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⚖️ Les licences et agréments de paiement dans le monde

EP, EME et passeport européen, money transmitter licence État par État aux États-Unis, agrégateurs PA-O/PA-P/PA-CB en Inde, régimes BSP, SBV, CBN, SAMA, BCEAO : qui peut détenir les fonds d'un client, sous quel capital, avec quel cantonnement, quelle localisation des données et quels délais réels

Le fait générateur : entrer en possession des fonds

Une licence de paiement est l'autorisation par laquelle une autorité publique admet qu'un acteur entre en possession de fonds appartenant à quelqu'un d'autre. Le fait générateur de l'agrément est cette détention. La technologie employée n'entre pas dans la qualification. Le régulateur poursuit deux objectifs. Il protège le client contre la faillite de l'intermédiaire qui détient son argent, et il protège le système contre le blanchiment et le financement du terrorisme. Les catégories d'agrément, les exigences de capital et les obligations de reporting découlent de ces deux objectifs, selon un ordre qui varie d'un pays à l'autre.

La qualification d'un projet d'encaissement repose d'abord sur un fait matériel, la durée pendant laquelle les fonds s'arrêtent sur un compte contrôlé par le prestataire. Celui qui se borne à router un message reste hors du champ dans la plupart des juridictions. Celui qui conserve un solde, même une nuit, y entre presque partout. Entre ces deux positions s'étend la zone grise des délais de reversement, où se concentrent les contentieux d'agrément.

FamilleCe qu'elle autoriseAppellations locales
Émission de monnaie électroniqueDétenir un solde préchargé au nom du client, remboursable à sa demandeEME (Union européenne), EMI (Royaume-Uni), Micro EMI / Major EMI (Arabie saoudite), EMI-NBFI (Philippines), DEMI (Ghana), MMO (Nigéria), IFPE (Mexique)
Services de paiementExécuter des opérations, acquérir un marchand, transférer des fonds sans stocker de soldeEP (Union européenne), API (Royaume-Uni), Standard et Major Payment Institution (Singapour), agrégateur PA (Inde), PSSP (Nigéria), service intermédiaire de paiement (Vietnam)
Transmission de fondsDéplacer l'argent d'un tiers d'un point à un autre, y compris à l'internationalMoney transmitter license (États-Unis, État par État), money remittance (projet de directive sud-africaine), établissement de paiement au sens de l'UEMOA
Exploitation d'un systèmeFaire fonctionner le rail lui-même, pas seulement y participerPayment System Operator (Philippines, Republic Act n° 11127 ; Égypte), PIP (Indonésie), clearing and settlement (projet SARB)
Accès aux données de compteLire les comptes sans jamais toucher aux fondsAISP (Union européenne), RAISP (Royaume-Uni), account information services (Émirats arabes unis)
Les cinq familles d'agrément que l'on retrouve d'un continent à l'autre, sous des noms différents
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La ligne de partage est la détention, pas le volume
La ligne de partage entre les régimes d'agrément est la détention des fonds, non le volume traité. Deux prestataires peuvent acheminer le même flux et relever de deux régimes opposés, selon le chemin que suit l'argent. Le premier encaisse sur son propre compte avant de reverser. Il détient des fonds de tiers. Le second initie un virement du payeur vers le compte du marchand, sans jamais en détenir. Le second échappe souvent aux exigences de capital et de cantonnement les plus lourdes, qui s'attachent à la détention de fonds de tiers. Cette différence de qualification explique le succès technique des architectures de virement poussé chez les acteurs qui veulent éviter le statut d'établissement de monnaie électronique. Pix au Brésil, UPI en Inde et PromptPay en Thaïlande relèvent de ce modèle.
L'ordre des questions pour qualifier un projet d'encaissement
1. Détention
Les fonds s'arrêtent-ils sur un compte contrôlé par le prestataire ?
Si oui, aucun montage contractuel ne dispensera d'un agrément ou d'un partenaire agréé. Si non, la qualification bascule vers l'initiation ou la simple prestation technique
2. Nomenclature
Quel service exactement, au sens du texte local ?
Les listes de services ne se recouvrent pas : neuf services aux Émirats, huit familles en UEMOA, sept catégories à Singapour, une annexe I dans l'Union européenne
3. Entité
Faut-il une personne morale locale, et avec quel actionnariat ?
L'Indonésie impose 51 % de droits de vote indonésiens à un prestataire non bancaire ; le Ghana réserve la catégorie PSP Standard aux entités détenues à 100 % par des Ghanéens
4. Cantonnement
Où l'argent a-t-il le droit de stationner ?
Compte de cantonnement chez un établissement de crédit, escrow chez une banque commerciale locale, titres d'État, compte bloqué chez la banque centrale : la réponse change de pays en pays
5. Données
Où le traitement et le stockage doivent-ils avoir lieu ?
L'Inde impose le stockage exclusif sur son territoire depuis 2018 ; plusieurs juridictions du Golfe exigent l'hébergement local des systèmes de traitement
6. Raccordement
Par quel chemin le rail national est-il atteint ?
Adhésion directe, banque sponsor ou switch agréé. C'est un projet technique distinct du dossier réglementaire, avec ses propres certifications
119
établissements de monnaie électronique et de paiement en activité en Lituanie fin 2024
Lietuvos bankas
31
États américains ayant adopté tout ou partie de la Money Transmission Modernization Act au 26 février 2026
CSBS, 2026
₹25 crore
fonds propres exigés d'un agrégateur indien au terme du troisième exercice
Reserve Bank of India, Directions 2025
2 Md ₦
fonds propres minimaux d'un Mobile Money Operator nigérian
CBN, circulaire du 9 décembre 2020

Union européenne : EP, EME et le passeport

Le passeport européen désigne le mécanisme par lequel un agrément délivré par une seule autorité nationale vaut dans l'ensemble de l'Espace économique européen. Un agrément unique y ouvre trente marchés, en libre établissement comme en libre prestation de services. Deux statuts non bancaires en relèvent. La DSP2 crée l'établissement de paiement (EP), la DME2 l'établissement de monnaie électronique (EME). Une autorité nationale instruit la demande, délivre l'agrément et exerce ensuite la supervision. Aucun autre ensemble régional ne connaît ce mécanisme, qui commande la géographie réelle de l'industrie européenne du paiement.

