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💱 L'interchange et la tarification commerçant dans le monde

Trois étages de prix, quatre familles d'instruments réglementaires : plafonds IFR européens, Regulation II américaine, standards de la Reserve Bank of Australia et routage au moindre coût, MDR zéro indien, marchés sans plafond, et comment lire le relevé qui porte le prix réel

Les trois étages du prix payé par le commerçant

Le prix qu'un commerçant acquitte sur un paiement par carte se décompose en trois montants distincts, fixés par trois acteurs différents. L'interchange remonte de l'acquéreur vers la banque qui a émis la carte. Les frais de scheme rémunèrent le réseau, prélevés des deux côtés à la fois. La marge d'acquisition revient à celui qui encaisse et porte le risque. Le total porte deux noms selon les marchés. Il se dit merchant discount rate (MDR) en Amérique, en Asie et en Afrique, merchant service charge (MSC) au Royaume-Uni et en Europe continentale. Les deux appellations recouvrent le même agrégat de frais.

Où va l'argent d'un paiement carte de 100 unités
Porteur
Paie 100 au commerçant
Son compte est débité de 100 ; l'émetteur ne se rémunère pas sur ce montant mais sur l'interchange, la cotisation et le change
Émetteur
Reverse 100 moins l'interchange
L'interchange est fixé par défaut par le réseau, marché par marché, sauf plafond légal ou accord bilatéral
Réseau
Facture ses frais aux deux banques
Autorisation, compensation, licence de marque, services obligatoires, frais transfrontaliers, jamais plafonnés par la réglementation
Acquéreur
Crédite le commerçant net de MDR
Ce que le commerçant voit est un solde ; ce qu'il négocie n'est qu'une des trois lignes
ÉtageFixé parEncaissé parPlafonné par la réglementation ?
InterchangeLe réseau (barème par défaut) ou un accord bilatéral émetteur-acquéreurLa banque émettriceOui dans une dizaine de juridictions au moins, sur le débit surtout
Frais de schemeLe réseau, unilatéralement, révisés une à deux fois par anLe réseau, côté émetteur et côté acquéreurNulle part en droit dur ; l'Australie impose la publication des barèmes à compter du 1er avril 2027
Marge d'acquisitionLe contrat commerçantL'acquéreur ou le prestataireJamais, et c'est la seule ligne réellement négociable
Frais annexesLe contrat et les règles de réseauL'acquéreur, le réseauNon : contestations, autorisations refusées, minimums mensuels, non-conformité
Qui fixe quoi, et qui peut le plafonner
🔑
Le régulateur ne plafonne presque jamais que l'interchange
Partout où un plafond existe, il porte sur l'interchange. Les frais de scheme et la marge d'acquisition ne sont presque nulle part atteints. Un marché fortement régulé peut donc voir sa MSC stagner alors que son interchange a été divisé par trois. Les réseaux révisent leurs barèmes unilatéralement et la marge relève du seul contrat commerçant : rien n'oblige ces deux étages à suivre la baisse imposée au troisième, et le coût s'est déplacé d'un étage vers le suivant. Le suivi du seul interchange ne rend compte que de la moitié de la facture d'acceptation.

Ce découpage suppose un modèle à quatre parties, où le porteur, l'émetteur, l'acquéreur et le commerçant s'organisent autour d'un réseau central. Le modèle à trois parties réunit l'émission et l'acquisition dans un même opérateur. American Express en direct, comme Discover sur son propre réseau, émet et acquiert lui-même. Aucun interchange ne circule alors entre deux établissements, et le commerçant se voit facturer un MDR unique. La différence a une portée juridique. L'article 1(3) du règlement IFR exclut les schemes à trois parties de son champ. L'exclusion tombe lorsqu'ils émettent sous licence ou par un agent, distinction tranchée par la Cour de justice de l'Union européenne dans l'affaire C-304/16, en 2018. Le programme OptBlue d'American Express, qui délègue l'acquisition de petits commerçants à des prestataires tiers, est la principale exception américaine à ce schéma.

14,2 trn $
volume de paiement Visa sur l'exercice clos le 30 septembre 2025
Visa, Fiscal 2025 Annual Report / 10-K
257,5 md
transactions traitées par Visa sur le même exercice
Visa, Fiscal 2025 Annual Report / 10-K
38,47 %
part de Visa dans les transactions d'achat des six marques mondiales au S1 2025
Nilson Report n°1298, 2025
0,2 % / 0,3 %
plafonds d'interchange débit et crédit consommateur dans l'Espace économique européen
Règlement (UE) 2015/751, art. 3 et 4

L'Europe : un plafond dur, et ce qu'il laisse dehors

Le règlement (UE) 2015/751, dit IFR, encadre les commissions d'interchange prélevées sur les paiements liés à une carte dans l'Espace économique européen. Il sert de texte de référence mondial en matière d'interchange. Son article 3 plafonne le débit consommateur à 0,2 % de la valeur, son article 4 le crédit consommateur à 0,3 %. Les plafonds s'appliquent depuis le 9 décembre 2015, les règles de conduite depuis le 9 juin 2016. Le texte laisse une option nationale sur le débit. Elle prend trois formes : un taux inférieur, un forfait de 5 centimes d'euro combinable avec le plafond de 0,2 %, ou une moyenne pondérée nationale à 0,2 %. Cette dernière possibilité a pris fin le 9 décembre 2020.

