les situations purement internes, où tous les éléments pertinents de la transaction se cantonnent à un seul État membre. Un consommateur guyanais qui commande avec une carte française sur un site hébergé et exploité en France, dont les stocks sont en France, se trouve a priori hors du règlement. L'Autorité de la concurrence a donc recommandé en 2019 d'adopter une réglementation nationale reprenant ces interdictions, tout en précisant que son instruction n'avait pas révélé de telles pratiques. Le texte européen ne crée aucune obligation de livrer, ni de prendre en charge les frais de port.

Le crédit interentreprises désigne le délai qui sépare une livraison de son règlement. Il se mesure séparément sur les créances clients, en jours de chiffre d'affaires, et sur les dettes fournisseurs, en jours d'achats. Dans les collectivités de la zone euro, les délais de paiement interentreprises s'établissaient en 2023 à 42 jours de chiffre d'affaires côté clients. Les délais fournisseurs atteignaient 48 jours d'achats. Le besoin de trésorerie qui en résulte atteignait 13 jours de chiffre d'affaires, soit cinq jours de plus qu'en France entière. Mayotte se détache avec 59 jours côté clients et 61 jours côté fournisseurs, seul territoire à régler ses fournisseurs au-delà du seuil légal de 60 jours (IEDOM et Banque de France, données FIBEN à avril 2025).

✅
Ce qu'il faut vérifier avant d'ouvrir un territoire ultramarin
L'ouverture d'un territoire ultramarin engage trois vérifications distinctes. La première porte sur le rail, puisque les DROM, Saint-Martin, Saint-Barthélemy et Saint-Pierre-et-Miquelon relèvent de SEPA en euro, alors que le Pacifique bascule sur COPS en franc CFP au 30 septembre 2026. La deuxième porte sur le prix affiché, qui dépend du couple TVA locale et octroi de mer, et donc du département exact. La troisième porte sur la logistique et l'après-vente, où se logent les frais de port, les honoraires de dédouanement, les délais et les retours. Dans les territoires en euro, l'acceptation en point de vente ne demande pas de traitement particulier. Aucun schéma domestique ne s'y interpose, et un terminal raccordé à un acquéreur français y fonctionne comme dans l'Hexagone.