StatutCe qu'il autoriseCapital initialExemples d'entités agréées
Établissement de créditTous services de paiement, dépôts et crédit5 M€, plus les exigences prudentielles complètesAdyen N.V. (Pays-Bas), Revolut Technologies UAB (Lituanie, licence bancaire spécialisée accordée par la BCE en décembre 2018)
Établissement de paiement (EP)Services de l'annexe I : acquisition, exécution d'opérations, transmission de fonds, initiation20 k€ pour la seule transmission de fonds · 50 k€ pour la seule initiation · 125 k€ pour les services complets, acquisition compriseLemonway, Alma, Payplug
Établissement de monnaie électronique (EME)Émission de monnaie électronique et services de paiement350 k€Stripe (Irlande, agrément C187865), Treezor, MangoPay (Luxembourg), Revolut Payments UAB (Lituanie)
Prestataire d'information sur les comptes (AISP)Agrégation de comptes, sans détention de fonds. Enregistrement et non agrément completPas de capital ; assurance de responsabilité civile professionnelleAgrégateurs open banking
Statuts européens et capital initial minimum (DSP2 / DME2)

Le passeport ouvre une concurrence entre régulateurs. Le demandeur choisit l'autorité auprès de laquelle il dépose son dossier, et l'agrément qu'elle délivre vaut ensuite partout. La Lituanie a construit sa position sur une décision d'infrastructure plutôt que sur une souplesse prudentielle. CENTROlink, ouvert par la Lietuvos bankas en 2016, donne aux EP et aux EME un accès direct au SEPA, sans banque sponsor. L'autorité qui délivre l'agrément exploite ainsi elle-même le rail auquel l'établissement se raccorde. Cent dix-neuf établissements y étaient en activité fin 2024. Ceux dont les opérations dépassaient 1 Md€ concentraient 92 % du chiffre d'affaires du secteur (Lietuvos bankas, 2024).

L'Irlande occupe l'autre pôle d'attraction du passeport. Elle cumule la langue anglaise et l'euro. La Central Bank of Ireland vise une phase d'évaluation de 90 jours ouvrables dans 90 % des cas. La lettre d'agrément définitive suit dans les dix jours ouvrés, après des réponses satisfaisantes à la lettre Minded to Authorise. Le même régulateur écrit qu'il faut souvent plus de douze mois aux candidats pour réunir l'ensemble des informations demandées. Les deux durées portent sur des périodes différentes, le délai réglementaire ne courant que sur un dossier complet.

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Le passeport ne dispense pas de la substance locale
La substance locale désigne le pouvoir de décision effectivement exercé depuis l'entité agréée. Une adresse dans le pays d'agrément n'en tient pas lieu. La Central Bank of Ireland exige que l'autorité d'approbation des opérations sur les comptes de cantonnement soit localisée dans l'entité irlandaise. Une autre société du groupe ou un tiers ne peut pas l'exercer à sa place. Les montages qui laissent cette décision hors de l'entité agréée échouent sur ce point. Le passeport ne dispense pas non plus des règles locales de lutte anti-blanchiment, ni de la supervision renforcée du pays d'accueil sur les acteurs devenus significatifs sur son marché.
  • Agents et distributeurs : un EP distribue par des agents, un EME par des distributeurs, les uns et les autres déclarés auprès du régulateur national. C'est le socle juridique du banking-as-a-service européen, et la porte d'entrée la plus rapide pour un acteur qui ne veut pas porter l'agrément.
  • Exemptions d'interprétation stricte : réseaux limités, agent commercial agissant pour une seule des deux parties, opérations intragroupe. Les régulateurs nationaux les surveillent et les requalifient.
  • DORA (règlement (UE) 2022/2554) s'applique aux EME et EP depuis le 17 janvier 2025 : registre des prestataires informatiques, tests de résilience, déclaration d'incidents. À intégrer dès la demande d'agrément, pas après.
  • MiCA, titres III et IV, encadre les jetons de monnaie électronique depuis le 30 juin 2024. L'Irlande a raccourci de dix-huit à douze mois la période transitoire, imposant l'agrément CASP au 29 décembre 2025.
  • DSP3 et RSP : la Commission a présenté le 28 juin 2023 un paquet scindant l'agrément et la supervision (directive) des règles de conduite (règlement directement applicable). L'architecture EP/EME reste, la charge de conformité se déplace.

États-Unis : la licence État par État

Le régime américain du paiement non bancaire est organisé en deux étages superposés, sans équivalent fédéral de l'établissement de paiement européen. Un prestataire non bancaire qui déplace les fonds d'un tiers relève des deux étages à la fois. Au niveau fédéral, il procède à un enregistrement auprès du FinCEN comme money services business, assorti d'un programme de conformité au Bank Secrecy Act et d'obligations déclaratives. Au niveau des États, il obtient une licence d'exercice délivrée par le département bancaire de chaque État où résident ses clients. L'enregistrement fédéral ne remplace jamais la licence d'État.

La money transmitter license est cette autorisation d'exercice, délivrée État par État à qui transmet les fonds d'autrui. Elle forme la barrière à l'entrée du marché américain, chaque État fixant ses propres exigences de fonds propres, de cautionnement et d'investissements admissibles. L'instruction passe par le NMLS, guichet commun qui mutualise le dépôt des demandes sans mutualiser la décision. Cinquante décisions distinctes restent possibles sur un même dossier. Le délai se compte en trimestres. La couverture nationale se construit par vagues successives d'États plutôt qu'en une seule fois.