ArticleRègleEffet opérationnel pour le commerçant
Art. 3 et 4Plafonds 0,2 % débit et 0,3 % crédit, cartes consommateur, domestique et intra-EEELe coût de l'interchange devient prévisible et vérifiable ligne à ligne
Art. 1(3)-(4)Exclusions : cartes commerciales, retraits aux automates et au guichet, schemes à trois partiesLe mix de cartes reçues détermine la facture bien plus que le taux affiché
Art. 7Séparation comptable, organisationnelle et décisionnelle entre le scheme et le traitementOuvre la voie à un traitement acheté séparément de la marque
Art. 8Co-badgeage libre ; le choix de l'application revient au payeurLe commerçant peut paramétrer une priorité par défaut, jamais imposer une marque
Art. 9Unblending : l'acquéreur doit proposer un tarif décomposé par catégorie et par marqueC'est la base juridique d'une cotation interchange++
Art. 10Fin du Honour-All-Cards inter-catégoriesRefuser les cartes commerciales devient licite ; refuser une marque entière reste encadré
Art. 11Liberté de steering et d'information du payeurOrienter vers le moyen de paiement le moins cher est autorisé
Ce que l'IFR impose, article par article

Les cartes émises hors de l'Espace économique européen échappent à l'IFR et relèvent des engagements antitrust pris par Visa et Mastercard devant la Commission européenne en 2019, rendus juridiquement contraignants. Le barème est de 0,2 % en débit et 0,3 % en crédit lorsque la carte est présente, 1,15 % et 1,5 % en vente à distance. La Commission a chiffré la baisse moyenne à environ 40 % (IP/19/2311, 29 avril 2019). Prévus pour cinq ans et six mois, ils ont été prolongés volontairement jusqu'en novembre 2029 (Commission européenne, juillet 2024). Ces quatre taux commandent la composante interchange du coût d'acceptation d'une clientèle étrangère, tourisme entrant compris.

⚠️
Le coût est parti là où le plafond ne va pas
L'IFR ne plafonne ni les frais de scheme ni la marge d'acquisition. Le Payment Systems Regulator britannique a documenté une hausse de plus de 30 % en termes réels des scheme and processing fees de Visa et Mastercard entre 2017 et 2021, sans amélioration de service correspondante. Dix ans après l'entrée en application, EuroCommerce et Independent Retail Europe faisaient de ces frais non plafonnés leur premier grief (juin 2025). Les frais de réseau, la marge et les cartes commerciales échappent au texte. Ces trois postes forment aujourd'hui la plus grande part du coût d'acceptation.

Le Royaume-Uni a repris l'IFR en droit interne après le Brexit. Son article 3 continue d'y interdire un interchange supérieur à 0,2 % sur une opération par carte de débit britannique. Sorti du champ intra-zone, le trafic entre le Royaume-Uni et l'EEE relève depuis lors du barème inter-régional de Visa et Mastercard. Le régulateur a chiffré le surcoût pour les commerçants britanniques et leurs clients à 150 à 200 millions de livres par an (PSR, étude de marché MR22/2, rapport final, décembre 2024). Il a conclu qu'un plafond de prix était le seul remède efficace, puis renoncé le 10 octobre 2025 à un plafond intérimaire, le temps de bâtir une méthodologie. Aucun plafond n'est en vigueur sur ce corridor.

  • Le plafond ne protège que le mix consommateur domestique : une clientèle d'affaires ou internationale replace le commerçant hors du champ.
  • Les cartes commerciales ne sont pas plafonnées et se négocient rarement : leur part dans le mix est le premier chiffre à sortir avant tout appel d'offres.
  • Les retraits sont hors champ (art. 1(3)), ce qui explique la persistance de commissions interbancaires de retrait élevées à côté d'un paiement plafonné.
  • L'article 9 se réclame : un acquéreur européen ne peut pas refuser une cotation décomposée, il peut seulement accepter que le commerçant demande expressément un taux unique.

Les États-Unis : un plafond sur le débit, l'antitrust pour le reste

Le Durbin Amendment, transposé par la Regulation II (12 CFR partie 235) du Federal Reserve Board, encadre l'interchange américain depuis 2011 et ne couvre que le débit. Le plafond est de 21 cents par opération, plus 5 points de base de la valeur. S'y ajoute 1 cent d'ajustement fraude pour les émetteurs qui satisfont aux standards de prévention. Le plafond ne vise que les émetteurs détenant au moins 10 milliards de dollars d'actifs. Le crédit américain n'est plafonné par aucun texte. Cette absence explique la plus grande part de l'écart de coût d'acceptation observé avec l'Europe.