AutoritéNature de l'interventionCe qu'elle déclenche
Départements bancaires des ÉtatsAgrément d'exerciceMoney transmitter license, État par État, avec capital, cautionnement et investissements admissibles propres à chacun
FinCEN (Trésor)Enregistrement et lutte anti-blanchimentStatut de money services business, programme BSA, déclarations de soupçon et de transactions en espèces
OFAC (Trésor)Sanctions financièresFiltrage de toutes les parties ; responsabilité sans faute, sans seuil de matérialité
OCCCharte bancaire fédéraleSupervision des banques partenaires des montages banking-as-a-service
FDICAssurance des dépôtsRègles de pass-through insurance, décisives pour tout programme de compte détenu via un partenaire bancaire
CFPBProtection du consommateurRegulation E sur les transferts électroniques, Regulation Z sur le crédit, règle 1033 sur l'accès aux données
Les autorités américaines qui pèsent sur un projet de paiement

La Money Transmission Modernization Act est une loi modèle portée depuis 2021 par la Conference of State Bank Supervisors. Elle harmonise progressivement les régimes des États par des définitions communes, des exigences de fonds propres alignées et la reconnaissance mutuelle des examens. Trente-et-un États l'avaient adoptée en tout ou partie au 26 février 2026, la Louisiane rejoignant la liste dans l'année et la Virginie appliquant son texte au 1er juillet 2026 (CSBS, 2026). L'harmonisation progresse sans être achevée ni uniforme. Un calendrier de lancement produit doit intégrer ce décalage, l'adoption pouvant n'être que partielle dans un État donné.

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Les trois montages qui évitent la licence, et leur prix
Trois montages dispensent un nouvel entrant américain de porter lui-même l'agrément. Le premier repose sur l'exemption d'agent du bénéficiaire, que la loi d'un État reconnaît lorsqu'elle considère que l'encaissement par le prestataire vaut paiement au marchand. Sa portée varie d'un État à l'autre et se vérifie texte par texte. Le deuxième passe par une banque partenaire, qui détient les fonds et porte le risque réglementaire, contre une part de la marge et un droit de regard sur le programme. Le troisième confie l'encaissement à un PSP acquéreur déjà agréé, qui contracte avec le marchand et relègue le nouvel entrant au rang de prestataire technique. Aucun des trois n'est neutre économiquement. Le premier reste le plus fragile juridiquement, sa base légale se trouvant dans le texte de chaque État et nulle part ailleurs.
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Le GENIUS Act ne crée pas encore de licence utilisable
Le GENIUS Act, promulgué le 18 juillet 2025, fixe le cadre fédéral des stablecoins de paiement. Il impose un adossement intégral en dollars ou en actifs liquides de faible risque. Il écarte explicitement les qualifications de valeur mobilière et de marchandise. Il n'ouvre ni garantie fédérale des dépôts, ni accès direct à la Réserve fédérale. La loi n'est pas applicable pour autant. Son entrée en vigueur est fixée à la première de deux échéances, soit dix-huit mois après la promulgation, ce qui place la date au 18 janvier 2027, soit cent vingt jours après la publication des règlements finaux. Ces règlements en étaient encore au stade des projets à l'été 2026. Les émetteurs qui visent le marché américain restent soumis aux régimes d'État dans l'intervalle.

Inde : PA-O, PA-P, PA-CB et le compte escrow

L'agrégateur de paiement est en Inde l'entité qui collecte les fonds des payeurs pour le compte de plusieurs marchands, puis les leur reverse. Il occupe le maillon juridiquement déterminant d'une chaîne qui va du marchand à la banque du payeur. Cette chaîne s'écrit marchand → agrégateur de paiement ou banque acquéreuse → PSP bank → NPCI → banque du payeur. Un marchand étranger n'y accède jamais en direct. Le statut de l'agrégateur a été refondu par les Reserve Bank of India (Regulation of Payment Aggregators) Directions, 2025, publiées le 15 septembre 2025, qui remplacent les lignes directrices de 2020. Le régime scinde désormais l'activité en trois catégories soumises à autorisation distincte.

CatégoriePérimètreCe qui change pour un projet
PA-OAgrégation de paiements en ligne : e-commerce, applicationsLe régime historique de 2020, désormais codifié dans les Directions
PA-PAgrégation en présentiel : le terminal et l'instrument sont physiquement en proximitéL'acquisition en magasin par un non-banquier entre pour la première fois dans le champ d'autorisation
PA-CBAgrégation de paiements transfrontaliers, sur opérations de compte courantComptes dédiés Inward Collection Account et Outward Collection Account, distincts de l'escrow domestique
Les trois catégories d'agrégateur sous les Directions 2025
  • Fonds propres : ₹15 crore au dépôt de la demande, ₹25 crore au terme du troisième exercice, à maintenir ensuite. Les banques exercent l'activité d'agrégation sans autorisation distincte.
  • Cantonnement : les sommes collectées pour le compte des marchands transitent par un *compte escrow ouvert auprès d'une Scheduled Commercial Bank en Inde*. Ce compte ne reçoit aucun autre flux, et les fonds propres de l'agrégateur n'y ont pas leur place.
  • Diligence marchand : contrôle selon la Master Direction on KYC de 2016, consultation du registre central, vérifications de fond et surveillance des transactions ultérieures.
  • Reporting : statistiques mensuelles à la RBI, attestation trimestrielle d'auditeur sur le fonctionnement de l'escrow, certificat annuel de fonds propres, rapport d'audit de cybersécurité.
  • Calendrier de bascule : dépôt de la demande au plus tard le 31 décembre 2025, cessation de l'activité d'agrégation au 28 février 2026 pour les non-déposants.