21 c + 5 pb
plafond d'interchange débit, plus 1 cent d'ajustement fraude
Federal Reserve Board, Regulation II (12 CFR 235)
10 md $
seuil d'actifs au-delà duquel un émetteur est plafonné
Federal Reserve Board, Regulation II
0,51 $ (1,21 %)
interchange débit moyen des émetteurs EXEMPTÉS en 2024
Federal Reserve Board, Average Debit Card Interchange Fee by Payment Card Network
0,23 $ (0,47 %)
interchange débit moyen des émetteurs PLAFONNÉS en 2024
Federal Reserve Board, Average Debit Card Interchange Fee by Payment Card Network

L'écart entre ces deux moyennes va du simple au double sur un même produit de débit. Un commerçant dont la clientèle est bancarisée auprès de banques régionales ou de coopératives de crédit supporte donc un interchange nettement plus élevé que celui dont la clientèle relève des grands émetteurs. Cette différence procède de l'exemption inscrite dans la loi au bénéfice des émetteurs situés sous le seuil d'actifs, et non d'un défaut de négociation commerciale. Le commerçant n'a aucune prise sur la composition bancaire de sa clientèle : il ne peut ni anticiper cette exemption, ni la contourner, et n'a d'autre ressource que d'en mesurer l'effet, en exigeant de l'acquéreur la répartition de l'interchange débit entre émetteurs couverts et émetteurs exemptés.

La Regulation II porte une seconde obligation, qui touche au routage des opérations plutôt qu'à leur prix, et dont le rendement dépasse souvent celui du plafond lui-même. Chaque carte de débit doit être routable sur au moins deux réseaux non affiliés. Le Federal Reserve Board a explicitement étendu cette exigence aux transactions sans présence de carte en juillet 2023. Le commerçant américain arbitre donc entre le réseau de la marque et un réseau de débit à PIN concurrent, STAR ou Accel (Fiserv), NYCE ou Culiance (FIS), PULSE (Discover) selon les cartes. Le dispositif remplit la même fonction que le routage au moindre coût australien, avec une différence de mise en œuvre. Le régulateur américain impose la disponibilité du choix. L'arbitrage lui-même se paramètre commerçant par commerçant.

⚠️
Le plafond américain tient à une suspension judiciaire
Le 6 août 2025, le tribunal fédéral du District du Dakota du Nord a jugé dans Corner Post, Inc. v. Board of Governors que la Réserve fédérale avait excédé sa compétence, et annulé la norme d'interchange. Il a sursis à l'exécution de sa propre annulation dans l'attente de l'appel, pour éviter un marché entièrement dérégulé. Le plafond de 21 cents reste donc applicable en 2026, par l'effet de cette seule suspension. Le recours est pendant devant la cour du 8e Circuit, échange d'écritures clos en mars 2026. La proposition d'octobre 2023 de ramener le plafond à 14,4 cents plus 4 points de base n'a jamais été finalisée.

L'encadrement de l'interchange crédit américain procède du contentieux privé plutôt que de la loi. Le litige MDL 1720, Payment Card Interchange Fee and Merchant Discount Antitrust Litigation, se juge devant la U.S. District Court, E.D.N.Y. Il a produit un accord rendu public le 10 novembre 2025, d'une valeur affichée d'environ 38 milliards de dollars. L'accord prévoit une baisse de 0,1 point de l'interchange pendant cinq ans et un plafond de 1,25 % sur les taux consommateur standard pendant huit ans. Il annonce également la fin de la règle Honour-All-Cards, disposition dont la portée structurelle dépasse celle du montant affiché. Le commerçant pourrait alors accepter ou refuser par catégorie, cartes commerciales, cartes premium à récompenses, cartes standard. Le juge Brian Cogan l'a approuvé à titre préliminaire le 9 juin 2026, mais l'homologation définitive, examinée à l'audience du 16 novembre 2026, n'est pas acquise, un précédent accord ayant été rejeté en 2024, et les grandes fédérations de commerçants jugent les concessions insuffisantes.

Faute de plafond sur le crédit, le commerçant américain dispose d'un instrument que le droit européen ne lui reconnaît pas, la surcharge. Elle consiste à majorer le prix payé par le client qui règle par carte de crédit. Les règles de réseau l'autorisent sur les cartes de crédit, dans la limite du coût réellement supporté. Visa plafonne la majoration à 3 % depuis le 15 avril 2023, Mastercard à 4 %, la surcharge restant interdite sur le débit et le prépayé. La règle applicable dépend aussi de l'État du client, plusieurs législations locales encadrant ou interdisant la pratique. Cette couche se vérifie juridiction par juridiction avant tout déploiement.

L'Australie : plafonds, routage au moindre coût, fin de la surcharge

La Reserve Bank of Australia, par son Payments System Board, régule les systèmes de cartes depuis 2003. Elle désigne les schemes, fixe les standards d'interchange et organise le routage des opérations. Aucune juridiction n'est allée aussi loin sur ce terrain, et les instruments australiens ont été repris par d'autres régulateurs. Sa méthode diffère de l'européenne sur un point décisif. Le règlement européen plafonne un prix, alors que les standards australiens plafonnent un prix et organisent la concurrence entre réseaux sur une même carte, en confiant le choix du routage à l'acquéreur plutôt qu'au porteur.