Les délais de reversement sont normés. Cette normalisation distingue le régime indien d'un simple cantonnement. Sous les lignes directrices de 2020, les fonds collectés étaient créditables à l'escrow en Tp+0 ou Tp+1 selon le mode de collecte. Le règlement au marchand suivait ensuite un calendrier fonction de qui portait la livraison. Il intervenait en Ts+1 lorsque l'agrégateur répondait de la livraison, en Td+1 lorsque le marchand en répondait, et en Tr+1 lorsque les sommes étaient conservées jusqu'à l'expiration du délai de remboursement. Ce calendrier relève du régulateur. L'agrégateur ne l'arbitre pas, il l'exécute.

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Le risque n'est pas l'amende, c'est le retrait de licence
Paytm Payments Bank Limited illustre la portée d'une sanction de la RBI sur une entité agréée. Le régulateur a bridé l'entité par une direction du 31 janvier 2024, applicable à partir du 15 mars 2024. Il lui a ensuite retiré sa licence bancaire par ordonnance du 24 avril 2026, au titre de l'article 22(4) du Banking Regulation Act, 1949. La Haute Cour de Delhi en a ordonné la liquidation par décisions des 8 et 22 juillet 2026. La marque Paytm, exploitée par One97 Communications Limited, a survécu en basculant sur un modèle multi-banques. Toute diligence indienne distingue donc l'entité titulaire de la licence de la marque commerciale, cette distinction déterminant si le service survit à une sanction.

Asie du Sud-Est : MAS, BSP, SBV, Bank Indonesia

La réglementation du paiement en Asie du Sud-Est est exclusivement nationale, la coopération régionale prenant la forme de protocoles d'accord entre banques centrales. Chaque pays impose son opérateur national, son régime de licence et son standard d'API, souvent aussi son routage domestique. Les rails de détail restent pourtant homogènes dans leur principe. La Thaïlande a ouvert PromptPay en 2017, exploité par National ITMX sous mandat de la Bank of Thailand. Bank Indonesia a imposé QRIS en 2019 avec l'ASPI, mettant fin d'autorité à la guerre des QR privés. La Malaisie fait passer DuitNow et DuitNow QR par PayNet, et Singapour opère PayNow depuis 2017 sur FAST. L'ouverture d'un marchand se fait pays par pays, chaque raccordement supposant un dossier de licence et une intégration technique propres.

JuridictionRégulateurTexte de référenceCe qu'il faut retenir
SingapourMAS, Monetary Authority of SingaporePayment Services Act 2019Deux licences remplacent le couple EP/EME. Standard Payment Institution : capital de base 100 000 S$, plafonnée à 3 M S$ de flux mensuels par service et 5 M S$ de monnaie électronique en circulation. Major Payment Institution : 250 000 S$ de capital de base, sans plafond de volume, avec dépôt de garantie auprès de la MAS
PhilippinesBSP, Bangko Sentral ng PilipinasRepublic Act n° 11127 (2018) ; circulaire BSP 1166 (2023)Deux titres distincts à ne pas confondre. L'enregistrement d'exploitant de système de paiement vise qui opère un système, pas qui y participe. La licence d'émetteur de monnaie électronique non bancaire (EMI-NBFI) vise la détention de soldes : capital de 200 M PHP pour un acteur de grande échelle, 100 M PHP pour un acteur de petite échelle. Le moratoire de trois ans sur les nouvelles licences EMI a été levé le 16 décembre 2024, sur résolution n° 1400 du Monetary Board du 5 décembre 2024
VietnamSBV, State Bank of VietnamDécret 52/2024/NĐ-CP, en vigueur le 1er juillet 2024 ; circulaire 40/2024/TT-NHNNL'encaissement passe par un titulaire de licence de service intermédiaire de paiement, numérotée et nominative. Passerelle de paiement électronique et assistance à la collecte et au décaissement sont deux services distincts : un prestataire ne fournit que ceux que sa licence énumère. ZaloPay opère sous la licence n° 04/GP-NHNN du 19 janvier 2026, Viettel Money sous la n° 57/GP-NHNN du 21 juillet 2020
IndonésieBank Indonesia, avec l'OJK sur le créditPBI n° 22/23/PBI/2020, en vigueur depuis le 1er juillet 2021Contrainte d'actionnariat avant contrainte de capital : au moins 51 % des actions à droit de vote d'un prestataire non bancaire (PJP) doivent être détenues par des personnes ou entités indonésiennes, avec un plancher de 15 % du capital. Le seuil monte à 80 % des droits de vote pour un fournisseur d'infrastructure (PIP)
MalaisieBNM, Bank Negara MalaysiaRégime national ; opérateur PayNetL'opérateur national PayNet, qui exploite DuitNow et DuitNow QR, est lui-même détenu majoritairement par la banque centrale, laquelle a annoncé vouloir réduire sa participation. L'accès marchand se construit autour de cet opérateur
Régimes de licence des cinq marchés qui portent le volume de la zone
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En Indonésie, on code contre SNAP avant de coder contre un prestataire
SNAP (Standar Nasional Open API Pembayaran), instauré par Bank Indonesia en 2021, est le standard national obligatoire des API ouvertes de paiement. Il fixe le format des messages, les exigences de sécurité et la gouvernance des contrats d'interconnexion. Le portail développeur et la maintenance des spécifications sont assurés par l'ASPI. Cette couche rend techniquement homogènes QRIS, BI-FAST et les portefeuilles indonésiens. Une intégration indonésienne part de la spécification SNAP avant de suivre la documentation du prestataire retenu. L'ordre inverse conduit à réécrire, le standard national primant sur l'interface propre du prestataire.
  • Vérifier la licence, pas la marque régionale. L'entité singapourienne Grablink Pte. Ltd. détient la licence Major Payment Institution de la MAS ; la présence de la marque Grab sur les autres marchés repose sur des entités et des licences distinctes, à contrôler pays par pays.
  • Un portefeuille n'est pas une banque. GCash, exploité par G-Xchange, Inc., est un émetteur de monnaie électronique supervisé par la BSP, sans statut bancaire : les soldes qui y dorment ne relèvent pas de l'assurance des dépôts philippine. Le balayage quotidien vers un compte bancaire est le réflexe correct. Maya se distingue. Le groupe porte deux agréments, Maya Philippines, Inc. pour les paiements et Maya Bank, Inc. pour la banque numérique.
  • Le barème peut être administré. Bank Indonesia fixe le MDR QRIS par catégorie de marchand, le met à la charge du marchand et interdit de le répercuter sur le consommateur. Facturer un supplément QRIS est une infraction, pas une pratique commerciale. Vérifier que le prestataire ne le fait pas au nom du marchand.
  • Le rail instantané ne connaît pas le chargeback. Sur PromptPay, BI-FAST, DuitNow, InstaPay ou NAPAS 247, le paiement est final et irrévocable. Un remboursement est un nouveau virement, à l'initiative du marchand, avec ses frais et son délai. Toute logique de litige se construit dans l'application, pas dans le rail.

Golfe, Égypte et Levant : SAMA, CBUAE, CBK, CBE

Les régimes de licence du Golfe, de l'Égypte et du Levant sont strictement nationaux. Aucun passeport n'y existe, ni au sein du Conseil de coopération du Golfe, ni entre le Golfe et l'Égypte ou le Levant. Chaque juridiction délivre ses propres agréments et exige le plus souvent une entité locale. Les catégories de services qu'elle définit ne se recouvrent pas d'un pays à l'autre. Un prestataire présent en Arabie saoudite et aux Émirats détient deux licences, obtenues auprès de deux régulateurs, avec deux jeux d'obligations de reporting. Cette duplication forme la première ligne du budget d'expansion régionale, et les plans d'entrée la sous-estiment.

Un trait d'organisation distingue la zone de l'Europe et de l'Amérique du Nord. La banque centrale est très souvent l'exploitant du rail autant que l'autorité d'agrément. Saudi Payments, qui opère mada, est une filiale de la SAMA, et Al Etihad Payments, qui opère Aani et Jaywan, une filiale à 100 % de la CBUAE. Au Qatar et à Oman, la banque centrale exploite directement les systèmes. La licence et le raccordement relèvent alors du même interlocuteur. Le calendrier s'en trouve rarement accéléré, et aucune stratégie de contournement n'est disponible, faute d'un exploitant alternatif auprès duquel se raccorder.

JuridictionRégulateurTexteCe qu'il faut retenir
Arabie saouditeSAMA, Saudi Central BankPayment Services Provider Regulations, janvier 2020Deux régimes de monnaie électronique, Micro EMI et Major EMI, auxquels s'ajoutent les licences de services de paiement. Reporting lourd : réponse à réclamation sous cinq jours ouvrés, états financiers trimestriels sous un mois, comptes audités sous deux mois
Émirats arabes unisCBUAE, Central Bank of the UAERetail Payment Services and Card Schemes Regulation, publiée le 6 juin 2021, en vigueur un mois après publication au Journal officielNeuf services (émission de compte de paiement, émission d'instrument, acquisition marchand, agrégation, transfert domestique, transfert transfrontalier, services de jetons de paiement, initiation de paiement, information sur les comptes) répartis en quatre catégories de licence, de la I à la IV. Les stored value facilities relèvent d'un régime distinct
KoweïtCBK, Central Bank of KuwaitInstructions for Regulating the Electronic Payment of Funds, mai 2023, révisant celles de 2018Cinq types de licence selon le volume et la nature du service. Capital minimum de 50 000 KWD pour un petit prestataire, 250 000 KWD en permanence pour un grand
ÉgypteCBE, Central Bank of EgyptRègles de licence et d'enregistrement des PSO et PSP, publiées en juin 2025 en application des articles 184 à 200 de la loi n° 194 de 2020Le régime vise aussi bien les institutions établies en Égypte que les institutions étrangères servant des clients égyptiens. Période transitoire de douze mois à compter de la publication pour que les acteurs en place déposent leur dossier
Les régimes de licence de la zone, sur texte de référence

La distinction égyptienne PSO / PSP sépare l'exploitation d'un système de la prestation d'un service, sans équivalent direct dans le vocabulaire européen. Le Payment System Operator exploite un système de paiement. Le Payment Service Provider rend un service à des clients. Un même groupe peut relever des deux qualifications. Il dépose alors deux dossiers séparés. Le périmètre couvert est large, avec le dépôt et le retrait d'espèces sur compte de paiement, l'exécution d'opérations et transferts, l'émission d'instruments et de canaux d'acceptation électroniques. S'y ajoutent l'acceptation, l'envoi et la réception de remises en monnaie locale, et l'initiation d'ordres.

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Ce que les dossiers d'entrée oublient dans le Golfe
Trois points font dérailler les calendriers d'entrée plus souvent que le dossier réglementaire lui-même. (1) L'exigence d'entité locale et, dans plusieurs juridictions, de résidence des données et d'hébergement des systèmes de traitement dans le pays. (2) Le raccordement au switch national, projet technique autonome avec ses certifications et ses fenêtres de mise en production. (3) Le paiement fractionné relève ici de la licence de banque centrale. Tabby, dont le siège est à Riyad, détient des licences SAMA et CBUAE, et Tamara opère sous licence SAMA. Le BNPL n'a jamais constitué un angle mort réglementaire dans le Royaume.
  • Séquencer par marché, pas par région. L'Arabie saoudite et les Émirats portent la plus grande part du volume du Golfe, l'Égypte celle du volume hors Golfe. Les quatre petits marchés du CCG s'ouvrent plus vite via un acquéreur local déjà raccordé que via une licence propre.
  • Vérifier le statut du partenaire sur le registre du régulateur, pas sur son site commercial. Plusieurs opérateurs de la zone ont changé de raison sociale, de statut ou de propriétaire récemment.
  • Budgéter le reporting. Les obligations périodiques de la SAMA et de la CBUAE mobilisent une fonction conformité locale à temps plein bien avant que les volumes ne la financent.
  • Le routage domestique s'impose. En Arabie saoudite, les transactions des boutiques en ligne établies dans le Royaume doivent être traitées via le système national selon les exigences de la SAMA. Une licence acquéreur européenne encaissera les cartes des touristes et manquera la quasi-totalité du volume local.