2003
Premiers standards d'interchange
La Reserve Bank of Australia désigne les schemes cartes et fixe ses standards ; le régime de surcharge est libéralisé en contrepartie.
2022
Naissance d'Australian Payments Plus
eftpos, BPAY et NPP Australia fusionnent. Le scheme de débit domestique, le facturier national et le rail instantané passent sous un même opérateur.
Mai 2025
Baisse des frais de réseau eftpos
AP+ annonce une baisse de 22 % des frais de scheme côté émetteur et de 5 % côté acquéreur (AP+, 2025).
31 mars 2026
Conclusions Paper
Phase 3 de la Review of Retail Payments Regulation. La RBA arrête les plafonds définitifs et l'interdiction de surcharge.
1er octobre 2026
Entrée en vigueur du paquet
Nouveaux plafonds domestiques, interdiction de surcharge sur eftpos, Mastercard et Visa en débit, prépayé et crédit.
1er avril 2027
Cartes étrangères et transparence
Plafond de 1 % sur les cartes émises à l'étranger et acquises en Australie ; publication obligatoire des barèmes par les réseaux et les grands acquéreurs.
CatégoriePlafond retenuDate d'effet
Débit et prépayé domestiques8 cents par transaction, ou 0,16 % pour les barèmes en pourcentage1er octobre 2026
Crédit consommateur domestique0,30 %1er octobre 2026
Crédit commercial domestique0,80 %, maintenuinchangé
Cartes émises à l'étranger, acquises en Australie1 %1er avril 2027
Surcharge sur les réseaux désignésInterdite (eftpos, Mastercard, Visa ; débit, prépayé, crédit)1er octobre 2026
Plafonds arrêtés par le Conclusions Paper du 31 mars 2026

Les valeurs de 6 cents et 0,12 % figuraient dans la consultation de juillet 2025 et n'ont pas été retenues. Deux dispositions de ce paquet n'existent nulle part ailleurs en droit dur. Le plafonnement de l'interchange des cartes émises à l'étranger ferme une faille que ni l'Union européenne ni le Royaume-Uni n'ont comblée. Le montage visé associe une plateforme en ligne et une carte de paiement virtuelle. La plateforme encaisse le client sur une carte domestique, puis règle l'hôtel australien avec une carte virtuelle étrangère. Le commerçant supporte alors un interchange sans rapport avec celui que la réglementation visait. L'interdiction de la surcharge met fin, quant à elle, à vingt ans de régime inverse, l'Australie ayant été la première juridiction à autoriser la pratique.

Le routage au moindre coût, transaction par transaction
Porteur
Présente une carte de débit australienne
Le support porte deux applications : eftpos et, selon l'émetteur, Visa Debit ou Debit Mastercard
Terminal ou passerelle
Lit les applications disponibles
En sans contact, le terminal peut sélectionner l'application sans intervention du porteur
Acquéreur
Route vers le réseau le moins cher pour le commerçant
Arbitrage sur le coût total de l'opération : interchange plus frais de scheme, pas seulement l'interchange
Réseau retenu
Autorise et compense
L'écart se lit ensuite sur le relevé, ligne par ligne, par marque
🔑
Le contre-modèle exact de l'article 8 de l'IFR
Le règlement européen attribue le choix de la marque au porteur, alors que le régime australien le confie à l'acquéreur, agissant pour le compte du commerçant. Les deux régimes partent du même support co-badgé et aboutissent à des économies opposées, la décision revenant dans un cas au porteur, qui ne supporte pas le MDR, dans l'autre à l'acquéreur, qui agit pour celui qui le supporte. AP+ mesure un coût d'acceptation du débit environ 20 % plus bas lorsque le routage au moindre coût est activé. Le routage activé couvre 70 % des paiements en magasin et 30 % des paiements par portefeuille mobile (AP+, 2025). L'extension aux portefeuilles Google et au Click to Pay en ligne se déploie à partir du début de 2026. L'activation résulte d'une demande adressée par le commerçant à son acquéreur, faute de quoi les opérations empruntent le réseau retenu par défaut et le commerçant paie plein tarif.

La Nouvelle-Zélande a repris le modèle avec un autre instrument, le Retail Payment System Act 2022. Ce texte donne à la Commerce Commission le pouvoir d'émettre des network standards contraignants, sans repasser par le législateur à chaque révision de barème. Le Mastercard and Visa Interchange Fee Network Standard 2025 a fait l'objet d'une décision finale le 17 juillet 2025, puis d'une consolidation le 14 août 2025. Il est entré en vigueur le 1er décembre 2025, ses plafonds sur les cartes émises à l'étranger s'appliquant depuis le 1er mai 2026. L'économie attendue pour les commerçants est estimée entre 90 et 100 millions de dollars néo-zélandais par an (Commerce Commission, 2025).

Ailleurs : plafond dur, engagement volontaire, ou rien

Une dizaine de juridictions au moins encadrent l'interchange ou le MDR. Elles emploient quatre instruments différents. L'instrument retenu détermine la portée de l'encadrement. Le plafond légal s'impose à tous et se vérifie sur relevé, alors que l'engagement volontaire ne couvre que les commerçants visés par le texte de l'engagement. Le standard d'autorité de concurrence se révise sans repasser par le législateur, quand l'antitrust privé ne produit d'effet qu'après homologation judiciaire, parfois des années plus tard.