Afrique : CBN, Bank of Ghana, BCEAO, SARB

Les agréments de paiement africains sont délivrés à l'échelle nationale, à une exception près. Aucun passeport ne traverse le continent, ni à l'échelle de la CEDEAO, ni à celle de la SADC, ni à celle de la Communauté d'Afrique de l'Est. L'UEMOA fait exception, et seulement en son sein. Une instruction unique de la BCEAO y vaut pour huit pays. Ailleurs, un émetteur agréé par la Central Bank of Kenya n'a aucun droit d'exercer en Tanzanie ou en Ouganda. Le dossier se dépose auprès de chaque banque centrale, avec son texte de référence, son barème et son calendrier d'instruction.

JuridictionTexte de référenceCatégoriesCapital minimumLe point qui coince
NigériaCirculaire CBN du 9 décembre 2020, New Licence Categorisation for the Nigerian Payments SystemSwitching and Processing, Mobile Money Operator (MMO), Payment Solution Services (PSS), PSSP, PTSP, Super-Agent, Payment Service Bank (PSB)Switching : 2 Md ₦ · MMO : 2 Md ₦ · PSB : 5 Md ₦ · PSS : 250 M ₦ · PSSP et PTSP : 100 M ₦ · Super-Agent : 50 M ₦Les catégories ne se cumulent pas librement. Une entité qui veut exercer le switch et l'activité de MMO doit constituer une holding avec filiales séparées. La correction a posteriori touche la structure capitalistique, pas la documentation
GhanaPayment Systems and Services Act, 2019 (Act 987)DEMI (Dedicated Electronic Money Issuer), PSP Scheme, PSP Enhanced, PSP Medium, PSP Standard, PFTSPDEMI 20 M GHS · PSP Scheme 8 M GHS · Enhanced 2 M GHS · Medium 800 000 GHS · Standard : pas de capital réglementaireLe capital est déposé en compte bloqué à la Bank of Ghana pour toute la durée d'exploitation. La catégorie PSP Standard est réservée aux entités détenues à 100 % par des Ghanéens : un investisseur étranger n'y a pas accès
UEMOAInstruction BCEAO n° 001-01-2024, en vigueur depuis le 23 janvier 2024Statut d'établissement de paiement ouvert aux personnes morales autres que les établissements de crédit ; huit familles de services, du versement-retrait à l'agrégation de comptes10 à 100 millions FCFA de capital intégralement libéré, selon les services fournisDélai d'instruction de six mois à compter du dossier complet. La période de mise en conformité a été prorogée au 1er mai 2025 ; passé cette date, toute structure non agréée doit cesser d'offrir des services de paiement dans l'UMOA
Afrique du SudNational Payment System Act 78 of 1998 ; projet de directive SARB de novembre 2025, en consultation et non entré en vigueurRégime par activité et non par statut : A1 émission de monnaie électronique, A2 émission d'instrument, B acquisition, C1 clearing et settlement, C2 initiation, D third-party payment provider, E schemes, F money remittance, G comptes de paiementProjet : monnaie électronique R8 M (rang 1) ou R5 M (rang 2) · acquisition R3 M · clearing R1 M · settlement R3 M · initiation R2 M · TPPP et money remittance R2 M ou R500 000Toute activité impliquant une prise de dépôts relève du business of a bank. Il faut soit une licence bancaire, soit une relation de sponsorisation avec une banque. Détenir des fonds clients sans sponsor est interdit
Quatre régimes africains comparés
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Au Nigéria, la détention de fonds est réservée à deux catégories
Seuls les MMO et les Payment Service Banks sont autorisés par la CBN à détenir des fonds de la clientèle. Les autres catégories acheminent les flux sans jamais conserver de solde client. Un PSSP qui annonce héberger le solde de ses utilisateurs opère hors de sa licence. La règle commande l'encaissement par NUBAN virtuel, socle de l'acceptation en ligne nigériane. Le compte est ouvert chez la banque partenaire du prestataire. Il ne l'est pas chez le prestataire lui-même. Trois points de diligence en découlent, la propriété juridique des fonds avant reversement, le délai contractuel de reversement, et le sort de ces fonds si la banque partenaire est mise en cause.
  • Kenya : le cadre repose sur le National Payment System Act de 2011, décliné par des règlements de 2014 qui organisent l'autorisation des prestataires et la surveillance des systèmes. La National Payments Strategy 2022-2025 de la CBK en fixe le cap.
  • Afrique de l'Est : cinq marchés, cinq banques centrales, aucun agrément régional. Un émetteur de monnaie électronique kényan doit redéposer un dossier complet en Tanzanie et en Ouganda.
  • Le risque réglementaire ne prend pas la forme d'un retrait de licence. En avril 2024, la CBN a interdit à OPay, PalmPay, Kuda et Moniepoint d'ouvrir de nouveaux comptes pendant un audit de leurs procédures KYC. La mesure a duré environ deux mois. Elle a gelé l'acquisition client de quatre acteurs simultanément.
  • L'identité est nationale et non substituable : BVN au Nigéria, Ghana Card au Ghana, agréments par État en UEMOA. Aucun référentiel de connaissance client ne traverse une frontière. Le parcours d'entrée en relation se conçoit par pays, pas en variantes d'un parcours régional.