JuridictionInstrumentCe qui est encadréNiveauDepuis
Espace économique européenRèglement (UE) 2015/751 (IFR)Interchange débit et crédit consommateur0,2 % / 0,3 %9 décembre 2015
États-UnisRegulation II, 12 CFR 235Interchange débit, émetteurs ≥ 10 md $ d'actifs21 c + 5 pb + 1 c2011
AustralieStandards de la Reserve Bank of AustraliaDébit et prépayé, crédit consommateur, cartes étrangères8 c ou 0,16 % ; 0,30 % ; 1 %1er octobre 2026 et 1er avril 2027
Nouvelle-ZélandeInterchange Fee Network Standard 2025 (Commerce Commission)Interchange Visa et Mastercard, cartes étrangères inclusesFixé par le standard1er décembre 2025
BrésilResolução BCB nº 246/2022Interchange débit et prépayé0,5 % / 0,7 %, taux fermes1er avril 2023
ChineAvis NDRC/PBOC 发改价格〔2016〕557号Interchange débit et crédit, plus commission de réseau0,35 % / 0,45 %6 septembre 2016
ChiliComité de Tasas de IntercambioInterchange débit ; crédit et prépayé0,35 % / 0,80 %Octobre 2024
CanadaEngagements volontaires Visa et MastercardInterchange crédit des PME sous seuil de ventes0,95 % moyen en présence de carte19 octobre 2024
Arabie saouditeSaudi Payments, sous SAMAMSC des cartes mada0,80 %, plafond ≈ 40 SAR–
IndeIncome-tax Act 1961, section 269SUMDR sur RuPay débit et BHIM-UPIZéro1er janvier 2020
Royaume-UniIFR retenu en droit national, art. 3Interchange débit britannique0,2 %Post-Brexit ; corridor RU-EEE non plafonné
Plafonds et instruments d'encadrement de l'interchange et du MDR, par juridiction

Le Brésil a plafonné l'interchange en deux temps, la seconde intervention corrigeant le contournement de la première. La Circular 3.887 du Banco Central do Brasil s'applique depuis le 1er octobre 2018 et a plafonné l'interchange du débit domestique à 0,5 % en moyenne pondérée et 0,8 % au maximum sur une transaction. Le taux moyen constaté est passé de 0,79 % au troisième trimestre 2018 à 0,51 % au premier trimestre 2020 (Banco Central do Brasil, Estudos Especiais nº 106). Les émetteurs ont alors basculé une partie de l'émission vers le prépayé, que le texte laissait hors de son champ. La Resolução BCB nº 246/2022 a fermé la faille, plafonnant le prépayé à 0,7 % et durcissant le débit à 0,5 % en taux ferme, depuis le 1er avril 2023. Le crédit brésilien, lui, reste libre.

ℹ️
Le plafond porte presque toujours sur le domestique
Un commerçant exposé au tourisme, aux places de marché internationales ou aux cartes virtuelles émises hors du pays sort du champ de la plupart des plafonds. L'Australie et la Nouvelle-Zélande sont les deux seules juridictions à avoir comblé cette faille en droit dur. L'Espace économique européen ne la couvre que par des engagements antitrust, prolongés jusqu'en novembre 2029. La modélisation d'un coût d'acceptation repose donc sur une segmentation du volume par pays d'émission du BIN, et non par pays de vente.

Le Canada encadre l'interchange crédit par un engagement volontaire des réseaux, en l'absence de tout plafond légal. Sous menace réglementaire, Visa et Mastercard ont accepté de ramener l'interchange crédit moyen à 0,95 % en présence de carte, avec une baisse de 0,1 point supplémentaire en ligne. L'engagement court depuis le 19 octobre 2024, pour les commerçants réalisant jusqu'à 300 000 dollars canadiens de ventes Visa ou 175 000 dollars canadiens de ventes Mastercard par an. Environ 90 % des commerçants acceptant la carte sont concernés, pour une réduction allant jusqu'à 27 %, voire 37 % selon les profils (Ministère des Finances du Canada et CFIB, 2024). Les commerçants dont le volume dépasse ces seuils restent hors du dispositif, leurs conditions ayant déjà fait l'objet d'une négociation bilatérale. Le débit canadien échappe au débat, Interac ayant historiquement fonctionné sans interchange entre membres.

En Chine, l'interchange est administré par l'État, et non fixé par le réseau. L'avis NDRC/PBOC 发改价格〔2016〕557号 plafonne le domestique à 0,35 % sur le débit et 0,45 % sur le crédit, depuis le 6 septembre 2016. S'y ajoute une commission de réseau d'environ 0,0325 % côté débit. L'accès à la compensation domestique fait l'objet d'un agrément distinct. American Express opère par une coentreprise autorisée en 2020, Mastercard par NUCC après un agrément de la Banque populaire de Chine du 17 novembre 2023. Visa n'en a pas obtenu à ce stade. Hors de Chine, les barèmes UnionPay s'échelonnent d'environ 0,20 % à 1,50 % selon le pays, le code d'activité, le produit et le canal (UnionPay International, Fees by Market).

Le MDR zéro indien : quand l'interchange vaut légalement zéro

Depuis le 1er janvier 2020, le MDR est nul par la loi sur les cartes de débit RuPay et sur BHIM-UPI. La base juridique est la section 269SU de l'Income-tax Act 1961, insérée par le Finance (No. 2) Act 2019, qui interdit de facturer une commission d'acceptation sur ces instruments. L'Inde est le seul grand marché à avoir porté l'interchange à zéro sur son scheme national. Le régime procède de l'interdiction légale, et non d'un accord obtenu par les commerçants. L'émission de débit RuPay ne procure donc plus de recette à l'émetteur, et ne se maintient que par la contrainte réglementaire et par les incitations publiques.

0 %
MDR réglementaire sur RuPay débit et BHIM-UPI depuis le 1er janvier 2020
Income-tax Act 1961, section 269SU
> 760 m
cartes RuPay émises, tous produits confondus
NPCI, 2024
1 005,2 m
cartes de débit en circulation en Inde en juin 2025
Reserve Bank of India, Payment System Report, juin 2025
111,2 m
cartes de crédit en circulation en Inde en juin 2025
Reserve Bank of India, Payment System Report, juin 2025

Le régime crée une distorsion assumée. Les cartes de débit Visa et Mastercard émises en Inde restent, elles, à MDR négocié. Un émetteur cherchant une recette sur le débit oriente donc son parc vers les marques internationales, l'État soutenant en retour la diffusion de RuPay par les programmes d'inclusion. Le Brésil a suivi la voie inverse. La Resolução BCB nº 246/2022 s'applique à Elo comme à Visa et Mastercard, sans avantage réservé au scheme domestique. Les deux réglementations poursuivent des objectifs distincts, la brésilienne recherchant la neutralité concurrentielle entre schemes, l'indienne assumant une préférence nationale.

Le crédit indien connaît une évolution distincte, portée par le raccordement des cartes au rail UPI. RuPay est le seul réseau autorisé à lier une carte de crédit à UPI. Le crédit devient ainsi un instrument scannable par QR, bascule qu'aucun autre marché n'a réussie à l'échelle. Sa part sur le crédit est passée d'environ 3 % à 16-18 % en deux ans selon des sources secondaires non recoupées, à manier avec prudence. L'acceptation hors de l'Inde passe par RuPay Global, émis sur les plateformes Discover Global Network et JCB. Il n'existe pas de réseau international RuPay propre.

⚠️
MDR nul ne veut pas dire encaissement gratuit
Le zéro porte sur une seule ligne, la commission d'acceptation, et ne supprime ni les frais de passerelle, ni le coût de l'agrégateur, ni la réconciliation, ni la conformité. La tokenisation des données carte est obligatoire, les données de paiement font l'objet d'une obligation de localisation et les agrégateurs relèvent d'un régime dédié. Ces obligations valent pour le seul marché indien. Elles pèsent sur le coût d'intégration. Un budget d'entrée construit sur la seule ligne MDR sous-estime donc la facture réelle : le coût s'est déplacé du réseau vers l'intégration.

Le régime est sous pression, la Payments Council of India ayant demandé en 2025 la réintroduction d'un MDR de 0,3 % sur UPI, pour les seuls grands commerçants. Le seuil de chiffre d'affaires évoqué est de 40 lakh de roupies, sans qu'aucune décision soit intervenue à ce jour. Une seconde évolution porte sur le choix du réseau à l'émission. La circulaire de la Reserve Bank of India applicable depuis le 6 septembre 2024 interdit aux émetteurs les accords d'exclusivité avec un réseau. Elle leur impose d'offrir le choix du réseau à l'émission et au renouvellement. La règle remplit la fonction de l'article 8 de l'IFR, appliquée au contrat plutôt qu'au support. Le client retient un réseau, sans que la carte porte deux applications.

Sans plafond : le prix se fait par substitution

La majorité des marchés mondiaux n'applique aucun plafond d'interchange, le prix de l'acceptation y étant fixé par la concurrence entre instruments de paiement. Un rail compte-à-compte gratuit, ou presque, exerce sur le MDR une pression qu'aucun régulateur n'a besoin d'écrire. Le mécanisme opère par substitution. Le commerçant oriente son parcours d'encaissement vers l'instrument le moins coûteux, et le MDR ne peut s'écarter durablement du coût de l'alternative disponible sans que la carte perde du volume. Depuis dix ans, aucun autre mécanisme n'a fait reculer le coût d'acceptation dans les mêmes proportions.

🇧🇷
Pix, Banco Central do Brasil, 2020
79,8 Md d'opérations et R$ 35,36 T en 2025, 54,7 % des transactions de détail au second semestre 2025 (BCB). Gratuit pour les personnes physiques, adressage par chave, QR EMVCo obligatoire. Il a fait reculer le débit carte plus vite que n'importe quel plafond.
🇹🇭
PromptPay, National ITMX, 2017
27,4 Md de transactions pour environ 1 600 Md USD en 2025, sous mandat de la Bank of Thailand. Gratuit sous plafond de montant, adressé par numéro de mobile, identité nationale ou identifiant fiscal d'entreprise.
🇮🇩
QRIS, Bank Indonesia et ASPI, 2019
50,50 M d'utilisateurs et 32,71 M de marchands enrôlés (Bank Indonesia, 2024). Norme QR unique imposée par la banque centrale. À côté, BI-FAST plafonne réglementairement le prix du virement à Rp 2 500 par transaction.
🇲🇾
DuitNow QR, PayNet, 2019
La norme QR nationale est obligatoire. Banques et portefeuilles acceptent le même code. Le débit domestique MyDebit est soumis à une obligation de routage domestique prioritaire, migré en 2025 sur le commutateur NextSwitch détenu localement.
🇸🇬
PayNow, Association of Banks in Singapore, 2017
Plus de 45 % du marché du virement compte-à-compte singapourien en 2025. Adressage par numéro de mobile, NRIC ou UEN sur FAST, étendu aux entreprises et aux établissements non bancaires.
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qvik, MNB et GIRO Zrt., 2024
Couche d'acceptation marchande posée sur le rail instantané, disponible depuis le 1er septembre 2024 dans toutes les applications bancaires par obligation de la banque centrale. Aucune commission, ni commerçant ni client. L'interchange carte est attaqué de front.