Cantonnement des fonds et localisation des données

Le cantonnement (safeguarding dans le vocabulaire anglo-saxon) est le dispositif qui isole les fonds de tiers du patrimoine du prestataire. Il se distingue du capital réglementaire, qui absorbe les pertes d'exploitation sans protéger l'argent des clients. Sa logique est identique partout. Les fonds des clients doivent rester hors d'atteinte en cas de défaillance de l'établissement. Ses modalités divergent en revanche d'une juridiction à l'autre, au point de commander l'architecture de trésorerie d'un groupe présent dans plusieurs pays.

JuridictionMécanisme imposéCe qu'un praticien doit vérifier
Union européenneDeux voies au choix : ségrégation sur un compte dédié auprès d'un établissement de crédit ou placement en actifs sûrs et liquides ; ou garantie d'assurance équivalenteQui détient le pouvoir d'ordonnancement sur le compte de cantonnement, et dans quelle entité du groupe cette personne est employée
Royaume-UniRegulation 23 des Payment Services Regulations 2017 : compte de trust séparé auprès d'un établissement de crédit, ou assurance ou garantie ; emploi pour compte propre interditLes small payment institutions en sont dispensées. Le statut exact du prestataire se vérifie au registre de la FCA, pas dans la plaquette commerciale
IndeCompte escrow auprès d'une Scheduled Commercial Bank, alimenté et débité selon un calendrier fixé par la RBI ; aucun autre flux admis sur ce compteL'attestation trimestrielle d'auditeur sur le fonctionnement de l'escrow, qui est le document de preuve opposable
BrésilArticle 12 de la loi 12.865/2013 : les soldes de monnaie électronique forment un patrimoine séparé, hors d'atteinte des créanciers de l'émetteur. Le Banco Central impose leur logement intégral en espèces sur un compte dédié à la banque centrale, ou en titres publics fédéraux enregistrés au SelicLa proportion réellement logée en titres, et la liquidité de la ligne en cas de retraits massifs
CanadaEnregistrement plutôt qu'agrément : la Retail Payment Activities Act oblige les prestataires à s'enregistrer auprès de la Banque du Canada. Les obligations de gestion du risque opérationnel et de protection des fonds sont entrées en vigueur le 8 septembre 2025L'enregistrement RPAA conditionne l'accès aux rails de Paiements Canada et à Interac e-Transfer
États-UnisPas de cantonnement unique : chaque État combine cautionnement (surety bond) et obligation de détenir des investissements admissibles au moins égaux aux obligations en coursLa liste des investissements admissibles varie d'un État à l'autre, et le cautionnement est calculé sur des assiettes différentes
NigériaLa détention de fonds est réservée aux MMO et aux Payment Service Banks ; les autres catégories n'ont pas le droit de conserver un solde clientL'identité de la banque teneuse du compte NUBAN virtuel, et le délai contractuel de reversement
Où l'argent des clients a le droit de stationner, selon la juridiction
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La localisation des données ne se contracte pas
La circulaire RBI/2017-18/153, DPSS.CO.OD n° 2785/06.08.005/2017-2018 du 6 avril 2018 régit la localisation des données des systèmes de paiement indiens. Elle impose que l'intégralité des données des systèmes de paiement opérés en Inde soit stockée dans des systèmes situés en Inde uniquement. Le périmètre couvre les détails de transaction de bout en bout, ainsi que l'information collectée, transportée ou traitée dans le message de paiement. Les données d'une transaction étrangère peuvent rester à l'étranger si nécessaire. La conformité était exigible au 15 octobre 2018, un rapport d'audit système certifié par un auditeur agréé CERT-IN étant attendu au 31 décembre 2018. Aucune clause contractuelle, aucun engagement de chiffrement, aucune localisation du siège du fournisseur ne s'y substitue. Le contrôle porte sur l'emplacement physique des serveurs.

L'Inde offre le cas le plus documenté de localisation obligatoire, parmi plusieurs régimes comparables. Plusieurs juridictions du Golfe exigent la résidence des données et l'hébergement des systèmes de traitement sur leur territoire, en plus de l'entité locale. L'Indonésie procède autrement. La contrainte porte sur le capital et sur la norme technique. Elle impose un actionnariat majoritairement indonésien pour un prestataire non bancaire, ainsi que l'interconnexion obligatoire au standard SNAP maintenu par l'ASPI. La logique est la même dans les deux cas, le régulateur cherchant à pouvoir saisir, auditer et arrêter sans passer par une juridiction étrangère.

  • Cartographier les flux avant de choisir le prestataire : lieu de collecte, lieu de stockage, lieu de traitement, lieu de sauvegarde. Le quatrième est celui qu'on oublie, et c'est souvent celui qui sort du territoire.
  • Distinguer localisation et souveraineté : un centre de données situé dans le pays mais exploité par une entité étrangère satisfait certains régimes et pas d'autres. La question se pose texte par texte.
  • Vérifier la tokenisation et l'authentification là où elles sont opposables : en Inde, la tokenisation des données carte et l'authentification à deux facteurs dont un facteur dynamique s'ajoutent à PCI DSS. Elles ne s'y substituent pas.
  • Traiter le cantonnement comme un sujet de trésorerie, pas de conformité : un compte dédié non rémunéré, une obligation de placement en titres d'État courts et un délai de reversement normé modifient le besoin en fonds de roulement d'un groupe multi-pays.

Les délais réels d'agrément, et ce qui les allonge

Le délai d'agrément se décompose en deux périodes que les textes traitent différemment, la préparation du dossier et son instruction par l'autorité. Les textes annoncent des délais courts, la pratique en produit d'autres. L'écart tient à une règle constante, et non à un dysfonctionnement des autorités. Le délai réglementaire ne commence à courir qu'à réception d'un dossier complet. L'autorité apprécie elle-même le caractère complet du dossier. Un demandeur peut rester dix-huit mois en amont d'une horloge de trois mois, sans jamais être en retard au sens du droit. Un plan de lancement budgète la phase amont, non la phase d'instruction.