L'Europe compte deux schemes nationaux plus anciens, dont le coût d'acceptation est nul ou fixé par la puissance publique. BankAxept, exploité par Stø AS depuis 1991, est le seul grand scheme carte européen sans commission d'interchange. Il fonctionne hors ligne et sert de dispositif désigné de distribution d'espèces chez NorgesGruppen (Norges Bank, décembre 2025). Le Dankort danois, opéré par Nets, a longtemps eu ses commissions commerçant fixées par la loi et tenues de couvrir exactement les coûts de l'opérateur et des banques. Un accord politique large de juin 2025 vise à le renforcer et à ouvrir son acquisition (Norges Bank, Payments in the Nordics, décembre 2025). Ces deux dispositifs atteignent un coût nul ou réglementé sans qu'aucun plafond d'interchange ait été édicté.

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Le rail le moins cher n'offre pas le même régime juridique
Le passage de la carte à un rail compte-à-compte supprime une commission, et avec elle un dispositif de contestation. Le chargeback carte est une procédure de réseau, opposable à l'émetteur, avec des délais et des motifs codifiés. Un virement poussé par le payeur n'a pas d'équivalent générique, chaque rail définissant ses propres recours lorsqu'il en définit. La comparaison des deux instruments met en regard le MDR économisé, le coût du service client et le taux d'impayés, et non le seul taux affiché.

Dans les marchés sans plafond ni rail de substitution dominant, le prix vient de la structure de place. Au Nigeria, Verve (Interswitch, 2009) domine l'émission par son coût d'interchange et son acceptation aux automates, avec plus de 70 millions de cartes émises (Interswitch, communiqué d'octobre 2025). En Turquie, TROY (BKM, 2016) atteint 25,3 % de part de marché en valeur à fin 2025, contre 18,3 % un an plus tôt (BKM, communiqué du 23 janvier 2026). En Israël, Shva est le switch unique reliant terminaux, passerelles et sociétés de cartes. Le niveau du MDR s'y détermine face à un scheme national installé ou à un commutateur unique, davantage que par la confrontation de plusieurs acquéreurs.

Blended, interchange++, forfait : quatre façons de facturer le commerçant

Le modèle de facturation est la convention par laquelle l'acquéreur répercute au commerçant le coût des opérations et sa propre rémunération. Quatre modèles se rencontrent. Celui qui est retenu détermine lequel des deux contractants conserve une baisse d'interchange. En blended, l'acquéreur applique un taux unique à toutes les cartes et conserve l'écart entre ce taux et le coût réel de chaque opération. En interchange++, il refacture l'interchange réel, les frais de scheme réels, puis ajoute une marge contractuelle explicite, d'où les deux « plus » du nom. Entre les deux existe l'interchange+, qui refacture l'interchange au réel mais fond les frais de réseau dans la marge. Le quatrième modèle, le forfait, affiche un taux unique, souvent assorti d'un montant fixe par transaction, sans aucune décomposition.

ModèleCe qui est refacturéQui capte une baisse d'interchangeQuand le retenir
BlendedUn taux unique par catégorie large, parfois par marqueL'acquéreurFaible volume, mix stable, priorité à la simplicité comptable
Interchange+Interchange au réel, frais de réseau fondus dans la margeLe commerçant, pour l'interchange seulVolume moyen ; compromis entre lisibilité et charge de rapprochement
Interchange++Interchange réel + frais de scheme réels + marge contractuelleLe commerçant, sur les deux étagesDès que le volume justifie le suivi ; seul modèle auditable ligne à ligne
ForfaitRien : un prix affiché, éventuellement plus un fixeL'acquéreur intégralementTrès petit volume, ou canal secondaire à coût de gestion prioritaire
Quatre modèles de tarification acquéreur

Le MDR effectif est le rapport entre la totalité des frais liés au paiement sur une période et le volume encaissé sur cette même période. Il ne figure sur aucune grille tarifaire. Son montant ne se constate qu'après coup. Son calcul intègre les frais de contestation, les frais d'autorisation dus y compris sur les transactions refusées et les minimums mensuels appelés. Deux offres au même taux facial peuvent différer de dizaines de points de base une fois appliquées au trafic réel. Le mix de cartes d'un commerçant s'écarte presque toujours de celui retenu en exemple par l'acquéreur. La comparaison de deux propositions suppose donc une simulation sur les données du commerçant, et non la lecture d'un taux annoncé.

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Une baisse réglementaire ne descend que si le contrat est décomposé
Quand un régulateur abaisse un plafond d'interchange, l'économie arrive d'abord chez l'acquéreur. Elle s'y arrête si le contrat est en blended ou au forfait, ces deux modèles ne refacturant pas l'interchange au réel. L'article 9 du règlement IFR corrige ce point dans l'Espace économique européen, où l'acquéreur doit proposer par défaut un tarif décomposé par catégorie et par marque de carte. Le commerçant peut demander expressément un taux unique, sans que l'acquéreur puisse le lui imposer. Hors de l'Union, aucune obligation équivalente n'existe, et la décomposition ne s'obtient que si le contrat d'acquisition la prévoit.
  • Exiger la grille des frais de scheme, pas seulement l'interchange : c'est l'étage qui a le plus augmenté depuis dix ans, et celui qui n'est plafonné nulle part.
  • Faire écrire la marge en points de base et en fixe, séparément, et l'indexer sur des paliers de volume vérifiables.
  • Demander la répartition du volume par catégorie de carte : consommateur, commerciale, domestique, intra-zone, inter-régionale. Le mix explique la facture mieux que le taux.
  • Vérifier le traitement des baisses réglementaires : une clause de répercussion automatique se négocie avant la signature, jamais après.
  • Négocier l'annexe autant que le taux : contestations, autorisations, minimum mensuel, frais de non-conformité, tarification des devises.

Le marché américain ajoute un modèle de facturation peu répandu ailleurs, la tarification par paliers. L'acquéreur y classe chaque transaction en qualified, mid-qualified ou non-qualified, selon des conditions d'enregistrement et des données que le commerçant maîtrise mal, carte saisie manuellement, adresse absente, capture tardive. Une transaction déclassée bascule sur un palier plus cher sans que l'interchange sous-jacent ait bougé. L'écart de prix rémunère donc l'acquéreur et ne correspond à aucune hausse du coût de réseau. Les acquéreurs américains savent tous coter en interchange plus, formule qui écarte ce mécanisme de déclassement.

Lire un relevé d'acquéreur

Le relevé d'acquéreur est le document périodique par lequel l'acquéreur détaille les opérations traitées et les frais prélevés sur une période. Il constitue la seule pièce où le prix effectivement payé apparaisse. Le contrat n'en fixe que les paramètres. Sa lecture consiste à rattacher chaque ligne à l'un des trois étages de prix ou à l'annexe tarifaire. Une ligne sans rattachement possible appelle une explication écrite de l'acquéreur. Sur un relevé décomposé, chaque transaction porte au minimum une référence, un montant brut, une marque, une catégorie de carte, un pays d'émission et un interchange applicable.

Structure d'un relevé interchange++, une ligne dépliée (montants illustratifs, interchange au plafond IFR de 0,2 %)
REFERENCE ............. 24332616192000012345678   ARN, unique par transaction
DATE TRAITEMENT ....... 2026-07-11
MONTANT BRUT .......... 100,00 EUR
MARQUE ................ Visa
CATEGORIE CARTE ....... Consumer Debit             determine le plafond applicable
PAYS EMETTEUR ......... ES                          intra-EEE -> IFR applicable
CANAL ................. e-commerce, 3DS authentifie
--- decomposition -------------------------------------------------
  INTERCHANGE ......... 0,2000 %      0,20 EUR      plafond IFR art. 3
  SCHEME FEES ......... detail par composante :
      autorisation .... fixe                        facture aussi sur les refus
      clearing ........ fixe
      licence marque .. ad valorem
      service en ligne. ad valorem
  MARGE ACQUEREUR ..... ad valorem + fixe           seule ligne negociee
--- hors decomposition ---------------------------------------------
  CONTESTATION ........ facture a l'unite, independamment de l'issue
  MINIMUM MENSUEL ..... appele si le volume n'atteint pas le seuil
  NON-CONFORMITE ...... penalites de programme scheme, le cas echeant
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CONTROLE : somme des lignes = ecart entre le brut remis et le vire recu
  • Rapprocher trois documents : le journal de remise, l'avis de virement et le relevé. Un écart non expliqué est un rejet, une contestation ou une erreur de facturation.
  • Recalculer l'interchange sur les lignes plafonnées : sur une carte consommateur intra-zone, le taux doit tomber au plafond légal. Un dépassement se conteste, pièce à l'appui.
  • Isoler les frais de scheme et les suivre en série mensuelle : leur dérive est lente, silencieuse et jamais annoncée.
  • Segmenter par pays d'émission du BIN, pas par pays de vente : c'est le pays de l'émetteur qui fait basculer une transaction hors du champ d'un plafond.
  • Compter les frais d'autorisation sur les transactions refusées : un taux de refus élevé se paie deux fois, en vente perdue et en frais fixes.
  • Vérifier le mix de marques sur les cartes co-badgées : c'est le seul indicateur qui révèle un mauvais paramétrage de routage, en Europe comme en Australie.
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Les lignes qui ne sont pas de l'interchange
Une part croissante de la facture ne relève d'aucun plafond. Les frais d'autorisation sont facturés à l'unité, y compris sur les demandes refusées, et les frais de contestation restent dus quelle que soit l'issue du dossier. Les frais transfrontaliers s'appliquent dès que l'émetteur est étranger et se cumulent avec un interchange déjà majoré. S'y ajoutent les frais de programme de sécurité, les frais de non-conformité, les minimums mensuels et les frais de compte inactif. Ces lignes se fixent à l'unité dans l'annexe tarifaire, en dehors du taux principal. Deux offres au même taux facial aboutissent donc à des factures différentes selon la rédaction de cette annexe.

L'ouverture d'un marché suppose enfin d'identifier l'établissement titulaire de la licence d'acquisition, en demandant par écrit le nom de la banque acquéreuse et le contrat de réseau qui la couvre. Cette vérification évite la majorité des mauvaises surprises. Lorsque le prestataire revend l'acquisition d'un tiers, il ne peut ni coter en interchange++, ni fournir le détail par réseau, ni arbitrer rapidement un litige. La question se pose dans tous les marchés, et sa réponse détermine à elle seule ce que le commerçant pourra ensuite lire, contester et négocier.