3 mois
délai légal de décision d'une autorité européenne à compter du dossier complet, réaffirmé par la Central Bank of Ireland
Central Bank of Ireland, processus d'autorisation
90 jours ouvrables
objectif de la phase d'évaluation irlandaise, visé dans 90 % des cas
Central Bank of Ireland
> 12 mois
durée observée par le même régulateur pour que les candidats fournissent l'ensemble des informations demandées
Central Bank of Ireland
6 mois
délai d'instruction en UEMOA, à compter du dossier complet
BCEAO, instruction n° 001-01-2024
6 avril 2018
Localisation des données en Inde
La RBI impose le stockage exclusif des données de paiement en Inde, avec conformité au 15 octobre 2018 et audit système au 31 décembre 2018.
2018
Ley Fintech au Mexique
Création des Instituciones de Fondos de Pago Electrónico (IFPE) et des IFC, ouvrant l'accès de non-banques au SPEI sous supervision CNBV et Banco de México.
Janvier 2020
PSPR en Arabie saoudite
La SAMA publie ses Payment Services Provider Regulations : Micro EMI, Major EMI et licences de services de paiement.
9 décembre 2020
Nouvelle grille de licences au Nigéria
La CBN met fin au cumul d'activités incompatibles et impose une grille explicite d'activités permises, assortie d'exigences de fonds propres.
6 juin 2021
RPSCS aux Émirats arabes unis
La CBUAE publie sa Retail Payment Services and Card Schemes Regulation : neuf services répartis en quatre catégories de licence.
1er juillet 2021
PBI 22/23 en Indonésie
Entrée en vigueur du cadre des systèmes de paiement. Le contrôle de l'actionnariat des PJP et des PIP précède celui du capital.
23 janvier 2024
Instruction 001-01-2024 de l'UEMOA
La BCEAO crée le statut d'établissement de paiement pour les personnes morales autres que les établissements de crédit ; mise en conformité prorogée au 1er mai 2025.
30 juin 2024
Titres III et IV de MiCA dans l'Union européenne
Le régime des jetons de monnaie électronique devient applicable. Les stablecoins non conformes sont retirés des plateformes desservant l'Union.
1er juillet 2024
Décret 52/2024 au Vietnam
Refonte du régime des services intermédiaires de paiement, précisée par la circulaire 40/2024/TT-NHNN.
16 décembre 2024
Levée du moratoire EMI aux Philippines
Le moratoire de trois ans sur les licences d'émetteur de monnaie électronique non bancaire est levé, sur résolution n° 1400 du Monetary Board du 5 décembre 2024.
18 juillet 2025
Le GENIUS Act aux États-Unis
Promulgation du cadre fédéral des stablecoins de paiement, applicable au plus tard le 18 janvier 2027.
8 septembre 2025
RPAA au Canada
Entrée en vigueur des obligations de gestion du risque opérationnel et de protection des fonds des utilisateurs finaux.
15 septembre 2025
Directions agrégateurs 2025 en Inde
PA-O, PA-P et PA-CB remplacent le régime de 2020. Dépôt des demandes au 31 décembre 2025, cessation d'activité au 28 février 2026 pour les non-déposants.
Novembre 2025
Projet de directive SARB en Afrique du Sud
Passage envisagé d'un régime d'enregistrement à une autorisation par activité, ouverte aux non-banques, avec barème de capital. En consultation.
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Les cinq causes récurrentes d'allongement
Cinq causes reviennent dans l'allongement des instructions. (1) La gouvernance, avec des dirigeants effectifs à nommer, à qualifier et souvent à résidence locale, chacun soumis à un contrôle d'honorabilité et de compétence. (2) La substance, l'autorité vérifiant que les décisions se prennent dans l'entité agréée, en particulier sur les comptes de cantonnement. (3) Le partenaire bancaire, qui doit ouvrir le compte de cantonnement, sa propre diligence durant plusieurs mois et se conduisant en parallèle de l'instruction réglementaire, jamais après elle. (4) L'actionnariat, quand un seuil de détention nationale s'impose, la renégociation du capital ne se faisant pas en cours d'instruction. (5) Le raccordement technique au rail national, qui a ses propres certifications et ses fenêtres de mise en production.
  • Ouvrir le dossier bancaire le même jour que le dossier réglementaire. Les deux instructions sont indépendantes et de durée comparable. Les séquencer double le délai.
  • Vérifier la date de la période transitoire, pas seulement la date du texte. L'Égypte a ouvert douze mois aux acteurs en place à compter de juin 2025 ; l'UEMOA a prorogé la sienne au 1er mai 2025 ; l'Inde a fixé la cessation d'activité au 28 février 2026. Ces dates éteignent des droits acquis.
  • Prévoir le cas du refus. Le projet Synch Payments, constitué en 2020 par AIB, Bank of Ireland, Permanent TSB et KBC Ireland pour lancer un service compte-à-compte, a été abandonné en novembre 2023 après un blocage sur ses agréments AISP et PISP auprès de la Central Bank of Ireland. Un marché national est resté sans solution de paiement mobile bancaire.
  • Ne pas confondre agrément et accès. Au Canada, l'enregistrement RPAA conditionne l'accès aux rails de Paiements Canada ; en Lituanie, l'accès direct au SEPA passe par CENTROlink ; au Nigéria, aucun chemin ne contourne NIBSS. La licence ouvre un droit, pas une connexion.
  • Séquencer les États-Unis par volume de clientèle, pas par ordre alphabétique. La couverture nationale se construit en plusieurs vagues, et la Money Transmission Modernization Act ne rend pas encore les instructions interchangeables.